CELEBRATION DES 90 ANS DU Pr AMADOU MAKHTAR MBOW

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Un colloque international s'est tenu du 10 au 12 mai 2011 à Dakar, pour célébrer les 90 ans de Amadou Makhtar Mbow. Une délégation conduite par le camarade secrétaire général y a repésenté le Parti. Quant au Président Amath Dansokho, il faisait partie des invités de marque, (à côté de nombreuses autres sommités nationales et mondiales) qui devaient témoigner sur la vie du  Professeur Amadou Mahtar Mbow.

Vous trouverez ci-dessous quelques images de la cérémonie d'ouverture au Méridien Président et une version provisoire du rapport général du colloque. 

 


   Durant ces trois jours de symposium, la réflexion  a porté sur l’œuvre qu’a accomplie  M Amadou Mahtar Mbow, au cours de sa triple carrière d’éducateur, d’homme d’Etat et de fonctionnaire international. Son action a été passée en revue, les contextes de cette action analysés ; l’impact de ses idées ainsi que leur application dans les domaines théorique et pratique.

 

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Au terme de ces journées, on peut affirmer ceci : par son engagement politique, citoyen et éthique, selon la tripartition opérée par son ami Mr. Souleymane Ndiaye, il a accompli une œuvre nationale, régionale et mondiale, qui lui a assuré une gloire immortelle,  et ses idées et son action continueront d’inspirer les générations futures.

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Ajoutons ceci : le professeur Mbow  a eu la chance d’être témoin du jugement de l’histoire de son  vivant : il a eu raison par rapport au NOMIC (nouvel ordre mondial de l’information et de la communication), qualifié  par Ndèye Marie Fall de négation et de refus de soumission à ce que Henri Lopes taxe de déséquilibre des flux d’information, qui nous plaçait sur le terrain de la domination, selon  Albert Bourgi ; il a eu raison  par rapport au plus que jamais actuel Nomic par lequel il cherchait à décoloniser l’information, selon le titre de l’ouvrage d’un personnage qui le séduisit alors et qui était M Hervé Bourges : que constate-t-on en effet aujourd’hui?  Le Doyen Assane Seck faisait remarquer avant-hier, à juste titre, que les révoltes, les révolutions actuelles étaient en train de donner raison à ceux qui ont combattu pour un monde nouveau, et il pensait à Monsieur Mbow ! Parler de  nouvel ordre mondial, c’est parler des droits de l’homme dont la finalité, conformément à une charte de l’Unesco rappelée par Federico Major,  est  de libérer l’humanité de la peur : le non respect de ces droits fait le lit de la rébellion.

 

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Mais les échecs circonstanciels  n’ont pas empêché et n’empêcheront pas la marche du  NOMIC dans l’avenir, constate Babacar Touré. Mais nous ne devons pas rechigner à faire notre autocritique, car par exemple au Sénégal,  nous avons une part de responsabilité dans l’accentuation du déséquilibre , reconnaît Chérif Elvalide Sèye.

L’œuvre du Pr Mbow, telle qu’exaltée dans les diverses communications appuyées par les nombreux témoignages venus de partout pendant les trois jours du colloque, mérite  la  reconnaissance envers ce héros de la foi,  qui par son éthique, sa générosité et son abnégation en particulier, doit  être offert en modèle a la jeunesse.

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A l’UNESCO,  transformé en effet  en laboratoire où devait être testé un nouveau type de rapports Nord Sud selon les termes d’A Bourgi, le Pr Mbow, (cité par Tounkara et Hochwada), est convaincu « que même s’ils n’ont pas le même passé, les êtres humains devaient avoir le même avenir » et il  s’est investi dans la lutte pour l’avènement d’un monde nouveau : celui de l’Universel : no man is an island, disait  le penseur et poète John Donne  récusant  le principe de l’autarcie. Mais, il ne s’agissait pas, dans la philosophie de Mbow, d’Universel de « surplomb » imposé du dehors,  mais d’un universel de latéralité, c'est-à-dire de cultures équivalentes, décrypte  S B Diagne, lecteur de Merleau Ponty ;  

Mais pour l’avènement  d’un tel monde, encore fallait -il que l’égalité des cultures fût reconnue et acceptée par tous, puisque les causes des retards à l’origine du mépris du Sud relevaient  purement de conditions historiques objectives identifiées avec lucidité par Louise Marie Maes Diop.  Il fallait que l’égale dignité des humains fût admise.

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Au même titre que l’esclavage des siècles antérieurs et d’aujourd’hui  - sur lequel on n’a d’ailleurs pas tout dit, selon Ibrahima Seck  parlant de l’esclavage en Mauritanie ;  il est même occulté en ce qui concerne les petits pages noirs dans l’espace germanique, regrette Pierrette H Fofana- , ni le racisme,  justifié  par des arguments pseudo scientifiques et pseudo biologiques,  ni l’apartheid en Afrique australe, n’avaient pas encore disparu.

L’Unesco sous la direction de Mbow --dont Henri Lopes magnifie la fidélité aux textes cadres de l’institution comme références, s’attela alors  à réfuter le fondement théorique et idéologique de l’apartheid, comme le souligne  Ab Bathily.

Elle s’attaqua aux différentes formes de racisme et aux préjugés, à travers l’éducation, la culture, la communication et les sciences sociales, notamment dans les pays lusophones et ceux de l’Afrique australe (Marias Carrie),  par le soutien également  aux mouvements de libération nationale, dit Abdoulaye Bathily.  Et il promeut des politiques de protection des cultures menacées en soutenant le Ciciba (Centre international des civilisations bantu), se plait à rappeler Simao Souindoula.

Une autre parmi ces actions dans le combat pour la  réhabilitation et l’émancipation des peuples du Sud,  fut l’entreprise magistrale rappelée par Babacar Diop Buuba de réécriture,  sous l’égide de l’Unesco, de l’histoire de l’Afrique  oubliée ou confinée à la périphérie des nations dans les livres d’histoire; M Mbow impulsait,  parallèlement à cette entreprise de survie, des publications d’histoire nationale, régionale et continentale pour décoloniser l’histoire africaine, indique Boubacar Barry.   

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Il fallait également mener le combat au plan des droits :  Penda Mbow a souligné la décisive contribution d’Amadou Mahtar Mbow qui a permis à l’Institution d’organiser des centaines de séminaires de sensibilisation et de publier des dizaines d’études sur le respect des droits humains dans le monde.

Jeanne Lopis Sylla  a mis en relief  les efforts de l’ancien Directeur General de l’UNESCO,  dans la promotion des  langues locales ou maternelles, dès les années 50, dans la mise en place de l’éducation de base et de l’alphabétisation. Elle a montré comment dans le cadre des droits linguistiques, le Professeur A.M.Mbow a été un précurseur.     

Egalement, selon M. Hamady Bocoum, Mahtar Mbow a défini  et  mis en œuvre la Convention sur le Patrimoine Mondial, contribué à l’établissement de la Convention sur le Patrimoine Immatériel.

Quand M Mbow s’impliqua dans les Assises nationales, il était toujours animé de cette volonté de lutte pour l’émancipation, le progrès, et le développement, qui doit passer, analyse Amadou Lamine Loum, par la gestion vertueuse et performante des affaires publiques. Mais le développement, c’est aussi  la préservation de l’environnement,  pour les contemporains et  pour les générations futures, prévient Pap Meissa Dieng et M Mbow a travaillé à cela; l’aménagement et la protection de réserves  de biosphère  transfrontalières,  en tant que garants de la paix, participent au développement, confirme Racine Kane.

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Pour enter dans le concert des nations  dans l’estime des autres, Mbow, pédagogue et éducateur, s’est lancé dans l’immense chantier de l’éducation de base, de la scolarisation universelle à travers un enseignement rénové de l’histoire et de la géographie, disciplines éveilleuses de conscience  et d’engagement citoyen.

Son engagement personnel généreux, acquis à travers son éducation et le scoutisme l’a amené,  en tant que D.G. de l’Unesco, à entrevoir la nécessité de proposer une politique scientifique et technologique claire pour valoriser les ressources humaines et naturelles de l’Afrique au profit de ses populations.

Il est temps de clore. Nous le ferons par ce mot qui vous  sied, qui sied à votre parcours, à votre destin d’homme.  Pindare, un Poète antique,  disait ces paroles de bon sens  : « N’aspire pas, oh mon âme, à l’immortalité, mais épuise le champ du possible ». Monsieur Amadou Makhtar Mbow, vous avez épuisé tout ce qu’il était possible à vous de faire . Merci au nom de tous.

Ecureuil Actif (son nom de scout), les participants au colloque vous souhaitent un bon anniversaire, et rendez vous est pris pour votre centenaire.

 

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