Publié le 1 Mars 2015

L’Ecole- publique s’entend-,  et l’armée nationale  constituent  les deux mamelles de la République.

Assertion fondamentale,  si souvent  reprise,  qu’il devient légitime de se demander pourquoi encore la répéter, c’est-à-dire ressasser un propos sur lequel tous, ou presque, s’accordent !

Du point de vue du Secrétariat du Parti de l’Indépendance et du Travail, s’il est besoin de revenir sur une telle considération, c’est  compte tenu des turbulences que vivent l’Ecole et l’Université sénégalaises. Des turbulences pouvant évoluer en bourrasques faisant perdre au pays des ressources et un temps que tous savent de plus en plus précieux.

De sorte qu’il est devenu urgent de reprendre les questions par le bon bout, d’agir en patriotes pour faire triompher, par-dessus  tout, les intérêts de la Nation sénégalaise.

A cet égard, comment ne pas être en phase avec les organisations  syndicales  d’enseignants pour ce qui est de la revendication du respect des  accords dûment signés par le Gouvernement avec eux ? Comment, par exemple, ne pas admettre que la lenteur dans la parution des actes administratifs- qui régulent la carrière des enseignants- affecte ceux-ci dans leur vie professionnelle et mérite, en conséquence, une solution de fond pour que les droits de chaque enseignant soient préservés ? Sachant que des dizaines de milliers d’enseignants sont concernés et que le personnel commis à cette tâche titanesque de production des actes administratifs est,  non seulement écrasé de travail mais aussi confiné dans des locaux exigus, il devient aisé de deviner quelle piste explorer  pour, dans ce domaine, espérer  trouver une solution satisfaisante.

Cependant,  et pour rester dans le même secteur, que dire de la revendication de l’alignement de l’indemnité de logement sur celles octroyées à d’autres corps dont le niveau académique serait similaire ? Les indemnités accordées  aux travailleurs doivent –elles être liées à la spécificité du travail exercé ou plutôt au profil académique ? Selon l’une ou l’autre option, qu’en serait-il de l’incidence,  sur les finances publiques,   du choix qui serait fait ?

Dans ce domaine, il ne s’agit pas d’autre chose que de conjuguer l’équité dans la répartition des ressources nationales avec la rationalité faisant que «  même si les yeux ne supportent pas  la charge, ils savent ce dont est capable  la tête ! »

L’Université sénégalaise, pour prendre un autre exemple, n’impose-t-elle pas une mue radicale pour se sortir de la crise dans laquelle elle est,  depuis si longtemps, engoncée ?

Les mesures arrêtées, à l’occasion de la Concertation Nationale sur l’Avenir de l’Enseignement Supérieur,  n’indiquent –elles pas la voie pour que des ruptures salvatrices soient apportées dans un mode de fonctionnement faisant que les années académiques s’enchevêtrent les unes aux autres, au point que l’Université  « «fonctionne » à feu continu ?  

Du reste, les  Assises de l’Education et la Concertation sur l’Avenir de l’Enseignement supérieur  ont-elles accouché des solutions consensuelles escomptées en rapport avec les problèmes de fond  de l’Ecole et de l’Université ? Le PIT  avait, en ce qui le concerne, attiré l’attention sur la faute de méthode consistant à tenir des concertations séparées sur ces deux sous secteurs de l’Education nationale…

Toujours est-il que la nécessité de renouer avec  un véritable dialogue national sur l’Education s’impose en tant  qu’issue pacifique à la crise qui secoue l’Ecole et l’Université.

 Le débat sur les « indemnités de logement » et la variété des points de vue sur la «  loi cadre »  incitent à  la reprise  de cette concertation nationale, afin d’éviter de  rajouter du temps perdu à l’énorme  retard déjà accusé, en rendant chaque jour les problèmes de calendrier scolaire et  universitaire davantage difficiles à résoudre.

Enfin, et sans être exhaustif, le recours systématique et intempestif à l’arme de la grève, arme brandie par une myriade d’organisations dont aucune ne veut sembler moins déterminée que l’autre, atteste, du moins en l’état, de l’insuffisante efficacité du système de dialogue social que l’Etat vient d’ériger en  «  Haut Conseil pour le Dialogue Social ». 

 Au constat,  l’ abus du recours à la grève risque d’isoler les enseignants des autres sphères de la population, au point de les  fragiliser et  de minorer  leurs chances de faire aboutir leurs revendications, même les plus légitimes ;  tandis que l’inefficacité du système de dialogue social fait peser de sérieuses menaces  sur la paix sociale dont la sauvegarde est pourtant sa raison  d’être.

Aussi est-il impératif de faire  de l’éducation et de la formation une urgence nationale qui ne concernerait pas seulement les enseignants d’un côté et  le Gouvernement de l’autre. Au vu de leur importance, de telles questions interpellent  toute la Nation et méritent que le Peuple sénégalais les prenne en charge pour qu’enfin l’Ecole et l’Université renouent avec une stabilité minimale sans laquelle elles ne peuvent assumer l’irremplaçable vocation qui est la leur.

Renouer le dialogue,  allier l’esprit de justice avec la rationalité,  le sens de l’intérêt national  avec la défense intelligente des intérêts de corporation, telle  devrait être la feuille de route d’une véritable Concertation nationale sur l’Education et la Formation.

 C’est aussi à cela qu’appelle  le PIT/Sénégal.

                                                                                                               Dakar, le 28 février 2015.

Le Secrétariat du Comité Central du P.I.T-Sénégal

Voir les commentaires

Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #P.I.T-Sénégal

Publié le 22 Février 2015

PLAIDOYER EN FAVEUR EN FAVEUR DE LA CREI

PATRIOTES DU SENEGAL, PROLETAIRES DU SENEGAL, UNISSONS-NOUS POUR DEFENDRE LA CREI !

Il n’y a pas de Démocratie majeure sans bonne gouvernance et il n’y a pas de bonne gouvernance sans obligation de rendre compte, il n y a pas de bonne gouvernance sans mécanismes de contrôle  interne et externe (in situ,  post et ante). Avant de créer la CREI le Président Diouf à l’époque avait fait un plaidoyer pour le rapatriement des sommes planquées dans des comptes bancaires à l’Etranger, puis il a mis la CREI en place, personne ne s’en est ému, au contraire certains patriotes avaient applaudi. Le président Macky Sall en l’activant au lendemain de la deuxième alternance, ne savait mieux faire pour son pays, prenant un taureau par les cornes. Ainsi le Sénégal sans complexe montre au reste du monde que non seulement on doit avoir notre destin en main mais plus est qu’étant un pays  petit, pauvre par  la superficie, est grand et digne par la qualité des hommes qui y vivent, la liberté de pensée, la luminosité des idées sur la marche du Monde  et l’ingéniosité  dans  la gestion des grands défis et enjeux d’un monde sans repère, d’une économie mondialisée, globalisée, débridée et caractérisée par la corruption, la mal gouvernance, le camouflage subtil des mouvements de capitaux et leur blanchiment sous une immunité garantie par des paradis fiscaux.

  Que de résolutions, de Déclarations internationales, de programmes mondiaux ont été élaborés pour faire face à ces fléaux mais en vain par ce qu’en face on brandit  des arguties autour, de principes procéduriers qui doivent respecter de soit disant « libertés ou Droits Humains », professions de foi auxquelles ne croient que les suppôts patentés de ceux-là qui ont inventé ces produits cosmétiques et qui refusent délibérément de se les faire appliquer.

Oui la CREI est  bien une exception Sénégalaise il fallait  qu’elle en soit ainsi et il faut s’en féliciter. Si elle n’existait pas il fallait bien dans le contexte du Sénégal de Abdoulaye Wade, la créer, et pour l’avoir réactivée, même s’il est  prématuré de  rendre hommage à Macky Sall, ne sachant pas encore jusqu’où il peut  aller. Au  demeurant, tous les patriotes, particulièrement ceux nés après les Indépendances dont l’ère, au parfum de rupture, se fait sentir dans tous les secteurs (Justice surtout), ceux-là, attachés à un Sénégal vertueux, terre de foi, à l’image de ce que nos vénérés guides religieux Elhadji Malick SY ,Cheikh Ahmadou Bamba et les autres ont prêché, doivent l’encourager et se mobiliser pour que la prévarication, la permissivité, les passe-droits, l’impunité qui avaient atteint leur paroxysme pendant la décennie passée, cessent pour devenir un vieux souvenir dans notre pays. C’est là une condition sine qua non de la paix des esprits et des cœurs mais une mission à risques qui appelle un devoir de sacrifices pour tous les patriotes.

 IL me semble alors important de s’arrêter sur les soliloques faits par les détracteurs  de la CREI  et souligner  l‘inconsistance de leurs arguments:

Premier argument :

 

Dans la traque des biens mal acquis, pourquoi la CREI et non les juridictions ordinaires ?

La spécificité du délit supposé, les modalités d’interventions et de saisine de ces juridictions ordinaires, les limites des compétences des organes auxiliaires ou d’appoint qui alimentent leur matière (IGE, CC, IAF, IGEF, Cabinets d’Audits etc…) ou le circuit alambiqué que pourraient prendre les rapports  de ces organes, qui pourraient éventuellement leur être envoyés, attestent des limites de ces juridictions à vouloir connaître et traiter d’une question beaucoup plus large et aussi complexe que celle de biens mal acquis, une richesse cumulée pendant des années à partir de faisceaux internes, externes nationaux, internationaux. Combien de rapports d’audits, de l’IGF, de la Cour des Comptes, etc…sont restés sans suite ou traités à la tête du client ? Il y a là un besoin de spécificité, d’exclusivité et de spécialisation de cette Cour. Il s’y ajoute que le fléau a survécu à l’existence de toutes ces juridictions et qu’en la matière, dans la pratique, ces institutions ordinaires n’ont pas réussi à endiguer le sarcophage de notre économie qui avait pris des proportions inquiétantes sous le régime de Wade. Comme on peut le voir depuis la mise sur pied de cette cour, les détournements de fonds publics ne font  plus la une des journaux. La CREI  est donc un instrument dissuasif à préserver, au service de l’intérêt général. 

En outre il faut le souligner, la matière traitée par la CREI qui est l’enrichissement illicite, englobe et dépasse, le temps et la question de la gestion d’une structure, le temps d’une fonction, le statut d’un homme et enjambe la prescription. Ceci explique sa pertinence et son efficacité face aux subtiles stratégies de détournements et de blanchiments d’argent, c’est le meilleur poste de reddition de compte et la voie la plus sécurisée pour le peuple de pouvoir recouvrer ses biens à tout moment, ce que les Juridictions ordinaires n’ont pas pu jusque- là et ne peuvent pas lui assurer du fait de la prescription et des avatars de la politique politicienne. IL est aussi important de noter que seule la CREI offre au citoyen lambda par le truchement de son Procureur  la possibilité d’ avoir voix au chapitre sur la manière dont les gestionnaires de l’Etat ont géré la chose publique par la possibilité de dénonciation directe. En l’espèce il ne peut pas y avoir de dérapages dans la mesure où avant toute inculpation, des investigations sont faites et la latitude de justification est accordée au présumé.

 

Deuxième argument :

 

La « CREIressuscitée comme instrument de règlement politique parce que les autres régimes l’avaient enterrée »

En rappelant la théorie de Darwin sur l’origine des espèces il faut reconnaître que si  la CREI s’est ressuscitée c’est parce qu’elle a trouvé un milieu fertilisant et hautement favorable au cours de la gestion calamiteuse  et informelle des Affaires du pays par le régime sortant et ceci dans tous les domaines : le foncier et l’immobilier (Zone de captage, Aéroport, la foire, l’emprise du stade, MBane, Fanaye etc…), le refus de rendre compte sur l’ANOCI, la nébuleuse du plan TAKKAL, l’indice Ségura, un ministre avec un jet privé, l’absence de visibilité et de traçabilité de l’ impact de la coopération bilatérale sur l’économie, la banalisation des institutions, les cascades de détournements, l’exhibition ostentatoire de miraculés riches, l’insolence et la permissivité comme règles de conduite, une fracture sociale à rainures multiples, des infrastructures  surévaluées. Non toutes les conditions étaient réunies pour mettre en place un tribunal populaire. Non la CREI a même trop tiré de nos valeurs sénégalaises dans ses procédures   

 Non arrêtons la farce, non seulement la CREI a déjà fait époque mais elle tire sa légitimité actuelle d’une volonté populaire. C’est Le peuple qui a imposé le changement en Mars 2012 et dans la même veine, demandé la reddition des comptes pour tous. C’est la source naturelle de la légitimité populaire d’un tribunal d’exception comme la CREI. Comme le dit l’adage, à situation exceptionnelle comme celle créée par le régime précédent, il faut des mesures exceptionnelles qui ne doivent laisser personne en rade. En cela la CREI est venue à temps opportun même s’il faut améliorer son fonctionnement à partir des leçons apprises, mais elle doit rester et servir de cas d’école pour les donneurs de leçons de bonne gouvernance.

Troisième argument :

 

Le renversement de la preuve de la charge ?

ICI il faut souligner qu’au départ de l’instruction il n’ y a pas encore de charge mais un constat fait par une partie du peuple ou par sa représentation, l’Etat ou son procureur  sur un paradoxe, une incohérence ou une incompatibilité entre les revenus supposés d’un individu et son standing de vie trop manifeste qui peut susciter des rumeurs, des soupçons, des interrogations légitimes. Alors, l’Etat  garant de l’ordre public et dépositaire de tous moyens nécessaires pour la sauvegarde de cet ordre public et la sécurité  des biens et des personnes, n’est-il pas en droit de s’enquérir de la fiabilité de  l’indice? L’individu est donc interpelé pour s’expliquer et aucune autre personne ne peut le faire à sa place. Par ailleurs dans un tel scénario il est évident qu’au préalable et à l’insu du mis en cause, tout organisme respectueux et respecté fait d’abord des investigations, des recoupements d’informations pour fonder ses présomptions sur la personne visée.  La personne qui n’arrive pas à justifier les biens qui lui sont attribués, ouvre ainsi un contentieux qui doit se vider devant la Cour. Alors en ce moment il est du ressort exclusif de la Cour de définir les modalités de règlement du contentieux  conformément à la loi. Celle-ci permet à chaque partie prenante du contentieux, d’organiser sa défense en fournissant des preuves à charge et à décharge au juge, jusqu’à la conviction de ce dernier et la parution de la vérité, ce qui est respectée au demeurant. Quoi de plus normal, de plus équitable qu’une telle procédure ?

EN vérité dans le déroulement d’un procès, il n’y a aucune différence entre la CREI et les autres juridictions  de Droit Commun. Le scénario est très simple : Quelqu’un entre chez vous à une heure tardive ou en sort avec une allure douteuse, vous criez au voleur ! Il détale, vous le prenez au bout d’une course poursuite et vous l’amenez à la police, il est mis en garde à vue et doit s’expliquer (même s’il n’a rien pris) avant d’être relaxé ou déféré. Mieux s’il n’avait pas détalé et vous avait fourni des explications convaincantes, il n’encourrait aucun risque. Restons donc serein, et laissons la justice faire son travail et que chacun réponde de ses propres actes.

Non la CREI  est une Cour trop sérieuse car elle traite de propriété privée et il est inimaginable qu’elle puisse fonder un jugement à la légère, sans apporter la preuve de la culpabilité. C’est dire donc que les droits du justiciable devant cette  cour, restent intacts s’il est « clean ». Au demeurant pour le moment on ne peut et ne doit croire à aucune partie avant le verdict du Juge, c’est pourquoi, tous ceux qui sont épris de paix et de justice  doivent œuvrer à ce que la Cour puisse faire son travail correctement la sérénité, le calme pour que la vérité puisse éclater.  Autrement, fonder une stratégie de défense sur un exercice de discréditation de l’institution et sur une bataille exclusive de principes inappropriés en l’espèce, cache mal une volonté de vouloir noyer le poisson et d’empêcher la manifestation de la Vérité. La responsabilité de l’Etat de garantir la sécurité des citoyens mais aussi des institutions et des hommes qui les incarnent est engagée.

Quatrième argument :

  La légitimité et la légalité de la CREI ?

D’éminents juristes ont confirmé sa survivance légale ; présentement elle répond à un besoin largement exprimé par la majorité des Sénégalais tout le long de la bataille pour le changement et sans préjugé sur le candidat sur qui allait porter le choix pour le changement. La CREI et la lutte contre l’enrichissement illicite, ne sont plus l’affaire d’un homme, d’un régime, mais celui d’un peuple, longtemps dépouillé et meurtri. Au nom de la souveraineté du peuple, peut-on  reprocher à celui-ci de se doter, quand les circonstances l’exigent, d’institutions spécialisées pour gérer une situation donnée ?

Au regard de ce qui précède et de l’état déliquescent des mœurs politiques dans notre pays, où l’intérêt personnel, celui de la Famille, du clan politique, prime sur l’intérêt général, il me semble important de maintenir et de renforcer la CREI comme instrument de veille, d’alerte, de dissuasion, mais surtout d’équilibre et de contrôle de la majorité productrice de richesses (paysans, pasteurs, pêcheurs, Artisans, Entrepreneurs) sur la minorité qui gouverne et gère.

Dans ce cadre une réflexion prospective et constructive est nécessaire autour des questions de l’ancrage institutionnel de la CREI, de l’échelle et de la nature des peines qui ne doivent pas à mon avis se résumer seulement à des peines de prison. IL me semble  également important de renforcer la composition de la Cour avec des experts en banques et Finances.

Prolétaires et Patriotes, unissons nous pour défendre la CREI contre les fossoyeurs attitrés et potentiels de notre économie. Il y va de la survie de notre nation.

  W. C. Ndiaye  Enseignant à la Retraite,

Syndicaliste du peuple, wandiaye@gmail.com

   

 

Voir les commentaires

Publié le 22 Février 2015

Les travaux des Assises pour la Confédération des Forces de Gauche ont débuté, ce samedi 21 février 2015, à l’Ecole Nationale de Développement Sanitaire et Social, sise sur la route de Ouakam.

Les partis suivants sont les initiateurs de la rencontre :

  • Ligue démocratique (LD),
  • Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT),
  • Rassemblement des Travailleurs africains-Sénégal/ Pencoo Rééw,
  • Yoonu Askan Wi / Mouvement pour l’autonomie populaire (YAW),
  • Observatoire Républicain pour la Démocratie et la Citoyenneté (ORDC),
  • Union pour la Démocratie et le Fédéralisme/Mbooloo mi (UDF/Mbooloo mi)
  • Rassemblement National Démocratique (RND)

Parmi les invités, on peut citer :

  • Le camarade Seydou Touré représentant le parti démocratique de Guinée (PDG) représenté
  • Le camarade Bénéwendé Stanislas Sankara  représentant le Front Progressiste Sankariste (FPS)
  • Mr Mansour Kama, représentant Mr Amadou Mahtar Mbow, président de la Plateforme des Assises Nationales
  • Pr Bouba DIOP, universitaire et personnalité de gauche
  • Mr Mansour Sy Djamil de Bës du niakk
  • Mr Jean Léopold Guèye, du mouvement Conscience pour le Nouvel Ordre
  • Mr El Hadj Ndiaye Diodio de Taaru Sénégal
  • Mr Ndongo Faye, personnalité de gauche, résidant aux USA
  • Mr Pierre Sané du Parti socialiste sénégalais
  • Un représentant d’AJ Authentique
  • Mr Malick Noël Sack, du parti Momsarew

Mr Pape Demba SY, coordonnateur des Forces de Gauche, durant la phase préparatoire jusqu’à la fin des présentes Assises, a présidé la séance d’ouverture.

Il a retracé le processus ayant mené à la tenue des assises de ce jour et qui s’étale sur près de quinze ans depuis la mise sur pied du pôle de gauche en 1999, qui a contribué de manière décisive à la réussite de la première alternance démocratique de mars 2000, avant de succomber face à la complexité de la gestion du pouvoir par le régime libéral.

Ensuite survint, en 2005, l’épisode du Mouvement des Assises de la Gauche, qui ne survivra pas aux divergences sur les attitudes à adopter face aux élections présidentielles de 2007.

Suite aux velléités de dévolution monarchique du pouvoir de Wade à son fils biologique et aux atermoiements de Benno Siggil Senegaal quant à la nécessité d’une candidature unique de l’oppostion face à Wade, le PIT-Sénégal, lors de son cinquième congrès tenu à Thiès, a adopté une résolution, en date du 23 Mai 2010, dans laquelle il a lancé un appel solennel à tous les Partis, Mouvements de la Société Civile, et Personnalités qui se réclament de la  gauche marxiste et nationaliste panafricaine, à se retrouver dans une Grande Confédération des Forces de Gauche. La nécessité de l’unité de la Gauche sénégalaise sera réaffirmée lors du premier congrès du Rassemblement des travailleurs africains/Sénégal (Rta/S) qui s’est tenu du 9 au 10 avril 2011, à Dakar. Une résolution du Congrès de Yoonu Askanwi indique que l’unité de la gauche est un impératif politique.

A la veille du Forum social mondial, qui s'est tenu du 6 au 11 février 2011 à Dakar, une rencontre sur l’unité de la Gauche s’est tenue à l’initiative du Parti de l’Indépendance et du Travail (P.I.T-Sénégal).

C’est en Juin 2012, que débutera le débat sur les termes de référence des Assises de la Gauche, qui seront définitivement adoptés le 14 mars 2014 en même temps que sera prise la décision ferme d’organiser les Assises pour la Confédération des Forces de Gauche, tenues ce 21 février 2015, après les pré-Assises des 17 et 31 janvier 2015.

Les Assises de ce jour, tout en étant l’aboutissement d’un long processus constituent aussi le point de départ d’une dynamique contre l’émiettement des forces de gauche et pour la mise sur pied de la Confédération des Forces de Gauche (CFG), avec la plateforme minimale suivante :

  • Adhésion à la plateforme des Assises Nationales du Sénégal
  • Bataille autour des conclusions des Assises Nationales du Sénégal
  • Application des conclusions de la C.N.R.I
  • Adoption par référendum du projet de Constitution proposé par la C.N.R.I

De notre envoyé spécial

Voir les commentaires

Publié le 21 Février 2015

 

Samedi 21 février 2015

Session officielle d’ouverture : 15 H – 18 H 

  • Introduction, par Pape Demba Sy, Président de séance : mot de bienvenue, lecture de l’agenda ; contexte et justification de la tenue des Assises de la Gauche au Sénégal (15 mn) ;
  • Déclaration solennelle du Secrétaire Général de la LD (5 mn),
  • Déclaration solennelle du Secrétaire Général du PIT 5 mn),
  • Déclaration solennel du Secrétaire Général du RTA/S (5 mn)
  • Déclaration solennelle du Secrétaire Général de Yoonu Askan Wi /MAP (5 mn),
  • Déclaration solennelle du Président de l’ORDC (5 mn),
  • Déclaration solennel du Représentant de l’UDF/Mbooloo mi (5 mn),
  • Déclaration solennelle du Secrétaire Général du RND (5 mn),
  • Témoignages : par quelques personnalités de gauche invitées : DIOMAYE FAYE EX MAG, CNP-CNG
  • INVITES : PCF, BUREAU ASSISES NATIONALES, PARTIS AFRICAINS PRESENTS : 5 mn chacun
  • LECTURE POEMES 10 mn
  • Partage des consignes de travail et clôture de la session (Président de Séance, 10 minutes).

Dimanche 22 février 2015

        Travaux d’ateliers : 09 H – 14 H 

  • Atelier N°1 (Orientation) ; Modérateur des débats : Madieye Mbodj ; Rapporteur Ibrahima Sène ;
  • Atelier N°2 (Prise en charge des Conclusions des Assises Nationales) ; Modérateur des débats Maguatte Thiam ; Rapporteur El Hadji Momar Sambe ;
  • Atelier N°3 (Structuration et Fonctionnement) ; Modérateur des débats : Pape Demba SY; Rapporteur Nicolas Ndiaye ;
  • Atelier N°4 (Mobilisation populaire et Stratégie d’intervention) ; Modérateur

Dialo Diop ;  Rapporteur Ousseynou Ndiaye.

        Pause-déjeuner : 14 H – 15 H

        Plénière de restitution (synthèse et recommandations) : 15 – 17 H

  • Modérateurs des débats : Mamadou Ndoye ;
  • Rapporteurs des travaux d’atelier : Ibrahima Sène, El Momar Sambe, Nicolas Ndiaye et Ousseynou Ndiaye.
  • Résolution finale
  • Discours de clôture de Pape Demba SY ;
  • Fin des Travaux prévue à 17 H.
  • Point de presse prévu à 17h30

Voir les commentaires

Publié le 2 Février 2015

Et si l’on prenait Mme Lagarde au mot ?
Selon Mme Lagarde, « le Sénégal a accompli des progrès considérables sur le plan de la stabilité macroéconomique. Néanmoins, les retards observés dans la mise en œuvre des réformes ont abouti à une croissance moyenne de 3–4 % par an, un taux inférieur à celui nécessaire pour encourager le secteur privé, créer des emplois et garantir la prospérité des générations futures ».
Donc, pour attirer le secteur privé, il est « nécessaire » d’avoir un taux de croissance plus élevé ! Le bas taux de croissance de notre Economie n’encourage pas le secteur privé ? Et pourtant, le FMI et la Banque mondiale ont fait croire durant 30 ans que c’est le secteur privé qui devrait relever le taux de croissance de notre Economie en nous imposant un ajustement structurel d’enfer! A quoi nous servirait alors un secteur privé qui ne serait là que pour profiter de notre croissance sans y avoir contribué ?
Ou bien Mme Lagarde s’en est mêlé les pinceaux, ou bien, c’est son intime conviction qu’elle a exprimée, sur le rôle du secteur privé dans notre Economie !
Cependant, elle ajoute : « Pour devenir un pays à revenu intermédiaire comme il y aspire, le Sénégal devra s’employer à dynamiser son économie, à offrir plus d’opportunités aux petites et moyennes entreprises et à attirer l’investissement étranger . .. Pour cela, il faut mettre fin à ces résultats décevants de l’économie sénégalaise au cours des 30 dernières années, avec une croissance moyenne d’environ 3,5 %. Le moment est venu pour le Sénégal d’accélérer sa croissance — d’atteindre les 7 ou 8 % envisagés dans le Plan Sénégal Émergent et enregistrés par les tigres asiatiques et les pays africains à croissance rapide ».
Donc, elle fait ici un constat d’échec sans précédent des 30 ans d’ajustement structurel, normés par les réformes prescrites à notre pays par le FMI et la Banque mondiale, sans qu’elle n’en tire, pour autant, les conséquences idoines.
En effet, elle reconduit les mêmes politiques publiques en soutenant « qu’il faut avant tout opérer une masse critique de réformes pour rompre résolument avec le passé et accélérer la croissance », mais ces réformes, comme par le passé, tournent autour des trois axes suivants :
« Premièrement, renforcer la gestion des finances publiques et combler le déficit des infrastructures. Les infrastructures publiques et les dépenses sociales nécessitent des budgets supplémentaires. Toutefois, il ne s’agit pas simplement d’accumuler davantage de dettes. Il faut plutôt créer cet espace budgétaire en augmentant les recettes et en rationalisant les dépenses. …. Il faut orchestrer une réorientation des dépenses en capital mal planifiées et des subventions à l’électricité non ciblées ».
Ce faisant, elle ne prend pas en compte le poids de la dette sur les ressources budgétaires internes du Sénégal qui en fait, dés cette année budgétaire 2015, le premier poste de Dépense publique, devant l’investissement et la masse salariale.

La dette est ainsi devenue un obstacle au financement interne des investissements pour combler le déficit en infrastructures et en capital humain.

Donc, l’annuler totalement ou la diminuer significativement, est devenu aujourd’hui plus que nécessaire, à cause de son augmentation mécanique suite à la manipulation du dollar à la hausse par les USA.

De même, les pertes de recette fiscales dues à la baisse des cours du baril, et aux conséquences de la mise en œuvre des APE, sont autant d’obstacles à toute politique d’augmentation des recettes budgétaires sans recourir à un endettement supplémentaire.

Ainsi, les conditions actuelles ne permettent pas au Sénégal de réaliser les performances budgétaires attendues, s’il ne lève pas ces obstacles, que Mme Lagarde a évité de mentionner, et qui font que toute augmentation de recettes, dans ces conditions, serait le produit d’un prélèvement fiscal plus lourd pour les contribuables et ou d’un alourdissement de notre endettement, et que toutes réductions des investissements et des subventions sous couvert « d’un meilleur ciblage », frapperont plus les couches moyennes et pauvres, et ne serviront en fait, dans tous les deux cas, qu’à payer la dette.

« Deuxièmement, améliorer le climat des affaires de manière à accélérer la transformation structurelle. … Il serait important d’élargir la portée des réformes réglementaires qui ont débuté afin d’attirer un investissement étranger indispensable ».

Cette deuxième recommandation, suite aux comparaisons avec les exemples de pays performants et émergents, montre à quel point est pertinent, l’adage qui dit que « comparaison n’est pas raison ».

En effet, comment attirer l’investisseur étranger de façon significative, quand la monnaie du pays est surévaluée et constitue un frein à la compétitivité prix des exportations ?

Les pays émergents que Mme Lagarde a cités, notamment en Afrique, se distinguent du Sénégal, par leur souveraineté monétaire qui leur permet de mettre en œuvre une politique de taux de change adapté, pour améliorer la compétitivité prix de leurs exportations, et un système bancaire et d’assurance sous leur souveraineté, destiné à financer les PME et l’Agriculture.

Par contre, pour le financement interne des PME et l’Agriculture, et leur accès à ce financement, le Sénégal ne dispose, à la marge du système bancaire, que de deux banques (BNDE et CNCAS), d’un Fonds de Garantie (FONGIP), et d’un Fonds Souverain (FONSIS) qui peine d’être alimenté !


En outre, c’est la garantie de l’arrimage du CFA à l’Euro qui lui vaut sa surévaluation, et qui oblige les pays de la Zone Franc, dont le Sénégal, à déposer, dans un Compte spécial de Trésor Français, 50% de leurs avoirs extérieurs.

Ce qui oblige nos pays de la Zone Franc, à recourir plus que leurs homologues de la CEDEAO, à l’endettement pour financer leurs investissements, et même, leur fonctionnement de l’Etat, en cas de crise majeure.

La propension au surendettement, par rapport aux autres pays de la CEDEAO, est donc une conséquence inhérente aux Accords monétaires, avec la France, qui ont fondé la Zone Franc.

C’est la raison pour laquelle, pour ces pays qui sont comparés au Sénégal par Mme Lagarde, et qui ont leur souveraineté monétaire et un système bancaire et d’assurance souverain, l’option pour les exportations, comme un des piliers de leur croissance pour l’émergence, prend tout son sens économique, puisqu’elle a favorisé le développement des PME/PMI de leur secteur privé national, tout en attirant l’investisseur étranger.

Cet obstacle structurel, dans les pays de la Zone Franc, s’est traduit par une moyenne de taux de croissance qui est inférieure de moitié à la moyenne des taux de croissance de la CEDEAO, réduisant d’autant nos capacités de réduire la pauvreté.

Même, cet obstacle réduit, dans les pays de la Zone Franc, l’efficacité attendue des réformes du « Doing Business », à sa plus simple expression, tout en viciant le climat social chez les travailleurs, victimes de la flexibilité et de la précarité du travail, et chez les agriculteurs, de l’accaparement des terres au profit de l’agrobusiness, que ces réformes induisent.

Ce climat social vicié guette le Sénégal, dans le cadre des réformes retenues dans le « Programme Sénégal Emergent » (PSE), que Mm Lagarde a chaleureusement saluées devant les Députés.

« Troisièmement, mieux partager les bienfaits de la croissance ».

Il est ainsi clair, que dans ces conditions précitées, parler d’un « objectif de croissance mieux partagée », est une vue de l’esprit, destinée à chloroformer les opinions publiques qui cherchent désespérément des bouées où s’accrocher, pour stopper leur descente vers la pauvreté et la déchéance humaine où les tirent inexorablement les réformes préconisées par Mme Lagarde.

Mme Lagarde, le Sénégal ne peut pas émerger, sans rompre avec sa subordination aux politiques libérales que vous prodiguez, et avec sa dépendance économique et monétaire vis-à-vis de la France.

Vos recommandations se sont avérées inefficaces 30 ans durant, du fait la confiscation de sa souveraineté monétaire par la France, et de la domination de ses intérêts économiques et stratégiques sur notre pays.

C’est d’avec cela qu’il faudrait rompre définitivement pour mettre le Sénégal dans la voie d’une émergence mieux partagée dans le cadre du parachèvement de l’unité économique et monétaire au sein de la CEDEAO.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
Fait à Dakar le 31 Janvier 2015.

LES VIEILLES RECETTES INOPERANTES DE LAGARDE

Voir les commentaires

Publié le 30 Janvier 2015

 

Dans l’interview que Mme Lagarde a accordée au quotidien national « Le Soleil », elle a mentionné un « passé » avec lequel le Sénégal devrait « rompre » pour doubler sa croissance qui « est en moyenne de 3,5% sur les cinq dernières années ». 

Mais à la surprise générale, elle a évité de spécifier ce « passé » en se contentant de répéter les recommandations passées et présentes du FMI au Sénégal que sont : les réformes du secteur de l’énergie pour diminuer voir supprimer le coût budgétaire de la subvention de l’énergie , le changement de la technologie de production de l’énergie pour la rendre moins chère pour les entreprises et les ménages, l’amélioration des performances de l’Administration, la masse salariale, et l’environnement des affaires pour une plus grande attractivité de l’Investissement privé national come étranger, le financement de la PME. 

Depuis le début des ajustements structurels en 1985 jusqu’à nos jours, ce sont les mêmes recommandations que le FMI donne au Sénégal. Alors, de quel « passé » parle-t-elle alors ? 

La sagesse aurait dû lui faire dire, comme le fit OBAMA en parlant de Cuba, que quand des politiques n’ont pas marché depuis 30 ans, il faudrait essayer d’autres. Il faudrait rompre avec ce « passé là », si l’on veut doubler le taux de croissance au Sénégal. 

Mais son discours évasif lui a permis d’éviter les graves problèmes économiques auxquels, le Sénégal, l’élève fidèle du FMI et de la Banque mondiale, est aujourd’hui confronté dans la conjoncture économique mondiale en appliquant leurs recommandations.

Elle n’a même pas pu procéder à une analyse correcte des conséquences de la baisse des cours du pétrole sur notre Economie, n’y voyant que des opportunités de réduction des subventions de l’énergie, et de baisse des prix pour les entreprises et les ménages. 

De ce fait, elle a occulté que la baisse des cours du pétrole accompagne celle du cours de l’or brut qui est notre troisième produit d’exportation après les produits alimentaires et les produits pétroliers. Elle a surtout oublié de mentionner que toutes ces baisses résultent de la volonté politique délibérée des USA de manipulation du dollar à la hausse qui a entraîné la baisse des cours de l’or brut, et contribué à la baisse des cours du baril du pétrole.

Les conséquences de cette politique se sont traduites au Sénégal, par la baisse de 14 milliards de nos exportations de l’or brut sur les 11 mois de 2014 par rapport à 2013, réduisant amplement la baisse de 17 milliards de nos importations de produits pétroliers sur la même période. (« Note de Conjoncture de la Direction de la Prévision et des Etudes Economiques », publiée en Décembre 2014.) 

Au plan des recettes fiscales, une baisse des cours des produits pétroliers entraîne mécaniquement une baisse des Droits de Douanes et de la TVA sur ces produits ; et au plan de la Dette extérieure, la hausse du dollar l’augmente mécaniquement.

Elle ne peut pas ignorer tout cela, mais cette vérité va à l’encontre de son objectif de réduction de la subvention de l’énergie, rappelant qu’elle a coûté 180 milliards en 2012, soit 2,5% du PIB, en fermant les yeux, sur le fait que dans le budget pour l’année 2015, cette subvention a été ramenée à 61 milliards!

De même, le gouvernement vient, malgré tout, de baisser les prix des produits pétroliers sans que la SENELEC, ou les transporteurs ne les aient répercutés aux entreprises et aux consommateurs. 

Donc, l’effet bénéfique de la baisse du cours du baril sur notre Economie, n’est pas si évident qu’elle le fait croire afin de fonder faussement de bonnes perspectives de l’Economie du Sénégal.

En outre, Mme Lagarde a semblé ignorer les effets négatifs des APE sur les recettes fiscales de l’Etat, dont le Ministre du Commerce avouait qu’il faudrait, « pour y faire face » un « besoin de 575 milliards de Frs CFA pour renforcer sa production »!

C’est dans ce contexte que le PSE, élaboré avant la crise actuelle et la signature des APE, devrait être exécuté avec des contre parties budgétaires de l’Etat dans le cadre du « Partenariat Public Privé » (PPP) de 476 milliards d’apport de l’Etat, et de contribution du budget de l’Etat de 984 milliards, soit un total de 1460 milliards !

Donc, faire croire aux Sénégalais, que l’Etat peut dégager ces 1460 milliards supplémentaires dans la conjoncture de crise actuelle, ne peut être que le fruit d’une spéculation intellectuelle pour amener l’Etat à des réductions de dépenses budgétaires plus draconiennes, non pas pour investir et former des ressources humaines de qualité, mais pour payer sa dette, artificiellement gonflée par la flambée du dollar. 
Cette politique de continuité que Mme Lagarde présente comme une « rupture avec le passé » est d’autant plus inacceptable que le Sénégal est déjà rentré dans le « syndrome de la dette », qui lui fait emprunter pour la payer.

C’est ainsi qu’en 2013, le Sénégal a emprunté 373 milliards de Frs CFA alors qu’il devait faire face à un remboursement de 441 milliards de Frs CFA ; en 2014, il a emprunté 544 milliards face à un remboursement de 523 milliards ; et en 2015, il projette d’emprunter 570 milliards, de Frs CFA et devra rembourser 598 milliards de FRS CFA, contre des investissements sur ressources propres de 557 milliards, et une masse salariale avec 510 milliards.

Le remboursement de la Dette est donc devenu un obstacle aux investissements sur ressources propres et à la masse salariale !

C’est dans ce contexte où l’APD, sous forme de Dons, est en baisse, passant de 206 milliards en 2012, à 189 milliards en 2013, et que les investissements privés chutent gravement en passant de 908 milliards en 2012, à 660 milliards en 2013 !

Le Sénégal n’a pu éviter de plonger dans une grave crise économique qui lui aurait valu d’être mis, de nouveau, sous ajustement structurel, que grâce aux transferts des Sénégalais qui ont fortement réduit le déficit de la Balance courante des payements de l’Economie nationale.

C’est ainsi que ces transferts sont passés de 702 milliards en 2011, à 749 milliards en 2012, et à 835 milliards en 2013 qui ont permis de réduire le déficit de la Balance courante des payements de 18,5% à 8,2%.
Non Mme Lagarde ! Vous ne pourrez jamais nous faire prendre de « vielles recettes », pour des nouvelles ! 

Le Sénégal, pour doubler sa croissance, devrait rompre avec vos recettes qui l’ont enfoncé durablement dans la dépendance et la pauvreté.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

Dakar le 29 Janvier 2015

 

Voir les commentaires

Publié le 26 Janvier 2015

Le secrétariat du PIT, au cours de sa séance du samedi 24 janvier 2015 consacrée à la préparation du prochain congrès du Parti, a accordé un intérêt particulier à différents termes du débat politique en cours au Sénégal.

A cet égard, le secrétariat du Comité Central s’est appesanti sur les graves événements de Paris, le choix du Président de la République de dire toute la solidarité du Peuple sénégalais à celui français, l’interdiction de vente au Sénégal du dernier numéro de Charlie Hebdo ainsi que les différentes réactions que ces faits ont suscitées.

Pour le secrétariat du Comité Central du PIT, il importe en la matière et par-dessus tout, de tenter de saisir les choses quant au fond, autrement dit de ne pas prendre l’écume pour la vague.

De ce point de vue, le Sénégal ne peut que flétrir à haute et intelligible voix le terrorisme quel que soit par ailleurs le lieu ou la zone au monde où il serait exercé. Autant il n’est pas acceptable que des sénégalaises et des sénégalais soient abattus sans sommation, au hasard du lieu et du moment, autant il est inacceptable que d’autres hommes, du continent ou d’ailleurs, soient tués de façon aussi cruelle qu’aveugle. Notre pays ne peut donc qu’être affligé par les meurtres perpétrés à Paris au siège de Charlie Hebdo et au Hyper Casher mais aussi au Nigeria par Boko Haram, au Mali par le  MNLA et d’autres organisations de même nature.

Mais en rien cette position de principe et de lucidité n’induit un alignement quelconque sur des choix éditoriaux conduisant à verser dans la dérision au sujet de tout et de tous. En ne respectant pas les autres dans leurs croyances, en s’octroyant la liberté de fouler du pied  ce qui relève pour eux du plus sacré, on exerce aussi sur eux une violence d’autant plus implacable qu’elle se revêt des oripeaux de la liberté.

Au total, le Président de la République a bien raison de participer à la marche contre le terrorisme de Paris tout comme le gouvernement sénégalais a bien raison d’interdire sur notre sol le dernier numéro de Charlie Hebdo et ceci au nom de la liberté et des valeurs fondamentales sur lesquelles s'accordent les filles et fils du pays.

Le secrétariat du Comité Central du PIT en appelle à tous les sénégalais pour plus de vigilance et de discernement. L’amalgame grossier voulant ranger le Président de la République au nombre des soutiens des contempteurs du Prophète (PSL) n’est pas qu’outrancier. Il est surtout dangereux parce que faisant le lit de forces obscures dont tout indique qu’elles ne sont pas loin du Sénégal (comme en attestent certaines arrestations) où elles peuvent aussi et malheureusement sévir. Aussi, aucun intérêt politicien de courte vue ne devrait conduire à ouvrir la boite de Pandore par des réductions abusives acclimatant sur le territoire national des considérations dont on voit bien par ailleurs combien elles ont conduit à des drames indicibles.

Du reste et dans ce cadre, les sénégalais n’ont qu’à puiser dans l’histoire récente de leur pays pour disposer de repères leur permettant de rester dans la légendaire convivialité qui leur est enviée de partout. En effet, qui ne se souvient de la voix chaude de Serigne Abdoul Aziz Sy, Khalife général des Tidianes, priant pour tous les Mourides, tous les Chrétiens, tous les  Sénégalais et par-delà ceux-ci, pour l’humanité entière ?!

Mais aussi qui peut avoir oublié la condamnation quasi unanime des citoyens sénégalais, musulmans comme chrétiens, quand le prédécesseur du Président Macky Sall, Abdoulaye Wade, avait fait sa fameuse sortie sur le Christ représenté dans les églises ?

Le même discernement devrait aussi s'imposer, de la part de tous les républicains et patriotes du pays, à l’égard du procès intenté aux présumés coupables d’enrichissement illicite. Le PIT réaffirme en la matière ses convictions de toujours : attachement indéfectible aux droits de la personne humaine mais égal attachement aux biens publics qui doivent être sacrés pour tous, pour les gouvernants notamment, au vu des nombreux  besoins de diverses natures auxquels le Sénégal est confronté. Pour cette raison, l’exigence de reddition de comptes et de déclaration de patrimoine doit être consacrée pour qu’aucun citoyen ne puisse, impunément, distraire les ressources de la République et empêcher, ce faisant, la réalisation des légitimes ambitions du peuple sénégalais.

De ce point de vue, le PIT soutient sans réserve les juges de la CREI et la Présidente de l'OFNAC. Il les encourage  à continuer à résister à toutes les pressions pour l’accomplissement de leur mission républicaine au service des générations actuelles et de celles à venir.

Il convient de rappeler que  l’un des aspects de la grande ambition du Sénégal c’est de disposer d’un système d’éducation et de formation à même de hisser notre nation au rang des pays les plus performants en la matière. Pour cette raison, le secrétariat du PIT, tout en se félicitant des importantes décisions prises pour ce secteur, appelle le gouvernement à entretenir un dialogue permanent avec les acteurs de l’éducation.

La Concertation Nationale sur l’Avenir de l’Enseignement Supérieur de même que les Assises de l’Education doivent se prolonger par une concertation permanente pour ce qui est de l’exécution des mesures arrêtées d’accords parties pour extraire l’Ecole et l’Université sénégalaises de la profonde crise dans laquelle elles se sont empêtrées depuis plus d’une décennie.

Enfin, le secrétariat du Comité Central se félicite des étapes franchies par des franges importantes de la Gauche historique du Sénégal. Non pas par un quelconque fétichisme de l’unité des forces de progrès. Plutôt en raison de la forte conviction qu'augmenter le coefficient d'indépendance du pays, faire avancer le Sénégal au plan des libertés, de la justice sociale, de la solidarité et du progrès, supposent le doter d’une masse critique de femmes et d’hommes organisés ne réduisant pas le destin du Sénégal à leur sort singulier.

Notre pays le Sénégal a soif de générosité : il impose à tous une exigence de transcendance et plus de porosité aux ambitions collectives.

Fait à Dakar, le 24 janvier 2015

Voir les commentaires

Publié le 25 Janvier 2015

Il y a deux types de Parti au Sénégal. Ceux créés dans la foulée des luttes pour l’indépendance nationale et durant les années de plomb sous Senghor jusqu'à la naissance du PDS. Ce sont des partis créés sur la base de valeurs d'indépendance nationale, de la République démocratique, du pan-africanisme, et du socialisme. Même le PDS est né sous la bannière du "travaillisme" avant qu'il ne soit obligé de s'engouffrer dans le "libéralisme" par Senghor, révélant ainsi le peu de cas qu'il donne aux valeurs dont il se réclame, et qu'il peut changer au gré des circonstances selon ses intérêts propres.

C'est ainsi que le PDS, de parti de militants s'est transformé peu à peu en "propriété privée "de son fondateur qui est devenu la seule "constante". C'est à l'image du PDS, que les partis qui sont nés après la grave crise politique de 1988, qui a engendré le premier gouvernement de coalition en 1991 et les avancées démocratiques, dont le Code électoral consensuel de 1992.

Ce sont des partis crées autour d'un homme qui se crée une clientèle politique organisée en parti politique. Ainsi, autant la première catégorie de partis relève des types d'organisation démocratique dont les leaders à tous les niveaux sont élus par des instances appropriées dûment convoquées, autant la deuxième catégorie relève des types d'organisation autocratique, dont les dirigeants sont désignés par le fondateur qui prend en charge sur ses moyens propres, les coûts inhérents à la vie et au fonctionnement du parti.

Les crises, donc, dans ces deux types de partis sont de nature différente. Les premiers peuvent être confrontés à des tentations de parachutage de fidèles lors des renouvellements des dirigeants dans les instances de base, auxquelles répondent des attitudes de "blindage" qui créent des clans au sein du Parti. C’est cela qui est à l'origine des crises connues par le PS. D’autres, dans cette première catégorie de partis, ont connu des crises d'orientation idéologique, comme le PAI les a connues, et/ ou politique comme le BMS devenu RND, les partisans de Dia dans le MSU, et And Jef les ont vécues. Par contre, les crises dans les partis de la deuxième catégorie, relèvent de la défiance de l'autorité du fondateur. Donc, traiter les crises dans les partis de la même façon, et n'y voir que les mêmes causes, est non seulement réducteur, mais n'est fondé sur aucun fait historique ou contemporain dans la vie des partis politiques au Sénégal.

Le fait que les partis de la deuxième catégorie sont de loin les plus nombreux, ne devrait pas autoriser à faire de l'amalgame dans l'analyse des crises que traversent les partis. Ces crises ne sont pas artificielles, mais sont la répercussion en leur sein, de la grave crise économique, sociale, et culturelle qui secoue notre pays depuis des décennies sans parvenir à en sortir de façon significative et durable. C'est donc se faire des illusions que d'attendre un "sauveur suprême", en la personne du "PATRIOTE", que tout un chacun pense pouvoir incarner en créant son propre mouvement, ou son propre parti autour de sa personne. C'est donc être adepte de la reproduction du modèle de partis politiques, reconnu unanimement, comme le véritable facteur bloquant de notre société, dont les "puissances locales d'argent",  avec leurs soutiens extérieurs, se disputent la direction politique. C'est cela qui est à l'origine, sous le règne de Wade, de l'explosion du nombre de partis politiques. Cette perversion de la vie politique n'a pas épargné les organisations et mouvements de la société civile qui sont nés à partir des conquêtes démocratiques de notre peuple dans le cadre du premier gouvernement de coalition de 1991. D'où leur prétention à vouloir prendre le relais des partis, pour diriger le pays. C'est tout cela qui est à l'origine de la crise morale qui sévit dans notre pays et qui a déboussolé la jeunesse embarquée dans des prétentions "d'Alternance générationnelle", et les femmes, dans le "leadership féminin", substituant ainsi la lutte des couches sociales (hommes, femmes et jeunes), marginalisées, et/ou spoliées et/ou exploitées, en une lutte de classes d'âge, et/ou de genre.

C'est tout cela qui a contribué à affaiblir le mouvement de libération nationale, économique, culturelle, et sociale de notre peuple dans toutes ses composantes d'hommes, de femmes et de jeunes, et à maintenir notre pays dans la dépendance, et l'écrasante majorité de nos concitoyens dans la misère et les maladies endémiques, qui deviennent "un bétail électoral" de nos "puissances locales d'argent " dans les partis politiques et la société civile. La crise dans les partis dont on se moque allègrement, n'est en fait que l'iceberg de la profonde crise de notre société, dont il faut prendre la pleine mesure de ses causes véritables, pour pouvoir trouver les voies et moyens de l'en sortir.

C'est l'ambition des Partis et organisations du premier type, de gauche, qui veulent mettre sur pied une puissante Fédération des Forces de Gauche, n'en déplaise aux sceptiques, et autres pourfendeurs professionnels souvent au service des "puissances d'argent" qui y voient le cauchemar de leur vie.

 

IBRAHIMA SENE

Voir les commentaires

Publié le 8 Décembre 2014

  1. Introduction : Pourquoi l’Afrique est elle devenue un enjeu mondial ?

Un rapport publié le 6 mai 2011 par la Banque africaine de développement estime que plus d’un tiers de la population du continent africain (soit 313 millions de personnes) fait à présent partie de la classe moyenne,  avec une consommation quotidienne entre 2 et 20  dollars .

 Cette classe moyenne émergente d’Afrique est à peu près équivalente à celle de l’Inde ou de la Chine.

 L’étude divise cette classe moyenne en trois catégories : la classe moyenne supérieure, classe moyenne inférieure, et une nouvelle catégorie appelée «classe moyenne flottante».

Ce dernier groupe vient à peine de s’extraire de la pauvreté, et sa consommation quotidienne varie entre 2 et 4 dollars par jour (entre 1,4 et 2,8 euros).

Elle  est aussi le sous-groupe qui a crû le plus vite ces dernières années, passant d’à peine plus de 10% de la population en 1980 à plus de 20% aujourd’hui.

L’Afrique est  donc un réservoir de consommateurs, pas seulement une mine bien garnie de ressources naturelles. La demande de services y est très élevée.

C’est donc cette prise de conscience au niveau des grandes puissances, qui a contribué à faire de l’Afrique l’objet d’une âpre compétition dans le nouveau partage de l’économie mondiale.

            2)    L’Afrique et les APE

Il s’est agi  de trouver une solution pour remplacer la convention de Lomé et les accords de Cotonou qui permettaient depuis 1975 à certains produits des pays ACP (Afrique Caraïbes Pacifique) d’entrer sans taxe en Europe, prenant ainsi en compte les différences de développement entre les deux zones.

Mais parce que non réciproques et discriminatoires, Lomé et Cotonou ont été jugés non conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En 2002, la Commission européenne a donc proposé de nouveaux accords à signer avec six blocs (Afrique orientale, Afrique australe, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, région des Caraïbes et région Pacifique).

L’idée principale de ces APE  peut se résumer en une phrase : « On permet à 100 % de nos produits d’entrer sans droits de douane en Europe et nous faisons la même chose pour au moins 80 % des leurs. »

            3)  Les craintes de l’Afrique

« Les produits fortement subventionnés européens vont déstabiliser notre agriculture, et  le tissu industriel,  et induire une baisse des prix ».

 En juillet, le président d’une organisation patronale du Cameroun, Protais Ayangma, a expliqué à ses concitoyens que l’APE allait déstructurer l’industrie, déjà faible, de leur pays et « détruire les emplois, qui vont se transporter vers les pays du Nord, nous réduisant au statut de consommateurs.

Autre grand motif d’inquiétude : la baisse des revenus douaniers qu’implique l’ouverture des marchés.

 En effet, Christiane Taubira, aujourd’hui Ministre de la Justice de la France, dans un rapport commandé en 2008 par Nicolas Sarkozy  avait noté : « Après la suppression des recettes fiscales douanières qui constituent parfois près de 40 % des ressources budgétaires des États, les APE vont procéder durablement sinon définitivement au désarmement des États », et elle concluait : « qu’il n’y a pas d’exemple d’ouverture de marché qui ait conduit au développement ».

La clause de la « Nation la plus favorisée »  figure aussi parmi les nombreux points jugés scandaleux par la partie africaine : elle impose aux ACP l’obligation d’étendre à l’Europe les avantages commerciaux plus favorables qu’ils accorderaient à un autre gros partenaire commercial.

 C’est pourquoi »,  le Roppa  constate avec amertume, que les APE  signés par l’Afrique de l’Ouest « confinent davantage la région dans un rôle de fournisseur de matières premières et de client des produits (…) subventionnés européens. 

Ainsi, à  travers les APE, se lit la volonté de l’Europe de contrer d’autres grandes puissances comme la Chine, de plus en plus présente sur le continent africain, alors que ce dernier va être, selon toutes les prévisions, le prochain gisement de croissance de la planète.

Mais devant l’accueil froid  des blocs régionaux d’Afrique, la Commission a  changé de stratégie en cours de route et a initié des négociations bilatérales.

 Elle a ainsi réussi à briser les solidarités régionales : le Cameroun s’est désolidarisé dès 2007 de l’Afrique centrale (huit pays) en acceptant de signer un APE « intérimaire ». Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont fait de même, contre l’avis du reste de l’Afrique de l’Ouest (seize pays).

 La manœuvre européenne était bien pensée : tous les pays n’ont pas le même niveau de développement et certains ont plus à perdre que d’autres avec un APE.

Ainsi les « pays les moins avancés » (PMA), majoritaires, ont tout intérêt à ne pas signer d’APE : ils bénéficient déjà d’un accès libre de droits et de quotas au marché européen dans le cadre de l’initiative « Tout sauf les armes ».

A l’inverse, les pays « à revenu moyen inférieur » (dont le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Kenya) vont, s’ils n’adhèrent pas aux APE, devoir payer des droits d’entrée : ils vont rejoindre le régime du système généralisé de préférences (SGP), qui offre aux produits des pays en voie de développement des tarifs privilégiés, mais est moins intéressant qu’un APE.

Mais devant cette manœuvre de division, nos Chefs d’Etat n’ont pas pu opposer à l’Union Européenne un front uni, en lui portant la réplique d’augmenter proportionnellement les taxes sur les produits européens destinés au marché africain. C’est l’Europe qui a plus besoin du marché africain que l’Afrique de son marché.

Même les propositions faites aux Chefs d’Etat de la CEDEAO pour compenser les taxes européennes sur les produits des pays menacés,  n’ont pas été prises en compte pour permettre aux pays concernés de refuser les APE intérimaires.

Cependant, malgré la signature des APE intérimaires,  les réticences n’ont pas disparu grâce aux luttes menées par les organisations de la société civile africaine  sur la base d’études pertinentes.

La Commission européenne dut  revoir, à la demande de plusieurs États européens (la France, le Danemark, la Grande-Bretagne, l'Irlande et les Pays-Bas), quelques-unes de ses exigences.

Elle a accepté de faire descendre sous la barre des 80 % le niveau de libéralisation demandé à l’Afrique de l’Ouest, pour retenir  une  ouverture progressive de 75% de notre  marché, en compensation de la réduction de la période de libéralisation de 25 ans à 20 ans par rapport à aux exigences des africains au début du processus, qui estimaient  qu’ils ne pourraient aller au-delà de 60 %, au risque de devenir totalement perdants.

En effet, L'étude de la CEA a montré que la mise en œuvre des APE de l'Afrique de l'Ouest et de la CAE pourrait réduire le commerce intra-africain de 3 milliards de dollars environ. Ce qui est une entrave à l’intégration. 

Les pays africains tendraient en effet à substituer les importations provenant du continent avec les importations originaires de l'UE.

Les produits industriels représenteraient 2/3 de la réduction du commerce intra-africain (notamment les équipements électroniques et les machines, les produits chimiques et les textiles); le reste étant principalement composé de carburants.

La CEA recommandait la mise en place d’une zone de libre échange continentale avant signature de tout accord extra africain.

En effet, elle avait démontré,  que si la zone de libre-échange continentale est mise en place avant la mise en œuvre des APE, les exportations de l'Afrique augmenteraient considérablement; le commerce bilatéral avec l'UE ne serait pas augmenté autant qu'avant, mais le commerce intra-africain serait stimulé pour près de 10%.

 

 Cette augmentation du commerce intra-africain pourrait atteindre 160 milliards de dollars US.

 

 Pour la CEA, il fallait  une période de transition pour séquencer la libéralisation avec l'UE en fonction des avancées de la zone de libre échange continentale.

Malgré tout cela,  sur la base de la dernière proposition de l’Union Européenne, l’Afrique de l’Ouest et plusieurs États d’Afrique australe ont dit oui  aux APE, et  le 16 octobre, cinq pays d’Afrique de l’Est ont  les ont signés avec l’Union européenne (UE).

Cependant, la bataille contre les APE n’est pas finie,  et des organisations de la société civile se mobilisent depuis plusieurs semaines pour demander aux parlements nationaux de refuser la ratification de ces APE,  qui est l’ultime étape avant leur mise en œuvre.

              4)     Effets des APE sur le Sénégal

                           a) Situation avant APE

Sur la période 2007-2011, l’UE a, à elle seule, compté en moyenne pour 41,4% des importations contre 5,7%, 9,3% et 43,6% pour l’UEMOA, la zone CEDEAO (hors UEMOA) et le Reste Du Monde.

En 2011 par exemple, le Sénégal a importé, tenez vous bien, 2733 millions d’euros de marchandises des 27 pays de l’union européenne. En revanche, le Sénégal a exporté vers l’union européenne 407 millions d’euros.

En moyenne sur la période 2007-2011, les droits de douane issus de l’UE ont représenté 45,6% du total des droits de douane.

La TVA sur les importations devrait certainement être affectée par la libéralisation commerciale dès lors que son assiette est constituée de la valeur des importations comprenant les droits de douane.

La TVA collectée sur les importations d’origine européenne a en moyenne représenté 43,7% du montant de la TVA issue des importations, entre 2007 et 2011.

Les relations commerciales du Sénégal avec l’UE restent très déséquilibrées, le déficit commercial ayant presque doublé en moins d’une décennie.

 Dès lors, l’UE constituant le premier fournisseur du Sénégal, la mise en place de l’APE renforcerait sa prépondérance dans les échanges extérieurs sénégalais, limitant ainsi les stratégies de diversification des partenaires commerciaux.

A cet effet, 71% des importations du Sénégal en provenance de l’UE devraient être progressivement libéralisés sur une période de 25 ans, à compter de l’année 2013, tandis que les 29% restants sont exclus de l’APE.

               b)   Situation avec APE

La DPEE avait  déjà réalisé en 2008 une étude portant sur l’évaluation des effets économiques et commerciaux  de l’APE au Sénégal.

 Cette étude a fait ressortir des résultats intéressants qui ont mis en relief les effets de création et de détournement de commerce, mais également les conséquences sur le budget de l’Etat et le bien être global.

C’est sur cette base que le Président Wade était monté aux  créneaux pour mener une croisade contre la signature des APE.

Cette étude fut réactualisée  en tenant compte  de la dernière offre d’accès au marché de l’Afrique de l’Ouest formulée par la CEDEAO à l’endroit de l’UE en novembre 2011 qui  repose sur une ouverture de 70%  durant 25 ans.

 

Les résultats des simulations indiquent que l’APE devrait globalement conduire à une contraction de l’activité économique, ainsi qu’à une baisse de la demande des facteurs de production (travail et capital) et du revenu des ménages.

 

Sur le plan sectoriel, l’étude trouve que la branche du raffinage de pétrole, les BTP, les services et le secteur primaire seraient les plus exposés à un repli de leur activité.

 

Le bien-être global devrait aussi se détériorer en raison de pertes fiscales relativement importantes.

.

Les simulations de l’APE montrent aussi  une augmentation croissante et régulière des importations en provenance de l’UE.

Cette hausse des importations devrait ainsi s’élever à 1,55% en 2016 et atteindre 2,67% en 2038, c’est-à-dire au bout du processus de libéralisation.

 Il faut cependant noter que le démantèlement tarifaire en faveur des produits provenant de l’UE s’effectuerait au détriment des autres partenaires commerciaux du Sénégal, exactement comme la CEA l’avait démontré pour toutes les régions d’Afrique.

Si ce détournement de commerce devrait s’effectuer principalement en défaveur du « Reste du Monde » en termes absolus, il apparaît clairement que ce sont les pays de la CEDEAO hors UEMOA qui devraient en pâtir le plus.

En effet,  d’un point de vue relatif,  les  importations en provenance du « Reste du Monde » connaîtraient  une baisse annuelle moyenne de 1,3% entre 2016 et 2024 avant que l’écart, par rapport à la situation de référence, ne s’amplifie pour s’établir à 2,15% au bout de la période de démantèlement tarifaire.

 En revanche, les résultats de la simulation indiquent que les importations des pays ouest-africains (hors UEMOA) devraient chuter à partir de 2016 et leur baisse se stabiliserait autour de 3,48% l’année.

Concernant les importations issues de la zone UEMOA, elles diminueraient de 0,92% l’an entre 2016 et 2024 avant que cette tendance s’accélère et se situe à 1,44% en 2038.

Donc, il est clairement établi que les APE sont anti intégration aussi bien au sein de l’UEMOA, qu’au sein de la CEDEAO.

En outre,  l’étude constate  la baisse globale du volume d’importation du produit « machines, équipements et matériel de transport », malgré la baisse de son prix à l’importation, alors que  les arguments avancés pour promouvoir les APE, tablent surtout sur l’augmentation de leur importation qui devrait booster la croissance !

Du point de vue des exportations, l’observation des résultats de la simulation permet de constater que la mise en œuvre de l’APE aurait comme principal effet commercial un détournement du commerce entre le Sénégal et les pays de l’UEMOA.

 

 Ainsi, les exportations sénégalaises à destination des pays de l’Union reculeraient, en moyenne, de 1% par an, à partir de 2016. Un recul des exportations vers la zone « Reste du Monde » devrait également être enregistré, avec une baisse annuelle qui se chiffrerait à 0,76% en 2016 et atteindrait 0,55% en 2038.

 

 A contrario, il s’avère que les ventes de produits aux pays de la CEDEAO (hors UEMOA) et à l’UE évolueraient à la hausse de 0,16%, entre 2016 et 2024, avant que cette dynamique s’estompe progressivement.

 

En outre, les résultats indiquent qu’à partir de 2016, les pertes de recettes fiscales consécutives à la mise en œuvre de l’APE s’élèveraient à 3,6%, par rapport à la situation de référence et à 6% en 2038.

 

De prime abord, cette perte est imputable à la baisse des recettes douanières qui sont au cœur des enjeux liés à la libéralisation commerciale.

 

 L’APE induirait ainsi une perte de droits de douane qui s’établirait à 20% en 2016, et qui s’aggraverait au point d’atteindre 31% en 2038.

 

           

L’évolution négative des recettes publiques s’explique également par les moins-values enregistrées sur les autres recettes indirectes qui subiraient une baisse ponctuelle de 1,52% au début du démantèlement tarifaire, ensuite, la baisse des recettes indirectes se situerait autour de 2.6% à la fin du processus de libéralisation.

La demande des facteurs de production (capital et travail) s’en trouverait réduite de même que le revenu des ménages.

 La branche du raffinage de pétrole, les BTP, les services et le secteur primaire seraient les plus exposés à un repli de leur activité.

En revanche, les prix de biens baisseraient suffisamment pour améliorer le pouvoir d’achat et le bien-être des ménages. Toutefois, en raison des pertes relativement importantes de recettes fiscales, le bien être global devrait légèrement se détériorer.  (NB : Effet « Souk » des APE).

Avec, ces simulations entre les mains du Chef de l’Etat du Sénégal, le Président Macky Sall, il est étonnant de le voir prendre la tête du peloton en faveur de la signature des APE, surtout que les dernières propositions de l’UE de 75% de libéralisation sur 20 ans, sont encore plus défavorables à l’économie sénégalaise dont les simulations avec moins d’ouverture (70%) et sur une durée plus longue (25ans),  ont montré tout le danger que comporte la signature des APE, tant du point de vue du développement économique et social du pays, que de l’intégration africaine, quelle soit dans l’UEMOA, ou dans la CEDEAO.

                       5) Conclusions

La bataille autour des APE a longtemps été exclusivement celle des organisations de la Société civile, du monde rural et des centrales syndicales, en l’absence notoire des partis politiques, surtout de ceux d’entre eux qui se réclament du pan africanisme et/ou de la gauche.

Tant que cette bataille se déroulait au niveau technique dans le cadre sous régional et européen, elle échappait à l’agenda politique national dans nos Etats pris individuellement.

Mais après l’acceptation officielle des APE par nos Chefs d’Etat, leur ratification par nos parlements  nationaux, remet cette bataille dans l’agenda politique national,  et interpelle tous les patriotes, pan africanistes et/ou de gauche, pour qu’ils s’y impliquent à côté des organisations de la Société civile, des Centrales syndicales et des organisations du monde rural, qui, au Sénégal sont représentées par le Conseil National de Concertation des Ruraux ( CNCR),  et au niveau de l’UEMOA, par le ROPPA.

Le Sénégal en votant « Oui à la France » au référendum de 1958 avait raté le défi son accès à l’Indépendance nationale. Il ne devrait  donc plus, 54 ans après, raté le défi de son indépendance économique en disant un second « Oui à l’Union Européenne»,  par la ratification, par son Assemblée nationale, des APE.

Le Sénégal ne devrait pas perdre cette seconde bataille pour l’Indépendance, au risque de s’enfoncer  dans la misère et de  continuer à jeter  sa jeunesse dans  l’aventure suicidaire de l’émigration clandestine.

Non à la ratification des APE !

Voir les commentaires

Publié le 26 Novembre 2014

Le Comité Central du PIT s’est réuni le dimanche 23 novembre à l’ENDSS.

A l’entame de ses travaux, le CC a observé une minute de silence et de prières à la mémoire des camarades et parents disparus dans la période. Le Comité Central a ainsi salué ces militants qui, leur vie durant, ont été engagés dans la cause de libération humaine et dont les efforts – parfois anonymes – ont incontestablement contribué à permettre au Sénégal de progresser dans la voie des conquêtes démocratiques.

Le Comité Central a, par la suite, entendu un important rapport du Bureau Politique présenté par le camarade Samba SY, membre du Bureau Politique, Secrétaire du Comité Central, procédant à un bilan d’étape du gouvernement ainsi qu’à une évaluation du niveau d’organisation et des tâches du parti.

Pour le Comité Central du PIT, la résolution prise d’inscrire la reddition  des comptes dans la culture de tout gestionnaire, au Sénégal, des deniers publics relève d’un impératif catégorique. A cet égard, le Comité Central engage le gouvernement à poursuivre sans faiblir la « traque » de tous les biens supposés mal acquis sans acharnement inutile mais aussi sans faiblesse coupable.

En rien les rodomontades d’Abdoulaye Wade et la mobilisation autour de lui des nostalgiques de l’ordre ancien, pour la libération de son fils et de quelques autres prévenus, ne devraient amener les sénégalais à accepter l’instauration, dans leur pays, du règne de l’impunité et celui des passe droits.

Pour cette raison, l’OFNAC, la Cour des Comptes, l’Inspection Générale d’Etat, bref toutes les structures de contrôle mises en place ou renforcées par le gouvernement du Président Macky Sall devraient jouer leur rôle de façon intégrale, afin qu’aucun denier de l’Etat ne soit distrait de sa destination légitime de satisfaction des besoins nombreux et pressants des citoyens sénégalais.

Le Comité Central du PIT se félicite des mesures prises par le gouvernement pour économiser sur la facture téléphonique de l’Etat, mettre fin à la gabegie instaurée de longue date concernant les contrats de logement des agents de l’Etat, mais aussi du choix de ne plus procéder aux abusives réductions fiscales concédées à des Entreprises ne pouvant en vérité être élevées au statut d’entreprise franche d’exportation.

Le Comité Central du PIT encourage le gouvernement à continuer à engager le pays dans la voie de la transparence et de l’équité. A cette fin, le gouvernement doit agir de sorte qu’aussi bien pour ce qui concerne la passation des marchés que plus globalement pour ce qui est de l’implication des entrepreneurs nationaux dans les grands chantiers de l’Etat, le patronat national n’ait aucune raison recevable de prétendre être écarté.

Par ailleurs et pour le Comité Central du PIT, un effort particulier doit être investi en direction des régions sud du pays. En effet, l’accalmie en cours est à conforter par des investissements prioritaires pour la relance des activités économiques dans cette partie meurtrie du territoire national. De même, il convient de prendre les mesures opportunes pour mettre fin aux capacités de nuisance de tous ceux qui, pendant bien trop longtemps, ont vécu de la crise en Casamance en en tirant les ficelles pour empêcher qu’une paix définitive s’y installe.

La crise en Casamance, l’instabilité dans la sous région, les menaces à peine voilées du camp des défaits de mars 2012 sont, entre autres, autant de raisons pour Benno Bokk Yaakaar de resserrer les rangs et faire cap sur l’essentiel : la prise en charge des besoins du peuple sénégalais en matière d’emplois, d’éducation, de santé, de sécurité, bref d’une vie épanouie.

A cet égard, le Comité Central du P.I.T appelle tous les patriotes du Sénégal  à prendre conscience des incidences probables, pour nos pays, de la signature des APE ainsi que des conséquences de l’avènement du Tarif Extérieur Commun sur la CEDEAO. Nos peuples se doivent, sans faiblir,  de faire face à ces défis ainsi qu’à ceux qu’imposent le « Jihadisme » et la fièvre Ebola.

Autant de raisons du reste, pour le Sénégal et les pays voisins, d’aller à pas forcés vers une véritable intégration, intégration que les intérêts bien compris de nos communautés rendent de plus en plus impérative.

Pour sa part, le PIT est déterminé à assumer dans l’alliance Benno Bokk Yaakaar l’entièreté de ses responsabilités. L’engagement qui a été le sien dans les Assises nationales, ses motivations au sein de la coalition Benno Siggil Sénégal, son choix partagé avec l’écrasante majorité des sénégalais de faire partir Wade pour restaurer l’Etat de droit au Sénégal, de donner à ce pays une vie institutionnelle équilibrée avec une justice indépendante et souveraine, aucun de ces engagements n’a pris la moindre ride. Simplement parce que le PIT est convaincu que c’est par ce biais que le Sénégal continuera à aller de l’avant en s’inscrivant, de façon irréversible, dans la voie du progrès et du développement.

Pour cette raison, le P.I.T invite tous ses partenaires de la Coalition Benno Bokk Yaakaar à faire le meilleur usage possible des conclusions de la Commission Nationale de Réforme des Institutions mise en place par le Président de la République et pilotée de main de maître par le Professeur Amadou  Makhtar Mbow à qui toute la Nation restera éternellement redevable.

Abordant la vie du Parti, le Comité Central s’est félicité des tournées du Bureau Politique ayant permis, à la direction du Parti, d’aller à la rencontre des instances locales. Le Comité Central encourage le Bureau Politique à continuer ce travail de terrain pour permettre à toutes les structures du Parti de jouer pleinement leur rôle. Du reste, le Comité Central engage le Bureau Politique à convoquer, dans les délais les meilleurs, une conférence sur l’organisation pour faire le point sur le niveau d’organisation du Parti et prendre, le cas échéant, les mesures de redressement qui s’imposent.

Cette conférence devrait être l’un des jalons des travaux préparatoires du prochain congrès du P.I.T que l’agenda du Parti fixe dans le courant de l’année à venir, au mois de mai plus précisément.

Le Comité Central s’est réjoui  de l’initiative en cours au terme de laquelle les Forces de Gauche du Sénégal se retrouveraient sous forme de Confédération donnant ainsi corps à l’une des résolutions du congrès du Parti tenu à Thiès en 2010. Le Comité Central exhorte tous les militants du P.I.T à s’engager résolument dans la matérialisation de cette initiative pour la promotion, au Sénégal, des valeurs de paix, de liberté, de progrès et de justice sociale.

Enfin, le Comité Central s’est félicité des résultats engrangés par le Parti à l’occasion des élections locales de 2014. Elle invite tous les élus du Parti, en fidélité avec les idéaux du PIT, à mettre leur énergie et leur talent aux services des populations, pour le développement de nos terroirs et la construction nationale.

 

Voir les commentaires