AU-DELA DES REVELATIONS RENVERSANTES DU COLONEL, LA NATURE TOXIQUE DE L’HERITAGE DE WADE

Les révélations récentes du colonel Ndaw comme ceux du commissaire Keita sur la mise en réseau de certains de nos responsables chargés de notre sécurité, de celle de notre pays,  avec des milieux non fréquentables  en République, les scandales économiques, financiers, sociaux à répétition qui ont été relevés dans la décennie 2002-2012, les attaques de  biens privés et publics  par des individus ou par des bandes, les nombreux crimes de sang restés,  alors impunis, les accusations contre notre pays d’être une plaque tournante de la drogue, de blanchiment d’argent, de prospérassions de la corruption,  prouvent encore que notre pays avait emprunté ces dix dernières années  la voie du basculement vers un Etat de non droit, un Etat « mafieux ».

Fort heureusement, c’est le lieu de rendre encore un vibrant hommage à toutes ces femmes et à tous ces hommes, militants de la République,  qui ont senti le coup venir et ont su faire preuve de lucidité, de courage, de sacrifices, de patriotisme et qui comme un seul homme se sont dressés en  remparts contre les dérives totalitaires, pour arrêter cette main invisible et satanique qui a voulu transformer cette paisible terre de cheikh Amadou Bamba et Maodo Malick etc…en écurie d’Augias. Tout le mérite des révélations du colonel Ndaw réside dans le fait qu’elles  puissent  conforter les Sénégalais dans la pertinence de leur choix d’alors,  de cette volonté inébranlable de  changement inéluctable au sommet de l’Etat en 2012, mais surtout  d’avoir levé un coin du voile de la nature toxique de l’héritage légué et du niveau de délitement avancé au plan  moral, éthique, économique, sécuritaire du pays et de la société sénégalaise.

 En effet le contenu des révélations , si elles s’avèrent vraies,  la nature des actes révélés, l’audace , la témérité des actes posés et le niveau de responsabilité où  ils ont été  pris,  suscitent d’autres questionnements dont celui-ci : le Général Fall pouvait–il agir seul  à l’insu de ses Supérieurs hiérarchiques, quand on sait qu’ un Etat dispose de services et de sources de renseignements insoupçonnés,  ou appliquait-il une politique  « sécuritaire d’Etat » sous le coup de la raison d’Etat? SI tel était le cas, l’homme ne devrait pas être l’agneau du sacrifice. En tout état de cause  malgré cette complicité révélée entre ceux là qui étaient chargés de notre sécurité et certains rebelles , le pouvoir d’alors n’a pas su tirer profit du jeu  au regard de  la précarité de la paix dans la Zone. Mais il s’y ajoute  surtout que  l’Etat de droit fut malmené dans la période avec ces  crimes politiques enregistrés  dans la zone et dont les auteurs courent toujours et des attaques de garnisons dont celle d’une gendarmerie où certains de ses  occupants ont été tués et d’autres faits prisonniers pendant des mois par les rebelles.

Quand au Colonel il aurait commis un crime de lèse majesté  avec son livre s’il est encore sous les drapeaux malgré son courage et l’intérêt que de telles révélations pourraient apporter à la postérité qu’il faille mettre en avant dans cette affaire. Oui Comment faire pour que plus jamais ça dans notre pays « that is the question » ?

A mon avis même si la grande muette doit rester toujours muette et discrète c’est cela son charme et sa force, à l’interne il doit être possible d’avoir un organe d’exutoire pour prendre en charge ces genres de problèmes de personnes qui constituent d’ailleurs une tare des sociétés fortement hiérarchisées comme l’armée et pour ce faire les inspections internes doivent être plus opérationnelles et plus vigilantes et devraient pouvoir s’autosaisir.

Au demeurant, je disais dans un article paru dans la presse en guise d’alerte pour les composantes de Benno Bokh Yaakhar  dés les premiers mois de la deuxième alternance que la révolution populaire de Mars 2012 n’était achevée et qu’il fallait continuer ensemble à pousser dans la roue. IL n’y a pas lieu donc de désespérer  de jeter aux géhennes nos forces de sécurité qui ne valent que par ce que les régimes en place veulent en faire. Les gendarmes et les policiers se feront toujours respecter malgré l’existence en leur sein comme dans toutes les strates de la société d’ailleurs de brebis galeuses. Je reste persuadé que ces situations dans la police et à la gendarmerie qui pourraient être des épiphénomènes n’eût été le niveau hiérarchique impliqué, ne devraient pas entamer le crédit intrinsèque de ces vaillants corps oh combien utiles.

Il s’agit donc pour nous de comprendre que notre société  comporte des tares congénitales et des fléaux majeurs qui pour les guérir demandent courage , union des forces, dépassement de soi  et c’est sans doute cela qu’a  certes compris un  grand leader politique qui en faisant une lecture correcte de la situation précaire de notre pays a décidé publiquement de sursoir à toute ambition politique personnelle à cette ultime étape, pour parachever l’œuvre commune de redressement national, entreprise dans le cadre du Benno. C’est un acte de courage politique et de patriotisme à saluer et à méditer par les autres leaders de Benno mais surtout par tous ces artificiers politiques dont  la seule technique éculée, repose sur les intrigues  politiques dangereuses pour la cohésion nationale. Tous ces poids plumes politiques du reste très  agités par des appétits de pouvoir prématurément aiguisés, devraient également garder encore les rangs car Il faudrait bien que le pays, la république soit d’abord au rendez-vous avant tout. Autrement  les rêves seront à jamais bisés et les préoccupations seront autres et  ailleurs.  Notre pays  y sera dans la discipline, dans la rigueur et le travail, l’imputabilité et la reddition des comptes, dans la justice sociale et le respect du choix majoritaire souverain. A l’heure actuelle c’est la seule cause qui vaille le combat. Sinon le pays est en danger. Que Dieu sauve et bénisse notre cher Sénégal. Amen !   

WALY NDIAYE Professeur

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