P.I.T-SENEGAL: DECLARATION DU PREMIER MAI 2014.

Déclaration du 1er Mai 2014

En ce jour de commémoration de la journée  internationale du Travail,  le PIT/SENEGAL  félicite chaleureusement toutes les organisations syndicales  de notre pays. Les principales d’entre elles ont su surmonter  leurs  divisions   et  mettre sur pied la « Confédération des Centrales Syndicales » et, au niveau de l’Education, l’ « Union syndicale pour une Education de Qualité » (USEQ).

Leur   unité retrouvée devrait servir de rempart contre le projet  d’une plus grande flexibilité du marché du travail mais aussi  de marginalisation de l’Ecole et de l’Enseignement supérieur publics  en faveur du privé que charrient le PSE et  la CNAES.

Elle pourrait aussi  être un moyen efficace pour faire aboutir les revendications pendantes, notamment la généralisation de l’âge de la retraite à 60 ans dans le secteur privé, la revalorisation des pensions de retraites et l’institution  d’une pension minimale.

Il se trouve que ce renforcement de la cohésion syndicale- pour une plus grande prise en charge des revendications des travailleurs aspirant à de meilleures  conditions de travail,  de rémunération  et  d’éducation  de leurs enfants- contraste fortement avec  les tendances lourdes à la dislocation, dans la perspective des élections locales  du 29 juin,  du grand rassemblement des forces politiques,   porteuses de l’idéal républicain, démocratique et citoyen, regroupées au sein de BBY.

Or, les contradictions qui minent BBY -et entravent l’efficacité de sa gestion de l’Etat- font courir à notre pays un grave danger d’instabilité  risquant  de rendre  irréalisables les ruptures attendues par le peuple sénégalais qui du reste commence à manifester des signes d’insatisfaction.

Le tout dans un contexte économique  national  de panne de croissance (le taux de croissance du PIB en 2013 étant de 2,4% au lieu des 4% prévus)    génératrice de perte d’emplois dans le secteur privé moderne ( 1,3% des emplois en 2013 par rapport à 2012). Ce   qui rend explosive  la Demande sociale en matière d’emplois, notamment des jeunes,  et insoutenable  la paupérisation  des travailleurs  salariés et celle  des travailleurs non salariés, particulièrement dans le monde rural.

Pour le P.I.T, de telles données   interpellent autant  les forces progressistes (dans les organisations syndicales)  que la  gauche politique du Sénégal. D’autant plus que cette situation économique et sociale  a réduit la portée  des avancées incontestables   enregistrées depuis deux ans de  règne de BBY sous la direction du Président Macky Sall, en termes  de revenus  améliorés,  de baisse des prix, notamment des loyers.

En réalité, ce contexte  constitue un terreau fertile de frustrations  pouvant être exploitées par  des forces  anti progressistes  pour déstabiliser  le pays et  créer les conditions politiques favorables à leur retour au pouvoir.

C’est bien  à la lumière de  telles  données  qu’il faut analyser  la situation politique  du pays et les perspectives  depuis le retour   de  l’ancien   Président  de la République  Abdoulaye Wade que le peuple  a défait il y a seulement deux ans.

Le  projet  politique de Wade-  publiquement annoncé- est  de lutter  contre la « traque des biens mal acquis » menée par le nouveau régime contre certains dignitaires de son parti, dont son fils. Mieux son dessein   est de libérer ce fils aux fins de le mettre au pouvoir par la « rue » !  Ce qui est, pour le moins, dans ce contexte économique et social complexe  auquel fait face  BBY, un véritable défi  lancé contre la République, la Démocratie, l’Etat de Droit et  la volonté de mettre fin à la gestion  patrimoniale des  biens  publics.

Dans ce cadre,  le rôle et la place du mouvement syndical,  sous la direction de forces progressistes,  à côté de la gauche politique,  deviennent primordiales pour la défense de la République, celle de la Démocratie,   et  prennent toute leur signification historique,  comme cela fut le cas pour organiser et tenir les Assises nationales du Sénégal et esquisser l’avenir  indépendant, républicain, démocratique et citoyen  de notre pays.

L’unité retrouvée du mouvement syndical  devrait  donc aider  à la matérialisation d’un tournant historique.

Il y va de la stabilité du pays, de la cohésion  de notre peuple, face  aux  grandes puissances occidentales, décidées de barrer la route à toute coopération de nos pays avec les pays émergents qui  remettent en cause leur  hégémonie sur le reste du monde, et  qui  menacent, par leurs capacités concurrentielles,   les situations de rente  dont elles bénéficient sur nos ressources naturelles et sur nos marchés.

Car la coopération avec les pays émergents nous libère des exigences de privatisation et de libéralisation de nos entreprises publiques,  de nos terres et de notre économie. Un ensemble d’exigences  que brandissent les Institutions de Breton Woods  pour le financement extérieur  de nos Economies,  avec comme contre partie la flexibilité de nos marchés de travail , la fin des subventions publiques pour soutenir le pouvoir d’achat  et alléger les coûts des facteurs techniques de production, notamment en faveur des exploitations agricoles  familiales et des petites et moyennes entreprises non agricoles.

Il faut s’en convaincre : le Sénégal ne peut profiter de cette opportunité  d’asseoir sa souveraineté sur son destin (que lui offre la coopération avec les pays émergents comme source de financement alternatif à celui des grandes puissances occidentales) que par le biais d’une étroite coopération entre le mouvement syndical réunifié et la gauche politique unie.

C’est aussi sur ce socle que pourrait  s’appuyer BBY   pour faire face, efficacement,  à l’offensive de Wade pour restaurer  son régime de « Despotisme éclairé »,  mais aussi  à la volonté des grandes puissances occidentales  de continuer à régenter le  destin du Sénégal.

La partition du Soudan, l’agression contre la Lybie,  les menaces de partition du Mali, de la République Centre africaine tout comme  la déstabilisation du Nigéria,  sont autant de signaux  qui ne trompent pas quant à  la détermination des grandes puissances occidentales  à préserver leur système de domination  de nos pays, d’exploitation de nos peuples, de spoliation de nos ressources naturelles et foncières.

Au total, en ce  1er Mai 2014, notre pays est  à la croisée des chemins : il joue son destin  souverain,  républicain démocratique  et citoyen, ce  qui interpelle plus que jamais le mouvement syndical  réunifié  sénégalais.

                   Vive le 1er Mai ! Vive  la paix et la solidarité entre les peuples !

 

 

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