PROBLEMATIQUE DE LA COMMUNICATION POLITIQUE AU SENEGAL.

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PROBLEMATIQUE DE LA COMMUNICATION POLITIQUE AU SENEGAL.

Problématique actuelle de la communication politique au Sénégal.

En tant qu’observateur intéressé du Dialogue social et politique dans mon pays je voudrais partager ici un avis sur les raisons handicapantes de ce dialogue, suite à l’analyse des arguments parfois politiciens livrés par les protagonistes et qui donne au jeu politique l’image d’une guerre des tranchées.

On communique avec l’autre, sur un sujet, à travers un médium, dans un environnement et un contexte donnés, pour se faire comprendre. La finalité de la communication qui est de se faire comprendre, de convaincre, est ainsi tributaire d’un tel dispositif savamment managé.

Au regard de ces déterminants de la Communication l’on appréhende aisément les difficultés d’avoir une bonne maîtrise des techniques de communication pour les acteurs de Développement du Sénégal post Alternance Wadienne. EN effet notre pays est arrivé à la croisée des chemins où il faut faire le choix entre la voie du changement radical vers le progrès et l’émergence qui ne peut pas manquer d’être douloureux ou celle de la continuité, dans la compromission, la concussion au nom d’un simulacre de paix et de stabilité sociale qui nous mènera inéluctablement droit au mur. Cette dernière option consisterait à accepter la perpétuation de croyances invalides, des pratiques obsolètes, à laisser des anti-valeurs comme le vol, le détournement, l’ enrichissement illicite, la corruption prospérer, à laisser le champ libre à la débauche intellectuelle pour continuer à brouiller la vision et manipuler l’opinion, à laisser des contre-modèles devenir des idoles, des démons se faire aduler comme des Anges, à laisser des parias s’ennoblir avec les fortunes du pays. C’est ici toute l’énigme de la communication entre acteurs politiques. C’ est justement là où réside la fracture sociale structurante de l’environnement communicationnel de notre pays qu’on ne peut plus occulter et qui met face à face deux camps, deux philosophies politiques opposées, deux Sénégalais d’époques différentes, dans une diligence de devoir communiquer sur le devenir de notre pays, sur la conduite de son développement.

Ainsi devant n’importe quel sujet de débat public, les organisateurs du débat ou de la partie de communication ont consciemment ou inconsciemment cautionné les positionnements des protagonistes, dans les invitations, dans le choix du sujet, dans la manière de conduire le débat ou d’orienter la communication. IL s’y ajoute que les communicants n’ont toujours pas le même niveau de maîtrise des sujets de la communication. L’autre difficulté est que souvent les parties avant de se mettre en scène de communication, ont déjà télécommuniqué entre eux ou à travers leurs cadres d’obédience respectifs, sur le sujet au point que la partie de communication n’est plus qu’une mise en scène de règlements de compte, de pugilats verbaux et de valorisation de chaque protagoniste aux dépens de l’autre sur la propre échelle de son camp, de son groupe. C’est pourquoi le véritable obstacle à la communication se situe au niveau des moyens de communication, organes de presse écrite ou parlée qui régentent la pré-communication ou l’environnement de la Communication, en d’autres termes qui favorisent une télécommunication avant l’acte de communication. Autrement dit les moyens de communication publique que sont les organes de presse font souvent la communication à la place des citoyens eux-mêmes et ceci de deux manières : d’abord en usant et abusant de leurs prérogatives de décider de sur quoi on doit communiquer ou de ceux qui doivent communiquer et d’autre part en exploitant à fond l’art de communiquer qui consiste à manipuler pour atteindre ses fins et ceci en orientant et en anticipant sur les comportements des cibles grâce à une télécommunication sur les problématiques à débattre.

En conclusion pour avoir un dialogue politique fécond, une bonne communication entre acteurs il faudrait que tous conviennent que le changement est aujourd’hui incontournable et que l’angle d’attaque pour ce changement reste celui de la restauration des valeurs au centre desquelles l’éthique, l’inviolabilité de la chose publique, le patriotisme et l’amour du travail. La responsabilité de la presse est entière dans ce qu’est la communication aujourd’hui, ce qu’elle sera demain et l’avenir du Sénégal en tant que nation dépend lourdement de cette prise de conscience.

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