SENEGAL: LA CREI, UN INSTRUMENT REVOLUTIONNAIRE

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SENEGAL: LA CREI, UN INSTRUMENT REVOLUTIONNAIRE

La CREI, un instrument révolutionnaire de bonne Gouvernance et de justice sociale à pérenniser

La création et l’activation de la cour de répression de l’enrichissement illicite a fait couler beaucoup d’encre, de salives et a fait l’objet de critiques aussi malveillantes qu’incohérentes. Comment comprendre toute la cabale orchestrée autour de cette belle initiative innovante, visant à nous réconcilier avec nous- mêmes, à conformer nos pratiques à notre éthique et aux engagements internationaux souscrits (convention des Nations Unies de 2005 contre la Corruption)? L’attitude réfractaire au changement de l’homo-Sénégalensis est une première explication à cette levée de boucliers.

Cependant le complexe d’infériorité, le conformisme, le mimétisme, l’exotisme, le fétichisme doctrinaire, ont toujours constitué et continuent d’être, une chape de plomb sur le génie Sénégalais dont la fécondité est restée pourtant légendaire.

En réalité c’est cette pathologie psycho-sociale qui explique toutes ces réactions négatives contre la création de la Crei et la rengaine qui la présente comme une météore dans la galaxie juridictionnelle de notre Pays. Qu’il en soit ainsi mais faut –il rappeler encore à ses détracteurs qui du reste se prennent pour d’éminents praticiens alors que inconsciemment, ils ne sont en fait que de répétiteurs de cours de Droit, que le Droit n’a de sens que quand il est adossé à la fois au contexte, à la Société, aux US et coutumes de cette société pour laquelle il a été élaboré. Les juridictions pour rendre ce Droit ne peuvent non plus tirer leur légitimité qu’à partir de la substantialité sociale de la matière à traiter.

Dans la matière de la CREI, notre société n’a été aussi éprouvée et gangrenée par la corruption, le détournement de deniers , l’enrichissement spectaculaire à odeur d’illicéité que ces dix dernières années . Ceci a été corroboré par les Rapports annuels de Aid Transparency, les mauvais classements au « Doing Business »etc… Quoi de plus normal alors que d’interroger ceux là dont le présent jure d’avec leur passé ?

Non l’argument contre le renversement de la preuve brandi en l’espèce ; est spécieux et cache mal des réflexes d’auto-défense, De même la manoeuvre qui consiste à opposer la CREI aux principes des Droits de l’Homme relève également d’une lecture néo libérale déformante des Droits Universels, consistant à substituer les Droits individuels aux Droits communautaires, à proclamer la Suprématie du Droit individuel sur celui de la Société. Malheureusement, nous assistons à cette perversion des Droits de l’homme à laquelle la plupart d’ antennes de ces officines Néo-libérales ; encagoulées sous le label d’organisations de défense de Droits de l’Homme, sont en train consciemment ou inconsciemment d’acclimater dangereusement dans nos différentes Sociétés Africaines. Ainsi au nom du conformisme à un universalisme coloré, on cherche à nous imposer aujourd’hui une perception pro forma des Droits de l’Homme, au risque de destruction du substrat éthique et moral de nos Sociétés, Toute cette ’entreprise dangereuse de convoquer et de protéger des anti valeurs au nom de la défense de Droits de l’Homme, de vouloir au nom d’un rituel juridique empêcher à un peuple de demander des comptes à ses gestionnaires , procède de cette incapacité de nos intellectuels à penser par eux mêmes et pour eux-mêmes, à sortir des sentiers scolastiques, du juridisme spéculatif inefficient et d’un démocratisme anarchisant. Quoi de plus logique, de plus juste, même si le droit n’est pas toujours juste, que celui-là qui a construit de jour ou de nuit sa fortune supposée, puisse en apporter la justification? En quoi cela dérange ? En matière d’enrichissement, comment peut- on demander à quelqu’un de prouver l’origine de la fortune d’autrui, c’est absurde. Dans la traque des biens mal acquis seul le propriétaire des biens peut et doit en justifier le bien fondé. En cela la CREI constitue une invention sénégalaise, un apport important de notre système juridictionnel au système universel et ceci dans un domaine jusque là vierge : celui de la Bonne gouvernance. . Mieux dans ce cas de figure ce n’est plus un individu qui accuse un autre mais plutôt une société qui accuse, qui cherche à recouvrer ses biens à partir d’un procureur spécial.

En outre, la CREI en branle cherche à restaurer la confiance entre Citoyens en édifiant tous sur d’éventuelles supputations ou de suspicions de la communauté. Ainsi le procureur qui agit au nom de la société s’autosaisit, interpelle et inculpe s’il n’est pas convaincu des preuves fournies. Ce faisant, dans l’intérêt de la Société, il a tout naturellement besoin d’apporter de contre preuves par des investigations et estimations des biens douteux pour faire éclater la vérité lors du procès. Quoi de plus logique, de plus légitime de plus légale, de plus limpide comme démarche. Ici on n’ est plus au niveau d’accusations entre deux personnes mais entre la société et l’individu, Il faut le rappeler également, la détention préventive n’est pas venu ni avec le procureur spécial, ni avec la CREI et a toujours été fonction de l’appréciation de la gravité de la présomption.

On l’oublie souvent, dans le cadre de la traque des biens mal acquis, la partie civile reste la société au-delà de ses représentants or en République, la société prime sur l’individu quelque soit le rang de celui-ci

Il faut le clamer haut et fort, la CREI entre dans la consolidation de cette spécificité sénégalaise qui a fini par s’imposer tout le long de notre existence en tant que nation, au plan religieux avec le soufisme de nos vénérés guides religieux, au plan politique avec la longévité, la maturité et la santé de notre démocratie, au plan culturel et scientifique avec des hommes de la dimension mondiale de Léopold Sédar Senghor et Cheikh Anta Diop. Pourquoi alors nourrir de complexe au plan de la Gouvernance économique et sociale pour laquelle la CREI reste un instrument révolutionnaire ?Non , le temps est venu pour les Africains en général et nos intellectuels en particulier, les élites Africaines de se libérer, pour offrir de nouvelles perspectives, en pesant dans la redéfinition du nouvel ordre Mondial, de nouveaux paradigmes, suite aux échecs cuisants de l’Ordre néolibéral.

L’idéologie néo-libérale nous pompe de bonne gouvernance , de transparence ; de libéralisation du Marché alors qu’elle prospère par la spéculation, la violation de ses propres règles du jeu, la déréglementation des relations de travail mais surtout par la régulation discrète de tous les Marchés(Financier, échanges, Travail) : les causes réelles de la crise actuelle de l’économie libérale découlent, c’est connu, des produits toxiques qui n’ont été possibles que par l’usage de faux à grande échelle. Dans ce cadre la CREI n’est –elle pas un instrument alternatif dissuasif et de haute portée éthique, surtout à l’échelle individuelle.

C’est sous les mêmes lentilles que les Droits de l’Homme qui ont également reçu un coup de vernis libéral, occidental, devraient être relus par les Organisations Africaines mais sénégalaises surtout de Droits de l’Homme. Aujourd’hui beaucoup d’entre elles jouent le rôle de caisse de résonnance de principes et de préoccupations en cours sous d’autres cieux et pour de nouveaux Seigneurs. Nous reviendrons sur ce sujet.

Wandiayeà@gmail.com Tel. 77 646 97 17

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