Publié le 8 Décembre 2014

  1. Introduction : Pourquoi l’Afrique est elle devenue un enjeu mondial ?

Un rapport publié le 6 mai 2011 par la Banque africaine de développement estime que plus d’un tiers de la population du continent africain (soit 313 millions de personnes) fait à présent partie de la classe moyenne,  avec une consommation quotidienne entre 2 et 20  dollars .

 Cette classe moyenne émergente d’Afrique est à peu près équivalente à celle de l’Inde ou de la Chine.

 L’étude divise cette classe moyenne en trois catégories : la classe moyenne supérieure, classe moyenne inférieure, et une nouvelle catégorie appelée «classe moyenne flottante».

Ce dernier groupe vient à peine de s’extraire de la pauvreté, et sa consommation quotidienne varie entre 2 et 4 dollars par jour (entre 1,4 et 2,8 euros).

Elle  est aussi le sous-groupe qui a crû le plus vite ces dernières années, passant d’à peine plus de 10% de la population en 1980 à plus de 20% aujourd’hui.

L’Afrique est  donc un réservoir de consommateurs, pas seulement une mine bien garnie de ressources naturelles. La demande de services y est très élevée.

C’est donc cette prise de conscience au niveau des grandes puissances, qui a contribué à faire de l’Afrique l’objet d’une âpre compétition dans le nouveau partage de l’économie mondiale.

            2)    L’Afrique et les APE

Il s’est agi  de trouver une solution pour remplacer la convention de Lomé et les accords de Cotonou qui permettaient depuis 1975 à certains produits des pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) d’entrer sans taxe en Europe, prenant ainsi en compte les différences de développement entre les deux zones.

Mais parce que non réciproques et discriminatoires, Lomé et Cotonou ont été jugés non conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En 2002, la Commission européenne a donc proposé de nouveaux accords à signer avec six blocs (Afrique orientale, Afrique australe, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, région des Caraïbes et région Pacifique).

L’idée principale de ces APE  peut se résumer en une phrase : « On permet à 100 % de nos produits d’entrer sans droits de douane en Europe et nous faisons la même chose pour au moins 80 % des leurs. »

            3)  Les craintes de l’Afrique

« Les produits fortement subventionnés européens vont déstabiliser notre agriculture, et  le tissu industriel,  et induire une baisse des prix ».

 En juillet, le président d’une organisation patronale du Cameroun, Protais Ayangma, a expliqué à ses concitoyens que l’APE allait déstructurer l’industrie, déjà faible, de leur pays et « détruire les emplois, qui vont se transporter vers les pays du Nord, nous réduisant au statut de consommateurs.

Autre grand motif d’inquiétude : la baisse des revenus douaniers qu’implique l’ouverture des marchés.

 En effet, Christiane Taubira, aujourd’hui Ministre de la Justice de la France, dans un rapport commandé en 2008 par Nicolas Sarkozy  avait noté : « Après la suppression des recettes fiscales douanières qui constituent parfois près de 40 % des ressources budgétaires des États, les APE vont procéder durablement sinon définitivement au désarmement des États », et elle concluait : « qu’il n’y a pas d’exemple d’ouverture de marché qui ait conduit au développement ».

La clause de la « Nation la plus favorisée »  figure aussi parmi les nombreux points jugés scandaleux par la partie africaine : elle impose aux ACP l’obligation d’étendre à l’Europe les avantages commerciaux plus favorables qu’ils accorderaient à un autre gros partenaire commercial.

 C’est pourquoi »,  le Roppa  constate avec amertume, que les APE  signés par l’Afrique de l’Ouest « confinent davantage la région dans un rôle de fournisseur de matières premières et de client des produits (…) subventionnés européens. 

Ainsi, à  travers les APE, se lit la volonté de l’Europe de contrer d’autres grandes puissances comme la Chine, de plus en plus présente sur le continent africain, alors que ce dernier va être, selon toutes les prévisions, le prochain gisement de croissance de la planète.

Mais devant l’accueil froid  des blocs régionaux d’Afrique, la Commission a  changé de stratégie en cours de route et a initié des négociations bilatérales.

 Elle a ainsi réussi à briser les solidarités régionales : le Cameroun s’est désolidarisé dès 2007 de l’Afrique centrale (huit pays) en acceptant de signer un APE « intérimaire ». Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont fait de même, contre l’avis du reste de l’Afrique de l’Ouest (seize pays).

 La manœuvre européenne était bien pensée : tous les pays n’ont pas le même niveau de développement et certains ont plus à perdre que d’autres avec un APE.

Ainsi les « pays les moins avancés » (PMA), majoritaires, ont tout intérêt à ne pas signer d’APE : ils bénéficient déjà d’un accès libre de droits et de quotas au marché européen dans le cadre de l’initiative « Tout sauf les armes ».

A l’inverse, les pays « à revenu moyen inférieur » (dont le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Kenya) vont, s’ils n’adhèrent pas aux APE, devoir payer des droits d’entrée : ils vont rejoindre le régime du système généralisé de préférences (SGP), qui offre aux produits des pays en voie de développement des tarifs privilégiés, mais est moins intéressant qu’un APE.

Mais devant cette manœuvre de division, nos Chefs d’Etat n’ont pas pu opposer à l’Union Européenne un front uni, en lui portant la réplique d’augmenter proportionnellement les taxes sur les produits européens destinés au marché africain. C’est l’Europe qui a plus besoin du marché africain que l’Afrique de son marché.

Même les propositions faites aux Chefs d’Etat de la CEDEAO pour compenser les taxes européennes sur les produits des pays menacés,  n’ont pas été prises en compte pour permettre aux pays concernés de refuser les APE intérimaires.

Cependant, malgré la signature des APE intérimaires,  les réticences n’ont pas disparu grâce aux luttes menées par les organisations de la société civile africaine  sur la base d’études pertinentes.

La Commission européenne dut  revoir, à la demande de plusieurs États européens (la France, le Danemark, la Grande-Bretagne, l'Irlande et les Pays-Bas), quelques-unes de ses exigences.

Elle a accepté de faire descendre sous la barre des 80 % le niveau de libéralisation demandé à l’Afrique de l’Ouest, pour retenir  une  ouverture progressive de 75% de notre  marché, en compensation de la réduction de la période de libéralisation de 25 ans à 20 ans par rapport à aux exigences des africains au début du processus, qui estimaient  qu’ils ne pourraient aller au-delà de 60 %, au risque de devenir totalement perdants.

En effet, L'étude de la CEA a montré que la mise en œuvre des APE de l'Afrique de l'Ouest et de la CAE pourrait réduire le commerce intra-africain de 3 milliards de dollars environ. Ce qui est une entrave à l’intégration. 

Les pays africains tendraient en effet à substituer les importations provenant du continent avec les importations originaires de l'UE.

Les produits industriels représenteraient 2/3 de la réduction du commerce intra-africain (notamment les équipements électroniques et les machines, les produits chimiques et les textiles); le reste étant principalement composé de carburants.

La CEA recommandait la mise en place d’une zone de libre échange continentale avant signature de tout accord extra africain.

En effet, elle avait démontré,  que si la zone de libre-échange continentale est mise en place avant la mise en œuvre des APE, les exportations de l'Afrique augmenteraient considérablement; le commerce bilatéral avec l'UE ne serait pas augmenté autant qu'avant, mais le commerce intra-africain serait stimulé pour près de 10%.

 

 Cette augmentation du commerce intra-africain pourrait atteindre 160 milliards de dollars US.

 

 Pour la CEA, il fallait  une période de transition pour séquencer la libéralisation avec l'UE en fonction des avancées de la zone de libre échange continentale.

Malgré tout cela,  sur la base de la dernière proposition de l’Union Européenne, l’Afrique de l’Ouest et plusieurs États d’Afrique australe ont dit oui  aux APE, et  le 16 octobre, cinq pays d’Afrique de l’Est ont  les ont signés avec l’Union européenne (UE).

Cependant, la bataille contre les APE n’est pas finie,  et des organisations de la société civile se mobilisent depuis plusieurs semaines pour demander aux parlements nationaux de refuser la ratification de ces APE,  qui est l’ultime étape avant leur mise en œuvre.

              4)     Effets des APE sur le Sénégal

                           a) Situation avant APE

Sur la période 2007-2011, l’UE a, à elle seule, compté en moyenne pour 41,4% des importations contre 5,7%, 9,3% et 43,6% pour l’UEMOA, la zone CEDEAO (hors UEMOA) et le Reste Du Monde.

En 2011 par exemple, le Sénégal a importé, tenez vous bien, 2733 millions d’euros de marchandises des 27 pays de l’union européenne. En revanche, le Sénégal a exporté vers l’union européenne 407 millions d’euros.

En moyenne sur la période 2007-2011, les droits de douane issus de l’UE ont représenté 45,6% du total des droits de douane.

La TVA sur les importations devrait certainement être affectée par la libéralisation commerciale dès lors que son assiette est constituée de la valeur des importations comprenant les droits de douane.

La TVA collectée sur les importations d’origine européenne a en moyenne représenté 43,7% du montant de la TVA issue des importations, entre 2007 et 2011.

Les relations commerciales du Sénégal avec l’UE restent très déséquilibrées, le déficit commercial ayant presque doublé en moins d’une décennie.

 Dès lors, l’UE constituant le premier fournisseur du Sénégal, la mise en place de l’APE renforcerait sa prépondérance dans les échanges extérieurs sénégalais, limitant ainsi les stratégies de diversification des partenaires commerciaux.

A cet effet, 71% des importations du Sénégal en provenance de l’UE devraient être progressivement libéralisés sur une période de 25 ans, à compter de l’année 2013, tandis que les 29% restants sont exclus de l’APE.

               b)   Situation avec APE

La DPEE avait  déjà réalisé en 2008 une étude portant sur l’évaluation des effets économiques et commerciaux  de l’APE au Sénégal.

 Cette étude a fait ressortir des résultats intéressants qui ont mis en relief les effets de création et de détournement de commerce, mais également les conséquences sur le budget de l’Etat et le bien être global.

C’est sur cette base que le Président Wade était monté aux  créneaux pour mener une croisade contre la signature des APE.

Cette étude fut réactualisée  en tenant compte  de la dernière offre d’accès au marché de l’Afrique de l’Ouest formulée par la CEDEAO à l’endroit de l’UE en novembre 2011 qui  repose sur une ouverture de 70%  durant 25 ans.

 

Les résultats des simulations indiquent que l’APE devrait globalement conduire à une contraction de l’activité économique, ainsi qu’à une baisse de la demande des facteurs de production (travail et capital) et du revenu des ménages.

 

Sur le plan sectoriel, l’étude trouve que la branche du raffinage de pétrole, les BTP, les services et le secteur primaire seraient les plus exposés à un repli de leur activité.

 

Le bien-être global devrait aussi se détériorer en raison de pertes fiscales relativement importantes.

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Les simulations de l’APE montrent aussi  une augmentation croissante et régulière des importations en provenance de l’UE.

Cette hausse des importations devrait ainsi s’élever à 1,55% en 2016 et atteindre 2,67% en 2038, c’est-à-dire au bout du processus de libéralisation.

 Il faut cependant noter que le démantèlement tarifaire en faveur des produits provenant de l’UE s’effectuerait au détriment des autres partenaires commerciaux du Sénégal, exactement comme la CEA l’avait démontré pour toutes les régions d’Afrique.

Si ce détournement de commerce devrait s’effectuer principalement en défaveur du « Reste du Monde » en termes absolus, il apparaît clairement que ce sont les pays de la CEDEAO hors UEMOA qui devraient en pâtir le plus.

En effet,  d’un point de vue relatif,  les  importations en provenance du « Reste du Monde » connaîtraient  une baisse annuelle moyenne de 1,3% entre 2016 et 2024 avant que l’écart, par rapport à la situation de référence, ne s’amplifie pour s’établir à 2,15% au bout de la période de démantèlement tarifaire.

 En revanche, les résultats de la simulation indiquent que les importations des pays ouest-africains (hors UEMOA) devraient chuter à partir de 2016 et leur baisse se stabiliserait autour de 3,48% l’année.

Concernant les importations issues de la zone UEMOA, elles diminueraient de 0,92% l’an entre 2016 et 2024 avant que cette tendance s’accélère et se situe à 1,44% en 2038.

Donc, il est clairement établi que les APE sont anti intégration aussi bien au sein de l’UEMOA, qu’au sein de la CEDEAO.

En outre,  l’étude constate  la baisse globale du volume d’importation du produit « machines, équipements et matériel de transport », malgré la baisse de son prix à l’importation, alors que  les arguments avancés pour promouvoir les APE, tablent surtout sur l’augmentation de leur importation qui devrait booster la croissance !

Du point de vue des exportations, l’observation des résultats de la simulation permet de constater que la mise en œuvre de l’APE aurait comme principal effet commercial un détournement du commerce entre le Sénégal et les pays de l’UEMOA.

 

 Ainsi, les exportations sénégalaises à destination des pays de l’Union reculeraient, en moyenne, de 1% par an, à partir de 2016. Un recul des exportations vers la zone « Reste du Monde » devrait également être enregistré, avec une baisse annuelle qui se chiffrerait à 0,76% en 2016 et atteindrait 0,55% en 2038.

 

 A contrario, il s’avère que les ventes de produits aux pays de la CEDEAO (hors UEMOA) et à l’UE évolueraient à la hausse de 0,16%, entre 2016 et 2024, avant que cette dynamique s’estompe progressivement.

 

En outre, les résultats indiquent qu’à partir de 2016, les pertes de recettes fiscales consécutives à la mise en œuvre de l’APE s’élèveraient à 3,6%, par rapport à la situation de référence et à 6% en 2038.

 

De prime abord, cette perte est imputable à la baisse des recettes douanières qui sont au cœur des enjeux liés à la libéralisation commerciale.

 

 L’APE induirait ainsi une perte de droits de douane qui s’établirait à 20% en 2016, et qui s’aggraverait au point d’atteindre 31% en 2038.

 

           

L’évolution négative des recettes publiques s’explique également par les moins-values enregistrées sur les autres recettes indirectes qui subiraient une baisse ponctuelle de 1,52% au début du démantèlement tarifaire, ensuite, la baisse des recettes indirectes se situerait autour de 2.6% à la fin du processus de libéralisation.

La demande des facteurs de production (capital et travail) s’en trouverait réduite de même que le revenu des ménages.

 La branche du raffinage de pétrole, les BTP, les services et le secteur primaire seraient les plus exposés à un repli de leur activité.

En revanche, les prix de biens baisseraient suffisamment pour améliorer le pouvoir d’achat et le bien-être des ménages. Toutefois, en raison des pertes relativement importantes de recettes fiscales, le bien être global devrait légèrement se détériorer.  (NB : Effet « Souk » des APE).

Avec, ces simulations entre les mains du Chef de l’Etat du Sénégal, le Président Macky Sall, il est étonnant de le voir prendre la tête du peloton en faveur de la signature des APE, surtout que les dernières propositions de l’UE de 75% de libéralisation sur 20 ans, sont encore plus défavorables à l’économie sénégalaise dont les simulations avec moins d’ouverture (70%) et sur une durée plus longue (25ans),  ont montré tout le danger que comporte la signature des APE, tant du point de vue du développement économique et social du pays, que de l’intégration africaine, quelle soit dans l’UEMOA, ou dans la CEDEAO.

                       5) Conclusions

La bataille autour des APE a longtemps été exclusivement celle des organisations de la Société civile, du monde rural et des centrales syndicales, en l’absence notoire des partis politiques, surtout de ceux d’entre eux qui se réclament du pan africanisme et/ou de la gauche.

Tant que cette bataille se déroulait au niveau technique dans le cadre sous régional et européen, elle échappait à l’agenda politique national dans nos Etats pris individuellement.

Mais après l’acceptation officielle des APE par nos Chefs d’Etat, leur ratification par nos parlements  nationaux, remet cette bataille dans l’agenda politique national,  et interpelle tous les patriotes, pan africanistes et/ou de gauche, pour qu’ils s’y impliquent à côté des organisations de la Société civile, des Centrales syndicales et des organisations du monde rural, qui, au Sénégal sont représentées par le Conseil National de Concertation des Ruraux ( CNCR),  et au niveau de l’UEMOA, par le ROPPA.

Le Sénégal en votant « Oui à la France » au référendum de 1958 avait raté le défi son accès à l’Indépendance nationale. Il ne devrait  donc plus, 54 ans après, raté le défi de son indépendance économique en disant un second « Oui à l’Union Européenne»,  par la ratification, par son Assemblée nationale, des APE.

Le Sénégal ne devrait pas perdre cette seconde bataille pour l’Indépendance, au risque de s’enfoncer  dans la misère et de  continuer à jeter  sa jeunesse dans  l’aventure suicidaire de l’émigration clandestine.

Non à la ratification des APE !

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

Publié le 26 Novembre 2014

Le Comité Central du PIT s’est réuni le dimanche 23 novembre à l’ENDSS.

A l’entame de ses travaux, le CC a observé une minute de silence et de prières à la mémoire des camarades et parents disparus dans la période. Le Comité Central a ainsi salué ces militants qui, leur vie durant, ont été engagés dans la cause de libération humaine et dont les efforts – parfois anonymes – ont incontestablement contribué à permettre au Sénégal de progresser dans la voie des conquêtes démocratiques.

Le Comité Central a, par la suite, entendu un important rapport du Bureau Politique présenté par le camarade Samba SY, membre du Bureau Politique, Secrétaire du Comité Central, procédant à un bilan d’étape du gouvernement ainsi qu’à une évaluation du niveau d’organisation et des tâches du parti.

Pour le Comité Central du PIT, la résolution prise d’inscrire la reddition  des comptes dans la culture de tout gestionnaire, au Sénégal, des deniers publics relève d’un impératif catégorique. A cet égard, le Comité Central engage le gouvernement à poursuivre sans faiblir la « traque » de tous les biens supposés mal acquis sans acharnement inutile mais aussi sans faiblesse coupable.

En rien les rodomontades d’Abdoulaye Wade et la mobilisation autour de lui des nostalgiques de l’ordre ancien, pour la libération de son fils et de quelques autres prévenus, ne devraient amener les sénégalais à accepter l’instauration, dans leur pays, du règne de l’impunité et celui des passe droits.

Pour cette raison, l’OFNAC, la Cour des Comptes, l’Inspection Générale d’Etat, bref toutes les structures de contrôle mises en place ou renforcées par le gouvernement du Président Macky Sall devraient jouer leur rôle de façon intégrale, afin qu’aucun denier de l’Etat ne soit distrait de sa destination légitime de satisfaction des besoins nombreux et pressants des citoyens sénégalais.

Le Comité Central du PIT se félicite des mesures prises par le gouvernement pour économiser sur la facture téléphonique de l’Etat, mettre fin à la gabegie instaurée de longue date concernant les contrats de logement des agents de l’Etat, mais aussi du choix de ne plus procéder aux abusives réductions fiscales concédées à des Entreprises ne pouvant en vérité être élevées au statut d’entreprise franche d’exportation.

Le Comité Central du PIT encourage le gouvernement à continuer à engager le pays dans la voie de la transparence et de l’équité. A cette fin, le gouvernement doit agir de sorte qu’aussi bien pour ce qui concerne la passation des marchés que plus globalement pour ce qui est de l’implication des entrepreneurs nationaux dans les grands chantiers de l’Etat, le patronat national n’ait aucune raison recevable de prétendre être écarté.

Par ailleurs et pour le Comité Central du PIT, un effort particulier doit être investi en direction des régions sud du pays. En effet, l’accalmie en cours est à conforter par des investissements prioritaires pour la relance des activités économiques dans cette partie meurtrie du territoire national. De même, il convient de prendre les mesures opportunes pour mettre fin aux capacités de nuisance de tous ceux qui, pendant bien trop longtemps, ont vécu de la crise en Casamance en en tirant les ficelles pour empêcher qu’une paix définitive s’y installe.

La crise en Casamance, l’instabilité dans la sous région, les menaces à peine voilées du camp des défaits de mars 2012 sont, entre autres, autant de raisons pour Benno Bokk Yaakaar de resserrer les rangs et faire cap sur l’essentiel : la prise en charge des besoins du peuple sénégalais en matière d’emplois, d’éducation, de santé, de sécurité, bref d’une vie épanouie.

A cet égard, le Comité Central du P.I.T appelle tous les patriotes du Sénégal  à prendre conscience des incidences probables, pour nos pays, de la signature des APE ainsi que des conséquences de l’avènement du Tarif Extérieur Commun sur la CEDEAO. Nos peuples se doivent, sans faiblir,  de faire face à ces défis ainsi qu’à ceux qu’imposent le « Jihadisme » et la fièvre Ebola.

Autant de raisons du reste, pour le Sénégal et les pays voisins, d’aller à pas forcés vers une véritable intégration, intégration que les intérêts bien compris de nos communautés rendent de plus en plus impérative.

Pour sa part, le PIT est déterminé à assumer dans l’alliance Benno Bokk Yaakaar l’entièreté de ses responsabilités. L’engagement qui a été le sien dans les Assises nationales, ses motivations au sein de la coalition Benno Siggil Sénégal, son choix partagé avec l’écrasante majorité des sénégalais de faire partir Wade pour restaurer l’Etat de droit au Sénégal, de donner à ce pays une vie institutionnelle équilibrée avec une justice indépendante et souveraine, aucun de ces engagements n’a pris la moindre ride. Simplement parce que le PIT est convaincu que c’est par ce biais que le Sénégal continuera à aller de l’avant en s’inscrivant, de façon irréversible, dans la voie du progrès et du développement.

Pour cette raison, le P.I.T invite tous ses partenaires de la Coalition Benno Bokk Yaakaar à faire le meilleur usage possible des conclusions de la Commission Nationale de Réforme des Institutions mise en place par le Président de la République et pilotée de main de maître par le Professeur Amadou  Makhtar Mbow à qui toute la Nation restera éternellement redevable.

Abordant la vie du Parti, le Comité Central s’est félicité des tournées du Bureau Politique ayant permis, à la direction du Parti, d’aller à la rencontre des instances locales. Le Comité Central encourage le Bureau Politique à continuer ce travail de terrain pour permettre à toutes les structures du Parti de jouer pleinement leur rôle. Du reste, le Comité Central engage le Bureau Politique à convoquer, dans les délais les meilleurs, une conférence sur l’organisation pour faire le point sur le niveau d’organisation du Parti et prendre, le cas échéant, les mesures de redressement qui s’imposent.

Cette conférence devrait être l’un des jalons des travaux préparatoires du prochain congrès du P.I.T que l’agenda du Parti fixe dans le courant de l’année à venir, au mois de mai plus précisément.

Le Comité Central s’est réjoui  de l’initiative en cours au terme de laquelle les Forces de Gauche du Sénégal se retrouveraient sous forme de Confédération donnant ainsi corps à l’une des résolutions du congrès du Parti tenu à Thiès en 2010. Le Comité Central exhorte tous les militants du P.I.T à s’engager résolument dans la matérialisation de cette initiative pour la promotion, au Sénégal, des valeurs de paix, de liberté, de progrès et de justice sociale.

Enfin, le Comité Central s’est félicité des résultats engrangés par le Parti à l’occasion des élections locales de 2014. Elle invite tous les élus du Parti, en fidélité avec les idéaux du PIT, à mettre leur énergie et leur talent aux services des populations, pour le développement de nos terroirs et la construction nationale.

 

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Publié le 14 Novembre 2014

Le Magistrat  Alioune NDAO, nommé Procureur de la CREI par les soins de Madame Mimi Toure,  ex Ministre de la Justice, « Maître des poursuites », a fait preuve de zèle extraordinaire dans la traque des biens mal acquis, qui reflétait amplement la fermeté avec laquelle  son mentor pilotait le dossier.

Durant  toute la période du magistère de Madame Mimi Touré comme Ministre de la Justice, la Dame de « fer », avait son « bras de fer » en la personne du Magistrat Alioune NDAO, dont la fermeté et la détermination dans la traque des biens mal acquis, suscitaient l’admiration des partisans de la reddition des comptes, tout en semant le désarroi dans les rangs des  principaux dirigeants de régime déchu du Président Wade.

La migration de Madame Mimi Touré, du Ministère de la Justice, à la Primature, généralement perçue comme une reconnaissance  de son sens élevé de l’Etat dans la gestion des dossiers de la traque des biens mal acquis, renforçait la détermination du Procureur dans son travail d’instruction des dossiers des personnes présumées coupables.

Mais entre temps, le Procureur NDAO voyait le Ministère de la Justice,  changer de main, avec l’arrivée d’un Avocat «Droit de l’Hommiste », plus regardant dans le respect des procédures d’instruction,  notamment dans l’appréciation de « l’opportunité des poursuites ».

C’est ainsi que s’installait rapidement un malaise entre le nouveau « Maître des poursuites » et son Procureur, qui n’avait pas pris la pleine mesure des implications de ce changement, dans  la gestion des procédures.

En effet, l’ « Avocat », dont toute la carrière professionnelle  était axée dans la défense du Droit, prenait la place  d’une « Politique », qui était réputée par son intransigeance à l’égard de ses adversaires  politiques, surtout lorsqu’ils sont présumés coupables d’enrichissement illicite.

Le Procureur Alioune NDAO n’a pas su adapter  son mode de traitement « zélé »  de ses dossiers,  au  nouveau contexte,  qui devait le rendre plus regardant dans sa gestion des poursuites, et surtout, plus attentif  à la manière dont le nouveau Maître des poursuites entendait qu’il le fasse.

Tant que son mentor était encore politiquement tout puissant à la tête de la Primature, il se croyait libre de continuer sa manière de faire son travail, sans égard aux  observations que lui faisait le nouveau Ministre de la Justice, en poussant même son outrecuidance jusqu’à lui réclamer systématiquement des « instructions écrites », avant de se conformer, à contre cœur, à ses instructions.

Mais le limogeage de son mentor de la Primature,  dans les conditions humiliantes que l’on sait, et l’atmosphère de rébellion  qu’elle a entretenu envers le Chef de l’Etat, ont dû le « révolter » à tel point, jusqu’à  pousser son esprit  « d’ indépendance » à l’égard du Maître des poursuites,  à défier même  les instructions du Chef de l’Etat, dans l’opportunité d’ouvrir une procédure judiciaire avant les élections locales, à l’encontre de Baldé, Maire sortant de l’Opposition,  pour éviter toute  interprétation politique de  cette action judiciaire.

De même, son intransigeance dans la prise en compte du dossier médical de Bourgi lors du démarrage du procès de Karim, avait étonné beaucoup de monde, y compris les partisans fermes de la reddition des comptes, même si son comportement était à la mesure du dilatoire de la Défense pour empêcher la tenue du procès.

De «guerrier» contre l’impunité que le créditait l’opinion, il devenait « inhumain » dans son comportement face  à la nécessité  de la comparution de Bourgi, même en civière !

Cela  lui faisait perdre beaucoup de sympathisants, tout en donnant l’impression d’un « acharnement  judiciaire » contre Karim, que la Défense a largement exploité afin de gagner la compassion des populations envers Bourgi, et par ricochet,  envers leur client.

C’est dans cette période que fleurissaient des « sondages »  donnant Karim au second tour des élections présidentielles, avec des chances de battre le Président sortant au second tour, dans le but évident de faire passer dans l’opinion, le procès contre Karim comme étant un artifice politique pour lui barrer la route aux Présidentielles de 2017.

Mais, ce qui  aurait fait perdre définitivement au Procureur, la confiance  du Maître des poursuites et du Chef de l’Etat, serait lié  à ses  nouvelles  tentatives d’ouverture des instructions à l’encontre de hautes personnalités du régime déchu de Wade, sans en référer au Maître des poursuites,  alors que le procès de Karim se gérait laborieusement.

Ces nouvelles initiatives allaient  donner  l’occasion  à l’Opposition,  de tenter de vicier  encore davantage l’atmosphère, pour  jeter le doute sur la culpabilité présumée de Karim.

Ainsi, à « l’insubordination »  caractérisée du Procureur, s’ajoutait une suspicion d’amalgame des « affaires », perçue comme un «projet de sabotage »  de la traque des biens mal acquis, par le sentiment de  « cafouillage » , et même de « confusion » que son initiation unilatérale ne manquerait pas de produire dans l’opinion, sous l’effet d’une forte dose de propagande de la Défense et du PDS.

Son limogeage, en plein procès de Karim,  a donc surpris plus d’un, mais paradoxalement pour les non avertis, n’a  pas réjoui  outre mesure la Défense, dont certains des ténors  l’ont mal apprécié publiquement!

L’on est même surpris que les Avocats de Karim n’aient pas demandé une liberté provisoire pour leur client, du fait  de  ce changement de Procureur en plein procès !

Le Procureur Alioune NDAO a donc été victime de sa fidélité à « l’intransigeance » dans la gestion des procédures judiciaires, jusqu’au zèle, qu’il a héritée de son mentor, du temps de sa toute puissance.

Cet épisode  de l’ascension et de la déchéance du Procureur NDAO, avec le malaise qu’elles ont produit chez les partisans de la traque des biens mal acquis, et au sein des plus hautes autorités du pays,  traduisent, en fait, les dégâts collatéraux  de l’assujettissement du Pouvoir Judiciaire au Pouvoir Exécutif.

Dans un Pouvoir Judiciaire indépendant, comme le préconise l’avant-projet de Réforme des Institutions par la CNRI, un tel comportement de Procureur n’aurait pas pu avoir lieu, et le cas échéant, son limogeage soulagerait plus qu’il ne gênerait  le Pouvoir  Exécutif et l’opinion publique.

Donc, plus que jamais,  l’adoption des propositions de Réforme de la CNRI,  est le gage d’une gestion sereine des poursuites judiciaires,  qui ne seront plus susceptibles  d’être suspectées d’être motivées par des soucis de règlements  de comptes  politiques  entre adversaires.

L’aventure du Procureur NDAO, appelle donc notre pays à tourner rapidement la page dans ce sens.

 Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

Dakar le 14 Novembre 2014

 

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Publié le 9 Novembre 2014


L’Assemblée nationale, les Centrales syndicales, et les Partis de Gauche sont interpelés par les dispositions prévues dans le Projet de Loi des Finances 2015 encours d’examen par nos Députés.
En effet, si le Pouvoir exécutif voulait montrer à l’opinion le peu de considération qu’il a de notre Pouvoir législatif, il ne pourrait pas mieux s’y prendre, avec les crédits qu’il a prévus pour l’Assemblée nationale.
C’est ainsi que, pour la première fois depuis l’existence de notre Assemblée nationale, le gouvernement a décidé de le sevrer de budget de fonctionnement.
En effet, sans aucune forme de procès, les crédits de fonctionnent de l’Assemblée nationale passent de 7,4 milliards en 2014, à Zéro franc en 2015 !
Si le gouvernement voulait dire que cette Institution de la République est inutile, pour conforter la mauvaise opinion que les populations ont de nos Députés, il ne pourrait pas faire autrement.
Mais ce qui est inacceptable pour des Républicains et démocrates, c’est de voir le gouvernement accorder en même temps, des crédits supplémentaires de Dépense de personnel de 2,3 milliards à la Présidence de la République, et de 5,06 milliards au Conseil Economique, Social et Environnemental, (CESE), soit exactement 7,4 milliards !
Cette pratique de déshabiller Paul pour habiller Jean, est, dans ce budget ci, une atteinte grave au fragile équilibre entre l’Exécutif et le Législatif, tout en le délégitimant en même temps au profit du CESE.
Si les Députés, par larbinisme, avalent cette couleuvre, ils se seraient eux-mêmes auto détruits aux yeux de leurs concitoyens, avec toutes les conséquences politiques qui pourraient en découler.
Les Députés devraient donc interpeler le Ministre chargé de l’Economie et des Finances, pour se justifier pour cet acte humiliant et dégradant pour leur Institution, et aussi, sur les 75 milliards reçus de Mittal.
En effet, si 45 milliards ont été affectés à la Loi de Finances Rectificatives de 2014, et 25 milliards prévus dans le Projet de budget de 2015, il en reste tout de même 5 milliards dont il ne fait pas cas !
En outre, dans l’Exposé Général des Motifs qui introduit le Projet de Loi des Finances, le gouvernement décide, en matière de Dépenses de personnel, de mettre en œuvre d’une part, « une dynamique de gel des augmentations de salaire, de création ou de revalorisation d’indemnités », et d’autre part, « un contrôle des effectifs par l’adossement des recrutements aux sorties définitives ».
Le gouvernement a pris paradoxalement cette décision dans un contexte où, malgré le recrutement prévu de 4902 agents pour l’année budgétaire 2015, le taux de la Masse salariale sur les Recettes fiscales est à son plus bas niveau historique, en passant de 34,1% en 2012, à 34,6% en 2013, à 33,3% en 2014, pour être prévu en 2015, à 32,1% , contre un plafond autorisé de 35% au sein de l’UEMOA !
Une telle décision unilatérale de blocage des revenus salariaux, et de croissance Zéro des effectifs de l’Etat dans un contexte de pénurie de personnel pour assurer un accès adéquat des populations, aux services sociaux de base, est une provocation des Centrales syndicales et un défi lancé aux Partis de Gauche.
Dans le même temps, les Dépenses pour achat de biens et services dans la Loi des Finances 2012 votée sous Wade, qui étaient de 345 milliards en augmentation de 27 milliards par rapport à la Loi de Finances Rectificatives de 2011, sont passés à 353,3 milliards dans la Loi des Finances Rectificatives de 2014, avant d’être portées à 359,5 milliards dans la Loi de Finances 2015, soit une augmentation supplémentaire de 14, 5 milliards!
Ainsi, au lieu de bloquer les Dépenses pour Achats de biens et fournitures à son niveau de 318, 7 milliards de la Loi de Finances Rectificatives de 2011, ce qui ferait des économies de 41,5 milliards, le gouvernement s’évertue à bloquer la Masse salariale à son niveau le plus historiquement bas de 32,1% des recettes fiscales !
En 2015, cette augmentation relative des Dépenses de train de vie de l’Etat, contraste aussi avec la diminution de la subvention de l’énergie qui passe de 80 milliards en 2014, à 66 milliards, au moment où les recettes tirées des produits pétroliers sont passées de 196,5 milliards en 2013, à 220,5 milliards en 2014, pour atteindre 234,2 milliards!
Ainsi cette baisse de la subvention devrait aussi être accompagnée de la baisse des prélèvements des produits pétroliers, notamment sur le carburant.
En outre, malgré toutes ses professions de foi en direction des services sociaux publics de base, le gouvernement réduit les Dépenses communes de l’Enseignement supérieur de 452,2 millions, tout en décidant de reconduire, pour les bourses d’étudiants les mêmes dotations qu’en 2014, et de réviser les conditions de leur attribution.
En d’autres termes, les nouveaux bacheliers auront des bourses à hauteur de ceux qui les perdent suite à l’application de ces nouvelles conditions d’attribution. Ce faisant, le gouvernement a opté pour une année scolaire d’instabilité.
De même, l’Education nationale se trouve amputer de 6 milliards de fonctionnement et de 3,8 milliards d’investissement, tandis que la Santé publique se trouve avec 3,8 milliards en moins pour son fonctionnement !
Ainsi, la rigueur budgétaire pour dégager les ressources nécessaires au financement des projets du PSE, n’ont pas épargné ces services sociaux publics de base, pourtant nécessaires à toute politique d’émergence qui se veut inclusive.
Cette rigueur, malgré les dénégations du Ministre chargé de l’Economie et des Finances, a aussi touché les acquis des agents de l’Etat en termes d’augmentation de salaire suite à la baisse de la fiscalité.
D’ailleurs, dans la Loi des Finances Rectificatives de 2014, il écrit, noir sur blanc, que « le Projet de Loi entend proposer un ré équilibrage du barème de l’Impôt sur le Revenu, consistant à rehausser les taux d’imposition en mettant l’accent sur les hauts revenus et à abaisser les minimas de crédit d’impôt pour charge de famille.. » !
Au résultat, l’on a pour les salaires allant de 125.000 FRS par mois à 333.333 frs par mois, le taux d’imposition passe de 30% à 32%, alors qu’ils constituent le gros lot des salariés du public ; pour ceux de plus de 333.333 à 666.666 frs par mois, le taux d’imposition passe de 35% à 37% ; ceux qui gagnent plus de 666.666 à 1.125.000 frs par mois, le taux d’imposition passe de 37% à 40%, tandis que , pour ceux qui sont à plus de 1.125.000 frs par mois, le taux d’imposition passe de 40% à 45%.
Le recours au crédit d’impôt pour charge familiale, pour atténuer cette hausse de l’impôt sur les salaires, ne devrait donc pas cacher, la hausse effective de cet impôt, qui va entraîner la baisse des salaires, d’autant que les salariés célibataires ou divorcés ayant un enfant en charge, n’ont pas bénéficié de la baisse des minimas de ce crédit d’impôt.
La hausse des revenus salariaux obtenus par les Syndicats des travailleurs à travers la baisse de la fiscalité, est ici reconnue avoir été mise en cause dans La Loi des Finances Rectificatives 2014 adoptée par l’Assemblée nationale, et comme dans le Projet de Loi des Finances 2015 qui lui est actuellement soumis.
A cette politique de recettes et de dépenses qui aggrave les conditions de vie et les difficultés d’emploi déjà héritées de Wade, le gouvernement procède à une politique d’endettement devenue de plus en plus insupportable pour les finances publiques, au vu des urgences économiques et sociales du pays.
C’est ainsi que ses emprunts augmentent au fur et à mesure qu’augmentent ses obligations de remboursement de sa dette, et non, en fonction de ses besoins d’investissement.
En effet, le remboursement de la dette est passée de 440,9 milliards en 2013, à 523,4 milliards en 2014, pour atteindre 598, milliards en 2015, tandis que dans le même temps, il a emprunté 373,3 milliards en 2013, puis, 544,4 milliards en 2014, et 570 milliards en 2015.
Ainsi en 2015, pour la première fois depuis la dévaluation de 1994, le remboursement de la dette pour 570 milliards est le premier poste de Dépense du budget, suivi des investissements sur ressources propres de 557,2 milliards et de la Masse salariale de 510 milliards !
C’est donc bien le poids du remboursement de la dette dans nos finances publiques qui plombe les capacités de l’Etat à investir et à créer des emplois dont les secteurs sociaux publics de base ont le plus besoin.
Ce sont donc les conséquences d’une telle politique qui épargne le train de vie de l’Etat et qui hypothèque l’avenir de notre jeunesse, qui ont poussé le gouvernement à décider de bloquer la Masse salariale, les emplois publics et les bourses des étudiants, tout en procédant aux coupes sombres dans les crédits destinés à l’Enseignement supérieur, à l’Education nationale et à la Santé publique.
C’est ce prix à payer pour le choix de la stratégie d’émergence du pays à travers le PSE, qui est insupportable tant pour les générations actuelles, que pour les générations futures.
L’analyse du Projet de budget 2015 qui est la première année de prise en compte budgétaire des projets du PSE, a montré déjà ses limites sociales.
Il est donc nécessaire d’en prendre la pleine mesure et d’éviter de faire un forcing qui serait socialement déstabilisant et politiquement suicidaire.
Il est encore temps de soumettre le PSE et ses conditionnalités à une large concertation pour en revoir les fondamentaux.

 

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
Dakar le 9 Novembre 2014

LE VOTE DU BUDGET DE 2015 DU SENEGAL OU LA CROISEE DES CHEMINS POUR LA SECONDE ALTERNANCE !

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Publié le 4 Novembre 2014

 

 

 Ouagadougou, le 2 novembre 2014

               

DECLARATION SUR LA SITUATION NATIONALE

 

Depuis l’annonce du projet de loi portant révision de la Constitution, diverses manifestations sont organisées pour rejeter cette forfaiture que préparait le pouvoir COMPAORE. Ces manifestations ont culminé le jeudi 30 octobre 2014, jour du vote dudit projet par les députés. La force de la mobilisation, la détermination des manifestant(e)s et particulièrement de la jeunesse ont permis d’empêcher le vote à l’Assemblée Nationale. La colère des manifestants s’est abattue sur le bâtiment de l’Assemblée Nationale, sur Azalaï Hôtel Indépendance, sur les domiciles et immeubles de certains dignitaires et proches du parti au pouvoir. Tout cela  a abouti à la démission du Président  Blaise COMPAORE.

Le Collectif Syndical CGT-B condamne la répression féroce qui a conduit à de nombreuses pertes en vies humaines ainsi que les blessés enregistrés. Il présente ses condoléances aux familles éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Il est indiscutable de noter que toute la responsabilité des tueries, des destructions et pillages de biens publics et privés incombe au pouvoir de la IVème République qui s’est entêtée dans sa volonté de tripatouiller la Constitution pour conférer à Blaise COMPAORE un pouvoir à vie. De ce point de vue, les dignitaires du pouvoir de la IVème République doivent répondre de leurs crimes actuels et antérieurs. Il faut également rechercher et identifier les éléments des Forces de Sécurité et de Défense qui ont tiré sur les foules lors de l’insurrection populaire et les traduire en justice.

Le Collectif Syndical CGT-B, qui s’est toujours battu aux côtés de notre Peuple invite ses militant(e)s et sympathisant(e)s à se mobiliser davantage et à mieux s’organiser pour la prise en compte des vraies préoccupations des travailleurs et des masses populaires. Le retrait du projet de loi et la démission du Président Blaise COMPAORE constituent une victoire partielle pour laquelle des dizaines de manifestant(e)s ont payé de leur  vie. Le Collectif Syndical CGT-B dénonce les tentatives de récupération de cette lutte pour le Pouvoir d’Etat.

Aussi, le Collectif Syndical CGT-B appelle-t-il tous ceux  et celles qui se sont mobilisé(e)s dans cette lutte salutaire héroïque du Peuple, l’ensemble des travailleurs (euses) à rester mobilisé(e)s et vigilant(e)s et à se battre pour préserver et élargir les espaces de libertés et contre l’instauration d’un régime militaire.

 

Vive l’Unité dans l’Action des Travailleurs !

Vive le Collectif Syndical CGT-B !

Ont signé :

CGT-B                              SYNATEB                 SYNATEL

 

Bassolma BAZIE                            Tahirou TRAORE         Souleymane SO

Secrétaire Général                Secrétaire Général       Secrétaire Général

 

                                                                             

 SYNATIC                         SATB                                SYNTAS

 

Justin COULIBALY               Seini KOANDA           Juste K. LOGOBANA

Secrétaire Général                Secrétaire Général       P/Secrétaire Général

 

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #AFRIQUE

Publié le 4 Novembre 2014

Le 30 Octobre 2014, le peuple du Burkina, à l’appel des forces vives de la Nation,  s’est opposé dans la rue,  à la tentative du Président Compaoré, de perpétuer un « coup d’Etat constitutionnel »,  en usant de sa majorité parlementaire pour modifier la Constitution, en vue de se donner les moyens légaux de se maintenir au pouvoir.

Ce 30 Octobre  donc, le peuple de  « Ouaga »  a prit d’assaut  sa «  Bastille », l’Assemblée nationale, pour empêcher cette forfaiture.

Ce faisant, il s’est opposé de façon révolutionnaire, à l’image du peuple Sénégalais le 23 Juin 2010, pour  exprimer son refus de reconnaître, à leurs Chefs d’Etat élus, le «Droit à l’imposture ».

Ainsi,  cette volonté  de faire respecter leur souveraineté clairement exprimée par nos deux peuples, a eu comme précédents récents,  le « printemps arabe » en Tunisie et en Egypte, à la suite du peuple de la République de Guinée, le 28 Septembre 2009, contre la confiscation du pouvoir par les militaires,  suite au décès du Président Lansana Konté.

Cependant, ces actes révolutionnaires  qui devaient déboucher  sur l’instauration d’une République Démocratique et Citoyenne, n’ont abouti jusque là qu’en Tunisie,  après  4 ans d’une  âpre lutte  contre les «  Islamistes », avec la large victoire des forces progressistes aux Législatives du  26 Octobre  2014, qui les font accéder au pouvoir.

Les forces progressistes de Tunisie n’ont pu réaliser cet exploit historique que  grâce à  leur conquête d’un  système électoral indépendant du pouvoir exécutif, démocratique, libre , et transparent,  d’une Constitution qui dote ce pays d’un régime parlementaire,  laïc,  et d’une représentation paritaire  entre les hommes et les femmes dans le Parlement, qui restitue au peuple toute sa souveraineté sur ses institutions publiques, et le propulse au premier rang des Républiques démocratiques du XXI éme siècle.

Au Burkina aujourd’hui, ce qui se joue, n’est rien d’autre que le devenir de la République démocratique et citoyenne, à l’instar de ce qui s’est passé en Tunisie, et au regard de ce que les actes révolutionnaires posés par les peuples de Guinée, d’Egypte et du Sénégal, ont accouché dans ces pays.

Il est donc vérifié, qu’en Afrique aussi, la Révolution, qui n’est rien d’autre, que la transformation d’un « ordre ancien » pour édifier un « nouveau plus progressiste », ne débute réellement, que quand les forces révolutionnaires, c’est-à-dire ceux attachés à « l’ordre nouveau », accèdent au pouvoir.

Ce trajectoire, de la Révolution républicaine et démocratique,  est historiquement illustré,  à bien des égards, par celui de la Révolution Française de 1789, après la prise de la Bastille, contre la Monarchie. Il a fallu aux Républicains, de continuer sans relâche la lutte jusqu’en 1795,  donc six (6) ans, avec l’accès au pouvoir des «  Montagnards » et Robespierre à leur tête, pour venir à bout de la Monarchie, et construire les fondements de la République.

En Tunisie,  il a fallu, quatre (4) ans de lutte sans merci, aux forces progressistes pour y arriver ,après la chute du Président Ben Ali, tandis qu’en Egypte, l’acte révolutionnaire posé par le peuple en chassant le Président Moubarack,  a été d’abord confisqué, comme  cela fut d’abord le cas en Tunisie, par les « Islamistes », avant de baliser la voie au retour à une «  Dictature militaire », sous  couvert de la défense de la laïcité de l’Etat,  en s’asseyant sur les libertés démocratiques  aux quelles aspire ce peuple, et pour les quelles il a aussi chassé, par la rue, le  Président islamiste, Morsi.

Dans la République de Guinée,  l’on a assisté  à l’édification d’un « pouvoir autocratique », qui s’assied sur les libertés démocratiques  au nom de la défense desquelles, le peuple  a accordé son suffrage  au Président Condé.

Au Sénégal, la seconde alternance, née des Assises nationales de Mai 2008 et de l’acte révolutionnaire  du peuple le 23 Juin 2010, tarde à accoucher  cette République démocratique et citoyenne  au nom de laquelle le peuple Sénégalais l’a réalisée le 25 Mars 2012, en chassant du pouvoir, par son suffrage, le régime de «Despotisme éclairé » du Président Wade, pour porter le Président Macky Sall  au pouvoir.

Ce qui se passe donc aujourd’hui au Burkina, c’est donc du déjà vu.  Il s’y joue, sous la menace d’une   « Dictature militaire », une lutte entre les forces progressistes acquises à « l’ordre nouveau », et celles attachées à «l’ordre ancien », pour le contrôle du pouvoir laissé vacant par le Président Compaoré, chassé  par le peuple.

Et ce sont les mêmes enjeux politiques qui se jouent encore au Sénégal, avec  sa « grossesse » d’une République démocratique et citoyenne  qu’il a  du mal à faire naître.

 La question est donc de savoir, si le  Burkina  va suivre  l’exemple de la Tunisie, ou s’il va  emprunter le chemin tortueux de l’Egypte, du Sénégal, voir  de la République de Guinée ?

Surtout, les forces progressistes du Burkina devraient éviter le piège de « l’électoralisme »,  qui  pousse, partout où le peuple a renversé, par la rue, un pouvoir démocratiquement élu, à une  « courte phase de transition »  pour aller à de nouvelles élections, sous prétexte de la nécessité d’un retour à   « l’ordre constitutionnel ».

Elles devraient, au contraire,  se battre pour imposer une période de transition qui permet de changer le système électoral hérité du régime de Compaoré, pour créer, comme en Tunisie, les conditions d’expression libre, démocratique et non censitaire du suffrage du peuple.

Le système électoral en vigueur, que ces forces progressistes ont longtemps dénoncé, ne devrait pas être le creuset à de nouvelles élections, au risque de faire capter la révolution par des forces réactionnaires, comme cela fut le cas en Tunisie et en Egypte, avec l’accès au pouvoir des islamistes démocratiquement élus.

Leur juste revendication d’une transition menée par un civil ne devrait donc  pas  leur faire oublier l’existence de ce piège infernal.  

Des indices de réponse à ces inquiétudes  peuvent être trouvés dans la nature sociale des forces vives qui ont fait appel au peuple pour chasser, par les urnes ou par la rue, le dépositaire de «  l’ordre ancien », qui a rimé avec misère et désolation des peuples, l’arbitraire des gouvernants, la dilapidation des ressources de la Nation, un sur endettement de l’Etat qui hypothèque l’avenir des jeunes, la subordination de nos Etats aux puissances étrangères, et  la main mise sur les secteurs clef de nos Economies et sur nos ressources naturelles, par  de grandes entreprises étrangères, le plus souvent,  venant des anciennes puissances coloniales.

Cet « ordre ancien », ne laisse  de perspectives  d’ascension sociale aux couches moyennes intellectuelles, que le contrôle du pouvoir d’Etat légué par le système colonial.

D’où l’âpreté de la bataille entre couches  moyennes intellectuelles, pour le contrôle du pouvoir, pour, soit,  conserver sa nature autocratique  de pouvoir personnel, léguée par le colonialisme, d’où le mythe de la nécessité d’un « homme fort », ou, soit,  le restituer à la souveraineté du peuple, à travers sa transformation en une République démocratique citoyenne,  à l’exemple de la Tunisie d’aujourd’hui.

Dans cette bataille, les  partisans d’une courte transition sont le plus souvent intéressés, avec l’appui des puissances étrangères,  à perpétuer « l’ordre ancien » que le peuple vient de rejeter. 

D’où,  toutes les compromissions possibles entre des couches moyennes intellectuelles, les militaires et les intérêts des grandes puissances et de leurs entreprises dans nos pays.

Ce sont les rapports de force entre ces deux catégories de couches moyennes intellectuelles qui déterminent l’issu de ce bras de fer pour le contrôle du pouvoir d’Etat.

C’est donc  une véritable lutte de classe  qui s’est déroulée  en Tunisie, et qui se déroule aujourd’hui au Burkina, au Sénégal, en Egypte, et en  République de Guinée, suite à l’acte révolutionnaire posé par nos peuples, pour s’ouvrir  de perspectives nouvelles à leur désir d’émancipation politique économique,  sociale et culturelle.

 Donc, le Burkina ne devrait pas perdre de vue, que comme en Tunisie, cet acte révolutionnaire de nos peuples ne peut accoucher d’une République démocratique et citoyenne, que lorsque les forces qui vont accéder au pouvoir ont la volonté et la détermination d’en finir avec «l’ordre ancien ».

C’est cet agenda qui interpelle toutes  les forces progressistes parmi les forces vives de la Nation qui se sont appuyées sur le peuple pour chasser le dépositaire de « l’ordre ancien ».

Comme en Tunisie, ces  forces progressistes au Burkina et au Sénégal, ne devraient  pas lâcher prise,  même au  prix de leur bien être, ou de leur sécurité,  pour empêcher la restauration de « l‘ordre ancien », comme cela s’est produit  en Egypte et en République de Guinée.

L’on ne saurait trahir le courage et le sacrifice dont nos peuples ont fait preuve à l’appel des forces vives de la Nation,  sans tomber  en déchéance dans les bas fonds des poubelles de l’Histoire.

De telles trahisons n’ont jamais pu empêcher la roue de l’histoire de tourner vers le progrès des peuples.

 Forces progressistes de tous les pays d’Afrique, Unissez vous !

  Ibrahima SENE  PIT/SENEGAL

                                                                           Dakar le 2 Novembre  2014

 

 

 

Communiqué du Comité d’initiative pour la création d’un Comité de soutien et de solidarité avec le Burkina Faso

 

Sous l’égide du M23, un conclave d’acteurs politiques, de membres de la société civile et de personnalités indépendantes s’est tenu dimanche 2 novembre 2014 au siège du mouvement.

Après une analyse des événements survenus depuis le 3 Octobre et de la situation actuelle qui prévaut au Burkina Faso,

Nous saluons l’insurrection victorieuse du peuple Burkinabé contre  la modification de l’article 37 de la Constitution, sa mobilisation exceptionnelle pour réaffirmer sa souveraineté face aux dérives autocratiques et sa détermination résolue à promouvoir une transition civile inclusive par le dialogue, la concertation et le consensus ;

Nous invitons toutes les organisations politiques, les organisations de la société civile et les personnalités indépendantes à la réunion qui se tient mardi 04 novembre 2014 à partir de 16h, au siège du M23 pour la création d’un Comité de soutien et de solidarité avec les forces vives du Burkina Faso..

Fait à Dakar le 02 novembre 2014

Pour le Comité d’initiative

Yoro FALL

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Publié le 4 Novembre 2014

  Je reviens à la charge, c’est la nouvelle trouvaille  de la Décennie passée des tenants du libéralisme sauvage, débridé pour tenir en laisse les Etats qui doivent désormais s’exercer à se mettre au service du Capital international en lui pavant le chemin de sa prospérité. A la publication du rapport de l’année dernière le gouvernement sénégalais était en émoi et l’opposition  faisant feu de tout bois raillait méchamment et j’écrivais dans un article paru dans la presse qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat dans ces rapports et qu’il fallait rester Zen car vous ne verrez jamais un pays développé à la tête de ce classement qui  est annuellement  orienté à travers la composition  des indicateurs retenus mais également en fonction des préoccupations du  Capital  et des desideratas  relevés dans certains pays cibles . Pourtant le critère le plus simple et le plus objectif déclasser un pays était d’une année à une autre d’évaluer le flux d’investisseurs pour voir si le pays est plus ou moins attractif mais avec la système actuel, sommation d’indicateurs divers,  un pays peut être mal classé et avoir fait des progrès en nombre d’investisseurs au cours d’une année donnée

Ce pendant il faut le reconnaître, l’amélioration de l’Environnement des Affaires qui sert de prétexte au Doing Business demeure une donnée importante et constante de l’investissement qui est un acte de foi à l’image de celui du paysan qui met ses graines à terre et attend la pluie.  En effet  tout investisseur a besoin d’être rassuré par la rentabilité de son Entreprise mais que cela n’arrive  par la remise en cause d’un ordre social pré établi , par la perte de souveraineté des Etats, par  un déficit budgétaire qui empêche aux Etats de faire face aux missions régaliennes, par l’avilissement, l’asservissement des peuples au Capital étranger, par la déréglementation, la dérégulation ou la désorganisation tous azimuts .  Pour des Etats en construction cette compétition mondiale pour un bon classement  reste une course de fond qui si  elle n’est pas menée de manière intelligente peut s’avérer un exercice périlleux.

Le danger pour nos Etats aux revenus faibles reposant essentiellement  sur les taxes et la fiscalité, réside dans l’étendue du spectre des réformes  de base à mener pour prétendre à un bon classement. IL faut réformer, encore réformer, toujours réformer, dérèglementer, déréguler : il faut  souvent réformer le code du travail en remplaçant les contrats à durée indéterminée par des contrats à durée déterminée, avec des conditions de licenciements ou de fermeture d’ Entreprises plus souples et une réduction des charges sociales, il faut agir sur la fiscalité en modifiant les codes des impôts ,le code des douanes pour des facilités Import/Export, le code de l’urbanisme pour le droit de propriété, le code de l’Environnement,  le code des Marchés, le code de procédure Civile, réformer les procédures administratives, réduire les coûts des charges,  le coûts des facteurs de production, les durées des transactions, faciliter l’accès aux crédits  en sus de la Ratification et de l’application  de conventions et d’accords internationaux  qui encadrent la macro-économie  ou les droits Humains etc …. Comme vous pouvez le constater, chercher vaille que vaille à avoir un bon classement dans ce fouillis de conditionnalités me semble une entreprise suicidaire pour un résultat  encore hypothétique car l’investissement requiert d’autres considérations   que l’environnement local des Affaires : quid de la taille du marché, de la concurrence régionale et internationale, de la qualité des Ressources ?

L a question qui brûle les lèvres après ce bel échafaudage pour attirer d’éventuels investisseurs est celle-ci : que gagne le peuple avec des s   alaires de misère, une précarité des Emplois,  avec moins d’impôts pour le Trésor Public et plus d’évasion fiscale ? Une véritable chimère ! Le jeu vaut il la chandelle ? Faut-il se dépouiller et dépouiller ses Travailleurs pour le compliment d’un bon classement mondial? La réalité est que même un bon climat des Affaires dans nos pays, profite rarement aux investisseurs locaux qui sont souvent malmenés par le Capital étranger. Les Peuples de Singapour ou de chine qui ont enregistré les taux d’investissements les plus élevés peuvent donner la réponse en confirmant qu’industrialisation ne rime pas toujours avec meilleur indice de Développement Humain pour un pays.

De toute évidence, la meilleure stratégie est moins de croiser les bras  en matière de promotion du climat des Affaires mais elle ne consiste pas non plus,  à se river sur un bon classement à tout prix, il faut choisir ses propres leviers notamment la question des facteurs de production qui intéressent à la fois les investisseurs locaux et étrangers, la fiabilité et la crédibilité des institutions surtout politiques et judiciaires, la célérité administrative qui écarte la corruption, l’ouverture du Marché avec les infrastructures et enfin  ne pas bâcler les contrats de concessions pour revenir ensuite les dénoncer et s’engager ensuite dans des procès internationaux qui font mauvaise presse au prés des investisseurs (cas de la privatisation de la SENELEC, Arcelor Metal ) etc… Dans ce cadre il faut d’ailleurs saluer l’attitude lucide du Gouvernement qui a préféré négocier à la place d’un mauvais procès.

De grâce Monsieur le Président n’évoquez plus ce dossier de Doing Business , laissez le soin à votre Ministre de l’Economie ou à votre premier Ministre d’en parler et focalisez toute votre énergie sur le PSE et sur les Grands projets structurants du NEPAD(Eau, Energie, Transport, Télécommunications) que vous avez la lourde responsabilité  de gérer et qui à terme constitueront le meilleur gage pour la ruée des investisseurs non seulement au Sénégal mais en Afrique. Combien sont-ils déjà autour du PSE ?

 Waly Ndiaye Syndicaliste Benno BOKK YAAKAR

Tel. 77 646 97 17

  

DOING BUSINESS : UNE VITRINE POUR LE CAPITAL, UNE    CHIMERE POUR LES PEUPLES !!!

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Publié le 22 Octobre 2014

Mesdames et Messieurs

Puisque qu’un anniversaire est un acte de mémoire, permettez-moi, en ce dixième du genre pour la Fondation Gabriel Péri, d’évoquer un nom. Celui d’un camarade sénégalais, philosophe sémillant, homme engagé, dont les compatriotes ont découvert à sa mort combien il a pu, dans les faits, vivre son idéal.

Beaucoup d’entre vous connaissent Sémou Pathé Guèye dont l’un des mérites est d’avoir pu faire du Colloque de Dakar une des grandes réussites de la Fondation Gabriel Péri.

Mais Sémou, ce n’était pas que le Dakar, le Département de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop, les rencontres internationales. Il n’était pas non plus que présent dans les studios de radio ou de télévision. Sémou était aussi dans la cour des lycées, dans les demeures, dans les profondeurs de son pays, aussi à l’aise dans de modestes hameaux que dans des salons huppés, toujours pour faire ce qu’il savait si bien faire : partager, discuter, affirmer sa foi en l’humain, ressasser avec force que non seulement un autre monde est possible, mais qu’il était urgent de le bâtir…

Sémou était convaincu de la grande utilité de la Fondation Gabriel Péri. Et sans trahir un secret, je puis vous révéler que durant les deux dernières années de sa vie, il a souhaité ardemment que la Fondation ait une présence plus construite à Dakar, au vu de tout ce qui était en œuvre dans la sous région…

Avec vous donc, je voudrais rendre son sourire chaleureux à Sémou et lui dire, simplement mais sincèrement, qu’il demeure vivant dans nos cœurs en raison de son grand apport à l’idéal de libération humaine que nous partageons.

  1. IMPROBABLE PRESIDENT

Il existerait, selon de nombreux sénégalais, un génie qui leur serait propre faisant de leur pays une Nation à part et expliquant qu’il transcende des crises acerbes dont beaucoup de peuples peinent à se relever, à moins d’en payer le prix fort.

Bien entendu, il y a dans un tel sentiment beaucoup de fatuité, une sorte d’auto glorification dont sont coutumières bien des personnes, face au miroir.

Dans l’un comme dans l’autre cas,(celui du Sénégalais et celui de l’homme face au miroir), le tout est dans cette énorme difficulté de prendre du recul face à soi, pour se saisir, dans la violence de sa propre nudité, en se déprenant de tout fard, de tout artifice.

Pour autant, tout n’est pas faux dans la perception que les sénégalais ont d’eux-mêmes. En attestent les ruptures politiques qu’ils ont su réaliser aussi bien en 2000 qu’en 2012, en faisant montre d’une originalité certaine.

Au cœur de ces ruptures aussi bien en 2000 qu’en 2012 le PIT.

D’obédience marxiste, Parti de transformation sociale, le Parti de l’Indépendance et du Travail a une influence inversement proportionnelle à son poids électoral.

Son existence remontant à 1957 (puisqu’il est le digne héritier du Parti Africain de l’Indépendance) jamais il n’a pu compter plus de... trois députés à l’assemblée nationale !

Pour autant, sa « politique de large rassemblement » s’est imposée au pays depuis la fin des années 80, lui valant prestige et inimité.

Pour le PIT, il s’agit, à chaque étape de l’évolution historique du Sénégal, de déterminer les enjeux essentiels, de repérer les forces intéressées au dépassement des goulots d’étranglement du moment et de travailler, en conséquence, à l’unité de ces forces et à leur mise en mouvement.

Cette option politique - d’une redoutable efficacité - aura permis de mettre un terme aux quarante (40) ans d’affilée de règne sans partage du Parti Socialiste tout autant qu’aux douze (12) années d’errance d’Abdoulaye Wade.

Mais, cette option n’a su, cependant, s’imposer que par le versement d’une sorte de tribut bien dur à avaler pour tout militant doctrinaire, attaché à la lettre des principes, et donc réfractaire à tout ce qui pourrait ressembler à une concession à faire à un quelconque compagnon de chemin, même si c’est pour pouvoir faire ne serait ce qu’un bout de route avec lui.

En clair en 2000, l’alternance n’a pu passer que par le libéral Abdoulaye Wade, une alternance au régime socialiste qui débouchera sur les outrances que l’on sait.

En 2012, le Sénégal se surprenait d’une certaine manière en se retrouvant présidé par Macky Sall, ancien Ministre, Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, toujours sous Wade : un homme contraint à la dissidence par son prédécesseur dont le rêve de toujours fut de se faire succéder au pouvoir par son fils Karim.

Quelque part, le Sénégal se voit ainsi dirigé par un Président à la trajectoire fulgurante que ni ses anciens compagnons du PDS, ni ses nouveaux partenaires de l’opposition de 2012, n’ont su réellement voir venir !

Du reste, probablement là git l’explication du comportement, vis-à-vis du Président Sall, de cet autre ancien Premier Ministre de Wade : Idrissa Seck, membre éphémère de la coalition Benno Bokk Yaakaar, en rupture de ban avec ses partenaires de Benno, seulement une année après la défaite de Wade.

En effet, celui-ci qui dans la bataille contre Wade avait édifié la coalition Idy 4ème Président (après Senghor, Diouf, et Wade), donne le sentiment de quelqu’un à qui on a soufflé, de manière indue et subreptice, quelque chose lui revenant de droit !

  1. FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX ?

Au Sénégal se pose ainsi une sorte de dilemme. Ce pays est dans l’obligation de rompre d’avec un mode de fonctionnement l’ayant comme qui dirait transi pendant des décennies.

Un mode d’être exacerbé à un niveau exceptionnel par Abdoulaye Wade au point que, d’une certaine manière, tous les ressorts de la Nation, ses fondamentaux, en étaient menacés.  De sorte que ce dont il s’agit c’est bien de déconstruire le parti Etat.

Il se trouve seulement que cette exigence de rupture doit être assumée - quant au fond - par les mêmes qui ont été, peu ou prou, acteurs voulus ou contraints de la précipitation du pays dans sa difficile situation.

En clair, l’un des éléments de complexité du cas sénégalais, c’est que ce sont aussi de proches compagnons de Wade qui assument la réalité du pouvoir et doivent, en conséquence, faire sortir le pays de l’ornière dans laquelle il a été engouffré.

Or donc, comment faire du neuf avec du vieux ? Comment surtout y parvenir, dans un contexte d’urgences, un monde de libéralisme essoufflé mais toujours tyrannique, d’autant plus cruel qu’il prend eau de toutes parts ?

Dans ce cadre, il nous semble utile d’insister sur le fait que la transformation sociale, sans se réduire seulement à cela, est aussi une affaire de disposition d’esprit. Autrement dit, aujourd’hui comme hier, les idées deviennent des forces matérielles quand elles s’emparent de la conscience des hommes.

A cet égard, ce que pensent les sénégalais, leur adhésion et leur concours, concernant ce qui se fait, s’avèrent d’une importance décisive. Qu’ils pensent majoritairement qu’il doit être possible de transformer leur pays, de le faire avancer au service du grand nombre représente un préalable pour toute avancée significative. A rebours, qu’ils se disent ou croient que tout horizon est bouché et que donc jamais le Sénégal ne rompra avec ses entraves de toujours, ne peut que plomber toute velléité de construction nationale…

L’équation politique à résoudre pour les forces de progrès devient donc celle-ci : comment faire avec les sénégalais tels qu’ils sont, les Partis politiques et les organisations sociales tels qu’ils sont, les pas nécessaires pour poser les jalons d’un changement en profondeur ?

Il faut nous semble-t-il, dans ce cadre, allier lucidité et sagacité, intelligence du contexte et capacité à conforter les acquis pour bâtir sur du solide et prévenir tout retour en zone.

En la matière, et sans verser dans un quelconque « canonisme » aussi puéril que contre productif, il ne nous semble pas inutile de renouer aussi bien avec Marx qu’avec Lénine.

Avec l’un et l’autre, il devrait être possible de méditer sur le fait « que la pourriture est le laboratoire de toute vie » et que de toute façon rien n’est plus contre productif, voire suicidaire, que de vouloir obtenir du neuf en faisant table rase de tout passé, de tout socle, simplement parce que l’on ne voudrait pas recourir à cela que l’on veut redresser…

Partir de ces principes, c’est disposer d’une boussole permettant de s’orienter dans le grand désordre sénégalais : traque des biens mal acquis, Programme Sénégal Emergent, Réformes Institutionnelles et plus globalement, Conclusions des Assises Nationales. A tous ces niveaux, il devrait être possible, sans verser dans la précipitation ni dans l’extrémisme, d’obtenir du Président Macky Sall et de son régime des concessions à conforter et à transformer en base ou socle pour de nouvelles conquêtes.

Inutile de dire que la transition, telle que vécue par les sénégalais, se donne à voir aussi comme un véritable théâtre d’ombres. De nombreuses  forces- dont certaines occultes - sont sur la scène et toutes compétissent pour infléchir le fléau de la balance dans le sens de leurs intérêts.

En prendre conscience devrait amener les forces de gauche coalisées avec le Président Macky Sall à davantage partager pour faire front aux très nombreux partisans d’un retour à l’ordre ancien dont les sénégalais ont eu tant à souffrir. Ces forces de gauche devraient elles aussi objectivement faire le bilan de leur propre parcours, tirer les leçons de vie de leurs différentes expériences, aux fins de ne pas reconduire les erreurs manifestes qui ont été les leurs dans leur cheminement avec Abdoulaye Wade.

C’est à ce prix que les conclusions majeures des Assises nationales se verront appliquées et que donc les sénégalais auraient un régime politique plus équilibré, un Etat de droit avec un système judiciaire davantage libéré de la férule du Chef de l’Etat, une participation citoyenne plus relevée par une décentralisation assumée avec davantage de volonté et d’esprit de suite.

  1. ENTRE ERRANCE ET CONFUSIONS : QUEL CAP SE FIXER ?

A la vérité, la scène politique sénégalaise de 2014 peut s’avérer difficile à décrypter pour tout observateur s’en tenant aux apparences premières.

Pour s’en convaincre, il suffit de prendre en repère les dernières élections locales ayant mis le Sénégal des Partis politiques sens dessus dessous. A cette occasion, plus d’un animateur d’une organisation de la société civile, croyant son heure venue, s’est donné les moyens d’emprunter un étendard à l’un des trop nombreux partis politiques sénégalais pour aller à la compétition.

Par ailleurs, différentes coalitions ont été constituées, éclatant très souvent celles déjà connues, au prétexte qu’il s’agissait d’élections locales.

Enfin, le Parti du Président Macky Sall (APR), hégémonique en diable, n’a souvent laissé comme seule possibilité à ses alliés du gouvernement que d’aller aux élections en lui faisant face. De sorte qu’au résultat Benno Bokk Yaakaar (la coalition présidentielle) a remporté ses élections tout en les perdant d’une certaine manière y compris contre… elle-même !

Au plan économique, la situation du Sénégal demeure mitigée. En effet, des mesures volontaristes allant de la baisse des prix des denrées de 1ère nécessité, à la couverture maladie universelle, de l’imposition de la réduction du coût du loyer à la baisse de la fiscalité sur les salaires, jouxtent le Plan Sénégal Emergent avec ses impératifs d’ajustement ou encore la décision de signature des Accords de Partenariat Economique (APE)…

Avec un tel cas de figure, il n’est pas superfétatoire de se demander si le Sénégal va se battre pour tenter d’échapper aux fourches caudines des plans d’ajustement - dont la rigueur sélective l’a conduit là où il est - ou alors choisir, en dépit des leçons de l’expérience, de continuer à accepter de pâtir du dictat des forces d’argent.

Bien entendu, le Sénégal n’étant pas en dehors du monde, il a l’obligation de faire avec les réalités de l’époque. Mais c’est justement une meilleure intelligence du contexte qui devrait l’amener à être plus regardant dans ses politiques de partenariat ce qui devrait le conduire non pas à lâcher ses partenaires de toujours, mais à exploiter au mieux les opportunités qui se dessinent du côté de la Chine, de l’Inde, bref des BRICS…

En l’état, le Sénégal est gros d’impatience et de souffrances. L’écrasante majorité des populations aussi bien rurales qu’urbaines peine à joindre les deux bouts : la vie demeure chère, les inégalités persistent, l’Ecole et l’Université ne sont pas au meilleur de leur forme et de très nombreux sénégalais qui espéraient qu’avec l’éviction d’Abdoulaye Wade que tout allait changer, pour le mieux et très rapidement, commencent à languir.

C’est dans ce contexte qu’ont démarré les procès pour enrichissement illicite avec comme figure principale Karim, le fils de l’ancien Président de la République du Sénégal.

Et bien entendu, Abdoulaye Wade, ses partisans et affidés, font flèche de tout bois profitant du marasme économique et des difficultés sociales pour, d’accusés, se transformer en accusateurs. Le peuple sénégalais aurait été trompé ; il a eu tort de faire partir Wade ; il lui faut donc ramener au plus vite le PDS c’est-à-dire Karim Wade au pouvoir au lieu de s’évertuer à lui faire rendre gorge !

Le tumulte dans le pays est si fort, les changements attendus si laborieux, l’adversité du PDS si coriace (car entretenue par la considérable fortune amassée par ses principaux animateurs) qu’il est bien difficile, à cette étape, de certifier que nulle inflexion ne sera apportée au choix majoritaire des sénégalais en date du 25 mars 2012.

En clair, la déconstruction du Parti Etat, la gouvernance sobre et vertueuse, les réformes institutionnelles pour édifier une République démocratique, citoyenne et de justice sociale sont des défis loin d’être gagnés.

Or, le jeu les acteurs est tel que beaucoup de citoyens sénégalais semblent perdus. Ils éprouvent de la peine à distinguer les lignes de force et se demandent, en définitive, si ce n’est pas la politique elle-même qui est synonyme de corruption, de reniement.

Avec cette conséquence tragique : soit il faut, pensent-ils, renoncer à l’engagement politique, soit estiment-ils, il faut plonger dans la fosse aux lions avec pour seul souci de tirer personnellement les marrons du feu !

  1. DES REPERES A RETABLIR POUR REINVENTER LA POLITIQUE

Dans l’excellent roman de l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, l’Aventure ambiguë, un des personnages du livre se pose cette grave question : Que peut-il bien arriver à des hommes égarés si tous les repères auxquels ils devraient pouvoir se fier se mettent eux-mêmes en mouvement ?

Pour dire que les partisans de la transformation sociale souffrent, à notre sens plus qu’on ne le croit, de l’effondrement du camp socialiste.

Non point qu’il faille fermer les yeux sur toutes les perversions ayant ruiné, de l’intérieur, le système socialiste pour croire, de façon ingénue, que nos camarades ont été seulement défaits par plus forts qu’eux.

Plutôt, en raison du fait que l’existence d’un camp socialiste, en dépit de toutes ses faiblesses, avait le mérite de servir en même temps de repoussoir et d’horizon.

Pour des millions d’hommes, cet horizon n’existe plus ou, en tout cas, il n’est plus aussi massivement incarné qu’il le fut.

Et, paradoxalement, ce déficit de repère n’affaiblit pas que ceux de notre camp. Il met aussi nos adversaires dans la position peu confortable de devoir s’inventer des concurrents, de les bâtir au forceps pour légitimer leurs carences et outrances par le nécessaire combat à mener dans le fond contre… leurs propres turpitudes.

Il y a aussi crise de la politique, croyons-nous, parce que la période vécue est une période équivoque dans le cadre de laquelle trop souvent les réalités vécues sont en dissonance avec les professions de foi. Au point que le moment nous semble venu d’oser nous poser à haute et intelligible voix cette simple mais redoutable question : Qu’est ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Ou plutôt comment être de gauche aujourd’hui ?

Combien sommes à vivre nos valeurs, à être adeptes fervents de la justice sociale, de la liberté, de l’égalité, pas seulement en paroles mais dans les faits, au quotidien ?

Dans la même veine, nous demandons nous si la crise de la politique ne nous est pas aussi imputable, en ce sens que nous n’arrivons pas assez à penser les mutations prodigieuses de notre monde pour, à partir d’elles, bâtir une théorie de la libération humaine suffisamment pertinente, suffisamment audible et donc entrainante.

Autrement dit, ne souffrons nous pas d’une sorte de déficit théorique, une théorie dont la construction partagée en ferait un étendard ou une bannière permettant à l’essentiel des nôtres de se rassembler ?

Entendons nous bien : il ne s’agit pas de dire que Marx aurait tant et si bien vieilli que sa réflexion serait désuète !

 Tout au contraire, il s’agit de se donner les moyens de s’emparer de l’âme vive du marxisme pour en faire un outil de libération dans le monde d’aujourd’hui avec sa radicale nouveauté.

  1. DES SOLIDARITES A REBATIR

Or, l’un des levains de la pensée de Marx est la solidarité entre tous les opprimés, tous les exploités, tous les hommes souffrant de la misère humaine, soit parce qu’ils l’endurent, personnellement, soit parce qu’ils ne peuvent accepter que d’autres, leurs semblables, la vivent.

A cet égard, le cri de ralliement de Marx ne nous semble pas passé de saison en dépit des mutations ayant radicalement transformé le visage du monde. « Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! »

Entendre cet appel, c’est se demander si les forces de gauche font montre de suffisamment de solidarité avec les Peuples en lutte. Le Peuple martyr palestinien bien sûr. Celui irakien également, sans oublier tous ceux d’Amérique latine. Mais aussi et sans être exhaustif, les pays du sahel dont certaines des énormes richesses sont devenues un fardeau, transformant ces pays en zones de combat avec des mouvements islamistes surgis, entre autres, des modes de traitement de la crise libyenne.

Notre camp fait-il suffisamment face à la volonté de régenter les économies des pays pauvres parce que spoliés du principal de leurs richesses ? Autrement dit, élevons-nous suffisamment la voix pour dire au FMI et à la Banque Mondiale que manifestement leurs plans d’ajustements structurels ne font que plomber toute velléité de redressement économique de pays exsangues, auxquels ils s’obstinent à infliger des remèdes de cheval ? Comment donc accepter qu’en plein 21e siècle, un tribut aussi lourd que cela puisse continuer à être payé à Ebola, au paludisme ou au Sida, précisément parce que les services de santé publics sont parfois réduits à leur plus simple expression ?

Nous avons, à l’évidence, des solidarités à rebâtir, des forces à reconstituer, un camp à remembrer pour peser davantage sur le cours des événements, c’est-à-dire pour forger notre histoire.

CONCLUSIONS

Quelques mots pour conclure.

Il y aurait donc quelque chose d’universel dans la crise de la politique. D’ailleurs, c’est précisément parce qu’il en est ainsi que par delà les nuances, l’anomie ou la panne de la politique se ressent partout et presque par tous.

Mais qu’est-ce que la politique ? N’est-elle pas un ensemble de réponses dont se servent des individus sociaux, historiquement situés, pour tenter de résoudre des problèmes concrets auxquels ils font face dans leur vie réelle ?

Or, s’il en est ainsi, la politique - à l’instar de la chouette de Minerve - n’est-elle pas dans l’obligation de ne se lever que le soir tombé, au terme de tout un parcours pour, à la fois, tenter de lire ce parcours, mais aussi et surtout de le corriger, de le profiler afin que son réinvestissement se fasse avec plus de fluidité ?

Nous sommes nombreux à croire que le monde que nous vivons est en déficit d’humanité. Ce monde de libéralisme débridé a besoin, pour utiliser une formule de Bergson, d’un « supplément d’âme ».

Autrement dit, il est impératif que la quête sans fin de profit cesse de scander, de rythmer la plupart de ses pulsations, au point de le désenchanter presque totalement.

Notre monde, devenu aride à bien des égards, a besoin de ce point de vue d’un discours d’espoir, un discours que la politique charrierait avec des mots adaptés à notre époque.

Tant que nous n’arriverons pas à énoncer ce discours avec la correcte intonation, tant que la politique n’offrira comme perspective que l’accommodation à ce qui est parce qu’il serait perçu comme un horizon indépassable, il ne faudrait pas s’étonner que des hommes et des femmes, des jeunes surtout, s’en détournent avec dédain. Ou pire, qu’ils soient de plus en plus nombreux à épouser des thèses qui, dans un passé pourtant pas très lointain, ont conduit l’humanité dans un désastre sans nom.

Alors assurément, il faut réinventer la politique !

 

Samba SY, Octobre 2014

CRISE DE LA POLITIQUE : UNIVERSALITE ET ENJEUX NATIONAUX
CRISE DE LA POLITIQUE : UNIVERSALITE ET ENJEUX NATIONAUX

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Publié le 28 Septembre 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE  SUR L’EVALUATION DE LA RENCONTRE DE BENNO BOKK YAAKAAR AVEC MR MACKY SALL

Procédant à l’évaluation de la rencontre de Benno Bokk Yaakaar du samedi 20 septembre, le secrétariat du PIT se félicite de la résolution prise par les membres de la dite coalition de se donner, dorénavant, les moyens d’échanger en profondeur sur l’état de la Nation, d’explorer ainsi les plages de convergence aux fins de s’accorder sur les mécanismes les plus pertinents pour la prise en charge résolue des défis du moment.

Le Parti de l’Indépendance et du Travail, artisan convaincu de la politique de large rassemblement, demeure persuadé qu’il est essentiel de ne jamais perdre de vue ce qui a été le levain de Benno Bokk Yaakaar : mettre fin à une politique ruineuse pour la Nation, restaurer l’état de droit, asseoir une gestion sobre et vertueuse au profit de la majorité des sénégalais.

Un engagement qui requiert la mutualisation des forces et des intelligences mais aussi beaucoup d’opiniâtreté. Car il s’agit de se défaire de pratiques surannées mais ancrées dans le tissu social national au point que pour ce qui est de leur remise en cause rien ne pourra s’obtenir comme par enchantement.

En effet, en finir avec la culture du Parti Etat, lutter contre le cancer de la corruption, faire résolument face aux cartels de la drogue nécessitent constance, détermination, mobilisation et foi.

Et parce qu’un tel horizon remet en cause des intérêts énormes et parfois insoupçonnés, ceux qui le visent doivent faire montre d’une vigilance constante et d’une résolution inaltérable.

Autant de raisons pour Benno Bokk Yaakaar de faire corps, de mettre davantage l’intérêt national au-dessus des intérêts individuels et ou partisans.

Ce faisant, Benno Bokk Yaakaar continuerait à bénéficier de la confiance et du soutien du Peuple sénégalais car celui-ci constaterait que les objectifs pour lesquels il a consenti d’énormes sacrifices ne relèvent nullement d’une quelconque chimère.

Pour le PIT c’est à une telle compréhension des enjeux que doivent parvenir les forces de progrès de notre pays. Un pays qui est aussi en butte à la grave crise dans laquelle est empêtrée le système capitaliste, avec les multiples agressions dont sont victimes les peuples, ceux des pays africains notamment.

A tous les hommes épris de paix, de justice et de liberté du Sénégal mais aussi de tous les continents, au peuple martyr palestinien, à ceux syrien et irakien, le Secrétariat du PIT signifie sa solidarité militante et son indéfectible soutien.

Fait à Dakar le 25 septembre 2014

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Publié le 25 Septembre 2014

Evitons le faux débat entre « réforme des Institutions » et « changement de Constitution » !
A l’issue de la rencontre entre le Chef de l’Etat, Président de « Benno Book Yakaar » ( BBY), et ses alliés, le débat est encore enclenché à propos de la nature des propositions de réforme de la « Commission Nationale de Réforme des Institutions » ( CNRI), instituée par le Président de la République, Macky Sall, qu’il a confiée au Président des « Assises nationales », Amadou Makhtar MBow.
L’institution d’une telle Commission n’ a pas été fortuite, puisqu’elle fait partie des engagements pris par le Chef de l’Etat dans son propre programme de campagne électorale, qu’il avait réaffirmés devant le « Comité national de Pilotage » (CNP) des « Assises nationales », entre les deux tours de l’élection présidentielle de Février /Mars 2012, pour obtenir le soutien du « peuple des Assises nationales », qui est la base de la création de BBY qui l’a porté au pouvoir.
Le choix du Président des « Assises nationales » pour piloter cette Commission n’était pas aussi fortuite, puisqu’il découlait logiquement de l’engagement solennel du Candidat Macky Sall, non seulement « d’appliquer » les « Conclusions des Assises Nationales », mais surtout « d’instituer un « Comité de suivi » de leur mise en œuvre, sur proposition du CNP.
C’est ainsi, qu’après la mise en place de ce « Comité de suivi de la mise en œuvre des Conclusions des Assises Nationales » parmi les premiers actes pris par le nouveau Président de la République Macky Sall, « Comité » encore au travail, la création de la CNRI présidée par le Professeur A.M Mbow, confortait l’opinion sur la volonté du Chef de l’Etat, de respecter ses « engagements » de réforme des Institutions et de la gouvernance du pays, héritées de Wade.
La feuille de route élaborée par le Président Macky Sall à cet effet ne souffrait donc aucune ambiguïté dans la mission de « réforme des Institutions » confiée à la CNRI.
Ce n’est qu’après le dépôt des conclusions de la CNRI, et des propositions de réforme sous forme de « projet de Constitution », que s’est instauré un faux débat entre « Réforme » et « Changement de Constitution », pour se donner un prétexte pour limiter l’ampleur des réformes qu’elle a proposées.
En effet, le « projet de Constitution « proposé par la CNRI n’est rien d’autre que l’ensemble des propositions de réforme des dispositions de la Constitution héritée de Wade, en les transcrivant sous forme de « projet de constitution » ,pour plus de lisibilité et de cohérence interne.
Il ne s’agit pas donc d’une « nouvelle Constitution », comme le Chef de l’Etat voudrait présenter ce projet, mais bien , mais bien un « recueil » de l’ensemble des propositions de réforme des dispositions de la Constitution de 2001 de Wade, que les Sénégalais et les forces vives de la Nation interrogés par la CNRI, ont voulu changer.
En fait, s’il ne s’agissait que de ramener la durée du mandat du Chef de l’Etat de 7 à 5 ans, aucune Commission de réforme des Institutions n’aurait été nécessaire.
Ce qui était nécessaire de faire et qui impliquait la création d’une Commission nationale, était sans équivoque aucune, la réforme de la Constitution de 2OO1 de Wade, pour y extirper tout ce qui fonde le « système de Parti/Etat », et de « gestion clientéliste et patrimoniale de la Chose publique », pour mieux asseoir les fondements de la République sur des bases démocratique, laïque et citoyenne.
Il s’agissait donc pour la CNRI, comme cela découlait de la feuille de route du Chef de l’Etat, d’en finir avec le Parti/Etat, en séparant les pouvoirs au sein de la République, pour restituer au pouvoir judiciaire et au pouvoir législatif, toute leur souveraineté, en renforçant le contrôle de l’Exécutif par le législatif, notamment en matière de coopération internationale, y compris dans le domaine de la coopération militaire , d’envoi et de retrait de nos troupes à l’étranger, et de déclaration de guerre, et le contrôle citoyen de l’Exécutif, notamment, avec l’érection de la « concertation avec les acteurs concernés » sur toutes les politiques et projets d’envergure qui les affectent significativement, en éliminant les cumuls de fonction et de mandat, dont celui du Président de la République et de Chef de Parti, et les cumuls de mandats, en instituant un « appel à candidature » pour pourvoir les Grandes Directions de l’Administration, des Entreprises publiques et les Agences, à la place du « pouvoir de nomination » discrétionnaire du Président de la République , à tous les « emplois civils et militaires », pour mettre un terme au « clientélisme et au népotisme », en instituant le « juge des Libertés », « le droit du justiciable d’interpeler le juge » , pour rendre plus transparents et plus équitables, « les actes de justice », et enfin, en rendant le système électoral plus indépendant de l’Administration territoriale, plus transparent et plus démocratique, avec l’institution d’une « Autorité indépendante de Régulation de la Démocratie »(ARD), chargée de gérer le processus électoral, et de contrôler la vie des Paris politiques (création, financement, fonctionnement).
C’est l’ampleur de cette réforme pour mettre fin au système de Parti/Etat hérité de Wade, que l’on a voulu délibérément occulter, en instaurant un faux débat entre « réforme » et « changement de Constitution », ou, entre « Régime Présidentiel » et « Régime Parlementaire ».
En effet, les réformes proposées par la CNRI n’instaurent aucunement, un « Régime Parlementaire », puisqu’avec la séparation des pouvoirs et le renforcement du pouvoir de contrôle de l’Assemblée nation, les prérogatives du Chef de l’Etat dans la Définition de la Politique de la Nation, et de choix du Premier Ministre et des membres du Gouvernement, sont conservés tant que la majorité présidentielle correspond avec une majorité parlementaire. Ces prérogatives ne vont à l’Assemblée nationale que lorsque ces deux majorités ne coïncident pas.
Cette innovation, présentée abusivement comme l’instauration d’un « Régime Parlementaire », n’est rien d’autre qu’un mécanisme institutionnel de régulation, en cas de non coïncidence des deux majorités, qui peut arriver avec la démocratisation de la vie publique engendrée par les réformes proposées par la CNRI.
Ainsi, l’approfondissement de notre Démocratie républicaine ne va pas entraîner un blocage de nos Institutions, qui nécessiterait le recours à de nouvelles élections pour préserver la stabilité du pays , ou, comme aux Etats Unis, un blocage du fonctionnement de l’Exécutif, lorsque l’Exécutif n’a pas la majorité au Congrès.
De même, la fin des cumuls de fonction et de mandats, y compris de la Présidence de l’Exécutif, et de Chef de Parti, n’a rien à voir avec un «Régime Parlementaire ». C’est une disposition constitutionnelle qui participe de la fin du Parti/Etat.
Il est donc aberrant de crier à « l’instabilité » que risque d’engendrer la suppression du cumul des fonctions de Chef de l’Etat et de Chef de Parti.
En effet, le régime socialiste a connu la suppression de ce cumul de 1996 à 2000, avec la réforme de la direction de leur Parti qui a instauré un « Président du Parti » et un « Premier Secrétaire » chargé de diriger le Parti, sous la supervision de celui-ci, sans que le Sénégal, n’ait aucun aucune « instabilité ».
C’est la stabilité du Sénégal durant cette période, qui a permis l’organisation d’élections crédibles en 2000, pour réaliser l’Alternance démocratiquement, avec l’élection de Wade à la Présidence de la République.
Par contre, c’est le Parti Socialiste qui a vécu dans l’instabilité à cause du Choix unilatéral du Premier Secrétaire , effectué par le Président du Parti, dans un Congrès « sans débat ».
Donc, l’instabilité du PS, et non du Sénégal, n’a pas été causée par la fin du cumul de mandat du Chef de l’Etat et Chef de Parti, mais bien, par l’absence de démocratie dans le choix du Premier Secrétaire de ce Parti.
C’est Wade, ave l’avènement de l’Alternance en 2000, qui a restauré ce cumul dans sa Constitution de 2001 qui est l’objet des propositions de réforme de la CNRI.
Même cette restauration du cumul, n’a pas mis fin à l’instabilité dans le Parti de Wade, le PDS, du fait de l’absence totale de Démocratie dans son fonctionnement et dans le choix de ses dirigeants. C’est Wade, qui choisit et affecte aux fonctions de direction du Parti, comme il le fait pour les emplois civils et militaires au sein de l’Etat du Sénégal. Il est, dans son Parti, la « seule constante », tout le reste, ce sont « des variables ».
C’est cette même instabilité que l’on note au sein du Parti du Président Macky Sall, (APR) pour les mêmes raisons que celles qui prévalent au sein du PDS. Il est le seul à être élu dans son Parti, tous les autres dirigeants sont nommés par lui, à sa guise.
Donc, les réformes proposées par la CNRI invitent le Chef de l’Etat à instaurer un fonctionnement démocratique de son Parti pour éviter de perpétuer, et même d’accentuer l’instabilité chronique qui le mine, mais elles n’induisent en rien une instabilité du pays.
D’ailleurs l’institution de l’ARD va l’obliger à asseoir son Parti sur des bases de fonctionnement démocratique, au même titre que tous les autres Partis.
C’est la nature du système de Parti/Etat, instauré par Wade, qui donne au Président de la République/ Chef de Parti, un pouvoir « monarchique » sur l’Etat, et sur son Parti.
C’est à cette dérive despotique de nos institutions républicaines et de notre vie politique, que les réformes de la Constitution de 2001, héritée de Wade, devraient mettre un terme.
Notre peuple, après la rencontre du Chef de l’Etat et de BBY, est devant un choix historique qu’il n’est plus possible de différer sans dommage : C’est le choix entre la perpétuation du système de Parti/Etat hérité de Wade, et la République démocratique et citoyenne.
Notre peuple avait manqué de le faire en 2001, du fait de l’allégeance de la quasi-totalité des partis et des organisations de la Société civile au nouveau Président Wade, démocratiquement élu, avec toutes les conséquences négatives que cela lui à apporter douze ans durant.
Il lui a fallu de lourds sacrifices citoyens, pour le faire partir en 2012, avec l’espoir d’en finir avec son système de Parti/Etat.
Aujourd’hui, il serait suicidaire pour notre République et pour la Démocratie, de « ré éditer » face au Président Macky Sall démocratiquement élu, le « compromis sur les Institutions », qui ne serait cette fois – ci, que « compromission » et forfaiture », eu égard à l’expérience douloureuse qu’il a occasionné à notre peuple.
Tant de sacrifices pour faire partir Wade et son système de Parti/Etat ne sauront être vains.
Notre sous région et l’Afrique entière regardent le Sénégal, et retiennent leur souffle.
Le « Peuple des Assises nationales », le M23 et « Y EN A Marre » sont interpelés !

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
Dakar le 24 Sept 2014

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