LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE EN DANGER AU SENEGAL

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Les évènements récents, sur la scène politique, ne sont ni anodins, ni artificiels, mais relèvent d’une stratégie de survie des dirigeants du PDS, qui sont conscients des risques qu’ils courent, si jamais ils perdent le contrôle sur le Pouvoir exécutif qu’ils viennent de perdre.    

Ils savent, par expérience, que ce contrôle ne peut s’exercer que par voie parlementaire, ou par la rue.  

C’est cette vision qui constitue la trame  des évènements depuis le 25 mars 2012,  dont la non prise en compte, dans les rangs de « Bennoo Bokk Yakaar » (BBY), va permettre  au PDS, de mettre en œuvre sa stratégie de défense, pour sauver la peau de ses dirigeants et se maintenir dans les sphères de décision, avec l’espoir de revenir aux commandes.

Il est donc nécessaire,  pour une meilleure connaissance des enjeux auxquels notre pays est présentement confronté, au plan politique, d’analyser ces évènements à la lumière de cette stratégie du PDS, et non plus seulement, du point de vue des problèmes que rencontre BBY tant dans l’exercice du pouvoir, que dans la mise en œuvre des changements qu’attendent de lui les populations. 

L’analyse successive de la lutte du PDS pour le contrôle parlementaire sur l’exécutif, et ensuite par la rue, permet d’avoir une vision plus complète des enjeux politiques des évènements en cours.

        I.            La lutte pour le contrôle parlementaire

Les évènements qui se déroulent depuis l’arrestation de Béthio Thioune mettent la République Démocratique en danger dans notre pays.

En effet, ils traduisent l’ultime combat du PDS, pour échapper à la Justice,  après que ses dirigeants  aient échoué de se maintenir au pouvoir afin de mieux préparer la succession de Me  WADE, pour pérenniser son régime, qui seul pouvait  leur  garantir l’immunité dont ils ont besoin,  au regard des nombreux  crimes et délits économiques et de droit commun, qu’ils ont commis, tout le long de leurs luttes pour accéder au pouvoir,  et durant leur douzaine d’années de gestion du pays.

C’est pour  cela, qu’ après leur lourde défaite du 25 Mars 2012, ils ont  jeté toutes leurs forces dans la lutte pour préserver leur contrôle sur l’Assemblée nationale, qui devrait leur permettre d’utiliser le Pouvoir Législatif ( Assemblée nationale et SENAT), pour se prémunir de toute poursuite judiciaire, et de continuer à peser sur la politique de la Nation, que le Pouvoir Exécutif, entre les mains de Benno Book Yakaar, (BBY) entend mener,  pour réaliser les changements  auxquels aspire le peuple, qui l’a porté au pouvoir avec 65% de ses suffrages.

Pour ce faire, ils ont tenté de discréditer BBY en utilisant, en vain,   durant la campagne électorale pour les Législatives du 1er Juillet 2012, les frustrations dans les rangs de BBY, suite à la composition du Gouvernement et la confection des listes électorales, et les ambitions démesurées de certains cadres de l’APR et de Macky 2012, qui ont eu du mal à accepter la place que le Président Macky Sall a  réservée à ses partenaires de BBY au sein du Pouvoir Exécutif et dans les listes électorales .

Cependant, leur forte campagne de discrédit de BBY, qui était  largement  relayée par les « frustrés » de nos rangs,  dont certains n’avaient pas hésité à présenter des listes concurrentes aux nôtres, tandis que d’autres s’étaient mis carrément à l’écart, le PDS n’était pas parvenu à empêcher notre coalition de remporter plus que les 2 /3 des sièges de l’Assemblée Nationale, tandis qu’il  n’était parvenu à obtenir un groupe parlementaire que de justesse.

Il ne lui restait, comme dernier espoir, que le SENAT, dont le maintien voulu par le Président Macky Sall,  soutenu  par les leaders de BBY,  avait suscité de graves contradictions au sein de cette coalition et du « Mouvement du 23 Juin » (M23), et un vif mécontentement populaire, qui exigeait sa suppression immédiate, dans le contexte d’une extrême souffrance des populations dans la banlieue de Dakar, confrontées aux affres des inondations.

Le nouveau régime venait d’être confronté à sa première crise politique et sociale, sur un fond de scepticisme à son endroit,  qui s’était déjà  traduit par une forte abstention, aux Législatives  du 1er Juillet 2012, de l’électorat qui venait de le porter au pouvoir le 25 Mars.

Cependant, le PDS ne pouvait pas exploiter politiquement cette crise en sa faveur, puisqu’elle résulte d’exigences populaires qui visent la suppression du  SENAT, qui menace sa survie politique. 

La Dissolution du SENAT,  par le Parlement  à la demande de l’Exécutif,  qui a pris la pleine mesure des exigences du peuple en la matière,  a fini de ruiner les derniers espoirs des dirigeants du PDS, de conserver une protection institutionnelle pour échapper à la Justice.       

Ils  en conclurent qu’il ne leur restait  que la rue pour se défendre.

       II.            Le recours  à sa culture de violence et de chantage politique.

L’arrestation de Béthio Thioune leur a fait vite comprendre, que leur manœuvre de « retrouvailles de la famille libérale »  n’a pas prospéré, et que  le nouveau régime ne reculerait devant aucun obstacle pour en finir avec l’impunité.  Il fallait donc au PDS de tout mettre en œuvre pour créer les conditions de sa libération, qui serait le signal qu’il était possible, par la rue, de se prémunir de la Justice.

Ils tentèrent alors d’accréditer la thèse d’un « règlement de compte politique », dont  Béthio Thioune serait l’objet, du fait qu’il  s’était signalé  par un engagement militant à côté du PDS pour défendre son régime, puis, de brandir l’argument d’un « acharnement politique » , avant de s’accrocher sur une « prétendue dépendance du Pouvoir judiciaire »   par l’apport à l’Exécutif, en exploitant, outrancièrement la liberté provisoire dont bénéficie Barthélémy Diaz, membre actif de la coalition au pouvoir,  mis en  examen pour meurtre,  alors qu’elle est refusée pour Béthio  Thioune.

Surtout que, devenu Député de BBY, Barthélémy  bénéficie d’une immunité parlementaire que le PDS veut faire  percevoir par l’opinion, comme une volonté politique du Pouvoir de le soustraire  de la justice. 

C’est ce sentiment de « deux poids et deux mesures » que  veut faire  germer le PDS dans la conscience des Sénégalais,   qui est devenu leur arme fétiche,  pour justifier leur refus  d’être aussi mis en examen,  pour répondre de leur gestion de la chose publique.

C’est pour cela, ils tentent de porter le discrédit sur le Premier Ministre qu’ils accusent ouvertement d’avoir « blanchi » l’argent du peuple Tchadien détourné par son ancien Président déchu en asile au Sénégal, mais aussi,  le Président de la République, de s’être « enrichi  illicitement », du temps où il participait, à leurs côtés, à l’exercice du pouvoir.

Même s’Ils savent pertinemment que s’il ya « blanchiment »,  ce serait le fait de l’Autorité politique, qui a permis à ce Président déchu de venir au Sénégal avec cet argent, et de la BCEAO, qui a avoué ouvertement,  « avoir  converti » cet argent, en « argent licite », ce qui a permis  à cet ex-Président de le placer légalement dans n’importe quelle Banque de l’UEMOA.

La  banque que le Premier Ministre dirigeait à l’époque,  ne peut donc être accusée de « blanchiment », encore moins de « complicité de blanchiment »,  puisque l’argent qu’elle a reçu et placé dans ces comptes, était déjà considéré par l’Autorité politique et la BCEAO, comme de l’ « argent licite ».

De même, le pouvoir judiciaire, qui n’a été saisi d’aucun dossier de « contentieux » en matière de gestion concernant le Président de la République du Sénégal, ne peut donc être accusé de « deux poids et deux mesures » en la matière, d’autant que les  dirigeants du PDS, qui brandissent cette incrimination,  savent très bien, que le Chef de l’Etat en exercice ne peut être mis en examen que pour « haute trahison »  par la Haute Cours de Justice, mise en place par l’Assemblée nationale».

Mais tout cela, les dirigeants du PDS n’en ont cure. Ce qui les intéresse,  c’est le doute qu’il tente d’entretenir dans la conscience populaire, pour se présenter à l’opinion, comme des « persécutés politiques au même titre que Béthio Thioune ».

C’est ce « doute » qu’ils comptent exploiter, pour justifier leur stratégie de déstabilisation du Président de la République et de son Premier Ministre, pour les amener à renoncer à leur lutte contre l’impunité, et créer ainsi  les conditions politiques pouvant les faire participer à l’exercice du Pouvoir, en attendant de revenir aux « affaires ».

L’expérience a montré, qu’ils ne reculent devant aucun obstacle, même pas  le meurtre de « hautes autorités »,  pour parvenir à leur fin. L’assassinat de Me Sèye est encore frais dans nos mémoires.

Aujourd’hui, plus qu’hier, le PDS  a plus de  moyens financiers et d’hommes dans l’appareil d’Etat, y compris dans les forces de sécurité, dans la société civile, y compris auprès de certains chefs religieux, en milieu jeune, y compris chez les Etudiants, dans le milieux des affaires, comme dans le milieu syndical, pour mettre en œuvre sa stratégie de déstabilisation, pour susciter, au minimum, un besoin de médiation en sa faveur, ou au maximum, l’«  ingouvernabilité » du pays.

Mais le PDS  ne peut mobiliser toutes ces forces que s’il gagne la bataille d’opinions qu’il a déclenchée.

   III.            Relever le défi de la bataille d’opinions

Cette bataille d’opinions se déroule dans un contexte politique, économique et social,  difficile  pour notre régime.

 En effet, c’est un contexte  où,  au plan politique, les frustrations dans le Parti du Chef de l’Etat et  dans sa coalition se sont aggravées,  de même que dans le Parti du Président de l’Assemblée nationale, suite au dernier remaniement du Gouvernement,  et dans REWMI,  lors de la désignation  des Députés au Parlement de la CEDEAO.

Malgré,  le signal fort que le  Chef de l’Etat, avec ce remaniement,  vient  encore  de donner de son attachement à BBY, quelle sera la portée de ces frustrations dans la cohésion nécessaire de cette grande coalition,  face à l’offensive du PDS ?

Au plan économique et social,  les prix des denrées  et des services de première nécessité ont repris leur ascension,  après leur repli observé au second trimestre par rapport au premier trimestre,  de même que la recrudescence  des « coupures de courant ».

Le mécontentement populaire,  que cela est en train d’engendrer, peut-il contrebalancer l’élan populaire, jamais vu,  de solidarité des populations autour du Chef de l’Etat et du Gouvernement,  dans la gestion des inondations de cette année ?

Enfin, la crise latente dans l’Education servira-t-elle de terreau fertile à l’agitation projetée par les dirigeants  du PDS ?

Donc,  autant de défis que BBY doit relever à travers  une puissante bataille d’opinions pour faire prendre conscience aux populations des véritables enjeux des agitations du PDS.

Les populations devraient savoir, que l’amélioration de leurs  conditions de vie et de travail n’est pas ce qui anime le PDS, mais bien son sort,  qui est  fortement  lié  à la défense de la pérennisation de l’impunité, qui sape les fondements de la République Démocratique dans notre pays.   

Les Sénégalais, dans cette bataille d’opinions contre les menées du PDS, ne devraient jamais oublier que le 25 mars  a ouvert une période de transition durant laquelle leurs aspirations au changement  seront progressivement réalisées,  dans un processus de « ruptures »,  au fur et à mesure que les conditions le permettront.

Toute la question était donc de savoir,  combien de temps cette transition devrait prendre, d’où le débat de l’époque,  entre « période de transition de trois ans » ou « mandat de transition de cinq ans ».

Avec l’élection du Président Macky Sall, c’est un « mandat de transition de cinq ans » que notre peuple  s’est offert.

D’où la nécessité de combattre sans complaisance,  les marchands d’illusions qui veulent faire croire aux populations, sous l’emprise de tous les « manques », que c’est par absence de volonté politique ou de vision stratégique,  que leurs attentes tardent à se réaliser.

Il  faudrait donc rappeler fortement,  qu’avec les « Conclusions des  Assises nationales »  et la « Charte de Bonne Gouvernance », BBY n’a pas de problème de vision ou de perspectives, mais leur matérialisation s’inscrit dans le cadre du « mandat de transition de cinq ans » que le Chef de l’Etat et son Gouvernement viennent  à peine d’entamer.

   IV.            Conclusion

C’est pour réunir les conditions nécessaires  à la réalisation de ces « ruptures », qu’il est impératif de sauvegarder la stabilité et la paix civile  dans notre pays, que le PDS veut mettre à rude épreuve, en lançant des initiatives à tout vent pour déstabiliser le régime.

BBY, le M23,  et les 65% de l’électorat qui ont mis fin au règne du PDS,   doivent se rassembler et se  mobiliser autour du Président de la République, de son Premier Ministre et de son Gouvernement,   pour défendre notre République Démocratique en chantier, sans laquelle, les aspirations du peuple à un mieux être,  verront leur réalisation encore différée, comme cela fut le cas après la première alternance survenue en 2000. 

 C’est ce rassemblement et cette mobilisation  qui vont renforcer  le moral du Pouvoir judiciaire et des forces de Sécurité dans leurs  tâches   respectives,  de dire le droit, et de défendre l’ordre public et la sécurité des personnes, de leurs biens, et des Institutions de la   République Démocratique.

Fait à Dakar le 13 Novembre 2012

Ibrahima  Sène BBY

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