Publié le 11 Septembre 2014

THEME DU SAMEDI DE L’ECONOMIE DU 6 SEPTEMBRE 2014: « LE PATRIOTISME ECONOMIQUE »

L’expression «Patriotisme économique »  est récemment apparue dans les revendications économiques et politiques  dans notre pays, notamment  vers la fin de la première décennie des années 2000.  Elle a été surtout consacrée  comme une  exigence nationale dans les «  Conclusions des Assises Nationales » de 2008.

  1. Comment en est on arrivé là ?

Historiquement, une « classe d’entrepreneurs » ne « s’édifie » pas, mais « apparaît » naturellement  dans un processus  d’accumulation de capital, par un groupe distinct d’individus, dans la production  et le commerce des biens et services.

Mais au Sénégal, sa situation de colonie, et notamment de celle de la France, a modifié ce processus historique d’accumulation de capital,  durant  sa «  mise en valeur coloniale ».

En effet, la « mise en valeur coloniale » du Sénégal a commencé, au plan économique, d’abord par le commerce de la  « gomme arabique », puis la production et le commerce  de  l’arachide,  avec l’installation de grandes Maisons de commerce Bordelaises  et Marseillaises.

C’est ainsi qu’apparurent  Maurel et Prom, Devès et Chaumet, SCOA, Peyrissac, NOSOCO, Buhan et Teissère,  qui monopolisaient l’import- export, et le commerce intérieur, et profitaient  du «  Code de l’Indigénat » qui instituait  les « réquisitions » de la main d’œuvre, les « corvées », et les « travaux forcés », pour faire prospérer leur business.

Plus tard, le secteur industriel, notamment dans la transformation de l’arachide en huile brute, avec Lessieur et  Pétersen,  et  le secteur bancaire,  élargissaient les sphères d’accumulation de capital par les colons Français, et leurs auxiliaires Libano-Syriens.

Ainsi naquit, au Sénégal,  une « classe d’entrepreneurs étrangers » qui contrôlaient les principaux secteurs de l’Economie coloniale, ayant enfanté  une classe « d’auxiliaires  autochtones »  dans l’administration, et une classe  de « travailleurs taillables et corvéables » dans les travaux publics, et  dans les  entreprises privées coloniales.

Et ce n’est qu’au prix d’une âpre lutte contre cet esclavagisme des temps coloniaux,  par les travailleurs en Afrique  l’Ouest,  avec, notamment,  les puissantes grèves des Cheminots de la ligne des Chemins de fer Dakar- Niger,  qu’à la Conférence de Brazzaville (Capitale de la République du Congo actuelle) tenue  du  31 janvier au 8 Février  1944, par De Gaule, en l’absence des élus africains, qu’une recommandation fut adoptée portant sur la « suppression du Code de  l’indigénat »,  « une réglementation des Syndicats professionnels », et   « l’établissement de la Liberté de travail ».

Mais surtout en Septembre 1946,  avec la Loi Houphouët boigny, que «  l’indigénat » et les « travaux forcés » furent supprimés, marquant une avancée certaine dans la naissance d’une  « classe ouvrière », dont l’émancipation  posait  l’agenda de l’indépendance nationale dans les colonies françaises.

Et c’est en 1952, que cette «  classe ouvrière »,  après des grèves mémorables, décrochait  un «  Code du Travail d’Outre- mer » qui reconnaissait le «  droit aux Congés payés »,  « aux allocations familiales »  et  la «la durée du travail  de 40 heures/ semaine».

Ainsi, le développement du capitalisme sous la colonisation au Sénégal,  a enfanté une « classe ouvrière  autochtone»   sans une « classe d’entrepreneurs autochtones ».

D’où,  toute la place que le mouvement  syndical a occupée  dans les luttes des années 50 pour l’indépendance des colonies, en alliance avec les couches moyennes intellectuelles, mais en l’absence d’une « classe d’entrepreneurs autochtones ».

Cependant, c’est dans  la foulée des luttes pour l’Indépendance nationale,  que naquirent, dans la deuxième moitié des années 50, un « embryon de classe d’entrepreneurs autochtones », qui mit sur pied les deux premières  organisations  dans le Commerce, dénommées « l’Union Nationale Indépendante des Groupements Economiques du Sénégal » (UNIGES), et « la Confédération des Fédérations de Groupements Economiques du Sénégal » (COFEGES),  qui ne s’étaient pas accordés sur l’attitude à prendre face à la main mise Française sur les secteurs clef de l’Economie, et sur le rôle de l’Etat dans l’acquisition de la souveraineté économique.

Le Patronat Français,   dont  la place dans notre Economie était l’enjeu des revendications de cet « embryon de classe d’entrepreneurs autochtones », était organisé,  dans le secteur industriel au sein de  « l’Union des Syndicats de l’Industrie » (UNISYNDI », et dans le secteur commercial, au sein du « Syndicat des Importateurs et Exportateurs »  (SYMPEX),  et contrôlait la place  stratégique dans notre Economie  qu’est  la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dakar.

C’est donc, avec la complicité de l’Etat,  et de ses  propres « auxiliaires  autochtones» au sein  de cette « classe d’entrepreneurs autochtones »  dans le commerce et le transport, que le Patronat Français a travaillé à cette  division. 

Ce n’est que  dans la première moitié des années 60,  que ces divergences ont été surmontées dans la foulée de la recomposition politique des forces au pouvoir, qui a vu une partie importante  de l’opposition qui luttait, depuis 1958,  pour  l’indépendance nationale, s’intégrer  dans le Parti au pouvoir qui s’était fait remarqué  par sa forte   opposition à cette Indépendance nationale.

C’est ainsi que naquit  le « Groupement Economique du Sénégal » (GES) pour revendiquer «  l’insertion » des « entrepreneurs autochtones » dans  l’Economie nationale, dominée, dans ses secteurs essentiels, par le capital Français, et ses auxiliaires Libano-syriens.

Cependant, avec les Indépendances des années 60,  l’option de «  coopérative »,  comme mode d’organisation  du monde rural,  excluait du commerce  des arachides  et dans la vente au détail  des biens et services industriels,  les intermédiaire autochtones et  libano syriens, des Maisons de Commerce Françaises,  et donc leur fermait  toute perspective d’accumulation du capital dans le secteur rural et dans le secteur commercial.

C’est à cet effet, que l’Etat avait créé les premières entreprises parapubliques dans le secteur marchand que furent «  l’Office pour la Commercialisation des arachides » (OCA) qui avait en même temps le monopôle de l’importation du riz, des « Centres Régionaux d’Approvisionnement pour le Développement » (CRAD) qui avaient le monopôle de la distribution des intrants agricoles aux coopératives, et la « Société Nationale de Distribution au Sénégal » ( SONADIS) qui s’occupait de la vente en gros aux commerçants agréés,  et au détail  aux populations, des produits alimentaires et industriels de large consommation, qu’elle obtenait auprès de l’OCA, et des Industriels de la place.  

C’est ainsi, que plus tard, l’OCA et les CRAD ont été fusionnés pour donner naissance à « l’Office National de Commercialisation et d’Approvisionnement pour le Développement » (ONCAD).

Le capital colonial  continuait, aussi,  à  exclure les intermédiaires autochtones  dans les  autres secteurs clef de l’Economie,  que sont l’import-export, l’industrie,  et le commerce de gros occupé par les libano-syriens,  qui étaient en même temps,  présents dans le commerce de détail.

C’est de cette manière  que les Libano syriens sont devenus de puissants entrepreneurs à leurs dépends.

Ainsi, l’Etat, auquel les sénégalais autochtones  pouvaient accéder par l’Ecole  et le suffrage du peuple, et les entreprises para publiques, étaient devenues l’unique secteur où ils pouvaient accumuler des richesses  à travers des salaires et des avantages, à partir des recettes fiscales, et la gestion de ce secteur.

  1. Le développement  d’une classe d’entrepreneurs autochtones organisés.

La « Banque Nationale du Développement du Sénégal »(BNDS) fut largement utilisée, par le biais d’un compte spécial, dénommé « Compte K », pour capter  politiquement cette classe  naissante d’entrepreneurs autochtones, dont les revendications, à partir de la deuxième moitié des années 70,  étaient publiquement portées par un nouveau Parti politique d’opposition légale, le  « Parti Démocratique Sénégalais » (PDS).

Ainsi naquit un véritable « embryon de la bourgeoise nationale » dans les affaires, étroitement liée à la  Bureaucratie qui gérait l’Etat,  dont le rôle essentiel consistait à protéger les intérêts des entreprises françaises installées chez nous, et les intérêts géo stratégiques de l’Etat Français dans la sous région.

La classe ouvrière perdit ainsi,  peu à peu, dans les années 70 et début 80, ses alliés des couches moyennes qui contrôlaient l’Etat,  au profit  de la « classe naissante d’entrepreneurs autochtones », tandis que ses soutiens de Gauche sont bannis et persécutés, et le mouvement syndical divisé et embrigadé  par les tenants du pouvoir.

C’est dans ce contexte  que, dans les années 70,  l’Etat avait créé « l’Union Sénégalaise de Banque » (USB), dans laquelle il détenait la majorité du capital, et  la « Société Nationale de  Garantie  du Crédit Automobile » (SONAGA), qui  contribuaient aussi  au financement public  de  « l’insertion des entrepreneurs  autochtones »  dans la petite et moyenne entreprise commerciale et dans le transport, alors que  la SOFESEDIT et la SONEPI,  en faisaient de même,  dans le secteur industriel,  appuyé par l’aménagement d’un espace dédié à cet effet, dénommé « Société du Domaine  Industriel de Dakar » (SODIDA), et des « Domaines artisanaux » dans certaines capitales régionales.

Cette politique  « d’insertion  d’entrepreneurs autochtones » dans le tissu économique,  était  présentée  comme une première réponse aux revendications du GES, pour accéder  au secteur clef de l’économie, dans un contexte, où le développement  du « Nationalisme économique africain »,  sous la poussée de  « couches moyennes de Gauche »  qui exigeaient «l’ Indépendance économique » par la  «Nationalisation »  des entreprises étrangères, avait amené l’Etat à prendre le contrôle de l’Energie, de l’Eau, et  à créer de Grandes Entreprises publiques dans le secteur marchand, sous prétexte de  « l’immaturité »  de la classe des entrepreneurs autochtones.

C’est  ainsi que le développement du secteur parapublic,  dans le secteur marchand, était, d’une part,  présenté   au GES, comme une « phase transitoire nécessaire » en attendant  que les entrepreneurs autochtones acquièrent de l’expérience dans la gestion des affaires,  et d’autre part, à la Gauche, comme une première étape dans l’acquisition de la « souveraineté économique », qui était exhibée comme une marque de fabrique du « Socialisme africain »,  présenté comme une alternative au  Marxisme Léninisme en Afrique.

Mais en fait, le développement du secteur parapublic   se faisait  aussi  à partir des finances publiques,  avec l’appui de la coopération internationale, notamment de la France, mais ne mettait pas en cause  la main mise des entreprises Françaises  sur les secteurs  clefs de l’Economie nationale, tout en permettant à la « Bourgeoisie bureaucratique »  d’élargir sa sphère d’accumulation de richesse et de capital,  dans l’exercice de ses  fonctions  dans l’appareil d’Etat et dans ces entreprises.

La « Bourgeoisie bureaucratique » se développait ainsi au détriment de la « classe des entrepreneurs autochtones »,  et cela avait jeté, peu à peu,  les bases d’un début d’antagonisme entre ces deux classes sociales, autour de  l’accès aux ressources publiques qui conditionnait  leur développement.

Mais, cette politique de transformation de la « Bureaucratie d’Etat »,  en « Bourgeoisie Bureaucratique » par cette  « patrimonialisation de l’Etat »  qui  était érigée en mode de gestion des finances publiques,  s’était développée  à tel point, que le Président Abdou Diouf dut renoncer à lutter contre les prévaricateurs des deniers publics, dès les premières heures de son magistère, malgré « la Loi  de Répression de l’Enrichissement Illicite » qu’il fit voter à cet effet.  

Cette politique « d’insertion d’une  Bourgeoisie  autochtone » dans les affaires, sur ces mêmes finances publiques,  et la « patrimonialisation de l’Etat », avaient fortement creusé le  déficit  budgétaire,  pour  occasionner  un « surendettement de l’Etat », dans un contexte de pertes énormes de recettes d’exportation, suite à l’effondrement des cours de nos principaux produits d’exportation, que furent l’arachide et les phosphates,  pertes accentuées aussi  par  la  baisse de la production des arachides, fortement aggravée par  l’avènement de  séries  de grandes sécheresses durant la période.

Cela  a entraîné une grave crise des finances publiques,  dés la fin des années 70 et début 80, qui projetait notre pays dans les fourches caudines du FMI et de la Banque mondiale, à travers leurs politiques « d’Ajustement structurel ».

Ce sont ces politiques  « d’Ajustement »,  qui ont conduit à  la suppression de l’ONCAD et de la SONADIS,  à la liquidation de la BNDS et  de la SOFESEDIT,  à la privatisation de l’USB,  et la dissolution de la SONEPI,  qui ont mis fin à la politique « d’insertion » des entrepreneurs autochtones dans le tissu économique, avec  l’avènement d’une  « Nouvelle Politique Agricole » (PA), d’une Nouvelle Politique Industrielle » (NPI),  la « privatisation des entreprises publiques du secteur marchand »,  « la fin des subventions publiques et du crédit sur ressources publiques », et la  politique de « libéralisation du commerce intérieur » pour mettre fin aux « situations de rente » et de «  monopole » dont jouissaient les principales entreprises Françaises  dans l’Economie nationale.

  1. Conséquences des Politiques d’Ajustement sur le développement d’une « classe d’entrepreneurs autochtones »

Ces « politiques d’Ajustement », comme moyen  de financement du remboursement de la dette publique, mettaient ainsi en cause  la rémunération des travailleurs du secteur public, aggravaient le chômage par les fermetures d’entreprises publiques et les licenciements dans les entreprises privées, et s’attaquaient aux « conquêtes  du monde du travail » dans le secteur privé, pour rendre le marché du travail  plus flexible, et bloquaient, par la « suppression du Programme Agricole » (PA), le début de modernisation des exploitations agricoles familiales qui était entamée dès le début des années 60, à travers la « coopérative agricole ».

 Donc, ces politiques d’Ajustement  exacerbaient  les contradictions nées depuis  l’avènement des Indépendances,  entre l’Etat de la « Bourgeoisie Bureaucratique » et la classe ouvrière ,  mais aussi, en supprimant  le financement  public  qui était à la base de l’alliance que cette «  Bourgeoisie » avait forgée avec la « classe des entrepreneurs autochtones »,  mettaient celle- ci,  en contradiction avec l’Etat.

 Ces politiques, à travers la suppression et la privatisation d’entreprises du secteur para public, restreignaient aussi les bases d’accumulation et d’enrichissement de la « Bourgeoisie bureaucratique », jetant ainsi  les couches moyennes intellectuelles dans une lutte à mort pour le contrôle de l’Etat.

Cependant, ces politiques d’Ajustement  ne permettaient pas une rupture  des rapports entre la   « Bourgeoisie Bureaucratique » et les Entrepreneurs Français au Sénégal,  du fait  que la France participe au contrôle  de ces Institutions de Bretton Woods,  et du fait,  de la fonction politique de notre Etat,  fondée sur la défense des intérêts  des entreprises Françaises dans  notre  pays, et de ceux de l’Etat Français,  dans la sous région.

C’est dans ce contexte, qu’à côté du GES,  naquirent de nouvelles organisations patronales pour la défense des intérêts de l’entreprise autochtone. 

C’est ainsi que « l’Union Nationale des Commerçants  et des Industriels du Sénégal » UNACOIS naquit, au début des années 90,  dans la lutte contre  les situations de rente et de monopôle dans le commerce intérieur, et pour la libéralisation de l’accès  au commerce de gros et à l’import –export, que le FMI et la Banque mondiale n’arrivaient pas à imposer à l’Etat du Sénégal pour les raisons citées plus haut.

De même, dans le secteur industriel et des services,  naquit  la « Confédération Nationale des Employeurs  du Sénégal » (CNES), qui regroupait d’abord,  les entrepreneurs autochtones et étrangers, notamment Français, dans une même organisation patronale, avant que l’irréductibilité de leurs intérêts respectifs,  les conduisit à la séparation en deux organisations distinctes,  la CNES et le « Conseil National du Patronat » (CNP), qui regroupait l’essentiel  des entrepreneurs Français et étrangers, à côté d’une partie des entrepreneurs autochtones.

C’est ainsi que,  le GES, l’UNACOIS, et la CNES, regroupaient l’essentiel des entrepreneurs autochtones dans les petites et moyennes entreprises dans le commerce et l’industrie, tandis que les grandes et moyennes entreprises  étrangères et autochtones étaient regroupées dans le CNP.

Ainsi, par rapport  à la main mise étrangère sur les secteurs clef de notre Economie,  deux camps  se distinguaient  au sein des entrepreneurs autochtones,  à savoir : ceux  qui la combattaient, dont l’UNACOIS était le porte drapeau, et ceux qui coopéraient avec les entrepreneurs étrangers, dont les principaux furent organisés au sein  du CNP.

Si le premier camp voyait dans les Institutions de Bretton Woods,  des alliés stratégiques dans leur politique de libéralisation de l’Economie,  du marché du travail, et de privatisation des Entreprises publiques et de la terre, au risque de s’aliéner  la classe ouvrière,  et le monde rural, le second camp se sentait visé  par celles-ci,  et exerçait   des pressions sur l’Etat  pour défendre ses intérêts.

De même, se sentaient aussi visées par les politiques d’Ajustement structurel,  les organisations syndicales et les organisations les plus représentatives du monde rural regroupées dans «  le Conseil National de Concertation des Ruraux » (CNCR),  et, pour cela,  elles exerçaient aussi des pressions sur l’Etat,  pour défendre leurs intérêts  spécifiques.

Ces contradictions,  occasionnées par les Politiques d’Ajustement structurel,  ont finalement eu raison de 40 ans de règne du Parti Socialiste au Sénégal en 2000, en portant à la tête de l’Etat, le Secrétaire Général du PDS, dans  le cadre d’une alliance avec la Gauche.

Mais, les entrepreneurs autochtones des deux camps ne se reconnaissaient pas dans  le PDS, et s’en méfiaient même,  pour avoir été les victimes expiatoires des manifestations publiques violentes qu’il organisait pour la conquête du pouvoir.

Sans aucune base sociale de classe,  ni chez les entrepreneurs autochtones, ni chez la classe ouvrière, ni dans le monde rural,  le PDS, au pouvoir, s’évertua à créer sa propre base de classe sociale,  au détriment de celles qui se sont forgées durant les 40 ans de règne du Parti Socialiste, tout en mettant en œuvre, de façon plus déterminée, les politiques de privatisation des entreprises publiques, et de libéralisation de la commercialisation des arachides, telles qu’ édictées par les politiques d’Ajustement structurel.

Mais, ce nouveau pouvoir arrivait dans un contexte, où la gestion des finances publiques étaient étroitement surveillée par les Institutions de Bretton Woods pour sécuriser les capacités de nos Etats à rembourser leurs dettes extérieures ;  ce qui   limitait  les opportunités de leur  détournement  dans l’exercice du pouvoir d’Etat, qui était la source principale d’enrichissement  de la «  Bourgeoisie Bureaucratique ».

Le Président Wade  entreprit  alors la création de sa «  nouvelle classe sociale d’entrepreneurs autochtones »  par le biais des « marchés publics »   et la « spéculation foncière et immobilière », tout en renforçant, par la privatisation de ce qui restait encore d’entreprises publiques dans le « secteur marchand » ( SONACOS, et SODEFITEX, ICS),  la main mise étrangère sur les secteurs clef de notre Economie,  par les entrepreneurs Français et autres étrangers,  accentuée  par leur accès privilégié aux grands marchés publics,  par le biais de la promotion d’une nouvelle politique vis-à-vis des investisseurs étrangers, dénommée :  le « Partenariat Public/ Privé ».

Cette nouvelle politique, préconisée par les Institutions de Bretton Woods,  marginalisait  les entrepreneurs autochtones non liés au capital étranger, et renforçait  la présence du capital étranger.

C’est dans ce contexte, que les « Assises nationales » furent organisées en 2008, et regroupaient à côté des organisations syndicales et du monde rural (CNCR),  des organisations patronales autochtones (l’UNACOIS et la CNES), des organisations de la société civile,  et des Partis politique de Gauche et des Socialistes.

C’est à l’occasion  de ces « Assises nationales »,  que les aspirations de la bourgeoisie autochtone furent formulées en termes  de «Patriotisme économique »,  pour lui donner toute  sa  place dans l’Economie nationale.

Il ne s’agissait plus  « d’insérer » les entrepreneurs autochtones, ou d’en  « créer artificiellement »,  mais il s’agit désormais, de faire en sorte,  qu’ils parviennent à contrôler,  en coopération avec l’Etat, l’essentiel des secteurs clefs de notre Economie, comme la forme concrète de la matérialisation de la volonté du peuple,  de recouvrir sa « souveraineté économique », pour parachever l’Indépendance nationale du pays.

 Ainsi, avec les « Assises nationales », le « Partenariat Public/ Privé » devient d’abord  «  national »,  avant de s’ouvrir aux étrangers,  pour coopérer  dans les politiques de Développement Economique et Social, définies par un Etat souverain,  et non plus,  pour s’ériger en « maître » de notre Economie.

  1. Le développement du «  Patriotisme économique ».

Depuis les « Assises nationales »  le «  Patriotisme économique » est devenu  une exigence nationale, qui a fini par trouver, vers la fin des années 2000, un  écho favorable  chez les entrepreneurs autochtones au sein du CNP, dont le Président,   Baidy Agne,  s’interrogeait  publiquement,  face à un  Premier Ministre de Wade, venu présider, le 1er Décembre 2010,  l’ouverture des « Assises de l’Entreprise » à Dakar,  dans son discours introductif intitulé   « Déclaration sur l’environnement et la compétitivité des entreprises » ,  en ces termes  :  

«  Alors comment comprendre qu’en 2010,  nous puissions encore parler de notre souveraineté économique dans les secteurs stratégiques et porteurs de croissance ?»  Et d’asséner royalement : «  Comment peut on vouloir l’Indépendance politique et ne pas rechercher la souveraineté économique ? ».

C’est  donc, autour des « Conclusions de ces Assises nationales »,   que les forces vives de notre Nation se sont mobilisées pour faire partir le régime libéral du PDS, et effectuer une nouvelle Alternance  politique, dans le cadre d’une coalition,  où l’équilibre des rapports de force en son sein,  augurait d’une nouvelle ère de « gestion concertée », pour mettre  en œuvre ses grandes «  Conclusions », dont le «  Patriotisme économique ».

C’est ainsi qu’avec la constitution du premier gouvernement de cette seconde Alternance,  le « Discours de Politique Générale »  du nouveau Premier Ministre devant l’Assemblée nationale, la lutte déclarée  contre  l’enrichissement illicite,  et contre les situations de rente  dans le commerce intérieur,  tout en préservant les emplois acquis,  notamment  pour le sucre,  la farine  et la tomate industrielle,  par le biais de l’homologation des prix,  à la place de la liberté des prix,  confortaient  l’opinion, de l’effectivité de cette «  nouvelle ère de gestion concertée »  pour réaliser les ruptures attendues par le peuple.

Mais bientôt, la manière dont la « Banque Nationale de Développement Economique »  a été créée, avec une participation minoritaire de l’Etat (25%) selon les exigences du FMI, et la création du « Fonds National de Garantie des Investissements Prioritaires » (FONGIP),  reproduisaient les mêmes instruments « d’insertion  des  entrepreneurs autochtones, qui ont déjà montré leurs limites économiques et sociales  durant les 40 ans du règne des Socialistes.

Même la création  du « Fonds National Souverain d’Investissement du Sénégal » (FONSIS),  dont le financement devrait reposer sur l’hypothèque d’une partie de notre patrimoine, notamment foncier et immobilier, constitue une véritable menace sur ce patrimoine soumis aux aléas du marché financier international,  sans que son rôle dans la promotion des entrepreneurs autochtones ne soit garanti  nulle part.

En outre, la promulgation de la  Loi n°2011-07 du 30 mars 2011 portant « régime de la Propriété foncière »  qui contourne tous les obstacles à l’accaparement des terres agricoles contenus dans la Loi sur le Domaine National, par sa  publication dans le JO n°6607 du 13 août 2012,  a fini   par faire douter  de la volonté du nouveau Chef de l’Etat,  à s’engager dans la voie de la libération économique du pays.

Ce doute fut renforcé par l’adoption d’un  « Programme du Sénégal  Emergent (PSE) qui, par son mode de financement, et ses engagements sur la  flexibilisation du Travail,  et  sur  le foncier,  au profit  des investisseurs privés étrangers, ont été perçus comme des signaux forts d’une volonté politique de renforcement de  la main mise étrangère sur notre  Economie.

Et par-dessus tout cela, il s’est développé une politique active de marginalisation des entreprises autochtones  dans les grands marchés publics, notamment dans les BTP,  et même de leur exclusion de certains secteurs où elles avaient déjà pignon sur roue (Affaire Ecotrans, et Affaire Effiage/Total/SONATEL).

Mais, c’est surtout, la décision du Chef de l’Etat, de parapher les « Accords de Partenariat Economique » (APE),  contre l’avis écrit  de « la Direction des Etudes et de la Planification Economique » (DPEE) de son propre Ministère de l’Economie et des Finances, qui a fini de convaincre de  la nature de ce nouveau tournant de la politique économique de cette seconde Alternance.

Cette décision qu’il est parvenue à faire partager à ces paires de la CEDEAO, va coûter 11 milliards d’Euros de pertes de recettes fiscales aux « Pays les Moins Avancés » (PMA) de notre sous région, dont le nôtre,  pour une contrepartie en aide publique au développement de 6,5 milliards d’Euros, qui étaient pourtant acquis et programmés par l’Union Européenne, bien avant les négociations sur les APE.

Ce tournant ne laissait  plus aucune place, même chez les  plus optimistes, pour nier  sa nature anti patriotique, et anti sociale, dans un pays où, selon le sondage de «  Performance Group » SAARA 2013-2014 portant   « Baromètre des rémunérations » des entreprises du secteur moderne au Sénégal,  64% des entreprises sont des filiales étrangères, et 36% sont  des entreprises sénégalaises.

 C’est ainsi,  que le PSE condense,  à lui tout  seul,  les contradictions entre :

  •  l’Etat  et la classe ouvrière,  sur le marché du travail, pour le  profit  des grandes entreprises étrangères qui concentrent l’essentiel des effectifs de la classe ouvrière (58% des effectifs  dans 10% des entreprises);
  • l’Etat et le monde rural sur le foncier,  au profit de l’agrobusiness ;  
  •  l’Etat  et  les entrepreneurs autochtones,  qui  se sentent  marginaliser  et confiner  dans les bas fonds de notre Economie.
  • L’Etat et les travailleurs de la Fonction publique,  dans ses engagements d’économiser 300 milliards dans ses dépenses de fonctionnement et d’investissement,  pour contribuer au  financement  des projets du PSE.

Ces contradictions sont renforcées par  les APE  qui  sonnent le glas pour toute entreprise au Sénégal, qui n’est pas une filiale ou une succursale des entreprises Françaises et Européennes.  

C’est donc,  le sort de ces 36% des entreprises sénégalaises  et de leurs travailleurs, qui sera scellé avec les APE.

  1. Conclusion.

Les Politiques d’Ajustement structurel  et  les « Assises nationales »,  ont été des moments historiques décisifs,  dans le développement  d’une «  classe d’entrepreneurs autochtones »  dans les secteurs de production des biens et services dans notre pays.

En effet, alors que les Politiques « d’Ajustement » avaient polarisé  les entrepreneurs autochtones  dans  différentes organisations  patronales  adverses,  les « Assises nationales » ont été l’occasion  de les réunir sur la base du « Patriotisme économique ».

De même, les « Assises nationales »  ont été l’occasion,  pour la classe ouvrière,  de nouer une nouvelle alliance avec  les entrepreneurs autochtones, et le monde rural,  autour de  ces «  Conclusions » ;  ce qui met fin à son isolement  depuis qu’elle avait perdu son alliance avec les classes moyennes intellectuelles durant les luttes pour l’Indépendance nationale.

C’est ainsi, qu’ avec les « Conclusions des Assises nationales » ,  pour la première fois l’histoire de notre peuple, les classes fondamentales de notre société,  que sont  le monde rural, la classe ouvrière et  la «  classe des entrepreneurs autochtones », partagent un objectif économique et politique commun,  qui est la « souveraineté économique »  pour parachever notre Indépendance nationale.

Cette situation est le produit   historique de l’évolution du capitalisme dans notre pays, dominé par les grandes entreprises étrangères qui concentrent  en leur sein, l’essentiel des effectifs de la classe ouvrière.

Ce développement du Capitalisme, sans une classe d’entrepreneurs autochtones aux commandes de l’Economie nationale, qui était en gestation sous l’époque coloniale, a engendré, aujourd’hui, des contradictions sociales spécifiques qui  distinguent le parcours historique  de notre Bourgeoisie nationale,  du parcours classique  de formation de cette classe sociale, dans le  développement du capitalisme, notamment en Europe.  C’est  cela qui donne  au processus révolutionnaire dans notre pays, un caractère singulier, dont les différentes classes  fondamentales  de notre société  devraient prendre la pleine mesure, pour réaliser leur destin national.

Les obstacles à éviter, pour l’aboutissement de ce processus révolutionnaire, sont, les « réflexes de classe primaires »  qui pourraient porter la classe des entrepreneurs autochtones,  dans une alliance avec la Bourgeoisie étrangère,  pour imposer la flexibilité du marché du travail, avec son corollaire, la précarisation de l’emploi,  pour en faire une variable d’ajustement  pour tenir  dans la concurrence. Or, ce « reflexe » est, dans le contexte des APE, illusoire pour toute entreprise qui n’est pas une «  filiale » ou une « succursale » des entreprises Françaises et Européennes, donc pour les 36% des entreprises du secteur moderne qui sont nationales.

De même, ce « reflexe de classe primaire » pourrait les pousser à s’allier avec l’Agrobusiness pour l’accaparement  des terres, les mettant ainsi en contradiction irréductible avec les organisations représentatives du monde rural, qui militent pour la défense et la modernisation des petites et moyennes exploitations agricoles familiales qui sont confrontées à une « faim de terre » qui les bloque à un stade végétatif.  Ces exploitations agricoles familiales représentent, en 2004/5,  plus de 56% des exploitations agricoles sous pluie, disposant  de  moins de trois hectares,  qui sont le  seuil minimum pour s’équiper d’un semoir tracté par un âne (traction asine).

Ce même « réflexe de classe primaire » pourrait  aussi amener les organisations syndicales des travailleurs à ne pas faire, dans leurs luttes, la distinction entre «  entreprises autochtones » et « entreprises étrangères » qui pourtant ne boxent pas dans la même catégorie.

C’est donc,  autour de la défense du « Patriotisme économique »,  tel que défini de façon  consensuelle dans les  « Conclusions des Assises nationales », que toutes les classes fondamentales de notre société devraient se retrouver,  pour en faire « l’agenda central »  de  tous les patriotes de ce pays. C’est la seule manière de relever, avec un  succès certain, les défis de notre « souveraineté économique » pour parachever Indépendance nationale,  afin d’ouvrir la voie à l’intégration sous régionale,  en perspective de l’Unité Africaine.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

Dakar le 3 Septembre  2014

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié dans #POLITIQUE NATIONALE

Publié le 27 Juillet 2014

Il faut exiger l’arrêt immédiat des agressions Israéliennes contre la Palestine,  et le retrait de ses troupes !

Le 12 juin, survient l’enlèvement des trois jeunes Israéliens qui sont retrouvés tués le 30 juin. C’est ce que Israël a considéré comme un  casus belli  pour justifier  l’opération « Barrière protectrice » contre Gaza.

Cette nouvelle agression contre le peuple de Palestine, en réalité, n’a rien à voir avec une réaction punitive contre  ce peuple au nom de ces  trois  jeunes Israéliens enlevés puis tués par des Palestiniens. Cette nouvelle agression entre en droite ligne dans les intérêts économiques et stratégiques des gouvernements israélien et états-unien dans le Moyen Orient. En attestent, si besoin en était,  l’ampleur des forces militaires déployées par Israël, et le soutien unanime et public des puissances occidentales  que ce pays a reçu, y compris de la part du gouvernement français qui n’a pas hésité d’interdire et de réprimer à Paris  une manifestation de démocrates  français de soutien à la Palestine.

Ces intérêts stratégiques ne sont autres que la volonté d’Israël de prendre le contrôle des réserves énergétiques de la totalité du Bassin du Levant, que constituent les réserves palestiniennes, libanaises et syriennes comprises. Washington, en soutenant Israël, vise le contrôle de tout le Moyen Orient. Mais Tel Aviv et Washington ont vu leurs stratégies menacées par la rencontre du président palestinien Abbas avec le président russe Poutine le 23 janvier 2014,  rencontre durant laquelle  ils ont jeté les bases d’une coopération dans le secteur énergétique pour  l’exploitation,  par GAZPROM , d’un gisement de gaz et  d’un gisement pétrolifère dans les environs de la ville palestinienne de Ramallah en Cisjordanie, et  par Technopromexport , la construction d’un site thermoélectrique d’une puissance de 200 MW. Le retour de la Russie dans le Moyen Orient  est devenue cauchemardesque pour Israël, les États-Unis et l’UE, le gouvernement français en tête. La formation du nouveau gouvernement palestinien d’unité nationale le 2 juin 2014 renforce la possibilité que l’accord entre la  Palestine et  la Russie puisse être mise en œuvre. La menace sur les plans impérialistes dans la sous-région devient ainsi de plus en plus réelle.

L’enlèvement des trois jeunes Israéliens intervenu le 12 Juin et retrouvés tués le 30 Juin,  n’a donc été qu’un prétexte pour faire passer pour une guerre d’auto défense contre le terrorisme,  une véritable guerre d’occupation de Gaza pour faire tomber ce gouvernement d’union nationale, et barrer la route au retour de la Russie dans cette partie du monde, d’où elle a été exclue depuis la chute de l’Union Soviétique.

Ce qu’il faut donc exiger d’Israël et de ses soutiens occidentaux, ce n’est pas des trêves humanitaires pour soigner les blessés et enterrer les morts, c’est plutôt  l’arrêt immédiat de cette nouvelle agression inqualifiable, et le retrait des troupes d’invasion de la Palestine. Car,  il s’agit bien d’une violation flagrante de la souveraineté du peuple de Palestine,  en droite ligne avec le refus d’Israël de reconnaître le gouvernement d’union nationale de Palestine,  et la désignation du Hamas comme « organisation terroriste » par les grandes puissances occidentales.

Le tort du Hamas n’est pas seulement d’avoir refusé de reconnaître l’existence de l’État d’Israël tant qu’il ne libère pas  la Palestine, mais  c’est aussi  dans  le fait que, dès son accession au pouvoir dans la bande de Gaza après  y avoir gagné les élections de 2006,  il a rejeté l’accord avec Israël préparé par de l’ex-Premier ministre Tony Blair, envoyé du  « Quartet pour le Moyen Orient », qui enlève aux Palestiniens les trois quarts des futurs revenus du gaz, en versant la part qui leur revient sur un compte international contrôlé par Washington et Londres, et avait exigé sa renégociation ! Dans ces conditions, accuser le Hamas de « terroristes »  était un moyen commode pour Washington et ses alliés Européens pour justifier leur  soutien à  Israël  dans l’invasion de Gaza pour y chasser le Hamas qui empêche de tourner en rond. Il ne s’agit donc pas de problèmes entre « musulmans radicaux » et « juifs  radicaux», ni entre « Arabes musulmans  et Juifs »,  mais il s’agit bel et bien d’un problème de continuation de la colonisation menée par Israël depuis 1967 !

C’est face à cette guerre de colonisation, que les Nations Unies ont décidé de mettre en place un « Comité pour l’exercice des Droits inaliénables du Peuple Palestinien » dont elles ont confié la Présidence, à notre pays, le Sénégal. Notre pays recevait ainsi une légitimité internationale pour intervenir dans la crise Israélo palestinienne, que ni la Ligue Arabe, ni l’OCI, encore moins les Etats Unis,  ou l’Europe, n’ont jamais eue.

C’est en conformité avec ce statut, que le Sénégal ne peut pas prendre des décisions unilatérales au plan diplomatique, pour sanctionner Israël. Le Sénégal est devenu,  avec ce statut, une « puissance politique et morale »  au plan mondial, et ne peut donc pas, au plan diplomatique sur la question de la Palestine, avoir le même comportement que les autres pays. Par contre, face à cette nouvelle agression d’Israël, le Sénégal est tenu de réunir les pays membres du Comité qu’il préside, pour prendre des mesures diplomatiques  collectives contre Israël, et l’obliger à cesser sa sale guerre, à retirer ses troupes, et à respecter les frontières de 1967 reconnues  à la Palestine par les Nations Unies.

Mais dans l’immédiat,  Israël doit satisfaire ces conditions de rétablissement du droit et de la justice brandies par le Hamas, à savoir :

-          La fin de l'agression contre le peuple palestinien » ;

-          La levée complète du blocus de Gaza, en place depuis 2006 ;

-          L'ouverture du poste-frontalier de Rafah avec l'Egypte ;

-          La liberté de mouvement pour les Gazaouites à la frontière avec Israël ;

-          La suppression de la « zone tampon » interdite aux habitants de Gaza ;

-          L'autorisation de pêcher jusqu'à 12 milles marins des côtes de Gaza ;

-          La libération de prisonniers (ceux qui avaient été dans un premier temps libérés  en échange du soldat israélien Gilad Shalit en 2011).

Cependant,  étant à la tête d’un État souverain et d’un peuple solidaire  avec le peuple de Palestine, le Gouvernement du Sénégal peut prendre des mesures économiques et culturelles en rétorsion contre  la guerre qu’Israël mène  contre ce peuple. Mais ces rétorsions économiques n’ont  pas de portée significative sur Israël dans le domaine du commerce  des marchandises entre nos deux pays; d’où  une action de boycott des produits israéliens a peu de sens. En revanche, comme l’a souligné le M23 dans une Déclaration en date du 22 juillet 2014, le tableau est tout à fait différent dans la  « e-économie »,  où  la coopération de notre pays avec Israël dans le domaine du « contrôle des communications »  est économiquement et stratégiquement significative compte tenue de sa position géostratégique en Afrique. C’est là où le Sénégal  peut prendre des mesures de rétorsions significatives dans le « portefeuille » des entreprises israéliennes, et dans le « renseignement » pour la politique sécuritaire de cet État. Le Sénégal devrait donc résilier sans tarder tous les contrats qui le lient  aux  entreprises israéliennes dans le domaine du « contrôle  des communications », pour participer à la solidarité mondiale visant à contraindre Israël à arrêter son agression et à retirer ses troupes, et de les  exclure de tout marché public, tant qu’Israël ne respecte pas l’existence de l’État de Palestine indépendant dans ses frontières de 1967 reconnues par L’ONU, avec Jérusalem comme capitale.

C’est pour ces raisons que, tous ensemble, il faudrait  exiger de notre Gouvernement  qu’il s’assume pleinement dans la pression des peuples  du monde sur Israël,  pour qu’il mette fin à son invasion de Gaza, retire ses troupes,  et se conforme aux résolutions onusiennes pertinentes sur la Palestine. Sans cela, la place de notre pays à la tête de cette mission des Nations Unies n’aura guère plus aucun sens.

                                   

Ibrahima SENE

PIT/SENEGAL

Fait à Dakar le 25 Juillet 2014

 

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié le 27 Juillet 2014

Les révélations récentes du colonel Ndaw comme ceux du commissaire Keita sur la mise en réseau de certains de nos responsables chargés de notre sécurité, de celle de notre pays,  avec des milieux non fréquentables  en République, les scandales économiques, financiers, sociaux à répétition qui ont été relevés dans la décennie 2002-2012, les attaques de  biens privés et publics  par des individus ou par des bandes, les nombreux crimes de sang restés,  alors impunis, les accusations contre notre pays d’être une plaque tournante de la drogue, de blanchiment d’argent, de prospérassions de la corruption,  prouvent encore que notre pays avait emprunté ces dix dernières années  la voie du basculement vers un Etat de non droit, un Etat « mafieux ».

Fort heureusement, c’est le lieu de rendre encore un vibrant hommage à toutes ces femmes et à tous ces hommes, militants de la République,  qui ont senti le coup venir et ont su faire preuve de lucidité, de courage, de sacrifices, de patriotisme et qui comme un seul homme se sont dressés en  remparts contre les dérives totalitaires, pour arrêter cette main invisible et satanique qui a voulu transformer cette paisible terre de cheikh Amadou Bamba et Maodo Malick etc…en écurie d’Augias. Tout le mérite des révélations du colonel Ndaw réside dans le fait qu’elles  puissent  conforter les Sénégalais dans la pertinence de leur choix d’alors,  de cette volonté inébranlable de  changement inéluctable au sommet de l’Etat en 2012, mais surtout  d’avoir levé un coin du voile de la nature toxique de l’héritage légué et du niveau de délitement avancé au plan  moral, éthique, économique, sécuritaire du pays et de la société sénégalaise.

 En effet le contenu des révélations , si elles s’avèrent vraies,  la nature des actes révélés, l’audace , la témérité des actes posés et le niveau de responsabilité où  ils ont été  pris,  suscitent d’autres questionnements dont celui-ci : le Général Fall pouvait–il agir seul  à l’insu de ses Supérieurs hiérarchiques, quand on sait qu’ un Etat dispose de services et de sources de renseignements insoupçonnés,  ou appliquait-il une politique  « sécuritaire d’Etat » sous le coup de la raison d’Etat? SI tel était le cas, l’homme ne devrait pas être l’agneau du sacrifice. En tout état de cause  malgré cette complicité révélée entre ceux là qui étaient chargés de notre sécurité et certains rebelles , le pouvoir d’alors n’a pas su tirer profit du jeu  au regard de  la précarité de la paix dans la Zone. Mais il s’y ajoute  surtout que  l’Etat de droit fut malmené dans la période avec ces  crimes politiques enregistrés  dans la zone et dont les auteurs courent toujours et des attaques de garnisons dont celle d’une gendarmerie où certains de ses  occupants ont été tués et d’autres faits prisonniers pendant des mois par les rebelles.

Quand au Colonel il aurait commis un crime de lèse majesté  avec son livre s’il est encore sous les drapeaux malgré son courage et l’intérêt que de telles révélations pourraient apporter à la postérité qu’il faille mettre en avant dans cette affaire. Oui Comment faire pour que plus jamais ça dans notre pays « that is the question » ?

A mon avis même si la grande muette doit rester toujours muette et discrète c’est cela son charme et sa force, à l’interne il doit être possible d’avoir un organe d’exutoire pour prendre en charge ces genres de problèmes de personnes qui constituent d’ailleurs une tare des sociétés fortement hiérarchisées comme l’armée et pour ce faire les inspections internes doivent être plus opérationnelles et plus vigilantes et devraient pouvoir s’autosaisir.

Au demeurant, je disais dans un article paru dans la presse en guise d’alerte pour les composantes de Benno Bokh Yaakhar  dés les premiers mois de la deuxième alternance que la révolution populaire de Mars 2012 n’était achevée et qu’il fallait continuer ensemble à pousser dans la roue. IL n’y a pas lieu donc de désespérer  de jeter aux géhennes nos forces de sécurité qui ne valent que par ce que les régimes en place veulent en faire. Les gendarmes et les policiers se feront toujours respecter malgré l’existence en leur sein comme dans toutes les strates de la société d’ailleurs de brebis galeuses. Je reste persuadé que ces situations dans la police et à la gendarmerie qui pourraient être des épiphénomènes n’eût été le niveau hiérarchique impliqué, ne devraient pas entamer le crédit intrinsèque de ces vaillants corps oh combien utiles.

Il s’agit donc pour nous de comprendre que notre société  comporte des tares congénitales et des fléaux majeurs qui pour les guérir demandent courage , union des forces, dépassement de soi  et c’est sans doute cela qu’a  certes compris un  grand leader politique qui en faisant une lecture correcte de la situation précaire de notre pays a décidé publiquement de sursoir à toute ambition politique personnelle à cette ultime étape, pour parachever l’œuvre commune de redressement national, entreprise dans le cadre du Benno. C’est un acte de courage politique et de patriotisme à saluer et à méditer par les autres leaders de Benno mais surtout par tous ces artificiers politiques dont  la seule technique éculée, repose sur les intrigues  politiques dangereuses pour la cohésion nationale. Tous ces poids plumes politiques du reste très  agités par des appétits de pouvoir prématurément aiguisés, devraient également garder encore les rangs car Il faudrait bien que le pays, la république soit d’abord au rendez-vous avant tout. Autrement  les rêves seront à jamais bisés et les préoccupations seront autres et  ailleurs.  Notre pays  y sera dans la discipline, dans la rigueur et le travail, l’imputabilité et la reddition des comptes, dans la justice sociale et le respect du choix majoritaire souverain. A l’heure actuelle c’est la seule cause qui vaille le combat. Sinon le pays est en danger. Que Dieu sauve et bénisse notre cher Sénégal. Amen !   

WALY NDIAYE Professeur

wandiaye@gmail.com

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Publié le 8 Juillet 2014

LE LIMOGEAGE DU PREMIER MINISTRE ET  LES TENTATIVES  DE JUSTIFIER UN RETOUR AU REGIME PRESIDENTIEL

Le Sénégal a connu un régime Présidentiel,  de 1963 à 1970, période qui est restée dans notre histoire comme une  période régression de nos acquis démocratiques. Elle a été  désignée pour cela, comme  des "années de plomb" !

 C'est grâce à la lutte obstinée de patriotes et démocrates sénégalais, au prix de lourds sacrifices, que Senghor fut obligé de « déconcentrer » le Pouvoir du Président de la République,  en nommant un Premier Ministre,  pour instaurer  ainsi une nouvelle ère de "régime Présidentiel déconcentré" qui devait accompagner « l’ouverture démocratique" que lui imposaient les rapports de force dans le pays.

 Ce nouveau régime n'a connu qu'un seul Premier Ministre de 1970 à 1980.

 Il a fallu passer par les massacres de "Centenaire"  de 1964, et les évènements de 1968 et 1969, pour  en arriver là.

C'est aussi la période des plus grandes avancées démocratiques depuis l'Indépendance.

En effet, c'est sous  ce régime, de 1980 à 1983,  que le peuple sénégalais a engrangé la consécration définitive de ses conquêtes démocratiques (multipartisme intégral, pluralisme syndical, liberté d'expression, de réunion publique et de Presse).

 Cette liberté conquise par le peuple fut menacée  dès le début,  par les Programmes d'Ajustement Structurel, dont la mise en œuvre ne pouvait pas s'accommoder avec les libertés syndicales et les droits à la manifestation publique.

D'où le retour au régime Présidentiel qui recentre tous les pouvoirs et la gestion de l'Administration entre mains du Président de la République.

Cette régression institutionnelle fut accompagnée de graves entraves à l'exercice des droits démocratiques du peuple, connue dans notre histoire comme  les "années de braise".

Cette période a duré de 1983 à 1991,  pour prendre fin avec le retour au régime Présidentiel déconcentré,  accompagné d'une pause dans « l’exécution »  des Programmes d'Ajustement structurel.

Il a fallu, durant ces "années de braise ",  une lutte acharnée du peuple,  pour faire respecter ses droits démocratiques et sa souveraineté confisquée par les Institutions de Bretton Woods, à travers les Programmes d'Ajustement structurel, pour obliger le pouvoir à cette évolution progressiste.

Cette évolution était comme une arête à travers la gorge des Institutions de Bretton Woods, illustrée par le titre du livre de l'Economiste en Chef de la Banque mondiale à l'époque : "SENEGAL: AJUSTEMENT "AJOURNE", publiè en1992.

Il a fallu passer par les évènements  de 1988 et 1989,  pour encore  en arriver là. 

C'est avec ce retour au régime Présidentiel déconcentré que notre  peuple  est parvenu à consolider ses acquis démocratiques avec l'adoption du " Code électoral consensuel » de 1992 , du » droit à la candidature libre aux élections présidentielle et législative », et à « l'institution d'une commission indépendante de contrôle des élections » ( ONEL , puis CENA) , qui ont créé les conditions qui ont permis deux alternances démocratiques au Sénégal, en 2000, et 2012.

 Mais, c'est  sous Wade, que ce régime a atteint ses limites sociales dans le Cadre de sa Constitution de 2001, qui a instauré  un "Despotisme éclairé", afin de parachever ce qui restait des programmes d'ajustement (la privatisation de la SONACOS,  la dissolution de la SONGRAINES pour libéraliser la collecte des arachides,  la vente au comptant des intrants pour les productions d'arachide  et de mil,  la vente au comptant du matériel agricole,  la privatisation de la SODEFITEX, du  Transport ferroviaire, et des ICS,  la privatisation de  la terre au profit de l' Agro-business, l'autorisation de renouvèlent indéfini des Contrats de Travail à durée déterminée, et l'institution de la Retraite par Capitalisation" à la place de la « Retraite par Répartition » qui est en vigueur, pour mettre fin à l’ « Autonomie  de gestion de l’IPRES » et à sa " Cogestion tripartite entre l'Etat, le Patronat, et les Syndicats des Travailleurs).

Douze ans durant de tentatives de briser les acquis démocratiques, économiques et sociaux de notre  peuple  sous la férule de son "Despotisme éclairé"  se sont traduites par une instabilité institutionnelle et une crise économique et sociale jamais égalées, avec six (6) Premiers Ministres.

Manifestement, cela illustre que le régime Présidentiel déconcentré ne peut pas s'accommoder, au Sénégal, avec les Programmes d'Ajustement structurel, compte tenu du degré qui y est  atteint par le processus de démocratisation des Institutions de la République, et de la vie publique.

C’est à ce constat qu’étaient arrivées les «  Assises nationales du Sénégal » en 2008, et qui justifiait , dans ses Conclusions,  ses propositions de réforme des Institutions et des politiques économique, sociale et culturelle, qui ont été largement reprises dans les recommandations de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI), instituée par le Président Macky Sall.

Mais, les nouvelles contraintes d’Ajustement structurel que nous imposent les Institutions de Bretton Woods,  dans le cadre du «  Programme du Sénégal Emergent » (PSE), militent  pour un retour au régime Présidentiel, en prenant le contrepied des recommandations de la CNRI de mettre fin définitivement  aux séquelles  d’un tel régime qui plombent encore le fonctionnement de nos Institutions  dans  le respect des libertés démocratiques et citoyennes acquises par notre peuple.

Ce  projet de régression institutionnelle foncièrement  anti démocratique, et anti social, a été, dès le retour du « Groupe Consultatif »  de Paris sur le PSE, agité dans le cadre de la bataille feutrée menée contre le Premier Ministre par des cercles tapis à la Présidence. 

Cette nouvelle crise au sein de l’Exécutif montre, de nouveau, que le régime présidentiel déconcentré  a atteint ses limites sociales, puisqu’il est  tiraillé  entre les exigences de souveraineté nationale  et  de démocratie de notre peuple, et les diktats des Institutions de Bretton Woods, qui veulent, sous couvert leadership  fort du Président, un interlocuteur  sans état d’âme à sous leurs ordres.

C’est ainsi que,   se sachant sacrifiée dès le Conseil des Ministres décentralisé à Kédougou par un Président  de la République qui traite  ses Ministres «  d’incompétents » en sa présence, Madame le Premier Ministre a vu dans les élections,  un moyen de « vendre chère sa peau ».

Elle a ainsi osé défier le très populaire Maire sortant de la Commune de Grand Yoff et de la Ville de Dakar, mais aussi entraver les ambitions du Frère de la Première Dame dans sa propre localité.  

Elle a, à cet effet, résisté à toutes les  pressions pour la faire renoncer à sa candidature,  y compris à  celles du Chef de l’Etat,  qui menaçait de sanctionner les perdants dans leurs localités.

Elle avait bien conscience qu’elle devrait partir après les Locales, et devrait donc se faire une base politique qui ferait d’elle,  une personnalité politique avec laquelle, il sera difficile pour le Chef de l’Etat de ne pas compter.

Au finish, elle a perdu les élections et son poste de Premier Ministre, mais elle s’est fait une base politique solide dans sa localité.

Son refus de démissionner  a mis  ainsi le Chef de l’Etat dans une situation politique difficile, pour s’être séparé de son Premier dix (10) mois seulement  après l’avoir nommée, sans aucune raison objective, si ce n’est en vertu de  son pouvoir qui lui permet de justifier ses actes par «  tel est  mon bon vouloir » !

En effet, il lui serait malaisé de justifier ce limogeage par la défaite de Madame le Premier Ministre, puisque c’est lui-même qui avait  considéré publiquement,  les Locales comme «des Primaires » pour  sa formation politique.

 L’on n’a jamais vu une Direction politique,  sanctionner les perdants de « Primaires » qu’elle a organisées.

Au contraire, que ce soit  la Direction du  Parti Démocratique  aux USA, ou celle  des Socialistes, en France,  aucune  n’a jamais ménagé d’efforts pour que  les « perdants »  ne se sentent pas « exclus », ne serait ce que pour éviter d’affaiblir leurs Partis.

Toutes  ces considérations devraient pouvoir éclairer les tenants et les aboutissants des propositions récurrentes  de retour au régime présidentiel.

Notre pays pourra t-il éviter d’être déstabilisé  par ces tentatives d’une nouvelle régression institutionnelle,  après s’ y être victorieusement opposé sous Wade ?

Le limogeage du Premier Ministre ne devrait  donc pas être un prétexte  pour un retour au régime présidentiel, ou  être une occasion de reporter aux calendes grecques, les propositions de la  CNRI qui enlèvent au régime présidentiel  déconcentré, toutes les tares du Présidentialisme qui lui ont fait atteindre, au Sénégal d’aujourd’hui, ses limites sociales.

Ibrahima SENE

PIT/SENEGAL

Dakar le 6 juillet 2014

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Publié le 4 Juillet 2014

 

Un nombre significatif de résultats des élections du 29 juin est rendu public pour permettre de procéder à une évaluation de celles-ci. Mais pour ce faire, comme pour toutes autres élections,  il est nécessaire d’aborder cette évaluation à partir du contexte, des enjeux, des objectifs des principaux protagonistes, et des stratégies électorales mises en œuvre pour les atteindre.

 

  1. Le contexte

 

 Abdoulaye Rokhaya WANE, Stratégiste, Président du Think Tank Leadership Afrique,  dans une brillante contribution,  décrivait le contexte général dans lequel se sont tenues les élections locales du 29 Juin, en ces termes :

 

 « A bien des égards, ce que vit le Sénégal d’aujourd’hui correspond à ce qui a été à l’origine de la « révolution tranquille » du Québec qui est définie comme : «  le bref moment pendant lequel, fort d’un large consensus, l’Etat, son personnage principal, a été à la fois intensément réformiste et intensément nationaliste. L’Etat québécois a poursuivi en même temps un objectif de modernisation accéléré et un objectif très net de promotion nationale des Québécois francophones ».

 

En effet, c’est ce type de « Révolution »,  théorisé par les Assises nationales, que portait l’avènement du Président Macky Sall au pouvoir, fort d’un large consensus incarné par la coalition BBY qui l’a soutenu au second tour de l’élection présidentielle du 25 Mars 2012.

Et plus spécifiquement, cela s’est traduit par des options de réforme phare  sur les Institutions, sur le foncier, sur la Décentralisation, sur l’Education et la Santé publiques, et sur la promotion d’un « partenariat  public- privé », qui devait épauler l’entreprenariat national pour relancer l’économie et faire face aux problèmes d’emploi,  ceux  de la jeunesse notamment.

Mais la mise en œuvre de cette feuille de route par les nouvelles autorités s’est heurtée à la nature sociale des principales forces politiques au pouvoir, et aux ambitions de second mandat,  devenues centrales dans les préoccupations du Chef de l’Etat.

A cet égard, la nature sociale de la formation politique du Chef de l’Etat, qui est « l’Alliance pour la République » (APR) est en quelque sorte, un instrument pour satisfaire l’ambition politique de son leader, tout comme d’ailleurs l’ont été le PDS de Wade 1974, l’URD de Djibo Kâ 1998, l’AFP  de Moustapha Niasse en 1999,   et REWMI de Idrissa Seck.

 Ce ne sont pas des Partis de réforme, à plus forte raison de transformation sociale, mais  des Partis de réalisation des ambitions  de leadership personnel de leur fondateur, quelque soit l’idéologie dont ils se revendiquent.

Ces types de Parti ne peuvent réaliser les ambitions de leur fondateur,  que dans le cadre d’un régime présidentiel fort, qui peut évoluer rapidement vers un «  Césarisme démocratique  » ou un «  Despotisme éclairé » selon la terminologie de Wade, ou  vers un «  Bonapartisme » selon la terminologie généralement utilisée  pour caractériser ce genre de régime.

Ce sont donc ces types de Parti (APR et AFP) qui cohabitent avec des Partis de réforme (PS) et de transformation sociale  (Partis de Gauche) pour constituer la coalition BBY au pouvoir.

La capacité du nouveau pouvoir à réaliser la «  Révolution tranquille » de type Québécois  que nécessite le contexte général actuel au Sénégal,  dépend donc du degré de cohésion au sein de BBY et de l’effectivité de concertations sur les grands dossiers de réformes projetées.

Mais BBY fut plombé dès le début, en perspectives des Législatives de Juillet 2002,  par les ambitions  des cadres du Parti du Président ,  qui trouvaient  déjà dans ces joutes législatives,  une occasion rêvée pour une place au soleil,  et militaient pour la plupart,  pour des listes « Apéristes »  qui étaient pour eux,  l’unique moyen pour leur jeune formation politique  de se tailler une majorité confortable à l’Assemblée et, par voie de conséquence, permettre au président Macky sall de dérouler sans anicroches, son programme pour le Sénégal.

Mais logique avec lui-même, parce que porté au pinacle par la coalition Bennoo Bokk Yakkar, ( BBY),   il y avait à peine 4 mois, le président Macky Sall prenait  le contrepied de cette option qui a été théorisée par la plupart de ses lieutenants « Apéristes ».

 Toutefois,  comme  le rapporte  talentueux journaliste  Alassane  Farba Sy,  dans une brillante analyse  de la nature de l’APR, à en croire l’administrateur du parti, « l’Apr a fait le choix de créer des leaders plutôt que d’en recycler ».  Et pour arriver à cela, « Macky Sall devra nommer ses militants à de hauts postes de responsabilité, histoire de leur donner une puissance financière pour faire de la politique ».

En d’autres termes, le Président Macky Sall veut user de l’insertion de ses cadres  dans l’appareil d’Etat et les entreprises publiques pour les donner les moyens de devenirs des « cadres politiques », au service de sa formation.  C’est donc une option de « fabrication artificielle de « cadres politiques »  au service de son Parti pour promouvoir son leadership, comme Wade le fit pour promouvoir le sien,  à travers des « entrepreneurs artificiellement créés ».

Ainsi, au lieu que le Parti forme des cadres politiques aptes à servir l’Etat,  et que l’Etat s’appuie sur les entrepreneurs nationaux existants pour qu’ils développent leurs activités pour booster l’économie, créer des emplois  et servir  d’encadreurs pour les nouveaux venus dans le monde des affaires,  c’est le contraire qui se produit et bloque les perspectives de la « Révolution tranquille ».

C’est donc  ce contexte qu’il faut prendre en compte pour bien comprendre  les enjeux  des élections locales, les objectifs  des protagonistes et leurs stratégies électorales.

     2)  Enjeux et objectifs des protagonistes.

Les véritables enjeux des élections locales du 29 juin ne sont rien d’autres que le parachèvement, par BBY, de la conquête du pouvoir entamée depuis les présidentielles de Février - Mars 2012, confortée par les Législatives de Juillet 2012,  en remportant l’essentiel des collectivités locales qui sont restées majoritairement entre les mains du pouvoir déchu.

Mais ces enjeux furent occultés par les objectifs du Président de la République  et  de ses cadres politiques, de se tailler une large base politique pour massifier  leur formation en perspective,  de la lutte future pour un second mandat.

Ce sont ces objectifs qui ont présidé  à l’Acte 3 de la Décentralisation qui n’a été rien d’autre qu’une restructuration des collectivités locales en vue de leur contrôle par le Parti du Chef de l‘Etat, comme le fit son prédécesseur en perspectives des Locales de 2009.

Ainsi, le nombre des Collectivités locales fut porté de 488 aux élections locales de 2009,  à  602 après  la suppression  des 14 Conseils régionaux ,  la création de 42 Conseils Départementaux  et le réaménagement des Villes pour affaiblir politiquent les  Maires sortants, afin d’augmenter les chances de leur conquête par les cadres de l’APR.

Le Code électoral fut révisé dans cette perspective, en autorisant le cumul de fonction de Maire,  avec des fonctions  dans l’Etat et  dans les Entreprises publiques..

Ce sont ces préoccupations étroitement partisanes qui ont plombé ce qui devait être  une réforme essentielle de notre politique de Décentralisation,  pour rendre plus effectives, les avancées historiques du peuple, organisé en collectivités locales, qui sont traduites dans la Constitution en termes «  d’auto -administration » et « d’autonomie de gestion » par leurs Conseillers  élus au suffrage universel direct

Les autres composantes de la coalition au pouvoir, (Macky 2012,  Benno AK TANOR et BSS)   étaient ainsi mises devant le choix d’accepter ces objectifs visés par le Chef de l’Etat pour asseoir l’hégémonie de son Parti, dans laquelle il voit le moyen de réaliser  son vœu d’un second mandat,  ou de devoir l’affronter dans les Locales, rejoignant ainsi les thèses soutenues par ces cadres, de se doter d’une nouvelle majorité différente et distincte de BBY dans cette perspective.

L’opposition, représentée par le PDS et REWMI,   espérait non seulement conserver  les collectivités locales qu’elle avait gagnées en 2009, mais rêvait d’un désaveu populaire  vis-à-vis  du pouvoir,  suite à leur  large déception par les performances mitigées des nouvelles autorités.  Mais ils comptaient surtout profiter de l’éclatement en vue de BBY en direction des Locales, à cause des ambitions hégémoniques de l’APR.

Wade espérait pouvoir catalyser et canaliser un puissant mouvement populaire, notamment à Dakar et dans les autres grandes villes,  pour créer des rapports de force pouvant obliger Macky Sall à négocier  son maintien au pouvoir en contre partie de la libération des fils, ou empêcher la tenue du procès.

Il a conscience que c’est son dernier combat électoral pour laver l’affront qu’il a subi par sa lourde défaite face à Macky, et que, c’est aussi,  c’est sa dernière opportunité  pour  libérer son fils.

Les personnalités et organisations de la Société civile, écartées  des élections   par la Constitution en vigueur,  le nouveau Code des Collectivités Locales, et le nouveau Code Electoral,  espéraient trouver des voies de contournement,  pour évincer les «  Politiques » qui auraient échoué aux yeux des populations.

L’interdiction de participer es qualité aux Locales  que les «  Politiques »  leur avaient faite, les confortaient dans leurs convictions que les populations s’étaient détournées d’eux, et voyaient en elles des   « Alternatives citoyennes crédibles ».

Ainsi,  trois champs de bataille électorale  se dégageaient, à savoir :

  • Les collectivités locales gagnées par BSS en 2009 ;
  • Les collectivités locales gagnées par le PDS et REWMI en 2009
  • Les 42 nouvelles Collectivités locales,  sous formes de Conseils Départementaux.

C’est pour investir ces trois champs de bataille que les principaux protagonistes ont élaboré leurs stratégies électorales.

                           3) Les stratégies électorales.

La première étape de ces stratégies  s’est traduite  dans les options de confections de listes électorales.

Pour BBY, en vertu des contradictions qui minent ses différentes composantes en direction  des Locales, il était décidé d’une stratégie à deux niveaux :   ou bien, aller ensemble  dans les collectivités locales où  des listes unitaires peuvent être retenues consensuellement, ou bien,  aller dans une coalition de son choix à l’exclusion d’alliance avec les Partis de l’Opposition.

Pour le PDS et REWMI,   il faillait aller en alliance partout où c’est possible,  à  l’exclusion de l’APR.

Pour la Société civile,  il faillait trouver un Parti pour parrainer  leurs listes.

La mise en œuvre de ces options s’est traduite par une dislocation de fait de BBY dans tous les trois champs de bataille,  même si  le Chef de l’Etat a confisqué le sigle pour y abriter ses cadres et ses hommes issus de la société civile, pour faire un raid sur les collectivités locales, y compris celles  sous le contrôle de ses alliés au pouvoir.

Mais,  elle n’a pas épargné  le Parti du Chef de l’Etat, APR,  qui a vu ses contradictions internes s’accentuer  par l’appât des promesses de promotion  dans l’appareil d’Etat et les Entreprises publiques,  que le Président de la République a  fait à  ses cadres qui gagneraient leurs collectivités locales, mais aussi, par les menaces de perte de poste à tous ceux qui en détiennent et qui n’auraient pas gagner leurs  collectivités locales.

L’utilisation de l’Etat pour massifier son parti est devenue option politique mise en œuvre ouvertement.

Macky 2012, qui est la première alliance qui l’a porté au premier tour pour le qualifier au second tour des élections présidentielles de 2012,  s’est démarquée  des listes parrainées par le Chef de l’Etat, pour confectionner les siennes propres et aller à l’assaut des collectivités locales en concurrence ouverte et hostile, avec  la Liste des hommes du Président de la République sous couvert de BBY.

Benno AK TANOR en a fait de même, singulièrement  dans le Département de Dakar, où le Maire socialiste sortant,  a su  établir une large coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile, pour défendre les acquis  de 2009 dans la capitale.

BSS,  désemparé par le ralliement spectaculaire de l’AFP à  la stratégie électorale du Chef de l’Etat, est parti en ordre dispersé.  Sa composante de Gauche  n’a pas su  s’ériger  en une alternative à l’AFP, pour promouvoir une liste commune ouverte à la société civile.

Comme  à BBY, la mise en œuvre de la  stratégie électorale du Chef de l’Etat s’est traduite par l’éclatement de fait  de BBS.

Ainsi,  en perspectives des élections locales du 29 Juin 2014, le Chef de l’Etat a réussi la prouesse  de disloquer  les principales coalitions (Macky 2012 et BBY) qui l’ont porté respectivement au premier tour et au second tour des élections présidentielles de 2012,  et constituent sa majorité à l’Assemblée nationale, pour mettre en place une nouvelle majorité présidentielle en gestation dans ses listes présentées sous le sigle trompeur de BBY.

Le rejet  de ce projet de « nouvelle majorité  présidentielle »  présentée comme une «  CAP 21 bis » par BSS et Benno AK TANOR,  a certainement été l’élément déclencheur  du choix de la stratégie électorale du Chef de l’Etat en direction des Locales du 29 Juin, qui a abouti à cette dislocation de BBY et de BSS.

En outre, ni le PDS, ni REWMI, n’a su  dégager,  au niveau national,  des coalitions  pour matérialiser leurs mots d’ordre de « tous, sauf APR ».  Leurs cadres sont allés en coalition  avec des cadres de l’APR dans  de nombreuses collectivités locales,  enlevant ainsi  tout crédit à leurs tentatives de faire des Locales un  « référendum »  contre  le pouvoir,  en essayant d’entraîner au maximum  les déçus, et les mécontents de sa politique.

La société civile s’est investie en masse, mais dans la dispersion,  derrière des sigles empruntés de Partis politiques,  donnant ainsi l’impression  quelle est  sont aussi   omnibulée, comme les leaders politiques,  par  les lambris du pouvoir local, alors qu’elles n’ont eu  de cesse  à  les dénoncer pour ces mêmes attitudes.

Ce sont ces listes en compétition qui se sont avérées  être des listes non partisanes,  et  perçues comme des  coalitions ouvertes entre politiques et société civile,  et  ou  entre partis au pouvoir et partis de l’opposition, qui sont  allées dans la deuxième étape de la stratégie électorale  qui est  la campagne électorale.

                    4) La campagne électorale.

Elle s’est déroulée de façon calme et pacifique dans sa globalité,  et le peu de violences  physiques  notées a eu lieu entre  membres de la coalition BBY au pouvoir, là où tout le monde craignait des violences entre pouvoir et opposition.

Cette situation inattendue reflète l’allure inédite de ces Locales où l’on s’attendait  à une critique en règle  du bilan du pouvoir par l’opposition.  Mais la configuration des listes concurrentes  ne permettait pas un tel contenu dans le discours de campagne.

 Même le bilan des Maires et Présidents de Conseil Rural sortants  n’était pas au centre des débats.   Ce qui occupait  les ténors des listes en compétition  c’était, pour les uns, comment se  faire accepter par les populations,  et pour les autres, qui acheter  pour obtenir des voix.

Les uns étaient à la recherche de solidarité de proximité,  tandis que d’autres étaient à la recherche de clientèle.

 Le devenir des collectivités dans le cadre de l’Acte 3 de la Décentralisation, ou le sort de la participation  citoyenne dans les collectivités locales étaient les derniers soucis des prétendants au suffrage dans leurs collectivités locales.

Dans cette situation, la voix de  ceux qui se voyaient porteurs d’un «  programme de développement local » était inaudible.

La rivalité entre longueurs de caravanes, et de puissances de sons musicaux dans les rassemblements avait le dessus.

C’était une période de traite pour les « ambianceurs » et pour les prestataires  d’appareils de musique.

Dans cette atmosphère de campagne   « bon  enfant », Wade avait du mal  à faire  entendre  ses mots d’ordre de  «  départ de Macky en cas de défaite » ou de «  dissolution de l’Assemblée nationale ».   Même  son évocation  du problème  « Mittal » qu’il a présenté comme le « scandale » qui pourrait enterrer Macky,  n’a pas reçu l’attention qu’il attendait, ni susciter l’indignation qu’il espérait.

C’est donc à son corps défendant, qu’il assistait  à son incapacité à réaliser ce vaste rassemblement derrière ses mots  d’ordre, sans lequel son rêve de libérer son fils allait se transformer en son pire cauchemar.

De même, Macky se rendait compte  que son «  Plan Emergent pour le Sénégal »  et ses  «  Pôles régionaux  de territorialisation de ses Politiques de Développement »  étaient inaudibles, et n’étaient même pas la tasse de thé de ses cadres  durant la campagne.

Et pourtant,  ils étaient pour Macky, le moyen de faire espérer tous ceux qui sont déçus par sa politique, pour éviter  que ses listes ne soient sanctionnées.

Mais il s’est rendu compte, un peu trop tard,  que c’est dans la division de son Parti, et dans sa rupture avec les  coalitions qui l’ont porté au pouvoir,  où se trouve son risque de perdre les élections.

  C’est ce qui explique son cri de détresse lancé à ses cadres à Thiès en leur disant que « ce serait un miracle si vous  parvenez  à gagner cette localité ».

Ainsi, à l’issu de la campagne électorale, aucune tendance  de rapports de force au niveau national ne s’étaient dégagée en faveur des listes de Macky, ou de Wade, encore moins de Idrissa Seck. 

Même au niveau  des principales  collectivités locales, notamment à Dakar,  Chaque liste pariait sur sa victoire et ne pouvait même pas envisager sa défaite, particulièrement chez les listes issues de la Société civile.

    5)  Le scrutin du 29 Juin et ses résultats.

Malgré le déroulement globalement pacifique   du processus électoral, de fortes craintes de violence  persistaient encore chez nombre de citoyens, particulièrement dans les collectivités locales à grands enjeux comme Dakar, Guediawaye, Rufisque, Thiès et St Louis.

Le nombre inédit de listes électorales au nombre de 2700, dans 602 collectivités locales contribuait aussi à susciter des craintes lors du déroulement du scrutin.

Le nombre de plus de 200 partis politiques jugés pléthorique a été indexé, à tord, comme étant la cause  du nombre faramineux de 2700 listes de candidature en compétition.

En effet, si le pouvoir avait accepté la proposition qui lui a été faite lors de la révision du Code électoral, d’adopter le   « bulletin unique », l’on aurait eu 602 listes et non 2700.

Mieux, on aurait eu même moins de 602 listes, si le pouvoir n’avait pas profité de la suppression des 14 régions pour  transformer 42 Départements en Collectivités locales, on aurait eu 28 listes en moins.

Et si le pouvoir avait mis en œuvre son engagement de supprimer les collectivités locales que son prédécesseur  avait créées  après les élections locales de 2009 pour des raisons politiciennes dans des localités comme Mbane et Sangalkam, l’on aurait eu 488 Collectivités locales comme en 2009,  donc  488 listes.

Donc,  le nombre de Partis politiques  n’est pour rien dans l’existence des 2700 listes. Ce qui est en cause,  c’est l’émiettement irrationnel des Collectivités locales,  et le refus du « bulletin unique ».

Ainsi, ceux qui veulent profiter de l’émoi causé par les 2700 listes en compétition aux Locales pour incriminer le nombre de partis politiques,  cachent mal leurs objectifs anti démocratiques de  supprimer des Partis politiques et /ou  de renforcer le caractère censitaire  du système électoral,  pour ne réserver le droit de briguer le suffrage du peuple qu’aux puissances d’argent.

 Mais à la surprise générale, le scrutin s’est déroulé pacifiquement,  et n’a connu de graves problèmes  qu’à St Louis,  Podor et Kolda,  avec la contestation des résultats provisoires.

Même,  le taux de participation de 41% est très honorable,  comparé au 37% des Législatives  de Juillet 20012.

Le peuple Sénégalais a encore fait preuve de maturité qui va contribuer à rehausser son prestige international.

Selon les résultats provisoires,  la coalition   BBY du Chef de l’Etat a obtenu  8  capitales régionales sur les 14, là où son prédécesseur, le PDS,  avait obtenu  11 sur 14 en 2OO9 !

Elle a obtenu 28 Conseils Départementaux sur 42,  alors que son objectif en les créant,  était  d’avoir la main mise sur la totalité !

Enfin, sur les 602 Communes, dont les Communes d’Arrondissement,   les Villes de Dakar, Thiès, et Rufisque,  la grande Commune de Touba,  celle de Ziguinchor et de Diourbel, qu’elle a perdues, elle aurait remporté  475  collectivités locales,  l’autorisant à crier victoire !

Comme le PDS en 2009, la Coalition du Chef de l’Etat cherche à atténuer dans l’opinion, sa cuisante défaite dans les principales cités du Sénégal, notamment à Dakar, qui a renversé les rapports de force politique en sa défaveur.

Son triomphalisme artificiel affiché,  ne devrait pas  masquer  la situation politique dangereuse pour la survie du régime, dans laquelle le Président de la République  s’est mis de son propre chef.

Comme Wade au sortir des élections de Mars 2009, cette forme de massification de son parti l’a affaibli politiquement au sortir du scrutin du 29 Juin.  Son propre Parti, et les deux coalitions qui l’ont porté au pouvoir,  en sont sortis divisés et meurtris.

 Sa « nouvelle majorité » sortie des urnes,  porte les stigmates de sa gestation et de sa naissance, et  focalise non seulement l’adversité de l’opposition,  mais aussi celle de ses ex- alliés  de BBY, sortis victorieux de l’épreuve de force qu’il leur a imposée.

 Cependant, l’opposition constituée par le PDS et REWMI,  s’en ont aussi sortie  très affaiblie. Le PDS  est devenu la troisième force politique au niveau national ; ce qui lui brise son rêve de devenir l’interlocuteur légitime du pouvoir qu’il était au sortir des Législatives de Juillet 2012,  pour présenter ses exigences politiques, notamment,  obtenir la libération de son fils ;   tandis que  REWMI,  en perdant les Département de Tivaouane et de Mbour qu’il contrôlait politiquement à travers le Conseil régional de Thiès qu’il dirigeait,  il voit  s’évanouir ses ambitions  de se présenter en alternative  privilégiée  du pouvoir en perspectives des prochaines Présidentielles.

Les personnalités et organisations de la Société civile,  ont eu la leçon politique  de leur vie, qui devrait leur faire comprendre,  que les populations, au plan électoral,  se déterminent par rapport aux partis politiques, dont l’existence et l’activité se sont historiquement imposées comme le véhicule de l’expression de leur suffrage qui est à la base de toute  République Démocratique.

Notre peuple s’est historiquement investi pour l’existence des partis politiques, qu’il perçoit comme le garant de la Démocratie et de sa vitalité.

Malgré ses remontrances contre les Partis politiques,  au moment de l’expression de son suffrage,  il  n’a jamais mis tous les partis politiques dans un même moule, appelé «  classe politique ».

C’est donc peine perdue que de vouloir dresser notre peuple contre une « classe politique »,  pour se présenter en « alternative »  pour réaliser ses aspirations.

Après les candidatures indépendantes  infructueuses depuis  1993, aux Présidentielles et aux Législatives, le scrutin du 29 Juin  2014, est la troisième leçon  politique,  que les personnalités de la Société civile devraient méditer, pour sortir du rêve d’une alternative citoyenne  à la «  classe politique » dans notre pays.

Ainsi, la deuxième véritable  force politique dont le pouvoir est obligé de tenir compte, est constituée de l’ensemble des coalitions locales qui ont regroupé des «  politiques » et des « personnalités et organisations de la Société civile », et qui l’ont battu dans les collectivités les plus stratégiques et les plus sensibles.  Elles sont devenues le creuset d’où devrait sortir la véritable alternative au Chef de l’Etat,  en perspective des prochaines présidentielles.

Pourtant, l’objectif politique recherché par le Chef de l’Etat dans sa stratégie électorale, était de neutraliser toutes possibilités d’alternative crédible  qui aurait pu menacer sa quête de son second mandat, qu’il voyait  parmi les « politiques »  dans les rangs des coalitions qui l’ont porté au pouvoir.

 Mais au finish, il a réalisé  la prouesse de créer les conditions objectives  d’une recomposition  du paysage politique en faveur des forces de Gauche  acquises aux réformes arrivées à maturité, et des forces de la Gauche de transformation sociale,  toutes issues de « Partis politiques et de la Société civile »,  pour réaliser, ensemble, la «  Révolution tranquille » de Type Québécois, dont notre société est grosse.

Dans ce contexte,  la Gauche de transformation sociale ne pourra jouer un rôle significatif dans cette   « Révolution » qu’en s’unissant au sein  d’une même organisation de lutte.  Le positionnement individuel de ses différentes composantes dans les partis et dans les organisations de la société civile, a atteint aujourd’hui, ses limites sociales.

La situation post électorale du 29 Juin 2014,  invite  ces différentes composantes à franchir  le cap des concertations, pour aller résolument à leur unification.

 Ibrahima SENE 

PIT/SENEGAL

Dakar le 3 Juillet 2014

 

 

 

 

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Publié le 29 Mai 2014

«ACCELERER LA CADENCE, OUI!  FALSIFIER LES DONNEES ET BACLER LES RAPPORTS, NON!»

 

Le  Communiqué du Conseil des Ministres  du 26 Mai 2014, confronté à la « Note de Conjoncture du premier Trimestre 2014 » publiée  récemment  en Mai,  par la Direction de la Planification et des Etudes Economiques (DPEE) du Ministère de l’Economie et des Finances, présente des contradictions si flagrantes sur la situation économique du Sénégal, qu’il serait peu patriotique de ne pas les révéler.

D’abord,  une anomalie criarde. Le Communiqué  fait référence aux « embellies » de la situation économique au «  premier semestre  2014 », c’est-à-dire au 30 Juin 2014, alors qu’il  est publié le 26 Mai !

Le fait qu’aucune Autorité de l’Etat, encore moins du Ministère de l’Economie et des Finances,  n’a jugé nécessaire, jusque là,  d’attirer l’attention sur  ce qui pourrait être une erreur manifeste de rédaction du Communiqué, et rectifier la référence au « semestre »,  laisse penser à un travail bâclé que personne ne s’est donné la peine de vérifier. 

Même les rédactions de nos journaux ont pris comme « Evangile » ou «  Coran » le contenu du Communiqué,  sans aucune lecture attentive, encore moins critique !

Cela démontre à souhait,  le peu d’importance donné aux questions essentielles qui touchent à nos conditions de vie et de travail et  qui conditionnent notre avenir.

L’attrait des « faits divers  politiciens ou people » l’emporte sur ces questions de fonds !

Ensuite, il est à noter que le Communiqué  compare le taux de croissance de l’Indice Général d’Activité (IGA)  au premier Trimestre de  2014, soit au 31 Mars,  qui est de 3,2%,  avec celui  de   2013, qu’ il chiffre à 2,1%,  mais il a  oublié  de mentionner, que cette «  embellie »   ne s’est traduite   pas dans l’évolution de l’emploi dans le secteur moderne. 

En effet, l’emploi du secteur moderne  au premier trimestre de 2014, a baissé  3,1%, alors  qu’il n’avait baissé que de  2,5% dans la même période en 2013. 

Cette aggravation des pertes d’emplois  s’est répercutée  aussi bien dans le secteur secondaire, avec une baisse de 3,8% contre 3,1%,  que dans le secteur tertiaire, avec  une baisse  de 2,3% contre 2,0%.

Dans la même période,  la compétitivité –prix de notre économie s’est fortement dégradée   de 2,6%,  à cause d’une forte appréciation du Franc CFA de 4,7%  contre 1,2% durant le premier trimestre de 2013, et d’un différentiel d’inflation moindre,  qui est passé de -3,4%  au premier trimestre de 2013, à -2,1% au premier trimestre de 2014, traduisant une hausse relative du taux d’inflation durant la période, malgré cette  « embellie »  dans les activités que l’on a voulu faire passer comme un message d’espoir !

Ainsi,  cette relative « embellie »  de l’Indice Général d’Activité ne s’est traduite ni dans l’emploi, ni dans le niveau relatif de l’inflation,  dans un contexte d’aggravation  de l’Appréciation du Franc CFA,  suite à celle de l’EURO auquel il est arrimé par un Compte d’Exploitation logé dans le Trésor Public Français.

Mais, c’est surtout au niveau des Finances publiques,  que le Communiqué du Conseil des Ministres laisse pantois.

En effet,  alors que nous sommes au mois de Mai,  il annonce que «  sur le niveau de recouvrement des recettes fiscales, le Ministre a noté pour ce premier semestre, (c’est-à-dire au 30 juin)  un montant total de 449 milliards de FCFA, contre 417 milliards de FCFA en 2013, soit une hausse de 31 milliards de FCFA. »

Cette curieuse affirmation, confrontée avec les  recettes fiscales réellement recouvrées au 31 Mars 2014, selon toujourrs la «  Note de Conjoncture » de la DPEE, est de 323,4 milliards, contre 314,9 milliards  au premier trimestre de 2013, soit une augmentation de 8,5 milliards !

D’où le Ministre  a t – il  tiré ces recettes fiscales de 449 milliards et de 417 milliards pour annoncer  une plus value de 31 milliards ?

Pis encore,  Il soutient  qu’il a été effectué « au titre des engagements de l’Etat, un niveau de paiements plus important, avec un montant global de 972 milliards de FCFA injecté dans l’économie nationale », alors que les Dépenses totales au premier trimestre de 2014 s’élèvent à 427,8 milliards selon toujourrs la DPEE, dont 140,5 milliards de Dépense d’Investissement et 287,3 milliards de Dépenses courantes !  

D’ailleurs, même si le Ministre avait les 449 milliards de recettes, comment a-t-il pu injecter 972 milliards dans l’économie sans se soucier du déficit budgétaire que cela entraînerait ?

En fait,  la gestion budgétaire du premier trimestre 2014, a aggravé le déficit budgétaire  relativement  à celui de 2013 à la même période,  en le faisant passer de 46,6 milliards à 77, 7 milliards !

C’est dans ce contexte difficile de situation économique, sociale et budgétaire,  que l’on va procéder, dans le cadre de la Loi des Finances Rectificatives,  à ponctionner du budget d’investissement,  57 milliards pour financer  « des études complémentaires de 27 projets phares du PSE, du Service universel de l’Energie et du Programme d’autosuffisance en riz »  et , «  la prise en charge des contreparties de l’Etat dans le cadre des financements de projets et programmes en cours d’exécution ou dont les conventions ont été signées ».

Cette option de réduction des investissements  en faveur des dépenses de fonctionnement rentre en contradiction  avec  toutes les professions de foie des nouvelles Autorités.

En effet, au lieu de réduire le Train de vie dispendieux de nos Gouvernants qui va augmenter de 8,6milliards dans le budget de 2014,  en passant  de 313,6 milliards  en 2013 à  323,2 milliards de Frs CFA,  l’on projette de réduire les investissements sur ressources propres de 57 milliards, alors que l’Etat avait programmé de les augmenter de 52,7 milliards dans le même budget,  pour le les porter de 447,3 milliards à 530 milliards, afin de  traduire  «  la volonté affichée par les autorités d’accélérer l’exécution des projets d’investissement structurants dans le contexte notamment de la mise en œuvre du PSE » !

Devant toutes ces interrogations, le Ministre de l’Economie et des Finances devrait revoir sa copie, et le Chef de l’Etat, ses  nouvelles options véhiculées dans le projet de Loi des Finances Rectificatives, en les mettant au centre d’un débat national.

En tout état de cause, les Députés de BBY devraient redoubler de vigilance et se préparer, pour mieux évaluer, à l’occasion des la Loi des Finances Rectificatives, la situation économique et sociale du pays et ses perspectives, afin d’infléchir ces nouvelles options dans le sens d’une meilleure prise en compte, par l’Exécutif, des préoccupations d’emploi, d’éducation,  de pouvoir d’achat,  et de souveraineté économique du peuple Sénégalais.

Les aider, par des recherches et la mobilisation autour de la Loi des Finances Rectificatives,  pour qu’ils y parviennent,  est un devoir citoyen de premier ordre.

                                          Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

                                                                                   Dakar le 29 MAI 2014

 

SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE AU PREMIER TRIMESTRE 2014

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié le 28 Mai 2014

Redonner à nos universités leur véritable vocation : un impératif national !

Le secrétariat du Comité Central du Parti de l’Indépendance et du Travail, en sa séance du 27 mai 2014, s’est particulièrement penché sur les événements récents survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Des événements regrettables, à tout point de vue !

Mais des événements qu’il ne faudrait nullement isoler- au risque de commettre une grossière erreur de jugement- de la trame fatale fait d’un cocktail détonnant que des années d’errements, de ponce pilatisme, de refus de recherches ou d’application de solutions sérieuses ont contribué à asseoir, plongeant l’Ecole et l’Université sénégalaises dans une crise systémique.

Car et en vérité, le désolant pic de violences vécues à Cheikh Anta Diop, avec ses casses et destructions, son lot de blessés et d’arrestations, n’est pas tombé du ciel.

Aussi lui trouver une solution pertinente impose, au-delà de la légitime indignation, une réflexion à froid, permettant de renouer avec des postulats devant être acceptés par tous les acteurs.

De ce point de vue, autant il est inadmissible, qu’au mois de mai finissant, les étudiants en soient encore à réclamer leurs bourses, autant il n’est pas acceptable que ces bourses soient octroyées hors normes, sans le moindre esprit ni de justice sociale, ni de promotion du mérite.

Pas plus qu’il n’est pensable que l’Université soit érigée en zone de non droit, dans laquelle chacun peut faire tout et son contraire, sans la moindre crainte avec, comme conséquence, l’érection de gangs organisés depuis des années, en dehors de toute ambition pédagogique, des gangs prenant en otage, au vu et au su de tous, tout un système !

Si, en la matière, la responsabilité de l’Etat-(en l’occurrence l’Etat transcende les régimes)- est pleine et entière, tout doit pourtant être fait pour que l’Université soit un champ de libertés propice à l’éclosion de la pensée féconde.

Il appartient ainsi, comme on le voit, à tous les acteurs d’agir efficacement pour que nos universités ne soient point investies par les forces de l’ordre précisément parce qu’aucun contexte qui y inviterait ne serait crée.

Ce qui signifie, du côté des étudiants, renouer avec des formes de mobilisation et de revendication préservant les biens publics et privés. Ce qui suppose aussi, de leur côté toujours, suffisamment d’intelligence et de discernement, pour que leur désarroi ne soit exploité à des fins politiciennes ou, pire, à des fins mafieuses.

Le gouvernement doit, pour sa part, tirer tous les enseignements de la crise ainsi vécue. Il doit traiter tous les étudiants du pays avec équité, responsabilité et constance.

Son ambition doit être, avec les ressources nationales, de créer les meilleures conditions de vie et d’étude pour les fils du pays afin que le Sénégal extirpe son Ecole et son Université du bourbier dans lequel elles sont, depuis trop longtemps, plongées.

Aussi est-il vital de recruter massivement des enseignants qualifiés, d’intensifier le rythme des constructions d’amphis et de résidences universitaires tout en instaurant un climat de confiance par une culture de dialogue permanent.

Dans l’immédiat et pour sortir l’Université sénégalaise de sa mauvaise passe actuelle, le Secrétariat du Comité Central du P.I.T propose :

-l’examen des voies les meilleures pour la libération des étudiants interpelés

-le départ des forces de Police de l’espace universitaire pour placer les étudiants devant la responsabilité de reprendre leurs études dans la paix et la stabilité(les bourses étant en train d’être payées)

- une réflexion diligente pour explorer, concernant les masters, une solution exceptionnelle de transition entre la situation d’avant LMD et les exigences du LMD

-une meilleure implication des organisations de parent d’élèves et étudiants aux fins de conférer à celles-ci un statut consultatif sur toutes les questions touchant à l’éducation et à la formation

Le Secrétariat du P.I.T demeure convaincu qu’ensemble il est possible de redonner à nos Universités leur véritable vocation !

Il y va de l’intérêt national bien compris !

 

 

Dakar, le 27 mai 2014

REDONNER A NOS UNIVERSITES LEUR VERITABLE VOCATION!

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié le 26 Mai 2014

Le bureau du Mouvement des Élèves et Étudiants du PIT-SENEGAL s’est réuni, le samedi 24 Mai 2014.

Il a procédé à une analyse approfondie de la situation de tension qui prévaut au niveau de plusieurs universités publiques sénégalaises, en particulier celle de Dakar.

Le soubassement de ces mouvements d’humeur semble être lié à deux principales causes : le retard de paiement des bourses et la question de l’orientation des étudiants en Master.

Il est indéniable que la responsabilité des autorités gouvernementales est engagée pour ce qui est du retard récurrent du paiement des bourses, ce qui conduit régulièrement à des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre.

Mais la violence des affrontements de la semaine dernière a surpris la communauté universitaire et l’ensemble des Sénégalais car survenant dans un contexte de mise en œuvre des réformes reposant sur les recommandations de la Concertation nationale sur l’avenir de l’Enseignement supérieur. Visiblement, il y a un déficit d’appropriation de ces recommandations par les diverses parties prenantes (mouvement d’étudiant, syndicat d’enseignant, société civile, gouvernement).

La revendication de l’orientation des étudiants en master est plus complexe, car l’acuité du problème d’encadrement a été négligée ces dix dernières années, ce qui entrave le processus d’inscription de tous les étudiants, qui en font la demande, en master.

Pour une meilleure prise en charge de tous les étudiants, le gouvernement devra obligatoirement trouver une alternative, pour les étudiants non-inscrits en master, en leur proposant des formations à distance ou une insertion dans le milieu socio-professionnel. C’est pourquoi nous pensons que des mesures suivantes doivent être prises :

- Recrutement significatif d’enseignants

- Meilleure valorisation du statut des vacataires

- Amélioration de la qualité des enseignements

Par ailleurs, au vu de l’obsession dont les autorités du Ministère de l’Enseignement Supérieur ont fait montre pour ce qui est de l’instauration des nouveaux droits d’inscription, nous demandons des éclaircissements sur les ressources financières issues de l’augmentation des frais d’inscription.

Nous exprimons toute notre solidarité à l’endroit des étudiants victimes de violences, et exigeons la libération immédiate des étudiants arrêtés, nous condamnons également toutes sortes de violences verbale ou physique.

Le Mouvement des Élèves et Étudiants du PIT, lance un appel à tous les étudiants, pour qu’ils s’organisent autour d’un syndicat fort, pour une meilleure prise en compte de leur conditions d’études.

Nous lançons un appel solennel aux étudiants, aux syndicats, à la société civile, et au gouvernement, à un dialogue franc et sincère, afin de pouvoir terminer l’année académique en toute tranquillité.

Vive le Mouvement Étudiant!!!

Fait à Dakar le 24/05/2014

 

COMMUNIQUE MOUVEMENT DES ÉLÈVES ET ÉTUDIANTS DU PIT (MEEPIT) SUR LA SITUATION UNIVERSITAIRE

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié le 23 Mai 2014

 

Nos Universités à Dakar, St Louis et Ziguinchor ont été, ces jours –ci le théâtre de violences jamais égalées, avec à Dakar 20 blessés dans les hôpitaux et 72 étudiants interpelés !

Le Ministre de l’Enseignement supérieur a cru bon d’indexer la responsabilité des étudiants dans cette nouvelle crise, en évoquant l’existence « d’étudiants de longue durée », et de « fraudes des étudiants sur les bourses », pour faire de leur « malveillance » ainsi établie, la cause des violences dans ces Universités.

Mais alors, qui a accepté à l'université ces "étudiants de longue durée?" Les étudiants eux-mêmes ou l'incurie des autorités du ministère chargé de l'Enseignement supérieur et des autorités universitaires.

Le gouvernement ne peut pas se prévaloir de sa propre turpitude!

Se plaindre aujourd’hui pour mettre les bénéficiaires de cette incurie à l’index, c’est une manière peu intelligente de déplacer les problèmes qui minent notre système d’enseignement supérieur, et de dédouaner les principaux responsables et les politiques qu’ils ont mises en œuvre dans ce secteur.

De même, c’est encore la même protection des véritables responsables, quand le Ministre dénonce l’existence de plus de 2700 étudiants qui reçoivent des bourses dont ils n’ont pas droit, tenant ainsi de faire encore à la faute des étudiants, accusés de percevoir frauduleusement une bourse, comme s’ils les avaient « volées à la « Nation » !

Il faudrait arrêter cette culpabilisation sans fondement pour justifier les répressions policières dont ils sont régulièrement l’objet, dès qu’ils se manifestent pour protester contre leur sort.

Ce sont ,surtout, les organisations des parents d’élèves qui ont laissé ces étudiants à leur sort, en les mettant dans le dilemme de choisir entre la résignation, ou le recours à des actions désespérées pour se faire entendre.

Jamais une organisation de parents d’élèves n’a pris fait et cause, pour les étudiants, pour leur donner des moyens alternatifs, dans la défense de leurs intérêts.

Au contraire, elles se complaisent dans des actions de médiation entre gouvernement et étudiants en lutte, comme s’il ne s’agissait pas de l’avenir de leurs propres enfants qui est en jeu.

Donc, tant que l’on occultera la responsabilité de ceux dont l’incurie dans la gestion de ce secteur est la cause principale de la crise dans l’Enseignement supérieur, pour culpabiliser les étudiants afin de justifier la répression de leurs luttes, et, tant que les organisations des parents d’élèves démissionnent dans leur mission de défendre l’Ecole et des apprenants, pour servir de médiateur » ou autre « modérateur, les étudiants n’auront que des « actions suicidaires », comme recours pour se faire entendre.

Cette démission des organisations des parents d’élèves laisse le champ libre à différents lobbys pour manipuler le désarroi des étudiants à des fins politiciennes, ou carrément mafieuses dans la drogue et la prostitution.

Une pareille situation dans le contexte économique difficile actuel de notre pays, couplé d’une exacerbation de la tension politique en perspective des Locales du 29 juin, est une aubaine pour les activistes de l’opposition qui rêvent, à cette occasion, d’un « troisième tour des Présidentielles de 2012 », pour prendre leur revanche sur le Président Macky Sall, et soustraire les siens des procédures judiciaires dont ils ont l’objet pour « enrichissement illicite ».

Donc, le Président Macky Sall et ses alliés de BBY devraient se ressaisir, pour créer les conditions d’apaisement de la situation universitaire, en libérant les interpelés, en soignant les blessés, en payant à temps les bourses, et en sanctionnant ceux qui sont coupables d’incurie dans leur gestion, dans la perspective d’une véritable « Concertation Nationale sur l’Ecole et l’Université » pour forger un large consensus national dans le secteur de l’Education, que les parodies de concertation ,comme la CNAES, ne peuvent produire.

Les organisations des parents d’élèves devraient se concerter le plus tôt possible pour rencontrer les dirigeants des organisations d’étudiants, pour prendre le relais de leurs luttes, afin de prendre en charge, auprès des autorités, les maux dont ils souffrent.

Les étudiants ne devront plus se sentir seuls, ou livrés à des lobbys politiques et mafieux, dans leur quête de conditions de vie et d’étude décentes, pour faire éclore leurs aptitudes dont la Nation a besoin.

Le pourrissement de cette crise est porteuse d’une grande instabilité en perspectives des Locales, dont notre peuple pourrait bien se passer.

Il est temps de mettre fin à ce cercle infernal de « négociations – luttes- répressions » qui est devenu la marque de fabrique de nos Universités.

 

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

Fait à Dakar le 23 Mai 2014

ARRÊTEZ LA SPIRALE DE LA VIOLENCE DANS NOS UNIVERSITÉS !

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Rédigé par LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Publié le 14 Mai 2014

Question  n°1- Les investitures pour les élections locales ont réservé beaucoup de surprises, du fait notamment des alliances contre-nature et des divergences au sein du parti présidentiel. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?

Réponse :   Les surprises étaient logiquement attendues  du fait  des enjeux que le Chef de l’Etat a donnés aux Locales.  De  « parachèvement de l’Alternance », après les Législatives, en mettant BBY à l’assaut des collectivités locales détenues par le PDS, le Président Macky Sall en  a fait  un enjeu de   « massification » de son parti en perspectives des Présidentielles de 2017. 

C’est ainsi  qu’il s’est « tiré » une balle dans chacun de ses  deux pieds, d’une part,  en attaquant  les collectivités locales détenues par ses alliés  pour les prendre de leurs mains,  et, d’autre part,  en  conditionnant le maintien  des cadres de son parti  dans les  postes de responsabilité  dans l’Etat qu’ils détiennent,  à leur conquête des collectivités locales  d’où ils sont originaires.

Il  a mis ainsi ses alliés de  BBY en position d’adversaires  au même titre  que ceux de l’opposition,  et en même temps , il  a engagé  ses propres cadres  dans une compétition fratricide pour le contrôle de leurs collectivités locales d’origine, faisant que ceux qui n’ont pas encore eu de postes de responsabilité dans l’Etat, vont tout faire pour que ceux qui en ont,  échouent pour dégager la place.

Ce sont donc, ces enjeux que le Chef de l’Etat a délibérément donnés aux Locales,  qui ont produit les types d’alliance aux quels nous avons assisté ces jours ci.

C’est cela qui a fait que l’interdiction  qu’il a faite à ses partisans de s’allier à l’opposition  n’a  pas prospéré, de même que l’interdiction faite par Idy à ses militants  de s’opposer partout à l’APR  n’a pas connu un meilleur sort.

  Par-dessus tout,   Wade  a lamentablement échoué,  dans son espoir  de « fédérer les libéraux » de l’opposition,  à son retour au Sénégal, face à BBY, qu’il considère  comme truffés de   « Communistes », pour faire des Locales,   une occasion de vote sanction contre le régime, sur lequel il espérait surfer  pour acculer le Chef de l’Etat.  

Ce qui a prévalu, par contre, c’est le mot d’ordre du PIT,  de s’opposer à toute velléité d’hégémonie, d’où qu’elle vienne, dans toutes les Localités.

 C’est ainsi que, les coalitions et les listes telles qu’elles ont été confectionnées  ne donnent à aucune formation politique l’assurance de  gouverner seule une collectivité locale quelconque.    Les rêves hégémoniques  et les prétentions de se peser se sont  royalement effondrés.

Nous n’avons pas donc assisté à un recul de la Démocratie, lors de ces investitures,  mais bien à la fin  des prétentions hégémoniques.

 

Question n°2 : N'avez-vous pas peur du syndrome des municipales françaises pour le parti au pouvoir?

  Réponse :   Les conditions dans les lesquelles les coalitions et les listes ont été confectionnées  ne permettent  pas  de reproduire le « syndrome des municipales Françaises », puisque nous ne sommes pas dans une situation où pouvoir et opposition s‘affrontent. 

C’est ainsi  que  les résultats de nos Locales  vont refléter plutôt  le degré de crédibilité locale  des coalitions et de leurs têtes de listes,  et non leur appartenance politique respective au pouvoir  ou à   l’opposition. 

 Les journalistes et autres politologues  qui s’attendaient à un « vote  sanction »  du pouvoir  seront déçus,  et ne devraient s’en prendre qu’à eux  mêmes,  pour avoir longtemps contribué à  accréditer l’idée de  la nécessité de voir les partis se peser individuellement dans les Locales, comme moyens de clarification des  rapports de force entre eux.    Ils ont ainsi ignoré l’enjeu national véritable des Locales qui n’était que le parachèvement de l’Alternance initiée le 25 Mars par BBY, et ont voulu lui substituer le désir  de voir  éclater BBY, considéré comme ayant fait son temps,  et abritant  des « concurrents potentiels en 2017, au Président de la  République qui veut briguer un second mandat.

  C’est ce souci  de sacrifier BBY à l’autel  du second mandat,  qui a créé les conditions ayant  amené le  Chef de l’Etat,  aidé en cela par les cadres  de son parti,  à  substituer  à  cet «  enjeu national »,   un «  enjeu   personnel  étroitement partisan »  dans lequel il a vu ses chances de gagner un second mandat.

Question no 3 - Que vous inspire le retour de Me Wade au Sénégal ?

Réponse :  Le retour de Wade s’inscrit en droite ligne, dans le sillage du combat qu’il a mené partout à l’étranger, pour sortir son fils des procédures judiciaires  intentées contre lui, pour des présomptions «  enrichissement illicite ».   L’on se souvient de sa sortie fracassante  à partir d’Abidjan sur la question.  Mais, puisque malgré tous ses efforts  la procédure  d’investigation est arrivée à son terme et a atteint  la phase de jugement en Juin, il ne lui restait qu’à venir au Sénégal, pour tenter de « gagner le procès, non au près des magistrats, mais dans l’opinion ».  Pour convaincre les Sénégalais de sa faisabilité,  il n’a pas hésité à dire, que les 80% des charges seraient déjà tombées, donc, il  devait rentrer pour faire tomber les 20% restant.  Donc Wade a clairement décliné l’objet de son retour, pour permettre à son fils  d’aller, en 2017, à la conquête du pouvoir, comme l’auraient prédit  des sondages à sa disposition.  Se faisant, il tente de faire  passer à l’opinion que le procès contre son fils est « politique »  et relève d’un  « acharnement judiciaire » pour l’empêcher de briguer, contre le Président Macky Sall, le suffrage du peuple  qu’il aurait remporté sur lui.

D’où sa ferme décision, clairement exprimée en public,  de réaliser, pour son fils,  par la « rue »,  ce que le suffrage des sénégalais ne lui avait pas permis aux Présidentielles de 2012.  Et c’est à cet effet,  qu’il a concocté  une stratégie de tension, malheureusement facilitée par l’interdiction du meeting que son parti voulait tenir à son arrivée.  Il a donc usé de cette interdiction  pour accuser le pouvoir de « fossoyeur des libertés démocratiques »,  et en fit son cheval de bataille.

Mais, malgré l’accueil triomphal que son Parti lui a réservé, et toute sa rhétorique sur les « souffrances du peuple » et sur les « libertés confisquées »,  il n’ a pas réussi à déstabiliser le pouvoir comme il le prévoyait, et  a même été confronté à l’appel  unanime des guides religieux , chrétiens et musulmans,    pour qu’il contribue à préserver la  paix et la stabilité du pays.

 Il revient donc au pouvoir de BBY de ne plus lui donner l’occasion de reprendre l’initiative sur les questions de respect des libertés démocratiques,  et de s’atteler à  régler les problèmes aux quels les Sénégalais sont confrontés,  et ne pas tomber dans les pièges et autres provocations dont il a la maîtrise.

Cependant, cette arrivée de Wade devrait faire comprendre à l’APR, que l’opposition a encore des capacités de nuisance et de déstabilisation énormes,  pour l’inciter à en finir avec ses luttes internes fratricides, et son hostilité  envers ses alliés.

 Question n° 4 : Pensez-vous que le PSE  est un projet crédible qui peut véritablement sortir le Sénégal de l'ornière du sous-développement ?

Réponse : Le PSE,  comme l’a récemment résumé le Représentant résident du FMI,  c’est des « investissements et 17 réformes ».

Ainsi,  si le « programme d’investissement » n’était pas crédible, il n’y aurait pas eu autant d’engouements   des bailleurs  dans leurs promesses de financement, que ce soit en Chine ou à Paris.

Mais le véritable problème du PSE, ce sont les 17 réformes dont parle le FMI,   que  le pouvoir tarde à présenter à l’opinion,  au point que le FMI persiste sur leur urgence.

Les Sénégalais accepteront ils ces réformes, notamment celles  qui concernent  le marché du travail, la réforme foncière,   l’Education, la Santé et les subventions  de l’électricité et de l’agriculture ?

Le financement du PSE par les bailleurs traditionnels du Sénégal autour du FMI et de la Banque mondiale,  risque d’être hypothéqué par le refus  de ces réformes par les Sénégalais.

Ce n’est donc pas étonnant que Mr Dione,  le patron du Suivi des « Programmes du PSE »  n’a évoqué, à aucun moment de son entretien avec Mamadou IBRA Kane à TFM, dans l’émission  hebdomadaire « le Grand Jury »,   les partenaires traditionnels du Sénégal dans le financement du PSE.  Toute son intervention sur cette question était axée sur ce que la Chine, qui n’exige aucune réforme  au préalable  pour financer le PSE,  pourrait faire dans ce domaine.

Donc, avec le financement alternatif que la Chine pourrait apporter, les investissements du PSE pourraient contribuer, sans aucun doute, à « sortir le Sénégal de l’ornière du sous développement ».

Mais tel ne serait pas le cas, si le pouvoir optait  pour le financement de ses partenaires traditionnels avec les 17 réformes préalables, qui, analysées à fonds, remettent  notre pays  « sous ajustement structurel », avec les coupes sombres sur les dépenses budgétaires  dites « improductives »,  notamment dans l’Education publique, la  Santé publique, et les subventions pour l’électricité et les intrants des agriculteurs, mais aussi, les privatisations, notamment de la terre,  et  la  flexibilisation accrue du marché du travail.

Le gouvernement ne devrait pas perdre de vue  la signification de la grève encours des travailleurs du secteur des transports publics, à Dakar Dem  Dikk, quelques jours seulement après la signature du «  Pacte social national de stabilité et d’émergence » avec  les syndicats et le patronat.

C’est le signal évident que les travailleurs n’hésiteront pas à se battre contre toute tentative de violer leurs droits garantis par le Code du Travail et la Sécurité sociale,  comme les organisations paysannes  ne laisseront pas leurs terres être accaparées  par l’agrobusiness. 

Donc, le choix des partenaires traditionnels  pour financer le PSE n’est pas une fatalité,  dès lors qu’il y a une alternative qui s’inscrit dans la préservation des acquis sociaux et économiques des populations.

Ibrahima Sène PIT/SENEGAL

Dakar le 7 Mai  2014.

 

 

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