RETOUR "TRIOMPHAL" DE MAÎTRE WADE: DANS QUEL SENEGAL SOMMES-NOUS?

  • LE BLOG DU PIT-SENEGAL

Le vernis populaire dont la presse à couvert le retour  d’un ancien président au bercail suite à la mise en scène de ce dernier a véritablement donné à un évènement ordinaire une dimension surréaliste qui n’a pas fini de balloter les âmes intègres et puristes entre fiction et réalité. Les questions qui taraudent l’esprit sont celles-ci : dans quel pays sommes-nous ? quels sont ces Sénégalais qui sont partis accueillir  celui là même qui n‘a pas  sourcillé pour mettre son pays sens dessus sens dessous pour imposer son fils, celui- là qui a demandé à son peuple de retourner aux bougies faute d’électricité, celui-là qui a laissé le kilogramme de riz  à 400fr alors qu’il avait promis 100fr, oui ce champion de mille et une promesses non tenues ? Non on ne peut pas y croire, le monde s’effondre en terre  sénégalaise. Notre pays est-il en passe de devenir un cocktail de paradoxes, un creuset d’énigmes, un contre modèle de cohérence où le mythe l’emporte sur la Raison ?

Certains Sénégalais sont ils devenus amnésiques au point d’oublier de sitôt dans quel état le président Wade a laissé le pays, pour qu’en l’espace de  deux ans seulement, ils puissent lui pardonner ce mépris et cette condescendance de sa famille pour  le peuple ;  mon fils est le plus intelligent des Sénégalais  déclarait- il au cours d’un entretien.

 Sommes nous amnésiques pour oublier de sitôt la gabegie, les détournements et les scandales financiers d’alors dont le règlement judiciaire aujourd’hui  constitue pour l’essentiel ce qu’il convient d’appeler la Traque des biens mal acquis.

 Sommes nous amnésiques ou apatrides pour prendre à perte et profit  le bradage du foncier, la spoliation du patrimoine national mobilier et immobilier, la corruption d’Etat ?

Sommes nous amnésiques ou insouciants pour oublier la désacralisation des institutions de la République, l’impunité et l’arrogance érigée en règle de gouvernance, l’instrumentalisation des confréries, des religions, les agressions et crimes  sans suite judiciaire, toutes choses qui ont failli hypothéquer la cohésion sociale et l’unité nationale?

Sommes nous amnésiques ou pas sérieux du tout pour passer pour perte et profit les coupures d’électricité et son cortège d’émeutes et de victimes, le lourd tribut payé alors par l’économie nationale ?

Sommes nous amnésiques pour oublier les hausses intempestives (mensuelles voir hebdomadaire)des prix des denrées de première nécessité, du carburant ? Quid de la dégradation continue de tous les comptes extérieurs, de la gestion informelle de l’Etat avec des  ponctions ou des dépassements budgétaires ou  l’usage abusif de Decrets d’avance etc…

Pourtant, tout sénégalais sincère et objectif  sait que sur l’ensemble de ces brûlots le régime en place a pris  des mesures idoines perceptibles de redressement de trajectoires.

 Non, Maître wade nous a laissé un pays économiquement et financièrement au bord du gouffre, une république dépouillée de ses valeurs, une société en déliquescence avec  la perte de tous ses repères. C’est pour cela que des patriotes lucides et convaincus ont décidé de payer un lourd tribut dont lui et ses affidés devraient rendre compte, pour mettre un terme à ses projets diaboliques de vassalisation de tout un peuple. Cependant le pays était déjà  dans un  état si calamiteux de sinistre généralisé dont lui-même en était conscient pour l’avoir exploité cyniquement à son compte personnel en se faisant l’illusion messianique d’être le seul à mesure de sortir les Sénégalais du gouffre et il disait à tout le monde, c’est moi ou personne. Après moi il n’y aura plus de salaires disait –il. N’était-ce pas là un aveu de taille et une raison de plus pour son successeur de faire l’Etat des lieux et  d’autoriser  des investigations et une inculpation.

Non chers compatriotes arrêtons la farce et fermons définitivement la page Wade qu’il faut considérer comme une parenthèse de l’histoire du Sénégal même si l’on peut retenir à son compte quelques réalisations au plan des infrastructures. A ce niveau d’ ailleurs il importe de relativiser pour dire que n’importe quel Sénégalais qui serait aux commandes du pays à cette étape de l’histoire de notre pays, n’aurait pas fait moins que lui au regard du coût de celles-ci mais surtout de la donne mondiale actuelle. Concernant surtout  les infrastructures scolaires elles obéissaient à une nouvelle orientation de l’Aide Publique au Développement et  à une exigence d’une initiative mondiale en faveur de l’Education (EPT Jomtien 1990 et Dakar 2000). Concernant les  infrastructures routières, la Banque Mondiale avait fini de ficeler les Projets d’autoroute à péage et du renouvellement du Parc automobile avec le gouvernement précédent et  le reste relève du financement controversé de l’OCI.  En termes de bilan de Maître Wade tout  a été conçu  par les Partenaires techniques et Financiers  et exécuté en  grande partie par leurs ressources   que le contribuable Sénégalais de Fongolémy ou saraya aura à payer au même titre que le citoyen Dakarois. Le Maître d’œuvre de tous ces chantiers étant l’actuel Président, tout laisse croire donc,  qu’avec un projet plus ambitieux qu’est le PSE  avec  le même  ouvrier, le Sénégal  devra  connaîtra des lendemains meilleurs.

Chers compatriotes, nostalgiques de bienfaits indus et illicites, c’est à cela que nous devons tous nous employer, la réussite du PSE plutôt que de se river à un rétroviseur pale ou de s’accrocher au manteau d’un vieillard finissant, titubant, au regard absent.  Ayons pitié de lui et qu’il comprenne également qu’il a fait son histoire et qu’il doive laisser les autres faire la leur.

L’heure est grave pour notre pays, la situation géopolitique et économique ne milite point en faveur de surenchères politiciennes. Nous devons tous nous ceindre  les reins pour nous mettre au travail et combattre les tares de notre Société,  particulièrement dans ses lourdes  tendances qui  sont en passe de la désagréger en « sociétés  parasitaires » qui veulent toujours vivre dans la facilité, ou de la transformer en société de la parole et du verbe et non de l’action, en société de la danse et des loisirs et non du culte des valeurs et du Travail, en  société qui subit l’histoire au lieu de la faire.

Waly Ndiaye Professeur,   

wandiaye@gmail.com

 

 

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