Publié le 21 Mai 2015

Il y a quelques jours, le camarade Ibrahima Sene nous a fait parvenir, par medias sociaux interposés, une «analyse» du rôle des diverses couches sociales dans les  luttes d’émancipation politique et de libération économique, sociale et politique du peuple sénégalais.

En substance dans cette analyse, il identifié - en les caractérisant diversement - quatre (4) principaux acteurs du changement social sur lesquels nous reviendrons plus loin, soit  la  «classe ouvrière» proprement dite, la «petite bourgeoisie contre révolutionnaire, la «petite bourgeoisie d’inspiration islamiste» qui est, elle-même, subdivisée en «petite bourgeoisie issue de familles de Chefs de confréries religieuses et/ou d’Ecoles islamiques» et de «petite bourgeoisie d’inspiration islamiste [ …] issue des confréries et des Ecoles islamiques».

S’il n’y a pas grande chose à redire concernant l’analyse globale qu’il fait de la classe ouvrière et de la «petite bourgeoisie, issue de familles de Chefs de confréries religieuses et /ou  d’Ecoles islamiques» et de la «petite bourgeoisie d’inspiration islamiste […] issue des confréries et des Ecoles islamiques», un retour en boucle est vraiment nécessaire sur la «petite bourgeoisie intellectuelle» à cause des contrevérités historiques qu’il distille ça et là dans son texte sur cette couche sociale respectée et respectable à laquelle, pourtant, il appartient lui-même.

  1. Qu’est-ce qu’une classe sociale ?

Avant de répondre à cette question, il est important d’indiquer, pour le bénéfice de nos lecteurs, ce qu’est une classe sociale, quelles sont ses caractéristiques fondamentales et comment, historiquement, celle-ci nait et se développe dans les rets des sociétés humaines. Très tôt, dirions-nous, les différences se creusent entre les individus. Plus que les caractéristiques biologiques, le milieu socio-économique et les conditions matérielles et financières  dans lesquelles un enfant nait et grandit ont une influence déterminante sur son avenir. Certains auront «plus de chance» de recevoir une éducation de qualité et d’accéder à des métiers de prestige dans la société. D’autres n’auront tout bonnement pas cette chance et seront contraints de tout le temps tirer le diable par la queue.

Loin d’être le fruit du hasard ou du sacrément de la naissance comme les essentialistes et autres adeptes des idées mystico-magico-religieuses tentent toujours de nous le faire croire à longueur de journées depuis Mathusalem, ces différences sont largement déterminés par la classe sociale à laquelle appartient chaque individu. Et cette notion (classe sociale) se définit par au moins 3 facteursplus ou moins imbriqués : la situation, la position et la conscience de classe.

  1. La classe sociale : Définition d’une notion

La situation de classe est une réalité objective. Elle se définit par la posture qu’un individu occupe dans la sphère de la production. Cette posture est, elle-même, largement déterminée par la propriété privée des moyens de production «légitimement» soumise, en société capitaliste comme dans toutes les sociétés qui ont précédé celle-ci, au contrôle du petit nombre. Ce dernier profite «légalement» du droit «légal» de posséder, d’user et de disposer d’un bien privé pour s’accaparer, à son profit exclusif, le surplus de travail accumulé, sous forme de plus-value économique, par le labeur collectif des travailleurs (ouvriers).

Au cœur de ce système, on est soit détenteur des moyens de production soit non détenteur. Dans le cas où on est détenteur des moyens de production, on appartient de facto à la classe dominante (bourgeoise) qui peut s’entourer, au besoin, d’une panoplie de sous-classes ou de sous-catégories sociales intermédiaires (scribes, clercs, petites bourgeoisies, classes moyennes inférieures, classes moyennes supérieures, etc.) dont le rôle spécifique dans le système économique est d’assurer l’accumulation du capital au profit de la classe dominante qui contrôle les moyens de production.

Dans le cas où on ne contrôle pas ces moyens, il ne reste qu’une chose à faire pour continuer de vivre ou de survivre selon les cas: vendre quotidiennement à celui qui contrôle les moyens de production une valeur déterminée de sa force de travail moyennant une rétribution financière minimale (salariat) qui permet en définitive de vivre ou de survivre et, ainsi, de continuer de travailler pour celui qui détient les moyens de production et qui contrôle non seulement les institutions économiques mais, également, les institutions sociales, l’appareil d’État, l’appareil politique et l’idéologie qui domine la conscience des travailleurs.

La position de classe est une donnée à la fois objective et subjective ; objective au sens où elle détermine la position réelle qu’occupe un individu dans la sphère de la production d’une part et, de l’autre, elle renvoie au pallier social dans lequel on est tous est classé par ordres dans le système de stratification sociale qui hiérarchise la société en fonction du revenu de chaque individu. La position de classe est aussi une donnée subjective car elle caractérise la conscience de classe que nous avons de nous-même dans une société donnée. Cette conscience, en apparence solitaire et isolée, est en réalité liée à la perception globale que les membres d’une classe ont de ce qu’ils peuvent accomplir ou non pour promouvoir les intérêts spécifiques de leur classe.

C’est cette perspective théorique qui ouvre la voie à la mobilité idéologique des acteurs du mouvement révolutionnaire. Le marxisme ne ferme pas la porte à la possibilité qu’ont certaines couches sociales d’opérer le «suicide de classe». Ce concept, qui est un aspect central de la pensée politique du leader bissau-guinéen, Amilcar Cabral, renvoie à l’idée qu’il est possible, pour la petite bourgeoisie en particulier, par l’éducation idéologique et les expériences de toute sorte qu’elle reçoit à l’école de la vie, de se débarrasser des valeurs bourgeoises qui la guettent en permanence et qui l’amènent à vouloir trahir la révolution ou à confisquer celle-ci une fois qu’elle est devenue victorieuse. Il renvoie également à l’idée que la petite bourgeoisie, dans son ballotement constant entre les valeurs de la classe dominante à laquelle elle veut ressembler et les valeurs des classes dominées vers lesquelles elle ne redoute de descendre, peut se transformer en une force révolutionnaire utile au changement social progressiste.

Contrairement à ce que prétend Sene, la petite bourgeoisie n’est pas une catégorie sociale haïssable parce que frappée, du haut des airs, par une tare historique congénitale qui la soumet au bavardage théorique stérile autour des idées révolutionnaires de Marx et Lénine. Loin d’être une catégorie sociale condamnée à la traitrise des principes révolutionnaires qui guident l’action des masses auxquelles elle appartient à son origine, elle peut se convertir à cette double tache si elle n’est pas bien éduquée et pas suffisamment consciente du rôle et des responsabilités qu’elle peut jouer dans l’histoire des sociétés humaines auxquelles elle est liée. Dans sa valse-hésitation à la recherche de son âme chancelante, elle peut s’identifier - avec héroïsme et courage - aux aspirations profondes des travailleurs, au leadership des masses populaires aux cotés de qui elle se bat et aux principes fondamentaux qui guident les mouvements de libération national. Plutôt que de la détester et d’afficher un mépris souverain à son égard, tout révolutionnaire digne de ce nom doit la considérer avec respect, autant que les autres clases, et se dire que la conscience qu’elle a d’elle-même à un moment donné de son évolution historique dans chaque pays est une conscience qui est étroitement liée aux circonstances réelles dans lesquelles elle évolue et à la perception qu’elle a de ces circonstances.

  1. La petite bourgeoisie intellectuelle sénégalaise : une sous-catégorie sociale utile.

Ce qui précède m’amène à rejeter, d’un revers de main énergique, la typologie que le camarade Sene fait de la petite bourgeoisie sénégalaise. Pour lui en effet, la petite bourgeoisie sénégalaise est subdivisée en quatre (4) sous-catégories distinctes. La première sous-catégorie est constituée par ce qu’il qualifie de «petite bourgeoisie faussement révolutionnaire et faussement anti-impérialiste». Selon lui, celle-ci forme la majorité de ceux qui se contentent de « rhétoriques  révolutionnaires » puisées aveuglément dans les œuvres de Marx et de Lénine. Toujours selon Séne, cette couche cherche à se substituer à la «classe ouvrière» pour faire la révolution «à la place» de cette classe. Parfois, elle tente de se substituer aux  partis politiques organiquement constitués qu’elle considère comme «historiquement obsolètes». À la place de ces partis, des fois, elle promeut des organisations de la «société civile», prétend faussement être au-dessus de la mêlée (c’est-à-dire de la lutte des classes) et croit œuvrer, en toute indépendance d’esprit, pour la conquête démocratique du pouvoir politique et l’édification d’un «Etat neutre» et indépendant de toutes les classes et couches sociales qui luttent invariablement sur la scène politique.

La deuxième sous-catégorie est la «petite bourgeoisie contre-révolutionnaire». Celle-ci, selon lui, est «fabriquée» en laboratoire par les officines libérales, néolibérales et social-démocrates occidentales qui ont pignon sur rue dans notre pays et qui ont pour noms le «National Democratic Institute» du Parti Démocrate des USA, la «Fondation Friedrich Ebert» du Parti Social Démocrate Allemand, appuyé en cela par d’autres Fondations du Grand Capital comme celui de SOROS, dénommé OSIWA,  et par des Agences de coopération Internationale des grandes puissances occidentales comme l’USAID, l’ACDI, l’AFD.

En soutenant, à la face du monde, que ces institutions «fabriquent» de la contre-révolution et des contre-révolutionnaires dans les pays où elles sont installées, Sene jette tout son dévolu sur bon nombre d’organisations de la société civile qui traitent directement ou indirectement avec elles. Il vise, on ne s’en trompera jamais, le mouvement Y’en A Marre qu’il ne porte pas, on le sait, dans son cœur et dont la contribution à la chute du régime néolibéral d’Abdoulaye Wade et la lutte pour le changement social au Sénégal sont pourtant indéniables. Il vise également la RADHO, les membres du groupe Refondation, les organisations écologiques, le mouvement féministe, les mouvements de défense du droit des enfants, bref tous les mouvements politico-sociaux qui évoluent en marge des partis politiques classiques. Pour lui, tous ces mouvements sociaux sont d’autant plus contre-révolutionnaires qu’ils sont à la solde du capital transnational et de ses valets locaux qui infestent notre société «à 95% de musulmans» pour y répandre la «mauvaise parole», la parole qui bloque la révolution prolétarienne, pervertit la pureté des idées marxistes et brouille l’avenir démocratique de notre société et de sa jeunesse imperméable.

Sene ne se pose même pas la question de savoir s’il a raison de péjorer ces institutions de coopération et les sénégalais qui frappent à leurs portes là où est absent l’État (de Macky Sall). Il ne cherche même pas à savoir pourquoi ces institutions prospèrent tant au Sénégal et partout ailleurs dans le monde où elles interviennent ni pourquoi certains de nos compatriotes les fréquentent en toute espérance et en toute connaissance de cause. Ce qui l’intéresse au premier chef, c’est la dénonciation tous azimuts du travail qu’elles mènent dans notre pays et le dénigrement systématique de nos concitoyens qui bénéficient de leurs services, au seul motif que ces concitoyens ignorent les enjeux réels de la présence de ces institutions étrangères et ce qu’elles font réellement sur notre sol.

Si les sénégalais sont de plus en plus critiques envers le programme économique, social et politique de Macky Sall et les orientations, peu discutées au sein des partis politiques classiques qui le soutiennent, s’ils déplorent que le haut commandement territorial au sommet de ces partis ait tout bonnement choisi de s’agglutiner autour du nouveau prince et de manger, avec lui, le nectar du pouvoir qu’ils se partagent à coups de soukaru koor et autres cadeaux d’anniversaires grassement distribués aux souteneurs patentés du régime, tout cela est l’œuvre de la «petite bourgeoisie contre-révolutionnaire» qui a, en vérité, pour seul vrai tort de dénoncer un tel inadmissible état de faits.

Touché de plein fouet par les postures critiques des générations montantes de nouveaux militants critiques qu’il range, en vrac, dans cette sous-catégorie péjorée, Sene jette tout son dévolu sur le discours politique de ces générations qu’il dépeint, avec de vieux clichés du mouvement révolutionnaire en gestation en Russie tsariste, sous les oripeaux de «gauchistes extrémistes», de «radicaux de gauche» et de «malades infantiles» du communisme au sens où, d’après lui, elles sont instrumentées, de l’extérieur du pays, par des forces obscures qui cherchent à «divertir et retarder le travail d’organisation des forces qui veulent consacrer leur savoir et leur énergie, […] aider la classe ouvrière, les paysans pauvres et les couches populaires à mieux prendre conscience de la nécessité, dans leurs luttes, d’avoir à leur service un Parti politique dédié».

Rien d’étonnant qu’au lieu de s’attaquer à l’élite politique de la gauche sénégalaise dont une frange importante a abandonné le terrain de la lutte révolutionnaire à l’adversaire politique néolibéral et aux forces de la régression qui poussent, ces dernières décennies, comme des champignons dans notre pays, Sene jette tous les bébés avec l’eau du bain. Sans discernement aucun, il attribue les mêmes rôles historiques régressifs, face au changement social, à la « petite bourgeoisie  dite  révolutionnaire et anti impérialiste » qui se bat, en vérité, pour un État laïque et démocratique au Sénégal, à la «petite bourgeoisie contre révolutionnaire» dans laquelle il mêle, pêle-mêle, les mouvements sociaux qui ne se battent pas sur le même ring que lui, la «petite bourgeoisie d’inspiration islamiste [ …] issue des confréries et des Ecoles islamiques» et celle  issue de «familles de Chefs de confréries religieuses et/ou d’écoles islamiques».

Si ces deux sous-catégories cherchent en effet à installer, dans notre pays, un Etat théologico-politique de droit divin et un Islam rigoriste chape de plomb, si elles cherchent également à conserver les positions de rente que certains de ses membres occupent actuellement dans notre société en tentant de soumettre l’État à leur contrôle exclusif, il n’en est pas de même de la «petite bourgeoisie » qu’il qualifie de «contre-révolutionnaire».

La plupart du temps, les membres de cette sous-catégorie sont presque tous issus des partis organisations politiques marxistes desquels ils se sont progressivement éloignés souvent à cause de querelles intestines dont ces organisations ont l’art, de questions d’orientations idéologiques et de perspectives politiques. Au lieu de cracher à grands coups sur ces gens-là dont beaucoup sont allés fonder des mouvements sociaux de gauche sur lesquelles Sene s’acharne inutilement, notre camarade aurait mieux fait de les approcher davantage en faisant preuve de courage politique et de tact mais, surtout, en développant une pédagogie d’approche militante qui rassemble au lieu de diviser conformément d’ailleurs aux objectifs de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme à la construction de laquelle il dit être engagé en ce moment. 

Rien d’étonnant également à ce que Sene éprouve d’énormes difficultés à internaliser, dans son discours théorico-idéologique d’un autre siècle, les notions d’«alternance intergénérationnelle», de «lutte des  genres», d’«égalité de genre», d’«écologie politique» … qui sont, partout dans les «sociétés du risque» d’aujourd’hui comme dans notre pays fortement marqué par l’irruption de l’écocitoyenneté, des concepts politiques nouveaux et dynamiques qui captent et mobilisent, en grand nombre, les acteurs du changement social dont le train file à vive allure en ce moment dans notre pays.

Rien d’étonnant enfin qu’il soit incapable de proposer des alternatives crédibles à la perception générale tenace des Sénégalais (et le cynisme politique qui en résulte) que l’élite politique actuelle - d’un bord comme de l’autre du bateau de la transhumance et des reniements spectaculaires qui tangue maintenant dans les eaux troubles de Macky Sall et de l’APR - se bat uniquement pour des « places» maintenant au lieu de se battre pour des idées, des valeurs et convictions révolutionnaires qui changent le visage de notre société.

Dingass Lamine Diedhiou, Ph.D.

Sociologue, Canada.

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

Publié le 15 Mai 2015

 

  1. INTRODUCTION

Il est aujourd’hui, de notoriété publique que depuis 2000, la société sénégalaise est grosse de puissants changements, dont la gestation et l’accouchement se font dans un contexte de luttes politiques de plus en plus exacerbées.  Les alternances de 2000 et de 2012 ont libéré d’innombrables forces sociales, notamment en milieux jeunes et femmes, qui sont devenus politiquement et socialement plus actifs, et dont l’implication dans les mouvements sociaux, dans les luttes des populations et dans le processus électoral, est devenue déterminante. Ces forces sociales, qui sont devenues plus conscientes et plus actives, sont essentiellement de nature sociale « petite bourgeoise », mais sont différentes par leur positionnement vis-à-vis des classes et couches sociales fondamentales en lutte dans notre pays.  De par leur nature sociale « petite bourgeoise », les unes ont la prétention de se substituer à la « classe ouvrière » pour faire la « révolution à sa place », ce sont les « gauchistes » au sens Léniniste du terme. D’autres ont la prétention se substituer aux partis politiques devenus « historiquement obsolètes», pour promouvoir des organisations de la «Société civile » qui prétendent être au-dessus des classes sociales, pour la conquête du pouvoir politique afin d’édifier un « Etat neutre », indépendant de toutes les classes et couches sociales, au service du peuple tout entier. Et enfin, il y a une autre catégorie de la « petite bourgeoisie, issue de familles de Chefs de confréries religieuses et /ou d’Ecoles islamiques, qui prétendent, dans un pays à population de plus de 95% de musulmans, avoir plus de légitimité historique et sociale que les deux autres catégories de la « petite bourgeoisie », à s’exprimer au nom du peuple, et à exercer le pouvoir dans un Etat fondé, non plus sur la laïcité, mais sur ce qu’ils considèrent être des « valeurs islamiques ».  

  1. LE «GAUCHISME », OU LA «MALADIE INFANTILE DU COMMUNISME» AU SENEGAL D’AUJOURD’HUI.

Il est la marque de fabrique de cette « petite bourgeoisie » qui se prend comme une force sociale d’avant-garde pour faire la «Révolution » à la place des classes et couches sociales exploitées, spoliées , opprimées et/ou marginalisées, qui ont à leur tête une « classe sociale », la « classe ouvrière» que le Marxisme considère comme la seule «classe d’avant-garde» dans une société capitaliste.

Cette « petite bourgeoisie » qui se dit «révolutionnaire et anti impérialiste», prétend s’appuyer sur les revendications et les luttes des classes et couches sociales populaires, pour « faire la Révolution ».  

Ainsi, elle fait d’elles son instrument de conquête du pouvoir, au lieu d’être à leur service pour les aider, dans leurs luttes quotidiennes dans les entreprises, services et dans les champs, à occuper toute leur place dans les luttes de libération politique, économique et sociale du peuple, et d’appuyer, à cet effet, la classe ouvrière à y jouer le « rôle d’avant-garde » que lui confère sa place dans la production des biens et services dans les entreprises capitalistes qui dominent l’Economie du pays.

Dans notre pays, cette « classe ouvrière » produit plus de 70% de la valeur ajoutée du secteur moderne de l’Economie dominée par le secteur privé capitaliste. Cette «petite bourgeoisie » se contente de « rhétoriques révolutionnaires » qu’elle puise chez Marx et Lénine, qu’elle récite dans une satisfaction béate, comme les « talibés » le font avec le Coran, en oubliant que les œuvres de ces grands hommes ne servent que de « guide pour l’analyse et pour l’action », et non de «référentiels » pour justifier des choix ou des positions politiques. Leur extrémisme dans les partis de Gauche, dans les mouvements ouvriers et sociaux, a toujours servi, des décennies durant, à divertir et à retarder le travail d’organisation des forces qui veulent consacrer leur savoir et leur énergie, à aider la classe ouvrière, les paysans pauvres et les couches populaires, à mieux prendre conscience de la nécessité, dans leurs luttes, d’avoir à leur service un Parti politique dédié. Un Parti politique est un instrument de conquête et de conservation du pouvoir politique pour les classes et couches sociales en lutte pour le contrôle des richesses d’un pays.  C’est pour cela, que notre classe ouvrière a besoin d’un Parti politique qui lui soit propre, et qui soit en mesure de l’aider à éclairer ses luttes, et à nouer les alliances nécessaires avec les classes et couches sociales spoliées, opprimées et/ou marginalisées, pour assumer son rôle de classe d’avant-garde pour le libération politique, économique, sociale et culturelle du peuple. C’est cette tâche révolutionnaire que le PIT partage avec les autres forces de «Gauche» au Sénégal, en mettant sur pied la « Confédération des Forces de Gauche » (CDS) afin de mutualiser leurs forces respectives à cet effet.

  1. LA «PETITE BOURGEOISIE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE».

Elle est le produit des activités, dans notre pays, du « National Democratic Institute » du Parti Démocrate des USA, et de la « Fondation Friedrich Ebert » du Parti Social-Démocrate Allemand, appuyé en cela par d’autres Fondations du Grand Capital comme celle de SOROS, dénommé OSIWA, et par des Agences de coopération des grandes puissances occidentales comme l’USAID, l’ACDI, l’AFD etc. A force des « séminaires fortement « per diemisés », sous couvert de «renforcement de capacité », ces organismes sont parvenus, à substituer, dans la conscience de cette frange de notre « petite bourgeoisie », la lutte des classes qui est au cœur de la crise que vit notre pays, par la lutte « inter générationnelle » (entre jeunes et vieux) pour des « places », et la « lutte des genres » (entre hommes et femmes) pour «l’égalité genre », afin de les détourner de la « lutte contre les inégalités sociales ».  D’où leur slogan de « leadership jeune » et de «leadership féminin », est devenu le crédo de cette catégorie de la «petite bourgeoisie».  Ainsi, idéologiquement armée et socialement motivée, cette frange de la « petite bourgeoisie » se veut être le porte étendard de la « Démocratie citoyenne », qu’elle réduit au lobbying, et aux pouvoirs de contrôle des organisations de la société civile sur les Elus et les Grands Commis de l’Etat.

Elle vide ainsi la « Démocratie citoyenne » de son contenu révolutionnaire, qui consiste à approfondir la « Démocratie parlementaire » comme système de délégation de pouvoir du peuple à des Elus, par l’octroi aux citoyens et à leurs organisations du « Droit de révocation des Elus et des Grands Commis de l’Etat », comme moyens de lutte contre la confiscation de leur souveraineté par une caste de «bureaucrates » dans les Institutions et Services de la République, qu’ils mettent au service des classes dirigeantes qui perpétuent ainsi leur domination et leur politique de soumission et d’exploitation du peuple.  Et c’est pour cette raison, que cette frange de notre « petite bourgeoisie » est une couche sociale contre révolutionnaire, et très souvent apatride. Elle est violemment anti communiste, et s’oppose farouchement à toutes les organisations anti impérialistes qu’elle présente, volontiers comme des « has been », et des « nostalgiques » d’un passé qu’elle espère révolue à jamais.

  1. LA « PETITE BOURGEOISIE D’INSPIRATION ISLAMISTE ».

Issue des confréries et des Ecoles islamiques, elle est entretenue par des officines des Monarchies du Golfe, de l’IRAN et des «Frères Musulmans d’Egypte », et prétend mettre fin à la prédominance des confréries dans l’Islam Sénégalais, et des laïcs dans l’exercice du pouvoir d’Etat.  Son choix est pour un « Etat théologique », qui ramène le Sénégal à l’époque des guerres islamiques (jihades) contre les Etats «Tiedo) pour imposer l’Islam, et contre la pénétration coloniale.  Elle ne veut pas prendre en compte, que cette vision des rapports entre l’Islam et l’Etat, a été transcendée par les fondateurs des grandes confréries religieuses du pays qui ont vu dans la « laïcité de l’Etat», le meilleur mode de coexistence et de convivialité des différentes communautés, pour préserver la paix et la stabilité sans lesquelles, aucune personne ne peut librement pratiquer la religion de son choix.  C’est à l’ombre de la « laïcité de l’Etat » que l’islam s’est développé pacifiquement au Sénégal, en véhiculant la tolérance et le libre choix, comme les fondamentaux de l’existence de notre société, et sous lequel, les grandes confréries religieuses ont acquis leur autorité morale et religieuse sur 95% de la population du pays.  C’est cette tolérance et ce libre choix, comme crédo de l’Islam confrérique au Sénégal, qui le concilient avec les aspirations des Républicains et Démocrates de ce pays, dans l’édification d’un Etat de Droit, de paix et de fraternité.

C’est cela que l’on appelle, dans le monde, «l’exception sénégalaise» de coexistence pacifique, de convivialité et de dialogue entre les religions, qui est au fondement de la stabilité de la République du Sénégal. De sorte que cette catégorie de notre «petite-bourgeoisie» qui cible, à la fois, les confréries et la laïcité de l’Etat, avec la prétention de se mettre au-dessus des classes sociales pour représenter, non pas le peuple, mais les 95% de sa composante, constitue de nos jours, la fraction la plus réactionnaire de notre « petite bourgeoisie ».  Les « cellules dormantes » du « Jihadistme islamique international », qu’elle constitue dans notre pays, sous couvert de solidarité avec la lutte du peuple Palestinien qui est agressé et qui a vu son territoire colonisé et occupé par Israël, d’anti occidentalisme, et de défense de l’Islam contre la chrétienneté et l’athéisme assimilé à la « laïcité de l’Etat », constituent une véritable menace pour l’Islam confrérique de notre pays, et pour la République démocratique et le Socialisme. Cette menace est d’autant plus grave, que certains descendants des grandes familles confrériques, usent de la même rhétorique pour tenter de mieux fructifier auprès des pouvoirs publics du Sénégal et/ ou des Monarchies du Golfe et de l’Iran, la situation de rente dont bénéficient historiquement leurs familles, pour s’enrichir et ou/ briguer le suffrage du peuple pour accéder au pouvoir. Leur pouvoir de nuisance est d’autant plus grand, qu’ils se présentent en défenseurs de la frange de notre « petite bourgeoisie », qui, par analphabétisme en Français, se voit exclue indûment des emplois publics et des opportunités d‘affaires qu’offre l’Etat.

Cette discrimination basée sur la langue officielle et la culture occidentale, constitue un terreau fertile pour la « petite bourgeoisie islamiste », du fait de l’engagement timide des Républicains et Démocrates de notre pays pour y mettre fin.  C’est un défi que le PIT et ses camarades de Gauche dans la «Confédération pour la Démocratie et le Socialisme» ont décidé de relever, pour contrer toutes les formes de déviation de la lutte de notre peuple pour sa libération politique, économique, sociale et culturelle.

5) CONCLUSION S

La lutte pour parachever notre Indépendance nationale, approfondir la «Démocratie parlementaire» par la «Démocratie citoyenne», et construire le Socialisme, passe donc par une lutte politique et idéologique implacable avec ces trois tendances «gauchiste», «réactionnaire», et «islamiste» véhiculées au sein de notre «petite bourgeoisie».

Toute concession ou indulgence à leur égard, au plan politique et idéologique, serait lourde de conséquences négatives pour l’issue des luttes de notre peuple pour sa libération politique, économique, sociale et culturelle, et pour son rôle dans l’unification des pays et peuples de la sous-région et du continent.  Donc, il ne s’agit nullement ici de dogmatisme, mais de lutte de classes qui est arrivée à un tournant capital pour les forces de progrès et de justice sociale dans notre pays. La civilisation de l’internet, et les moyens colossaux que les Fondations du Grand Capital, les Agences des grandes puissances occidentales, et les bailleurs de fonds du Moyen Orient mettent à leur disposition dans des séminaires et autres journées d’étude fortement « per diemisées », et dans des constructions de mosquées et d’Ecoles coraniques, en font, dans un contexte de fort chômage de jeunes diplômés d’enseignement supérieur, de marginalisation d’arabisants, et de grande pauvreté en milieu jeune et femme, de redoutables adversaires dans notre lutte en direction de la classe ouvrière et des autres couches sociales opprimées, spoliées et /ou marginalisées. C’est dans ce contexte que se mesure toute la pertinence du Programme minimum de la «Confédération pour la Démocratie et le Socialisme » qui repose sur les « Conclusions des Assises nationales », et «l’adoption par référendum du Projet de Réforme des institutions » proposé au Chef de l’Etat par la Commission Nationale de Réforme des Institutions qu’il a instituée.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL/CDS

Dakar le 14 MAI 2015

 

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #VI° CONGRES

Publié le 14 Mai 2015

En direction du 6ième Congrès du PIT- Sénégal prévu en novembre 2015, nous vous proposons un texte du camarade Ibrahima Sène (sous le pseudonyme de Massaer Diop), datant de 1983, sur la construction du Parti.

Séminaire de formation du PIT en 1983.

CONSTRUIRE LE PARTI AU SENEGAL

CONTRIBUTION AU DEDAT

Par Massaer DIOP

 

Notre camarade Sémou Pathé GUEYE a eu le  mérite d’avoir instauré dans « Gëstu » N° 9, de Septembre 1983, un débat théorique sur la construction du parti marxiste, dans notre pays.

Ce mérite est d’autant plus grand que Sémou a posé, tout haut, toutes les interrogations que se posent tout bas nombre de sénégalais jusque dans nos rangs.

Ce débit est d’une importance capitale dans le contexte politique actuel du Sénégal marqué par la prolifération des partis politiques se réclamant du marxisme donnant l’impression à l’opinion non avertie, d’une division artificielle du mouvement marxiste dans notre pays à cause d’ambitions inavouées et/ou de querelles de personnes.

Cependant, l’ouverture de ce débat au moment où la « Ligue Démocratique » vient publiquement dans une conférence de presse de reconnaître le caractère marxiste de notre parti après l’avoir longtemps nié, peut donner l’impression d’une fausse note.

Avec ce débat, deux approches existent dorénavant autour de la question de la construction du parti marxiste au Sénégal.

La première fut inaugurée par la « Ligue Démocratique » qui estimait que notre parti n’était qu’un ‘’groupe de propagandistes marxistes’’ parmi tant d’autres au Sénégal et qu’il fallait pour construire le parti marxiste s’asseoir autour d’une table pour la fusion de ces groupes de propagandistes.

Cette approche partait de la négation de la nature marxiste-léniniste de notre parti et amena plus tard la « Ligue à s’approcher du PAI-Rénovation de Majemouth DIOP et du « Groupe de Rufisque » pour publier un ‘’manifeste des marxistes sénégalais’’ qui fut très tôt mis de côté à cause de l’impossibilité de la fusion entre la « Ligue » et le PAI-Rénovation. Mieux, le ‘’Groupe de Rufisque’’ a rejoint de nos jours les rangs du pouvoir néocolonial par le biais de ‘’l’appel des 1500’’.

Ce fut le premier échec de cette approche pour la construction du parti marxiste.

La seconde approche, celle de Sémou, part non de la négation de la nature marxiste-léniniste de  notre Parti, mais l’idée de mutation du parti, de « parti de cadres » en « parti de masses » à la suite de sa ‘’massification’’.

Cette seconde approche s’articule autour d’interrogations sur l’adéquation de nos principes actuels d’organisation et de vie, vis-à-vis de la réalité sociale du Sénégal marquée par l’idéologie petite bourgeoise entachée de religiosité et de partriarcalisme, et l’adéquation de notre politique actuelle pour renforcer l’influence politique du parti au sein des masses.

Pour Sémou, la massification permettait à travers un encadrement et une éducation adéquats de renforcer le parti en cadres pour lui permettre de jouer pleinement son rôle d’organisation et de guide de la classe ouvrière comme avant-garde des forces démocratiques et populaires contre le néocolonialisme.

L’approche de la « Ligue » comme celle de Sémou, malgré leurs différences notoires, reposent donc sur une base fondamentale commune : l’incapacité des structures actuelles de notre parti, de son mode de vie, de ses normes pour faire jouer à la classe ouvrière son rôle historique dans les luttes sociales de notre pays.

De ce point de vue, Sémou a fait incontestablement un pas vers la « Ligue ».

Pour éclaircir donc le débat ainsi posé, il semble nécessaire d’interroger l’histoire de l’évolution du PAI au PIT depuis sa création, en 1957.

Car, c’est sur l’appréciation de ce legs historique que repose l’approche tant de la « Ligue » que celle de Sémou.

Dans Jamano 1, la « Ligue » a interprété l’évolution du PAI comme étant le résultat de luttes entre intellectuels petits bourgeois à l’esprit bureautique et aventuriste dans un parti auto-proclamé marxiste par des intellectuels venus de France.

Pour Sémou, le « Parti créé en 1957… et dissout en 1960 n’a pas eu matériellement le temps de mener à bien ses tâches internes d’organisation et de réflexion approfondie sur les conditions de son action »…

« De 1960 à 1978, tout l’effort du Parti était tendu vers la préservation de son existence et de sa sécurité »…

Mieux, « la lutte du Parti, il est vrai, a été conduite dans des conditions politiques qui n’étaient certainement pas les plus aptes à lui donner toute son ampleur et sa pleine efficacité. Pendant toute une période, elle a consisté pour l’essentiel à sauvegarder le Parti de la destruction face à la répression Néocoloniale d’une barbarie inouïe ».

Donc, si pour la « Ligue » c’est la nature sociale du parti qui est en cause, pour Sémou, ce sont les conditions historiques du déroulement de notre lutte qui sont à incriminer.

Cependant, pour l’une comme pour l’autre approche, à des degrés divers certes, il existe néanmoins un défaut d’appréciation correcte de l’évolution du PAI au PIT, c’est-à-dire du processus de maturation organisationnelle et politique de notre parti et de l’affermissement de sa trempe léniniste.

Voilà pourquoi notre contribution à ce débat se compose de deux parties essentielles :

  • L’une consacrée à l’analyse des circonstances historiques de la naissance et de l’évolution du PAI au PIT.
  • L’autre consacrée aux tentatives de réponses aux interrogations actuelles de Sémou.

La première partie cherche donc à  mettre en évidence les possibilités réelles qui existent dans nos méthodes actuelles d’organisation dans notre mode de vie actuel et dans l’expérience du mouvement communiste et révolutionnaire International pour faire jouer à notre parti son rôle historique envers notre classe ouvrière.

D’où le plan suivant :

  1. DU PAI AU PIT OU ANALYSE DU PROCESSUS DE FORMATION D’UN PARTI MARXISTE LENINISTE AU SENEGAL
  2. TENTATIVES DE REPONSES AUX QUESTIONS DE SEMOU
  3. CONCLUSION

 

  1. DU PAI AU PIT OU ANALYSE DU PROCESSUS DE FORMATION D’UN PARTI MARXISTE LENINISTE AU SENEGAL

Le processus de formation d’un parti marxiste-léniniste au Sénégal peut-être divisé en trois grandes périodes dont chacune était confronté à des tâches spécifiques. La résolution de chacune de ces tâches spécifiques à une période donnée a fait naître une nouvelle période avec de nouvelles tâches.

Ce processus d’évolution a été marquée par une intense lutte de classes sur le plan idéologique et organisationnel.

Dans chaque période, le triomphe des principes léninistes sur le plan idéologique et organisationnel a été marqué par des scissions au sein du PAI qui se renforçait ainsi en s’épurant.

L’incompréhension de la nécessité objective de cette évolution marquée de conflits et de scissions dans un pays où les rapports petits bourgeois très répandus a amené certains (le « politicien » et la « Ligue ») à déformer notre histoire et à nous présenter comme des « chasseurs de sorcières ».

C’est pourquoi un rappel historique s’impose afin de jeter toute la lumière sur la nature de notre Parti, son évolution et ses perspectives.

  1. Première période (1957-1960) ou période de démarcation du Mouvement de Libération nationale (M.L.N.) sur les bases de classe

La période de processus de formation d’un Parti marxiste-léniniste au Sénégal débute de la naissance du PAI en Septembre 1957, à Thiès.

Pour mieux appréhender la nature du PAI de l’époque, une analyse des circonstances de son apparition s’impose.

En effet, le Mouvement de Libération Nationale (M.L.N.) connut durant cette période un processus de groupement et de regroupement des forces politiques sur des bases de classe face au problème de l’indépendance.

La première tentative de regroupement eut lieu le 13 Juin  1956, à l’hôtel ‘’Colisée’’. Selon Bakary TRAORE, « les quatre formations politiques : BDS, SFIO, UDS et MPS sont représentées chacune par une délégation de dix membres … La rencontre s’est terminée par un accord de principe, de la fusion de leurs partis, en vue d’une constitution d’un Parti Unique au Sénégal sur la base d’une autonomie d’actions » (cf ‘’Forces Politiques en Afrique Noire’’ page 66).

C’est ainsi qu’en 1957, le Bloc Populaire Sénégalais (B.P.S.) fut constitué par la fusion du BDS, de l’UDS, du MPS ‘’unitaires’’ et du MAC.

De même, en Septembre 1957 fut constitué le Parti Africain de l’Indépendance (P.A.I.) sur la base de la fusion de l’aile de gauche de l’UDS et des représentants du Mouvement Syndical Ouvrier (U.G.T.A.N.) et Estudiantin (F.E.A.N.F.). L’UDS fut créé à travers la fusion des « groupes d’Etude marxiste » créés par le Parti Communiste Français au Sénégal au lendemain de la deuxième guerre mondiale.

Ainsi la naissance du BPS d’une part, et du PAI qui se réclamait du marxisme-léninisme d’autre part, donnèrent naissance à la première démarcation sur des bases de classe du MLN en Afrique de l’Ouest et au Sénégal en particulier face au problème de l’indépendance.

Le processus de création d’un parti marxiste-léniniste à travers la fusion des « anciens groupes d’étude marxiste » de l’aile gauche de l’UDS, des représentants du Mouvement Ouvrier Syndical et de l’Intelligentsia Révolutionnaire (FEANF) était ainsi historiquement entamé.

Ayant perdu de vue cette nécessité historique de la naissance du PAI comme étant le résultat de la polarisation du MLN en Afrique de l’Ouest sur des bases de classe, certains intellectuels se réclamant du marxisme, présentent le PAI comme un « Parti Auto proclamé » par des intellectuels venus de France, comme un « greffon artificiel » dans le corps social sénégalais.

Pareille appréciation traduisait et traduit de nos jours le désarroi de la bourgeoisie sénégalaise comme classe devant l’apparition de cette volonté d’organisation autonome de la classe ouvrière matérialisée par la naissance du PAI.

Le processus de regroupement de la bourgeoisie comme classe face au PAI fut achevé en 1958 avec la création de l’Union Progressiste Sénégalaise (U.P.S.) constituée par la fusion du BPS et PSAS qui regroupait la section sénégalaise du PRA composé par le MSA et le CAF. (cf Bakary TRAORE dans ‘’Forces Politiques en Afrique Noire’’).

Ainsi la classe ouvrière, à travers le PAI, faisait face à la classe bourgeoise, toutes deux naissantes certes, mais existantes tout de même …

Le contenu économique et social que chacune de ces classes donnait à l’indépendance, malgré leur faiblesse due à leur jeunesse, était suffisamment antagonique pour nécessiter pareille démarcation politique du MLN sur des bases de classe.

Une seconde polarisation se produisit rapidement au sein de la bourgeoisie comme classe face aux modalités d’accession à l’Indépendance.

C’est ainsi, toujours selon Bakary TRAORE, que le 20 septembre 1958, lors de la réunion du Comité Exécutif de l’UPS, à Rufisque, se produisit une scission devant le problème du Référendum du 28 Septembre 1958.

En effet, l’aile gauche de l’UPS créa, le 20 Septembre 1958, le PRA-Sénégal avec à sa tête Abdoulaye LY.

Désormais la bourgeoisie sénégalaise se polarisait en deux ailes : l’une dominée par la bourgeoisie politico-bureautique et compradore dans le cadre de l’UPS ; l’autre constituée d’une fraction de la bourgeoisie nationaliste. La première aile était en faveur du ‘’Oui’’ lors du référendum du 28 Septembre ; l’autre rejoignait le camp ‘’Non’’ représenté par le PAI.

Ultérieurement, une autre fraction de la petite bourgeoisie nationaliste créa le Bloc des Masses Sénégalaises (B.M.S.) renforçant le camp ‘’Non’’.

Ainsi dans la scène politique apparut au Sénégal une possibilité historique d’une alliance du mouvement ouvrier sénégalais représenté par le PAI avec l’aile nationaliste de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie intellectuelle.

Cette alliance, dans le cadre d’un Front serait dirigée contre la bourgeoisie politico-bureautique et compradore alliée à l’impérialisme français et trainant au sein de l’UPS une fraction de la petite bourgeoisie nationaliste.

L’antériorité de la démarcation du MLN sur des bases de classe avec l’apparition du PAI et du BPS, puis de l’UPS, rendait historiquement impossible la création d’un Front du type du Parti Démocratique de Guinée (P.D.G.) qui fusionnait dans le cadre d’un Parti Unique le Mouvement Ouvrier Syndical et le Mouvement Nationaliste Bourgeois et petit Bourgeois.

Le seul type de Front historiquement possible dans la bataille pour l’Indépendance fut un Front autour d’un programme commun entre partisans du ‘’Non’’ avec chaque parti gardant sa propre organisation et son Indépendance Idéologique. Le contexte historique de la naissance du PAI posait donc d’amblée à la classe ouvrière sénégalaise la double nécessité de s’affirmer en tant que classe tout en s’alliant avec les forces nationalistes face au colonialisme.

La bataille autour du Référendum du 28 Septembre mettait au premier plan de la scène politique les revendications nationalistes et empêchait le PAI de se consacrer à ses tâches spécifiques d’éducation idéologique et de construction du parti sur les principes du marxisme-léninisme.

Ce fut l’époque où l’agitation autour des mots d’ordre de ‘’MOM SA REW / BOK SA REW et DEFFAR SA REW’’ portaient à son comble la vague du nationalisme sénégalais dans la bataille pour l’Indépendance.

N’ayant ni statut, ni programme, ni règlement intérieur entérinés par un Congrès, le PAI de 1957 à 1960 fut marqué par l’idéalisation des options fondamentales de l’Indépendance et de socialisme du Mouvement Ouvrier Sénégalais en la personne de son premier Secrétaire Majemouth DIOP.

Cette période de luttes fut marquée par des « coptations faciles, des recrutements sur des bases non exclusivement de classe  attirant dans le PAI tout patriote désirant ardemment l’Indépendance de ce pays.

Ainsi donc, les circonstances historiques d’apparition du PAI tout en permettant la classe ouvrière de voir naître son parti d’avant-garde et de s’affirmer comme classe ont enfanté simultanément trois problèmes auxquels le PAI eut à faire face après l’Indépendance à travers une crise de maturation organisationnelle longue et douloureuse.

Ces trois problèmes furent :

  1. La nature du Parti
  2. Les principes d’organisation et de direction
  3. Les qualités de membres de Parti

Ces trois problèmes ont trouvé, à travers une âpre lutte de classes des solutions léninistes dans la deuxième période du processus de formation du parti marxiste-léniniste au Sénégal.

  1. Deuxième période (1960-1972) ou période de triomphe des principes léninistes de Parti d’Avant-garde

Dès 1960, l’ennemi de classe, pour asseoir son pouvoir néocolonial dut interdire le PAI et plus tard absorber totalement (PRA-Sénégal) ou partiellement (BMS) les représentants du nationalisme bourgeois et petit bourgeois.

C’est dans ce contexte de clandestinité et de persécution que le PAI dut affronter les problèmes de sa construction sur les bases léninistes enfantés dans la première période.

Les trois principaux problèmes rencontrés se sont manifestés dans le temps, les uns après les autres, donnant à la crise de maturation organisationnelle du PAI un caractère étalé, de longue durée.

Le premier problème à se manifester historiquement est celui de la nature du parti.

La question était de savoir si le PAI devait être un Parti d’Avant-garde marxiste-léniniste ou un Parti de masse à caractère de front des classes anti-néocoloniales.

Ce problème enfanté dans la première période analysée plus haut, était soulevé par Me Babacar NIANG avec sa « théorie de masque indispensable ».

Il préconisait de dissoudre le PAI dans le BMS afin de s’en servir comme ‘’masque’’ pour gagner les masses au socialisme.

Me NIANG méconnaissait de cette manière les circonstances d’apparition du PAI et la démarcation de classe qui s’est opérée dans le MLN au Sénégal depuis 1958.

Cette crise fut résolue avec l’affirmation de la nature du parti d’avant-garde du PAI et l’exclusion de Me NIANG et de ses partisans.

De nos jours, Me NIANG est membre fondateur du Rassemblement National Démocratique (R.N.D.) fidèle héritier du BMS historique non absorbé par l’UPS.

L’exclusion actuelle de Me NIANG des rangs du RND prouve la faillite historique de cette tactique.

Avec la résolution du problème lié à la nature du parti apparut au-devant de la scène le problème des principes d’organisation et de direction du parti.

En effet, le Ier Congrès du PAI, tenu en 1962 avait adopté pour la première fois dans l’histoire du Mouvement Ouvrier Sénégalais, un programme, des statuts, un règlement intérieur et a élu des instances directionnelles du parti.

Ce contexte nouveau du PAI, après son Ier Congrès posait la nécessité de la collégialité des décisions contrairement à leur personnalisation suite à la persistance de l’idéalisation des options fondamentales d’indépendance et de socialisme en la personne du Premier Secrétaire.

Ce conflit entre le mode ancien et le mode nouveau de direction du parti paralyse ce dernier en entrainant une crise grave dans le parti.

Cette période de crise fut marquée par des moments de ‘’flottements’’, des actions spectaculaires (implantation rurale au Sénégal, etc…). Sous le poids farouche de la répression, le parti faillit succomber.

Cette crise fondamentale dans ce contexte de répression fut surtout aggravée non seulement par les difficultés objectives de la clandestinité mais surtout par le manque de délimitation des frontières du Parti dans la définition de la qualité de membre de celui-ci par le 1er Congrès.

Il suffisait, en effet, d’accepter la discipline, le programme et les statuts du Parti pour en être membre.

C’est dans ce contexte qu’une Conférence Nationale des organisations du Parti tenue en 1967 suspendit le C.C. et le SEPO issus du 1er Congrès et releva le Premier Secrétaire de ses fonctions dirigeantes du parti.

Un Comité Central provisoire fut élu, chargé de redresser le Parti et de convoquer une Conférence Nationale pour préparer le 2e Congrès du Parti.

La majorité des organisations du Parti ont adhéré à ces décisions qui combattait, à l’extérieur, le Premier Secrétaire déchu.

Les décisions de la Conférence de 1967 matérialisèrent la victoire du principe léniniste de collégialité des décisions au sein des instances dans le cadre du centralisme démocratique.

Le PAI venait de franchir une étape décisive dans son évolution organisationnelle avec le triomphe des principes léninistes en matière d’organisation et de direction du parti.

Ce triomphe des principes léninistes au sein du PAI fut couronné par la tenue de la Conférence Nationale du Parti en 1972, transformée en second Congrès d’où sortirent une nouvelle organisation et des instances régulières chargées de la reconstruction du parti et de sa consolidation.

En effet le second Congrès élut un Comité qui choisit en son sein les membres du Bureau Politique (BP) et porta amendement à l’article 2 des statuts issus du 1er Congrès pour délimiter les frontières organisationnelles du parti.

Désormais, il ne suffit plus d’accepter la discipline, le programme et les statuts du parti pour en devenir membre ; c’est la qualité du candidat à l’adhésion au parti.

Pour être membre, il faut en plus de cela ‘’appartenir à une organisation de base du parti et participer activement et régulièrement aux instances de celles-ci’’ (cf article 2 des statuts issus 2e Congrès 1972).

Ainsi le second Congrès de 1972 constitue le parachèvement historique de l’évolution du PAI vers un parti de type marxiste-léniniste.

C’est à la lumière de ces acquis historiques en matière d’organisation que l’on comprend dans toute sa dimension l’apparition de la ‘Ligue démocratique » et plus tard du PAI-Rénovation de Majemouth DIOP.

  1. Troisième période (de 1972 à nos jours) ou période d’affermissement et de consolidation du parti d’avant-garde

Cette période est marquée par trois stades juridiques vécus par le PAI : stade clandestin, stade semi-clandestin et stade légal sous forme de Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal (P.I.T. Sénégal).

Ces stades successifs matérialisent une lutte acharnée du PAI pour s’affirmer et se consolider face au pouvoir qui cherche sa liquidation en tant que parti d’avant-garde.

C’est dans ce contexte du stade clandestin que des membres du C.C. du Parti se sont constitués d’abord « en tendance ouverte » publiant un journal «Jaamono». Cette ‘’tendance’’ devait donner ultérieurement naissance à la ‘’Ligue démocratique’’ avec de nos jours ‘’vérité’’ et ‘’Fagaru’’ comme organes.

Le prétexte d’apparition de cette ‘’tendance’’ à peine un an après le 2e Congrès de 1972 a été le résultat de la contestation par certains membres du CC du droit du BP de publier une déclaration adoptée par le second Congrès avant d’avoir pris l’attache du CC.

Cette contestation de la compétence du BP par une minorité du CC serait le résultat d’une interprétation tendancieuse de l’article 7a des statuts sortis du 2e Congrès.

En effet, celui-ci stipule : « le Comité Central élit en son sein un Bureau Politique et une Commission Centrale de Contrôle. Le Bureau Politique est une instance dirigeante et délibérative ».

Les partisans de la tendance devenue « Ligue démocratique » prétendaient que seul le CC qui élit le BP était une Instance délibérative, pendant que la majorité des membres du CC s’appuyait sur les dispositions statuaires de l’article 7a pour entériner la décision du BP. S’il y a divergence d’interprétation de telle ou telle disposition statuaire dans un parti marxiste-léniniste, l’on fait appliquer le centralisme démocratique obligeant la minorité d’accepter de se soumettre à la décision de la majorité, ou dans le cas où la majorité ne se dégage pas, s’en référer à la décision des instances supérieures du parti en l’occurrence le Congrès.

Mais s’ériger en « tendance ouverte » sous prétexte de différence d’interprétation constitue une violation inadmissible des principes léninistes en matière de résolution des divergences au sein du parti.

Pour justifier cette position qui bloque le fonctionnement normal du CC dans la clandestinité, la « tendance » se met à nier le caractère léniniste du parti issu du second Congrès de 1972.

Les arguments utilisés pour étayer cette négation furent : « le PAI était absent de la scène politique en Mai 1968 ». « Le PAI se social démocratise », le « PAI veut se dissoudre dans un parti de masse dans le cadre d’un front sans exclusive » ; le « PAI adhère à la théorie de la voie non capitalisme de développement » qui serait une ‘’belle absurdité’’ etc…

De part cette argumentation, la ‘’tendance’’ devenue « Ligue Démocratique » faisait table-rase de toute l’histoire du processus d’évaluation du PAI vers un parti d’avant-garde à travers une lutte sans merci contre la « théorie du masque indispensable », contre la « personnalisation des décisions » et contre le caractère flou des frontières du parti issues du 1er Congrès.

De même la « Ligue » semble ignorer la phase de réorganisation du parti après la Conférence rectificative de 1967 dans la clandestinité avec l’élection d’un CC provisoire qui ne permettait pas au PAI de jouer un rôle d’avant-garde autonome dans les évènements de Mai 1968.

Prendre cela comme prétexte pour nier le caractère marxiste-léniniste du PAI sorti du second Congrès de 1972 relève d’une volonté d’amalgame d’évènements historiques différents.

C’est comme si l’on niait la nature du parti d’avant-garde au parti bolchevick à l’issue de la révolution de 1905.

Dans cette révolution s’est produite, à peine deux ans après, l’avènement du Bolchevisme en 1903 et trouvait ce dernier en pleine lutte pour consolider son organisation.

Cette révolution ne pouvait être par conséquent l’occasion pour les Bolchevicks de jouer leur rôle d’avant-garde dans celle-ci.

La négation de la nature du parti d’avant-garde du PAI conjuguée aux appels pour « construire un parti marxiste-léniniste authentique » à partir de « groupes » se réclamant du marxisme a été une tentative de faire reculer le mouvement ouvrier vers les années 1950 de son existence, et constituait en fait une tentative de liquidation du PAI qui rejoignait parfaitement les objectifs du Pouvoir dans la période.

Que la ‘’tendance’’ devenue « Ligue Démocratique » ait voulu cela consciemment ou non ne change en rien le fait qu’elle rendait objectivement un grand service à l’état néocolonial dans sa tentative de liquidation du PAI.

De nos jours, la publication des statuts de la « Ligue Démocratique » dans « Vérité n* 15 » confirme que le conflit de compétence n’était que prétexte, et que la conception de la nature et l’organisation du parti marxiste d’avant-garde constituait l’enjeu fondamental.

Si le second Congrès de 1972 a tranché ce problème en adéquation avec les principes léninistes en la matière, la « Ligue » résout ce problème en Juin 1981 de la manière suivante :

L’article 4a des statuts stipule : « la L/D est un Parti de la classe ouvrière ouvert à tous les Sénégalais qui acceptent son orientation, son programme, sa discipline et ses statuts ».

C’est un retour à la définition de la qualité de membre du parti issue du 1er Congrès de 1962 et déjà amendé dans un sens léniniste par le 2e Congrès de 1972 du PAI.

L’on se rappelle qu’entre bolchevisme et menchevisme, en matière d’organisation, la question de la qualité du membre du parti a été l’un des points fondamentaux de démarcation.

Il se trouve qu’il en fut de même au Sénégal entre le PAI devenu PIT et la « Ligue Démocratique ».

Le second stade de développement du parti caractérisé par la semi-clandestinité a été le résultat de la « légalisation de juré du PAI » par l’intermédiaire de Majemouth DIOP dans le cadre de ‘’l’ouverture démocratique’’ de SENGHOR.

Le contexte d’alors correspondait à un début de rapprochement du PAI clandestin avec les diverses forces de l’opposition démocratique et nationalistes.

Ce fut l’époque où le Gouvernement refusait de reconnaître le Rassemblement National Démocratique (RND), héritier historique du BMS, et au moment où le PDS entamait une évolution de Parti de contribution qu’il était à sa naissance vers un Parti d’opposition briguant le pouvoir.

Cette reconnaissance du PAI-Rénovation, par l’intermédiaire de Majemouth DIOP, visait un triple objectif : paralyser le PAI clandestin en donnant à Majemouth les moyens de le combattre pour reprendre la direction du parti d’où il a été déchu depuis la Conférence de 1967, affaiblir le PDS en attirant vers ce parti l’aile gauche face aux élections des communautés rurales et désorienter les sympathisants de gauche du RND pour freiner le mouvement de solidarité pour sa reconnaissance.

La lutte engagée par notre parti pour sa survie et sa consolidation lui a permis de réaffirmer sa présence dans la scène politique nationale.

Les divergences organisationnelles entre le PAI et Majemouth DIOP apparurent au grand jour avec la publication des statuts et règlement intérieur du PAI-Rénovation.

En effet, les statuts et règlement intérieur du PAI-Rénovation consacrent la résurrection de l’idéalisation des options fondamentales du mouvement ouvrier sénégalais pour l’Indépendance et le Socialisme en la personne de Maje.

En tant que président du parti, il est selon l’article 5 des statuts « le responsable politique général, chargé des questions d’orientation et de contrôle politique ».

Ainsi à lui seul, Majemouth se substitue statutairement aux prérogatives normalement dévolues aux Congrès et CC d’un parti marxiste.

Cette substitution de compétences en faveur de Majemouth comme base de personnalisation des décisions au détriment de la collégialité est un retour en arrière dans la période 1957-1962 du processus d’évolution organisationnelle du PAI et montre toute la justesse des décisions de la Conférence Nationale de 1967 d’avoir suspendu de ces fonctions dirigeantes ce premier Secrétaire historique.

C’est certainement ce retour en arrière sur le Plan organisationnel qui a rendu impuissante la fraction de la « Ligue Démocratique » qui a rejoint Majemouth DIOP face à la création du Front ‘’SUXXALI REEW MI.

Car après avoir longtemps dénoncé notre Parti de vouloir créer « des fronts organiques avec la bourgeoisie », Moussa KANE, chef de fil de cette fraction s’est aplati devant la volonté de Majemouth d’accrocher son parti à quelque chose.

C’est le reniement total de cette fraction sur toute la ligne.

De même en matière de qualité de membre du parti, Majemouth reconduit comme la « Ligue » les dispositions issues du 1er Congrès de 1962.

C’est certainement cette convergence de conception en matière d’organisation qui explique le rapprochement enregistré dans la période entre la « Ligue » et le PAI-Rénovation par la publication du « manifeste des marxistes sénégalais » qui a abouti à l’intégration d’une fraction de la ligue dirigée par Moussa KANE dans le PAI-Rénovation à travers un compromis sur le sigle.

Cette même convergence expliquerait l’entêtement actuel de la « Ligue » à considérer le PAI-Rénovation comme parti marxiste malgré sa participation avec la bourgeoisie.

L’on se rappelle avec ironie que pour avoir soupçonné notre parti de vouloir un tel front, la « Ligue » nous traita ‘’d’opportuniste’’ et ‘’d’aplatissement derrière la bourgeoisie’’ dans ses arguments servant à nier le caractère marxiste de notre parti.

Si le PAI clandestin veut un tel front, il n’est pas marxiste mais si le PAI-Rénovation participe effectivement dans un tel front. Il est marxiste !!! Comprendre qui pourra dans la dialectique ‘’liguiste’’ en la matière.

Ainsi malgré les tentatives de liquidation du PAI clandestin par l’état néocolonial et malgré la lutte de la « Ligue » et du « PAI-Rénovation » contre notre parti dans sa tactique comme dans sa stratégie et leur négation véhémente de sa nature marxiste-léniniste, notre parti s’est consolidé et s’est renforcé dans la période.

Son audience auprès du mouvement ouvrier et des forces patriotiques et démocratiques de l’opposition s’était considérablement améliorée durant la période.

C’est ce qui a amené l’état néocolonial à tenter une nouvelle fois à nous mettre dans l’illégalité en confisquant notre sigle par voie législative au profit de Majemouth DIOP en profitant de l’élargissement intégral de « l’ouverture démocratique ».

Le PAI-Sénégal réagit rapidement face à cette nouvelle tentative de liquidation en se transformant en Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal (P.I.T. Sénégal) et en tenant son premier Congrès en 1981.

Les statuts sortis de ce premier Congrès constitutif et le règlement intérieur constituant l’affermissement et la consolidation définitive de l’évolution du PAI vers un parti marxiste-léniniste d’avant-garde.

Même dans les rapports entre Instances qui servirent de prétexte à la « Ligue » pour paralyser le Parti, l’article 35 des nouveaux statuts les définissent de manière à ce qu’aucune ambiguïté ne puisse être décelée.

En effet, le BP applique les décisions du CC qui seul avec le Congrès sont des Instances délibératives. Devant l’échec de cette  nouvelle tentative, le pouvoir néocolonial joue de nos jours la « conspiration du silence » par les médias d’état vis-à-vis de notre parti et la falsification de son influence politique par l’attribution de quotas ridicules ‘’lors des élections du 27 Février 1983’’ pour démoraliser nos militants et détourner l’opinion.

L’activité du parti durant toute cette période post-électorale est parvenue à mettre en échec cette nouvelle tentative et à le rendre plus crédible non seulement auprès de sa base de classe, la classe ouvrière, mais aussi parmi les forces démocratiques de l’opposition.

Ses options tactiques et stratégiques dans la période se sont avérées les plus adéquates et ont affermi son audience auprès de l’opinion.

C’est certainement cette réalité qui a amené la « Ligue » à revenir publiquement à sa négation du caractère marxiste de notre parti lors de sa conférence de presse dernière après l’avoir nié tout le long de son existence.

 

  1. TENTATIVE DE REPONSES AUX QUESTIONS DE SEMOU

 

  1. Selon Sémou, « construire le Parti dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui, c’est reprendre dans le contexte nouveau de notre retour à l’activité politique légale le travail là où il a été interrompu par une longue nuit de la clandestinité, reprendre le travail à la lumière de l’expérience accumulée avec ses ‘’hauts’’ et ses ‘’bas’’ pour faire avancer la cause de l’Indépendance nationale et du socialisme.

Cette position de Sémou découle directement de sa compréhension de l’histoire de l’évolution du PAI vers un parti de type marxiste-léniniste d’avant-garde. Car il estime que notre lutte a été une lutte de « suivie » pour garder ce qui était acquis dans des conditions adverses, mais non une lutte permettant l’évolution qualitative du parti pour le triomphe des principes léninistes en matière d’organisation de direction du parti, de tactique et de stratégie.

Voilà pourquoi dans les conditions actuelles de la légalité, le problème principal est de rendre opérationnels les acquis organisationnels et théoriques de notre parti forgés à travers une longue lutte de classe sans merci envers le pouvoir néocolonial et les compagnons de route petit-bourgeois du mouvement ouvrier sénégalais.

Construire notre parti, « c’est aussi, dit Sémou, d’une certaine manière prendre la pleine mesure des obstacles que nous avons à surmonter, des difficultés que nous aurons à résoudre pour « découvrir le chemin des masses » et assurer de la sorte la mutation de notre ‘’parti d’avant-garde’’ en un ‘’parti de masses’’.

Le problème n’est pas de ‘’découvrir le chemin des masses’’ mais de faire jouer à nos structures actuelles ; et à nos militants surtout ouvriers leur rôle d’implantation, de renforcement et de direction de la classe ouvrière et non des ‘’masses’’ en général.

Pour ce faire, il n’est guère besoin de ‘’mutation du parti’’ en ‘’parti de masses’’.

Cependant pour Sémou, les raisons qui militent en faveur de cela viennent de certaines difficultés car ‘’nous voulons construire un Parti Communiste au Sénégal’’ … dans un pays ‘’dont la structure économico-sociale est à dominante agraire petite-bourgeoise, avec une classe ouvrière faible au plan organisationnel et politique’’, dont la conscience est fortement obscurcie par l’idéologie dominante comme combinaison hétéroclite de valeurs patriarcales, d’idées bourgeoises et petite-bourgeoise d’influences religieuses généralement réactionnaires. Un pays où la composante intellectuelle et urbaine de la petite-bourgeoise continue à assumer de fait l’hégémonie dans la vie politique quotidienne etc.

Dans ces conditions de classe ouvrière ne peut jouer son rôle que dans le renforcement du caractère d’avant-garde, du caractère ‘’de cadre’’ du parti marxiste-léniniste pour soustraire cette dernière de cette idéologie dominante.

Lénine ne disait-il pas aux mencheviks que « c’est  à cause de la structure socio-économique de la Russie de l’époque à dominante agraire et petite bourgeoise que la classe ouvrière a un besoin vital d’un parti d’avant-garde ? »

Les autres difficultés qui rendent nécessaire cette ‘’mutation’’ sont le fait que ‘’ce que nous tentons au Sénégal, c’est comme nous l’avons dit plus haut, rappelle Sémou, une expérience de lutte pour l’Indépendance et le socialisme par le moyen d’un parti communiste ‘’classique’’. C’est une lutte d’organisation et mobilisation des masses d’alliances des classes, d’harcèlement du Pouvoir par des batailles démocratiques à la faveur desquelles les masses essaient d’améliorer leurs conditions matérielles, sociales et politiques d’existence tout en élevant leur combativité.

Cependant, l’organisation des masses et leur mobilisation pour des réformes (améliorer leurs conditions) ‘’tout en élevant leur combativité’’ ne saurait être notre option de parti marxiste-léniniste.

Notre option doit être d’organiser la classe ouvrière, la doter d’une stratégie et d’une tactique lui permettant de nouer les alliances de classes nécessaires à chaque étape de la lutte des classes au Sénégal contre le néocolonialisme pour la révolution nationale démocratique dans la voie non capitaliste de développement.

Cette option englobe non seulement des réformes dans le sens dont parle Sémou mais aussi la préparation matérielle de la classe ouvrière et de ses alliées à chaque étape de la lutte des classes à utiliser toutes les formes légales et illégales, pacifiques et violentes (militaires) selon la conjoncture.

Cela suppose de doter la classe ouvrière d’un bras armé capable d’utiliser la violence pour faire face à la violence des classes exploiteuses au Pouvoir.

Toutes les révolutions qui ont réussi dans le monde actuel comme dans l’histoire ont suivi cette option.

Que l’existence du bras armé soit postérieure à la formation du parti marxiste-léniniste de type classique (l’expérience du parti bolchevik) ; où qu’elle soit antérieure à l’existence d’un tel Parti (ex : au Mozambique, en Angola, en Ethiopie et au Congo) ou encore que le bras armé ait rejoint la lutte des masses populaires suite à une crise économique et sociale, sans précédent, ayant entrainé des ‘’mutations de classe’’ à l’intérieur des années cela ne change en rien de la nécessité de rester ferme dans cette option et d’assumer toutes les tâches pratiques qui en découlent.

C’est la seule issue conforme au léninisme de l’impasse actuelle de la ‘’voie démocratique pour le socialisme’’ comme fondement de l’Eurocommunisme actuel.

Et Sémou d’ajouter : « … la réalité c’est que la multiplicité des ‘’groupes marrxistes’’ témoigne de la volonté de l’Impérialisme dans ce pays où le prestige des idées marxistes est une réalité de plonger les masses dans la confusion théorique et idéologique et essayer de détourner leur sympathie à l’égard de notre parti communiste vers d’autres organisations qui leur proposent une marchandise révolutionnaire au moindre coût ».

Pour déjouer cette tactique de l’impérialisme, le problème n’est pas dans le ‘’coût’’ de la ‘’marchandise révolutionnaire’’ ; car nous ferons tout, et nous avons le devoir de le faire, pour minimiser les coûts sociaux et humains des transformations sociales révolutionnaires inévitables à travers une tactique et une stratégie la plus appropriée à chaque étape de la lutte.

Ce qu’il faudrait donc, c’est dégager le coût fallacieux et pervers de ’’ces marchandises révolutionnaires’’ et leur nocivité vis-à-vis des intérêts en jeu de la classe ouvrière à chaque tournant de la lutte des classes pour permettre à cette dernière de mieux se situer afin d’assumer son rôle historique.

Voilà pourquoi l’analyse critique du contenu économique et social des programmes de tous ceux qui se réclament de marxisme constitue un des aspects fondamentaux de la lutte des classes dans notre pays et le gage du renforcement de notre parti dans la classe ouvrière sénégalaise et chez les intellectuels révolutionnaires.

Après ces considérations préliminaires, Sémou interroge : « Comment se libérer des pesanteurs agrairiennes petites bourgeoises de la société pour donner à notre classe ouvrière une conscience idéologique suffisamment claire et élevée capable d’appréhender correctement les responsabilités historiques qui sont les siennes, construire progressivement le rôle dirigeant du prolétariat et son parti d’avant-garde ? »

A notre avis, cela n’est possible qu’en affermissant la trempe léniniste de notre parti dans le développement et la mise en œuvre pratique de notre tactique et notre stratégie issues du Congrès constitutif du PIT.

  1. Quels sont les formes et les contenus de ce ‘’rôle dirigeant’’ dans un pays où les aspirations démocratiques, bien que vivaces, sont pour l’essentiel vécues à travers les normes et les catégories bourgeoises.

La forme et le contenu de ce ‘’rôle dirigeant’’ dans notre pays ne peuvent être autre chose que l’occupation de la première ligne dans la bataille pour la démocratisation jusqu’au bout des institutions et de la vie politique et syndicale de ce pays à travers les normes et catégories bourgeoises.

Lutter pour cette démocratisation jusqu’au bout constitue l’une des voies par laquelle passe nécessairement la lutte pour le socialisme dans la société sénégalaise actuelle.

Cette lutte de nos jours consiste à lutter contre le régime présidentiel actuel du pouvoir personnel pour le retour à un régime parlementaire authentique, la révision du code électoral dans le sens de garantir l’expression libre démocratique et sans entrave du suffrage de ce peuple, l’accès égal à toutes les forces politiques et syndicales organisées aux médias d’état, la lutte pour le transfert des prérogatives des Sous-Préfets au Conseil Rural d’Arrondissement élu démocratiquement sur la base du code électoral révisé etc.

C’est à travers cette lutte que le contenu de classe de la démocratie bourgeoise et de ses normes seront ‘’vécues’’ comme telles par la classe ouvrière et les masses laborieuses et petites bourgeoises des campagnes et des villes.

Cette prise de conscience accouchera nécessairement une autre prise de conscience pour la nécessité d’une autre démocratie au service des classes exploitées à chaque étape d’évolution de notre peuple et de la lutte des classes, et d’autres normes de vie démocratique.

Il n’y a pas d’autres voies pour faire perdre aux masses populaires et petites bourgeoises leurs illusions sur la démocratie bourgeoise et les normes et concepts qu’elle véhicule.

  1. « Comment dans les conditions par définition instables et mouvantes des rapports petits bourgeois dominants, stabiliser notre parti en tant que parti léniniste de type nouveau, c’est-à-dire stabiliser son orientation politique révolutionnaire conséquente, son option idéologique marxiste-léniniste, ses normes de vie et d’organisation ? »

Ce ne sont pas les ‘’rapports petits bourgeois’’ qui dominent dans le Sénégal, ce sont les rapports sociaux liés à la nature sociale bourgeoise des forces pacifiques au pouvoir qui dominent. Les rapports dominants sont bel et bien bourgeois. Ses rapports petits bourgeois sont certes les plus répandus mais non dominants.

C’est pour cette raison que nous ne pourrons stabiliser notre Parti qu’en restant fermes sur nos positions de classe, dans notre idéologie et dans les normes de vie et d’organisation léninistes du parti. Aucune concession ne nous préservera de l’instabilité et de la mouvance des rapports petits bourgeois répandus qui aussi résistent aux rapports bourgeois dominants.

C’est, au contraire, le moyen le plus sûr pour la classe ouvrière de s’enliser pour longtemps dans cette mouvance petite bourgeoise.

Voilà pourquoi quand Sémou dit que : « la base sociale de notre parti est essentiellement petite bourgeoise », il oublie que ce n’est pas parceque, la petite bourgeoise révolutionnaire s’est armée du marxisme-léninisme pour ambitionner de faire jouer à la classe ouvrière son rôle historique, que la base sociale de notre parti soit ‘’essentiellement petite bourgeoise’’. Pour cela, il faudrait que notre Parti se mette au service de la petite bourgeoise comme classe intermédiaire entre les classes capitalistes et ouvrières.

Notre parti a pour base sociale la classe ouvrière et pas d’autres, et les intellectuels d’origine petite bourgeoise en son sein sont au service exclusif de cette classe et pas d’autres.

  1. « Comment mener le combat interne nécessaire contre les tendances et déformations caractéristiques de cette classe (petite bourgeoise) et qui peuvent s’exprimer en notre sein pour la consolidation de notre homogénéité idéologique et politique tout en renforçant autant que possible l’Unité dans nos rangs ? » 

« Comment assurer la plus large expression démocratique au sein du parti sans y installer le laxisme et le libéralisme ? »

Nous ne pouvons atteindre nos deux objectifs d’homogénéisation de notre idéologie, de notre politique et de garantie de l’expression démocratique la plus large tout en conservant l’Unité dans nos rangs et se préservant du laxisme et du libéralisme, qu’en appliquant d’une manière conséquente et systématique à tous les niveaux les principes du centralisme démocratique.

En effet, ces principes stipulent :

  1. La convocation régulière des Instances du parti ce qui permet à tout un chacun de s’exprimer librement et régulièrement sur tous les problèmes de la vie et du travail et de l’orientation du parti au sein de ses Instances.

Un manquement à ces principes de tenue régulière des Instances peut créer des situations conflictuelles dans nos rangs puisque ce sont les seuls lieux d’expression libre et démocratique des militants sur les problèmes du parti et non en dehors de ces Instances.

  1. Soumission de la minorité à la majorité, des instances inférieures aux instances supérieures. Ce principe garantit l’Unité de nos rangs et nous préserve du libéralisme.
  2. Compte rendu obligatoire d’activités des Instances inférieures, de chaque membre de Secrétariat à l’instance à laquelle il appartient et contrôle rigoureux et périodique de la base par le sommet sur l’état d’exécution des tâches. Ce principe nous préserve du laxisme.

La fermeté sur ces trois principes du centralisme démocratique est le seul gage de la préservation de démocratie interne au sein du parti, de l’unité de nos rangs et de l’efficacité dans notre travail d’organisation et de guide de la classe ouvrière pour jouer son rôle d’avant-garde des classes démocratiques et petites bourgeoises dans la révolution nationale démocratique en cours.

  1. « Comment concilier le principe de l’adhésion individuelle et volontaire posé par nos statuts et les mœurs d’une société où le mari se sent reconnu le droit de parler pour sa femme (ses femmes )? »

Le développement de notre Parti et son renforcement à travers les vicissitudes de l’histoire prouve la possibilité de cette conciliation. Il s’agit donc de rester ferme sur nos positions acquises en matière d’adhésion et d’éviter de se laisser tenter par le mythe du nombre dans une société où les survivances du patriarcalisme  et l’emprise de l’Idéologie Islamique sont très ancrées.

  1. « Comment assurer la large participation des femmes du parti à tous les niveaux dans une société qui, en majorité (notamment dans les couches populaires rurales) considère que la place de la femme est derrière ses fourneaux ? »

Si dans le parti l’on considère que la place de la femme est ‘’derrière ses fourneaux, elle ne jouera jamais un rôle quelconque dans le Parti et dans la société sénégalaise à n’importe quel niveau que ce soit. Le Parti cesserait en ce moment-là d’être marxiste.

Par contre si la société et  non le parti considère la femme comme telle, le rôle des femmes d’avant-garde dans notre Parti est de créer des structures appropriées pour mobiliser les larges couches des femmes ouvrières paysannes et ménagères des villes afin de leur faire jouer leur rôle de citoyenne, leur faire assumer leur responsabilité de classe ouvrières, paysannes et de ménagères face à la politique des prix des denrées et services de première nécessité de l’état néocolonial.

C’est le seul moyen de faire participer ces catégories de femmes dans le combat libérateur de ce peuple.

Pour ce faire, l’UDEFS est pour notre parti un instrument privilégié qu’il s’agit de rendre opérationnelle à tout prix avec les moyens logistiques de toutes les organisations du parti.

De sorte que le problème n’est pas de ramener le niveau de conscience des membres (hommes et femmes)) de notre parti au niveau de conscience des larges couches populaires, mais d’élever encore plus haut leur conscience politique et idéologique afin de les rendre apte à amener la conscience de la classe ouvrière au niveau de la ‘’conscience sociale-démocrate’’ comme moyen privilégié d’entrainement de la conscience des larges couches populaires pour la libération de la femme afin qu’elle occupe et joue le rôle qui lui revient dans cette société.

  1. « Enfin, comment dans les limites des moyens dérisoires dont nous disposons, aujourd’hui, desserrer l’étau idéologique impérialiste qui essaie d’étouffer notre voix communiste ? »

C’est en concentrant nos moyens dans l’Education et l’Organisation de la classe ouvrière, surtout dans le secteur où elle est la plus concentrée et en lui faisant jouer un rôle d’entraîneur des classes paysannes et petites bourgeoises urbaines.

Sémou ne s’est pas seulement concentré d’analyser nos réalités et de s’interroger sur le devenir de l’activité du parti face à ces réalités dans les conditions de légalité actuelle, il a aussi tenté de donner des ébauches de réponses à ces interrogations.

C’est ainsi qu’il dit : « Sans tomber dans le culturisme qui érige l’exceptionnalisme en principe méthodologique, mais aussi sans reculer devant aucune exigence pratique et théorique découlant de l’analyse concrète de la situation concrète… » Il faut prendre en compte ‘’la pleine mesure des difficultés’’ que notre contexte culturel particulier nous « oppose ».

« De cela dépend, à l’évidence, le développement de notre influence politique qui est fonction de l’élargissement des bases du parti et de l’étendue de ses liens avec les masses… »

Pour renforcer l’influence politique de notre parti, point n’est besoin d’élargir sa base ; sa base est et demeurera la classe ouvrière. Il s’agit plutôt de mieux renforcer la présence de cette base dans notre parti en recrutant ses éléments d’avant-garde et ensuite, comme Sémou le suggère, à renforcer nos liens à travers eux dans les organisations des masses populaires en faisant jouer à ces éléments leur rôle d’avant-garde dans nos organisations.

Pour Sémou, il faudrait faire évoluer notre parti de ce qu’il est aujourd’hui, un « parti essentiellement de ‘’cadres’’ vers un parti qui, sans rien perdre de sa trempe idéologique et de ses caractéristiques révolutionnaires organisera dans ses rangs à défaut maintiendra sous son influence à cent fois plus de sénégalais désireux de participer activement à la transformation révolutionnaire de la société sénégalaise ».

C’est le processus de ‘’massification’’ du parti et de l’assimilation politique et idéologique des nouvelles recrues pour se doter de nouveaux ‘’cadres’’ à travers la ‘’dialectique du qualificatif et du quantitatif’’.

A notre avis, ce n’est pas la ‘’massification’’, la ‘’mutation’’ du ‘’parti de cadres’’, mais le renforcement de caractère d’avant-garde qui renforcera notre influence au sein des masses en général, et de la classe ouvrière en particulier.

C’est seulement les éléments d’avant-garde de la classe ouvrière et de l’intelligentsia révolutionnaire qui accèdent au parti à travers leur pratique dans la lutte des organisations de masses des travailleurs ; ces éléments d’avant-garde ne deviendront « communistes, que dans le parti communiste ». Etant donné le manque de cadres actuel dont parle Sémou, le débordement par les nécessités actuelles d’encadrement et d’éducation qui se pose déjà dans nos rangs, la ‘’massification’’ ultérieure du parti comme moyens de se doter de cadres révolutionnaires compliquera à souhait le manque de ‘’cadres’’ suite aux besoins nouveaux d’encadrement et d’éducation idéologique engendrés par cette ‘’massification’’.

Le résultat en serait une infiltration beaucoup plus poussée de l’instabilité petite bourgeoise et du laxisme dans nos rangs suite à l’insuffisance de cadres pour mener bien les tâches d’éducation et d’encadrement.

Voilà pourquoi à l’étape actuelle d’évolution de notre parti et en regard des tâches d’encadrement et d’éducation qui se posent actuellement il faudrait renforcer le caractère d’avant-garde du parti en faisant jouer à ses membres et ses organisations et instances différentes le rôle qui leur revient dans les organisations de la classe ouvrière, des paysans coopérateurs et de la petite bourgeoisie urbaine afin d’amener les éléments d’avant-garde de la classe ouvrière et de l’intelligentsia révolutionnaire à venir grossir nos rangs.

C’est à travers ce processus et non le « recrutement massif » des sénégalais que le parti se renforcerait en cadres révolutionnaires suffisamment liés aux masses à travers leurs organisations.

L’acheminement du PAI vers un parti marxiste-léniniste d’avant-garde, le PIT s’est produit sur le plan idéologique, politique et organisationnel.

Le contenu économique que le PAI donnait à l’Indépendance n’a servi qu’à se démarquer vis-à-vis de la bourgeoisie comme classe, mais n’a pas participé au processus de démarcation du PAI vis-à-vis des forces petites bourgeoises infiltrées dans ses rangs à des tournants donnés de son histoire.

Si dans le parti ouvrier social-démocrate de Russie, la démarcation entre bolchevisme et menchevisme et autres groupes se réclamant du marxisme recouvrait d’emblée tous les aspects idéologique, politique, organisationnel et économique, il n’en a pas  été de même dans l’histoire de notre parti.

Le plus grand degré de développement de la classe ouvrière russe de l’époque et de notre état, de colonisé et de néo colonisé doivent avoir été les causes pour lesquelles les questions économiques dans l’organisation du parti marxiste d’avant-garde n’ont pas été parmi les centres de démarcation, d’épuration et de renforcement  du PAI dans son évolution vers le PIT.

C’est de nos jours, après l’affermissement organisationnel du parti d’avant-garde dans lequel règne un monolithisme sans précédent que le PAI, devenu PIT, fait face sur le plan économique aux programmes des autres partis se réclamant du marxisme.

L’analyse critique de ces programmes dans nos organes de presse constitue la première forme de démarcation sur le plan économique du PIT par rapport à la ‘’Ligue’’ et au ‘’PAI-Rénovation’’.

Les études théoriques en cours dans le Parti sur les problèmes économiques et agraires de la Révolution Nationale Démocratique vont servir de base à l’édification d’un programme économique qui, dores et déjà, dans ses grandes lignes renforcent le processus de démarcation entre le marxisme-léninisme révolutionnaire au Sénégal, et l’opportunisme petit bourgeois de droite ou de gauche infiltré dans le mouvement communiste sénégalais.

Le cadre d’un parti marxiste doit être nécessairement lié aux organisations des masses à travers son activité organisationnelle et de direction effective qu’il exerce auprès de ces organisations.

Faute de ces liens avec les organisations des masses, surtout de la classe ouvrière, le « cadre » devient un petit bourgeois qui se targue d’’avant-gardisme et de révolutionnarisme.

Voilà pourquoi il est inadmissible que des militants du parti ne jouent pas suffisamment leur rôle dans les organisations des travailleurs, surtout dans les organisations de la paysannerie dans le cadre des UNIONS des coopératives.

Cala est dû au manque d’éducation politique et idéologique et à l’insuffisance de la perception de leur rôle en tant qu’élément d’un parti d’avant-garde marxiste-léniniste, comme, cadres révolutionnaires devant amener la classe ouvrière à jouer son rôle de locomotive envers les couches populaires paysannes et petites bourgeoises urbaines.

La jonction du mouvement ouvrier sénégalais avec le mouvement paysan coopérateur et avec le mouvement nationaliste bourgeois et petit bourgeois des villes ne peut se faire sous l’égide de la classe ouvrière sans que ces lacunes dans le travail au sein des organisations des masses laborieuses ne soient extirpées pour de bon de nos rangs.

Ces éléments ne sont pas encore ‘’communiste’’ et le parti a le devoir de les rendre communistes en restant ferme sur ses principes de travail et d’organisation et en intensifiant leur formation.

Dans ce sens le retard enregistré dans la publication des cours du parti réactualisés constitue un handicap majeur qu’il faut régler d’urgence pour faciliter les tâches de formation du parti envers ses  membres.

  1. CONCLUSION

Le parti marxiste-léniniste d’avant-garde existe déjà au Sénégal et il est  construit à travers un processus historique qui a abouti à la création du PIT-Sénégal, en 1981.

Voilà pourquoi le renforcement du PIT en tant que parti marxiste-léniniste d’avant-garde profondément lié à la classe ouvrière et aux autres couches populaires passe nécessairement par le triomphe de la théorie marxiste-léniniste sur les questions économiques et sociales dans notre pays.

Perdre de vue cela, c’est oublier que sans théorie révolutionnaire, il n’y a pas de ‘’mouvement révolutionnaire’’ et ‘’sans mouvement révolutionnaire’’ le parti d’avant-garde risque de se scléroser quel que soit sa ‘’massification’’.

L’impasse actuelle dans lequel se trouvent certains partis communistes d’Europe capitaliste en est un témoignage éloquent.

Avec la création du Département Economique et Social près du CC, le PIT s’est doté d’un cadre de travail pour faire face à ce nouveau défi afin de pouvoir amener la classe ouvrière sénégalaise à jouer le rôle d’avant-garde des forces populaires, démocratiques et patriotiques contre le néocolonialisme pour la révolution nationale démocratique dans la voie non capitaliste de développement vers le socialisme.

Il ne reste donc qu’à renforcer le caractère de cadre du parti faisant jouer à ses membres, comme à ses différentes instances leur rôle historique envers  la classe ouvrière sénégalaise.

Pour cela, il faut mettre en pratique le mot d’ordre issu du Congrès constitutif du PIT en 1981 : Construire un Parti de combat et d’initiative.

 

 

Ce 17 octobre 1983

 

MASSAER DIOP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans #VI° CONGRES

Publié le 30 Avril 2015

  La  commémoration de la Fête internationale du Travail, en ce premier mai 2015, se passe dans un contexte d’aggravation des crises économiques, financières, sociales, environnementales et sécuritaires dans lesquelles le capitalisme financier mondialisé a plongé le monde, consécutivement à la crise des « subprimes » intervenue aux USA en 2008.

Au plan mondial, la « guerre du pétrole et des devises », menée par les Etats Unis et ses alliés saoudiens contre la Chine et la Russie, est accompagnée d’une politique de déstabilisation du Moyen Orient, des pays de l’Afrique  sahélienne et des anciennes Républiques socialistes d’Europe, aux fins d’endiguer le fulgurant développement de la Chine et de la Russie et d’entraver la marche des Etats africains vers l’unité continentale.

C’est bien à cet effet qu’ils ont réussi à imposer, au Moyen Orient, la guerre en Syrie avec ses ramifications en Irak et, aujourd’hui, au Yémen mais aussi une autre en Afrique, notamment en Libye, avec ses développements au Mali et au Nigéria, et dans les pays de l’Est Européen, celle déclenchée en Ukraine. 

Ces conflits armés au Moyen Orient et en Afrique ont engendré une nouvelle forme d’immigration clandestine vers l’Europe motivée par la recherche de havres de paix. Ainsi des « immigrés pour fait de guerre » viennent s’ajouter aux « immigrés économiques » dont les déplacements par vagues successives avaient été motivées par les crises économique, financière et alimentaire de 2008 ayant lourdement frappé l’Afrique Sahélienne.

Ce sont donc ces guerres impérialistes qui sont la cause du drame humain auquel l’on assiste aux portes de l’Europe avec des centaines de naufragés enregistrés quasi quotidiennement,  suscitant  à la fois indignation et colère partout au monde. Dans le même temps, en Europe se propage le sentiment « d’être envahis par une horde de désespérés venant enlever le pain de la bouche aux vrais fils du terroir », ce qui y renforce le racisme et atténue de plus en plus la frontière entre la Droite et l’Extrême Droite.

A la vérité, et depuis la fin de la « guerre froide », jamais la paix et la sécurité dans le monde n’ont  été autant menacées !

Au Sénégal, certains éléments du contexte demeurent préoccupants et menacent les acquis démocratiques de notre peuple, la paix et la sécurité dans le pays.

En effet, dans le monde rural le pays a enregistré de mauvais résultats lors des campagnes agricoles de 2013 et de 2014 les productions ayant baissé respectivement de 22% et 20% pour le mil, de 1% et 21% pour le maïs, de 2% et 1% pour l’arachide, de 5% et 15% pour le coton…

Il faut cependant se féliciter que les  impacts négatifs de ces mauvaises performances sur le revenu des ruraux et sur la sécurité alimentaire aient été atténués par la reprise de la production du riz qui passe d’une baisse de 7% en 2013 à une hausse de 28% en 2014 et par l’augmentation substantielle des prix producteurs d’arachide, et ceci en dépit des limites induites par les  problèmes liés à  la commercialisation.

Dans le secteur privé formel, le secteur secondaire particulièrement, les pertes d’emploi de 2% en 2013 par rapport à 2012 se sont aggravées en 2014, avec une perte de 2,9% par rapport à 2013. Le secteur tertiaire lui est passé d’une baisse de 1,4% en 2013 à une hausse de  2,3% en 2014.

Cette situation dans le monde rural et dans le secteur salarié du secteur privé moderne  aurait été insoutenable si la tendance généralisée de baisse des cours des céréales, des huiles alimentaires et du pétrole, n’avait  pas été répercutée sur les prix intérieurs du pays, et cela, grâce à la politique d’administration des prix des principaux produits de consommation courante, accompagnée d’une baisse de l’impôt sur les revenus et des loyers.

En tout état de cause, la situation économique et sociale nationale demeure fragile comme l’illustrent la crise à la SUNEOR, à TRANSRAIL, au Petit Train de Banlieue  (PTB), à la SAR, à SENEGAL AIRLINES et, par-dessus tout, dans le secteur du tourisme.

Un tableau auquel il ne faudrait bien entendu pas oublier d’ajouter la crise qui secoue les secteurs de l’Education et de la Santé publiques.

C’est donc dans un tel contexte international et national que le mouvement syndical sénégalais est parvenu à relever les trois  principaux défis  auxquels les syndicats du monde entier font face: le défi de la précarisation du travail, celui de la sécurité sociale, et celui du droit à la négociation collective.

En effet, les syndicats de notre pays sont parvenus à préserver l’autonomie de gestion des institutions de retraite et de sécurité sociale longtemps menacée et celle du système de retraite par répartition que les Institutions de Bretton Woods ont pendant bien longtemps cherché à remplacer par un système par capitalisation. Il ne leur reste donc, dans ce domaine, que la cogestion du Fonds National de Retraite (FNR) des Agents de l’Etat  pour mieux sécuriser ce volet essentiel dans la vie des travailleurs.

A ces acquis historiques s’ajoutent les accords signés entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants concernant la titularisation des « corps émergents » dans la fonction publique. Une signature qui met un point qu’il faut espérer final à la politique de précarisation des emplois dans le secteur public imposée depuis le début des programmes d’ajustement structurel.

Un acquis qu’il faudrait marquer d’une pierre blanche et qui devrait s’étendre aux travailleurs de la santé publique qui sont en lutte  pour faire aboutir leurs revendications portant sur de nouveaux « statuts ».

Du reste et à cet égard, les récentes déclarations publiques de Madame le Ministre chargée de ce secteur sont plutôt rassurantes…

Il se trouve aussi que le mouvement syndical sénégalais a su préserver le « Conseil Consultatif National sur le Travail et la Sécurité Sociale » comme un passage obligé pour tout projet de réforme du Code du Travail et est parvenu à institutionnaliser, sous forme de « Haut Conseil pour le Dialogue Social », son droit d’émettre ses opinions sur les politiques sociales en direction du monde du travail, dans un cadre tripartite ( Etat - Patronat -Syndicat). Et cela, tout en conservant son droit, décroché de haute lutte, à la grève, droit institutionnalisé dans le Code du Travail de 1997 et reconnu pour les Agents de l’Etat par la Fonction publique.

De même, sa participation est qualité au Conseil Economique, Social et Environnemental, (CESE) consolide son droit acquis d’émettre son point de vue sur les politiques publiques du pays…

Les syndicats sénégalais n’ont pu engranger autant de succès dans leurs luttes que grâce à un esprit innovateur qui leur a permis de faire victorieusement face à la politique ancrée de l’Etat et du patronat de  division  des travailleurs aux fins de  les domestiquer.

Pour cela ils ont réussi à mettre sur pied des « intersyndicales » d’entreprise et/ou de secteur professionnel comme forme d’unité syndicale. Des outils qui, aujourd’hui, sont en train d’épuiser les bases objectives de leur constitution que sont les revendications corporatistes pour défendre des statuts professionnels dans l’entreprise et les services.

De sorte que c’est sur le socle de ces acquis concernant les « statuts » qu’ils devraient dorénavant s’appuyer, non seulement pour les consolider mais aussi pour faire face au défis nouveaux de sauvegarde de leurs entreprises et de leurs services publics menacés jusque dans leur existence ou leur raison d’être sociale, et améliorer leurs conditions de vie et de travail.

De nouveaux défis qui exigent d’eux une forme d’unité supérieure aux « intersyndicales ». Ce qui pose la problématique de l’unité des Centrales syndicales pour plus d’harmonie dans les stratégies de lutte afin de mieux peser au niveau national, africain et mondial, c’est-à-dire partout où  se décide le sort du monde du travail.

Le PIT, en ce qui le concerne, ne ménagera aucun effort pour soutenir le mouvement syndical dans cette direction, en rapport avec ses camarades de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme(CDS) mise sur pied par des forces de Gauche du Sénégal.

 

Vive le 1er mai !

Vive l’unité et la solidarité des travailleurs !

Vive la paix et la concorde entre les peuples.

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

Publié le 28 Avril 2015

Résolution du Comité central

Le Comité Central du Parti de l’Indépendance et du Travail s’est réuni le 26 avril 2015 à l’ENDSS  sous la présidence de Magatte Thiam, Secrétaire général du Parti.

Le Comité Central a entendu, discuté  et adopté deux rapports, l’un sur  la situation politique internationale, régionale et nationale présenté par le camarade Samby Sy, secrétaire du Comité Central, l’autre présenté par le camarade Thiè Ndiaye, membre du bureau politique, relatif à l’organisation du Parti et aux Termes de références élaborés en direction de la préparation du 6ème congrès du P.I.T Sénégal prévu en Novembre 2015. Le Comité Central a par ailleurs entendu un riche exposé du Président du Parti, le Camarade Amath Dansokho.

Le Comité Central a souligné l’importance des rapports présentés tout en les complétant  par des contributions  significatives  de ses membres.

Le Comité Central a insisté sur l’aggravation des contradictions du système capitaliste financier dans le contexte d’une mondialisation voyant apparaitre des formes originales de contestation de cet ordre comme cela est le cas en Grèce ou au Venezuela. Une  situation dans laquelle les forces impérialistes, les USA en tête, se servent de la guerre comme moyen de perpétuer leur domination. Mais aussi une situation qui est lourde de dangers pour la paix mondiale et source de tentatives de  déstabilisation des  pays et des Nations, freinant leur développement.

Le Comité Central a relevé que cette politique impérialiste  est faite, concomitamment,  de manipulations idéologiques  jusque dans la sphère religieuse, au Moyen Orient, mais aussi en Afrique - singulièrement au Nigéria, voire au Cameroun -avec  Boko Haram.  Elle se traduit également par un projet à peine voilé de partition du Mali avec le refus de signature de l’Accord d’Alger par des factions manifestement aux ordres. Le P.I.T dénonce particulièrement  ces tentatives de déstabilisation et de morcellement du Mali dont notre pays ne peut que pâtir.

 L’instrumentalisation de groupes à caractère fasciste comme en Ukraine participe des mêmes tentatives de contrôle des ressources des Etats et vise, par   une savante  manipulation de l’opinion, à contrecarrer toutes velléités d’instaurer un nouvel ordre mondial favorable à la paix, au développement et  à  l’épanouissement des peuples. Pour cette raison,  le Comité Central du PIT estime que le Sénégal  ne devrait  s’engager dans l’envoi  d’aucun contingent pour la résolution de conflits à caractère politique sans mandat clair des Nations unies et élimination de tout risque pour notre pays de jouer un quelconque  rôle de faire-valoir  d’intérêts étrangers à nos préoccupations de développement.

A cet égard du reste, le Comité Central fustige  les politiques qui continuent encore en Afrique à créer les conditions d’une émigration funeste et à faire de la mer Méditerranée un cimetière pour des milliers d’Africaines et d’Africains, désespérés des sorts  qu’ils endurent dans leurs propres pays.

Pour cette raison et bien d’autres, le Comité central en appelle à la poursuite de la lutte contre les forces de déstabilisation qui ont ruiné le pays pendant les 12 ans du régime d’Abdoulaye Wade, forces n’ayant toujours pas désarmé. Aussi le Comité Central  engage-t-il  le gouvernement à perpétuer sa politique de traque des biens mal acquis aux fins de  démasquer tous les prévaricateurs de la République, coupables de mauvaise gestion et de gabegie sur les ressources publiques du pays afin de mettre définitivement un frein à l’impunité dont le Sénégal a tant souffert.

Le Comité Central a souligné pour s’en féliciter les avancées significatives de la 2ème Alternance dans le domaine de la politique sociale (baisse de la fiscalité sur les salaires, prix administrés des produits de consommation courante, baisse des loyers).

Le Comité Central n’en relève  pas moins que les attentes sont loin d’être satisfaites au plan économique en raison des choix faits, des choix qui entrainent des taux de croissance en deçà de la moyenne de ceux de l’UEMOA. De même, convient-il de noter l’insuffisance des performances relativement aux objectifs du Plan Sénégal Emergent (PSE), et  celle des mesures prises en faveur de l’agriculture avec la baisse des productions de mil et d’arachide, mesures qui inhibent les effets de l’augmentation du prix d’achat de l’arachide.

 Le Comité Central déplore  la situation de crise de l’Ecole sénégalaise qui hypothèque, depuis plusieurs années,  les conditions optimales de transmission et d’évaluation des savoirs et des connaissances, et ceci  à tous les paliers du système éducatif. Or tous le savent : le Sénégal a,  aujourd’hui plus qu’hier,  besoin d’une Ecole performante. Aussi le gouvernement et les syndicats d’enseignant doivent-ils  créer les conditions d’une discussion et d’un dialogue féconds pour, à la fois, sauver l’année scolaire et  trouver des solutions durables. Le Sénégal ne peut se payer le luxe d’une année blanche !

 Le comité Central, en fidélité avec les raisons d’être du PIT, soutient la lutte des travailleurs pour la préservation de leur outil de travail. Il exprime  toute sa préoccupation concernant les secteurs en difficulté (à l’exemple de la SUNEOR et de Transrail) ou menacés  de turbulences comme c’est le cas de celui de la santé.  Autant de raisons de réfléchir plus à fond quant aux choix  stratégiques du pays, notamment quand ceux-là sont corrélés avec les perspectives sombres qui se dessinent, eu égard aux Accords de Partenariat Economique. Le tout sans que la difficile question de l’emploi des jeunes ait encore trouvé les réponses dont on soit sûr qu’elles sont les plus pertinentes possibles…

 Par ailleurs, le Comité Central considère que le Sénégal  ne gagne pas dans  les tergiversations quant à la réforme attendue des institutions ni dans l’empressement pour une plongée dans une compétition présidentielle avant date.

En tout état de cause et au regard de l’analyse de cette situation complexe qui impose beaucoup de lucidité, le Comité Central approuve et se félicite de la création de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) qui actualise du reste  une des orientations du 5ème Congrès du PIT. Le Comité Central exhorte les militantes et les militants du Parti à faire de la réalisation de cette volonté d’unir la Gauche un objectif stratégique qui permette d’orienter les luttes vers la transformation qualitative du pays.

Au total et pour le Comité Central, l’organisation du 6ème congrès du Parti placé sous le mot d’ordre : Le P.I.T, un parti pour la transformation sociale, vient à son heure dans le respect des statuts du Parti tout en s’inscrivant  dans la perspective de faire du P.I.T/ Sénégal un instrument de lutte efficace au service des travailleurs et des masses laborieuses.

En adoptant les Termes de référence du 6ème Congrès ainsi que les 3 grandes commissions (Comité National Préparatoire, Commission politique et Commission d’organisation) de même que leur structuration, le Comité Central engage les militantes et les militants à travailler à la réussite de cet évènement  majeur dans l’histoire politique de notre pays, pour ensemble bâtir un parti moderne, captatif pour toutes les générations, un parti d’Initiatives et de Luttes, un Parti révolutionnaire et d’avant-garde.

Dakar le 26 avril 2015

Le Comité Central

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Publié dans #P.I.T-Sénégal

Publié le 8 Avril 2015

Jean Christophe Ruffin vient donc de s’impliquer,  sans gêne ni élégance,  dans les Affaires intérieures du Sénégal.

Monsieur Ruffin vient d’administrer, à la face du monde,  l’arrogance  de la France néocoloniale (que beaucoup croyaient disparue !) envers les dirigeants des  pays francophones d’Afrique.

Une  attitude désinvolte qui traduit bien  le dépit qui mine tous ces hommes d’un autre temps, enragés de devoir faire face au refus des Autorités sénégalaises actuelles de perpétuer la tradition, peu glorieuse,  d’être l’un des «  bras armés » de la France  en Afrique.

Ce dépit se manifeste sans fard dans les propos suivants : « le Sénégal a complètement disparu des écrans radars français. Dans cette nouvelle configuration régionale centrée sur la dimension sécuritaire, Dakar ne s’est pas rendu indispensable ».

Monsieur l’Ambassadeur se rend compte, à son corps défendant, qu’avec Macky Sall,  actuel Chef de l’Etat sénégalais,   une époque est bien révolue. Celle permettant à  la France de  faire, sans coup férir, envoyer  nos troupes   chasser un Président de la République en fonction , comme ce fut le cas avec le Président de la République de Côte d’Ivoire Laurent  Bagbo ou  encore,  envoyer son Chef d’Etat en personne, escorté par des  avions bombardiers,  intimer l’ordre à un de ses homologues africains de quitter le pouvoir,   comme cela a été, de sinistre mémoire, le cas avec le Président Kadhafi de Libye, assassiné lors de une agression par  l’OTAN, avec à sa tête la France.

Les néocolonialistes  français regretteraient- ils  que leur Chef d’Etat ait accepté la participation du Sénégal dans la géopolitique des  Etats Unis en Afrique de l’Ouest, pour le contrôle du Golfe de Guinée,  ce qui a valu au Sénégal  de présider  le «  Comité Inter Régional pour la Sûreté et la Sécurité du Golfe de Guinée », sous le sillage d’AFRICOM ?

Est- ce pour cela  que Monsieur Ruffin  constate, avec amertume, que « dans cette nouvelle configuration régionale centrée sur la dimension sécuritaire, « Dakar ne s’est pas rendu indispensable » ?!

De même, les tenants du néocolonialisme Français-dont Monsieur Ruffin vient de se faire le porte parole- ne semblent pouvoir digérer que soit aussi révolu le temps où les entreprises Françaises raflaient  tous les grands marchés publics et, mieux ou pire, que de nos jours, elles se  fassent littéralement bousculer par une rude concurrence dans le marché national sénégalais !

A telle enseigne que les grands projets d’infrastructures routières du PSE, en voie d’exécution, se réalisent avec les Chinois et les grands projets d’habitat social avec les Marocains.

De même, une cimenterie  nigériane, installée au Sénégal, bouscule celle française qui régentait  le marché sénégalais et celui de la sous région ;  comme  d’autres entrepreneurs français le sont aussi par des entrepreneurs nationaux dans les marchés  du  sucre  et de la tomate industrielle qu’ils  dominaient naguère sans partage.

Même des entreprises publiques que le prédécesseur du Président Macky Sall avait bradées  à la France, à l’instar de SUNEOR et de Transrail, sont en voie d’être reprises pour stopper l’hémorragie qu’elles subissent  par un pillage systématique dans leur gestion.

C’est en fait pour tout cela que Monsieur Ruffin assène sans ciller que «  Dakar est dans une zone de turbulences » en essayant de justifier cette situation par des menaces terroristes à  partir de l’est du Sénégal et de la Casamance !

Ce chantage à la déstabilisation ne devrait pas passer. Il doit être dénoncé par tous ceux qui, au Sénégal, en Afrique, en France et dans le monde, veulent que les grandes puissances occidentales cessent d’instrumentaliser des groupes terroristes pour semer la mort et la désolation dans les pays où leurs intérêts géostratégiques et /ou de leurs entreprises sont menacés.

Et ceci notamment à un moment où la Casamance évolue tranquillement vers la paix, avec la coopération de nos voisins, notamment la Guinée Bissau qui vient de surmonter sa longue guerre fratricide.

Grâce à une meilleure gestion diplomatique de nos relations avec nos voisins, aucune menace de déstabilisation du Sénégal en Casamance, à partir d’une    prétendue « guerre en Guinée », n’existe. A moins qu’elle ne figure dans les plans machiavéliques des  néocolonialistes Français, dont Monsieur Ruffin s’est révélé être objectivement le sinistre porte parole !

Monsieur Ruffin qui a eu l’outrecuidance d’essayer d’instrumentaliser la «  traque des biens mal acquis »-dont il ne peut pourtant  pas méconnaître le soutien populaire dont elle bénéficie au Sénégal,- quand il compare ce soutien  à  celui  du peuple Français  dans la traque contre les Nazis et leurs collaborateurs pour les crimes qu’ils ont commis en France !

Droit dans ses bottes,  il assène : « depuis cinq ans au Sénégal, le discours général est : Karim Wade rendra ce qu’il nous a volé, comme si cela allait résoudre tous les problèmes du pays ! Or, il n’est jamais bon de s’installer dans une logique de réparations ».

 Monsieur Ruffin montre ainsi qu’il  en veut au peuple Sénégalais  qui depuis «  cinq ans », c’est-à-dire depuis 2010, n’a cessé de travailler au départ de ceux qui étaient aux commandes et que lui-même n’avait pas épargnés de ses critiques, même si aujourd’hui il en fait des alliés pour déstabiliser le Sénégal.

Les patriotes, républicains et démocrates, au pays et dans la diaspora, ne peuvent et ne doivent ni se laisser abuser ni se laisser faire.

Aussi, et quels que soient les griefs portés sur tel ou tel aspect de la politique des Autorités actuelles, est-il  un devoir patriotique et citoyen de se rassembler autour du Président  Macky Sall pour  faire face à ce projet machiavélique de déstabilisation de notre pays.

En ce qui le concerne, et  face à des menaces  aussi explicites, le PIT en appelle à un sursaut national pour défendre la souveraineté de notre peuple et la République démocratique du Sénégal.

                                                          Le Secrétariat du Comité Central

Dakar, le 07 avril 2015

 

 

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Publié le 27 Mars 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE DU SECRETARIAT DU COMITE CENTRAL DU PIT-SENEGAL

Le Secrétariat du Comité Central du PIT/Sénégal, au cours de sa séance du 26 mars 2015, a procédé à un échange de fond sur l’affaire Karim Wade, avec son épilogue du 23 mars.

Prenant acte du verdict prononcé, le Secrétariat du C.C du PIT se félicite qu’en dépit des menaces proférées, de la stratégie d’évitement instaurée, du constant effort de discréditation de la justice sénégalaise, allié à un art consommé de transformation des loups en brebis, pour les présenter, non plus en prédateurs, mais en victimes innocentes, le Secrétariat se félicite donc que- malgré tout- le droit ait été dit et que les juges n’aient pas failli à leurs missions de derniers remparts de la République.

Bien évidemment, il n’y a pas à se réjouir que des compatriotes- fussent-ils des adversaires politiques- soient maintenus dans les liens de la détention, même pour un seul jour !

Mais,  au vu des enjeux et pour que plus personne parmi les citoyens sénégalais ne se pense au-dessus de tout et de tous, de la loi et des règles qui organisent le commun vouloir de vie commune, il y a à être heureux que la bataille annoncée (et entamée !) dans la rue ait été perdue après celle aussi perdue devant le juge avec son épisode de désertion du prétoire.

Le Secrétariat du Comité Central invite en conséquence les sénégalais à demeurer debout et toujours exigeants par rapport à la gestion des ressources de la Cité. A cet égard, et comme annoncé par le gouvernement, l’exigence de reddition des comptes doit se poursuivre aux fins de mise en lumière de toutes les « affaires » et de prises des décisions idoines, sans cruauté inutile mais aussi sans faiblesse coupable.

Mieux, le Sénégal doit conforter cette avancée majeure non pas seulement par la pleine assumation de leurs missions par la Cour des comptes et l’OFNAC, mais aussi par le renforcement de l’indépendance de la justice et de son pouvoir souverain de dire le droit, en toutes circonstances.

Au total, le Secrétariat du Comité Central est convaincu que la flamme allumée par les Assises nationales, celle ayant irradié le Sénégal  le 23 juin 2011, celle- là ayant continué de briller le 23 mars 2015, que cette flamme doit demeurer vivante et forte pour que le Sénégal brille de mille feux et occupe une place de choix dans le concert des nations.

                                                      Dakar, le 26 mars 2015

                                            Le Secrétariat du Comité Central

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Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

Publié le 21 Mars 2015

A la veille du 23 mars  prochain, jour de verdict et de vérité pour Karim Wade et compagnie, nul ne peut plus douter de la volonté, longtemps et constamment  exprimée par l’ancien Président de la République Abdoulaye Wade, de s’opposer, par diverses formes de manœuvres et de manifestations, à toute condamnation de son fils par la justice de notre pays. Karim Wade serait-il au dessus des lois de la République ou bien un sénégalais entièrement à part ?

Sans même attendre  le verdict, l’ancien Président Wade, qui a déjà fini de trahir l’espoir de l’alternance du 19 Mars 2000, a mis en branle une stratégie de déstabilisation et de sabotage dans le pays et en direction du Tribunal, pour empêcher les juges de délibérer en toute sérénité dans leurs locaux. Ce défi contre la République, l’Etat de Droit et le principe du respect de la justice égale pour tous, doit être condamné sans équivoque, dès  maintenant,  et neutralisé par tous les moyens légaux  dont dispose-la République démocratique du Sénégal.

Dans ce cadre, la CDS invite le peuple sénégalais, l’ensemble des citoyens, citoyennes et forces vives de notre pays, à démasquer et à déjouer le piège infernal concocté par Abdoulaye Wade et ses affidés. Aucun prétexte ne doit lui être fourni pour susciter une  « guerre civile » entre  «  partisans du pouvoir » et «  opposition », en organisant des «  contre manifestations ». C’est une pareille confrontation dont il rêve pour justifier l’intervention des forces de l’ordre, dans le but de renverser le pouvoir légitime en place, pour mettre en place un «  gouvernement provisoire » chargé de baliser le terrain à l’intronisation de son fils.

La seule attitude qui sied dans pareille situation, c’est l’expression massive du soutien des républicains et démocrates de notre pays  à la  Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) pour la manifestation de la vérité et la fin de l’impunité. Dans ce cadre, il appartient au gouvernement et aux forces de sécurité de faire prévaloir l’Etat de Droit ainsi que le respect des Institutions républicaines, et de garantir le maintien de la paix civile dans la vigilance dictée par le «  principe de précaution ».  La CDS, pour sa part, ne ménagera aucun effort pour participer à l’élan de mobilisation populaire et citoyenne, au niveau national et au sein de la Diaspora, afin de mettre en échec le projet machiavélique  de retour de Wade au pouvoir par la rue à travers un coup de force, au nom de ses propres privilèges et des seuls intérêts de son fils et de son clan.

 

Fait à Dakar le 20 Mars 2015

La Conférence Nationale des Leaders

CONFEDERATION POUR LA DEMOCRATIE

ET LE SOCIALISME (CDS)

 

 

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Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

Publié le 19 Mars 2015

Un peuple : celui sénégalais, pétri de valeurs, capable d’abnégation, donnant régulièrement et à la face du monde, de légitimes raisons d’être fier de lui.

Un but : avancer pas à pas en direction de cet objectif dont la pleine réalisation vaut tous les sacrifices.

Une foi : celle en la possibilité d’asseoir au Sénégal une république, donnant les mêmes chances à tous les fils du pays, ne privilégiant que le mérite et la compétence, préservant les droits et  la dignité de chacun et de tous.

Ainsi en a-t-il été, entre autres, le 23 juin2011 où, dans un élan irrésistible, ce peuple a imposé sa volonté, assumé sa souveraineté, dit non à tout projet attentatoire à son droit de décider par lui-même, du choix de ses dirigeants.

Ainsi en sera-t-il et très certainement le 23 mars 2015. Et ceci, quel que soit le verdict de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite!

Le même peuple qui a su résister à l’opprobre et à l’oppression, celui-là qui a su dire magnifiquement non à la  volonté de vassalisation du Sénégal, non à sa transformation en « chose pour certains », ce peuple doit et va trouver les ressorts pour se défendre.

Simplement parce que les Sénégalais veulent mettre fin, définitivement, au règne de l’impunité. Ils veulent que la culture de reddition des comptes s’impose à chacun d’entre eux qui serait dépositaire d’une parcelle de pouvoir, l’amenant à  manipuler des biens publics.

Ils comprennent que ce n’est qu’à ce prix que le legs transmis par des générations de femmes et d’hommes, dont l’engagement et les sacrifices- souvent méconnus du reste- ont fait de cette terre africaine  le pays qu’elle est devenue, ce n’est donc qu’à ce prix que ce legs sera préservé, mieux conforté.

Pour cette raison le PIT/SENEGAL appelle le peuple du 23 juin 2011, les travailleurs et leurs organisations, les jeunes et les femmes du pays, bref tous les patriotes pour qui l’intérêt national n’est pas un vain mot, à se tenir debout et à garder le cap des mutations décidées par l’écrasante majorité des sénégalais, afin que vive la République .

Le contexte de tensions et de dangers artificiellement provoqué pour faire pression sur la justice ne doit donc ni effrayer, ni faire reculer.

En ce qui le concerne, le PIT n’acceptera jamais que le Sénégal soit pris en otage par des fossoyeurs de la paix civile aux objectifs aussi clairement déclinés : créer des troubles, s’en servir comme préalables à l’instauration d’une situation insurrectionnelle en vue d’une reprise du pouvoir par des forces rétrogrades.

Au total, l’esprit du 23 juin 2011commande à tous les sénégalais épris de justice, de paix et de progrès, de se mobiliser pour sauver la Nation en danger.

                                                Dakar, le 18 mars 2015-03-18

                                                Le Secrétariat du Comité Central

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Publié le 13 Mars 2015

Impérialistes américains, ne touchez pas au Venezuela !

Ce que les services secrets US manigançaient dans la clandestinité au Venezuela pour orchestrer une vaste subversion visant à renverser le Gouvernement légitime de la Révolution Bolivarienne, dirigé par le Président Maduro, est aujourd’hui érigé, par Obama, en politique officielle du Gouvernent étasunien. En effet, il ne peut plus y avoir de doute, quand Obama décrète publiquement, le 9 mars 2015, « l'urgence nationale aux États-Unis » face à la « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure qu'est le Venezuela » ! Tout le monde se souvient que pareille « urgence nationale aux Etats Unis » était décrétée par Bush face à un supposé « risque de détention d’armes nucléaires » de l’Irak sous Saddam Hussein qui serait une « menace pour la Sécurité nationale », afin de déclencher une guerre illégale et illégitime contre ce pays.

Le prétexte mensonger de cette grave agression contre un pays membre de l’ONU et actuellement membre non permanent de son Conseil de Sécurité, n’a été découvert qu’après que l’Irak fut détruit, et le moyen orient plongé dans l’instabilité. Cette fois-ci non plus, aucune preuve tangible contre la sécurité des Etats Unis n’a été avancée par Obama. Mais, c’est certain, l’exemple de souveraineté nationale et de solidarité latino- américaine qu’incarne le Venezuela, est perçu par Washington comme un obstacle au rétablissement de son hégémonie sur les pays et les peuples de l’Amérique Latine. En effet, ayant constaté que plus de 50 ans de menées subversives contre Cuba, et plus d’une décennie contre le Venezuela, n’ont pas suffi pour pouvoir renverser les pouvoirs anti- impérialistes de ces pays, Obama expérimente au Venezuela ce qu’il réserve demain à Cuba.

Les Etats Unis veulent user du « radicalisme » d’une opposition légale à sa solde, pour créer les conditions internes d’une « insurrection », pour justifier une intervention militaire, sous prétexte de défendre les libertés démocratiques et de sauver le peuple de prétendus « massacres » !

Les Etats Unis, la France et la Grande Bretagne en ont usé pour détruire la Lybie et assassiné Kadhafi, et continue d’en user aujourd’hui pour détruire la Syrie, sans encore parvenir à faire tomber le pouvoir de Bachar Al Assad

Ainsi, en déclarant le Venezuela « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et notre politique extérieure», Obama, comme Bush, est pris en flagrant délit de manipulation de l’opinion publique étasunienne et du monde entier, pour justifier une nouvelle guerre impérialiste à ses portes, avec l’objectif évident de déstabiliser les régimes progressistes de l’Amérique Latine.

La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) estime que dans ces conditions, dénoncer cette nouvelle menace contre le Venezuela et se mobiliser pour la stopper net, est un devoir international pour toutes les forces éprises de paix et de sécurité, et soucieuses du respect de la souveraineté des peuples dans le monde. La Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) appelle toutes les forces patriotiques du Sénégal à se rassembler et à se mobiliser autour de la défense du peuple du Venezuela et de son Gouvernement légitime, dirigé par le Président Maduro.

L’agression contre le Venezuela est un crime contre l’Humanité, il nous faut résolument l’empêcher !

Dakar le 13 Mars 2015

La Conférence Nationale des Leaders

 

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