SELON LE PIT-SENEGAL, IL FAUT RENOUER LE DIALOGUE AU PLUS VITE !

L’Ecole- publique s’entend-,  et l’armée nationale  constituent  les deux mamelles de la République.

Assertion fondamentale,  si souvent  reprise,  qu’il devient légitime de se demander pourquoi encore la répéter, c’est-à-dire ressasser un propos sur lequel tous, ou presque, s’accordent !

Du point de vue du Secrétariat du Parti de l’Indépendance et du Travail, s’il est besoin de revenir sur une telle considération, c’est  compte tenu des turbulences que vivent l’Ecole et l’Université sénégalaises. Des turbulences pouvant évoluer en bourrasques faisant perdre au pays des ressources et un temps que tous savent de plus en plus précieux.

De sorte qu’il est devenu urgent de reprendre les questions par le bon bout, d’agir en patriotes pour faire triompher, par-dessus  tout, les intérêts de la Nation sénégalaise.

A cet égard, comment ne pas être en phase avec les organisations  syndicales  d’enseignants pour ce qui est de la revendication du respect des  accords dûment signés par le Gouvernement avec eux ? Comment, par exemple, ne pas admettre que la lenteur dans la parution des actes administratifs- qui régulent la carrière des enseignants- affecte ceux-ci dans leur vie professionnelle et mérite, en conséquence, une solution de fond pour que les droits de chaque enseignant soient préservés ? Sachant que des dizaines de milliers d’enseignants sont concernés et que le personnel commis à cette tâche titanesque de production des actes administratifs est,  non seulement écrasé de travail mais aussi confiné dans des locaux exigus, il devient aisé de deviner quelle piste explorer  pour, dans ce domaine, espérer  trouver une solution satisfaisante.

Cependant,  et pour rester dans le même secteur, que dire de la revendication de l’alignement de l’indemnité de logement sur celles octroyées à d’autres corps dont le niveau académique serait similaire ? Les indemnités accordées  aux travailleurs doivent –elles être liées à la spécificité du travail exercé ou plutôt au profil académique ? Selon l’une ou l’autre option, qu’en serait-il de l’incidence,  sur les finances publiques,   du choix qui serait fait ?

Dans ce domaine, il ne s’agit pas d’autre chose que de conjuguer l’équité dans la répartition des ressources nationales avec la rationalité faisant que «  même si les yeux ne supportent pas  la charge, ils savent ce dont est capable  la tête ! »

L’Université sénégalaise, pour prendre un autre exemple, n’impose-t-elle pas une mue radicale pour se sortir de la crise dans laquelle elle est,  depuis si longtemps, engoncée ?

Les mesures arrêtées, à l’occasion de la Concertation Nationale sur l’Avenir de l’Enseignement Supérieur,  n’indiquent –elles pas la voie pour que des ruptures salvatrices soient apportées dans un mode de fonctionnement faisant que les années académiques s’enchevêtrent les unes aux autres, au point que l’Université  « «fonctionne » à feu continu ?  

Du reste, les  Assises de l’Education et la Concertation sur l’Avenir de l’Enseignement supérieur  ont-elles accouché des solutions consensuelles escomptées en rapport avec les problèmes de fond  de l’Ecole et de l’Université ? Le PIT  avait, en ce qui le concerne, attiré l’attention sur la faute de méthode consistant à tenir des concertations séparées sur ces deux sous secteurs de l’Education nationale…

Toujours est-il que la nécessité de renouer avec  un véritable dialogue national sur l’Education s’impose en tant  qu’issue pacifique à la crise qui secoue l’Ecole et l’Université.

 Le débat sur les « indemnités de logement » et la variété des points de vue sur la «  loi cadre »  incitent à  la reprise  de cette concertation nationale, afin d’éviter de  rajouter du temps perdu à l’énorme  retard déjà accusé, en rendant chaque jour les problèmes de calendrier scolaire et  universitaire davantage difficiles à résoudre.

Enfin, et sans être exhaustif, le recours systématique et intempestif à l’arme de la grève, arme brandie par une myriade d’organisations dont aucune ne veut sembler moins déterminée que l’autre, atteste, du moins en l’état, de l’insuffisante efficacité du système de dialogue social que l’Etat vient d’ériger en  «  Haut Conseil pour le Dialogue Social ». 

 Au constat,  l’ abus du recours à la grève risque d’isoler les enseignants des autres sphères de la population, au point de les  fragiliser et  de minorer  leurs chances de faire aboutir leurs revendications, même les plus légitimes ;  tandis que l’inefficacité du système de dialogue social fait peser de sérieuses menaces  sur la paix sociale dont la sauvegarde est pourtant sa raison  d’être.

Aussi est-il impératif de faire  de l’éducation et de la formation une urgence nationale qui ne concernerait pas seulement les enseignants d’un côté et  le Gouvernement de l’autre. Au vu de leur importance, de telles questions interpellent  toute la Nation et méritent que le Peuple sénégalais les prenne en charge pour qu’enfin l’Ecole et l’Université renouent avec une stabilité minimale sans laquelle elles ne peuvent assumer l’irremplaçable vocation qui est la leur.

Renouer le dialogue,  allier l’esprit de justice avec la rationalité,  le sens de l’intérêt national  avec la défense intelligente des intérêts de corporation, telle  devrait être la feuille de route d’une véritable Concertation nationale sur l’Education et la Formation.

 C’est aussi à cela qu’appelle  le PIT/Sénégal.

                                                                                                               Dakar, le 28 février 2015.

Le Secrétariat du Comité Central du P.I.T-Sénégal

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