DEBAT SUR LA POLITIQUE DE COMMUNICATION DU PARTI

  • CINQUIEME CONGRES DU PIT-SENEGAL
  • VIE DU PARTI

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ISSA : « Je viens de lire avec un intérêt particulier l’interview qu’I. SENE  a accordée au journal Le Quotidien. Cette interview me conforte davantage dans l’idée que ce qui manque au PIT c’est encore une fois un bon système de communication. Quant Abdoulaye Wade annonçait sa décision d’être candidat aux prochaines élections je travaillais sur un article qui porte sur les multiples modifications constitutionnelles qu’il ne cesse d’apporter à  nos institutions. La lecture que j’avais de la constitution m’indiquait que Wade ne devrait pas pouvoir se présenter aux élections de 2012 à cause justement des limites que lui imposent  les articles 27 et 104 de la constitution. C’est dire donc que c’est avec plaisir que j’ai lu dans l’interview d’I. SENE  que lui aussi a cette même compréhension. 

Ce qui m’inquiète, c’est que bien que le PIT sache parfaitement que légalement, Wade ne doit pas pouvoir se présenter, le parti n’en fait pas un big deal.

 Une interview est certes un moyen de diffuser une position politique, mais ce n’est certainement pas le meilleur moyen politique de communiquer une position.

 Le PIT aurait bien pu se singulariser en utilisant cette position comme cheval de bataille dans sa propagande et surtout de mobilisation, mais au lieu de cela il semble préférer se référer aux positions de Benno Siggil alors que cette association est un ensemble de partis qui ont des intérêts qui ne coïncident pas nécessairement. Ce serait une illusion que de croire que le PS, AJ, le PIT, et la LD pourraient s’accorder sur une plateforme politique et économique qu’un candidat unique respectera quant il prendra le pouvoir.

Le leadership du PIT ne semble pas se rendre compte que 90% des activités du parti doivent concerner la communication aussi bien interne qu’externe. Combien de sénégalais savent qu’Amath Dansokho a été le seul leader politique à s’opposer à la constitution que Wade avait soumise au referendum de 2001 ? La position était juste mais la communication était pauvre. Aucune action concrète de suivi n’a été menée pour contrecarrer le referendum et faire connaitre au public la position du parti.

Un parti  peut avoir le meilleur programme politique, économique et social du pays, mais si son système de communication est défaillant au point que seule une poignée de ses militants sont au courant de ses positions, ce parti n’ira nulle part.

LE PIT DOIT REVOIR SA GESTION DE LA COMMUNICATION S’IL A LES AMBITIONS D’ACCEDER AU POUVOIR. IL DOIT GERER LA COMMUNICATION DE LA MANIERE DONT UNE ENTREPRISE GERE SON DEPARTEMENT DE MARKETING.

Quelque soit la pertinence de ses propositions de valeur, si ceux à qui elles doivent être destinées ne les reçoivent pas, c’est peine perdue. La communication doit être une activité quintessentielle d’un parti et toutes les autres activités doivent lui être subordonnées. Quelque soit la pertinence d’une vision, d’une idée ou d’un objectif, si la méthode de communication employée n’est pas adéquate, le flux d’information n’arrivera pas à destination de manière effective.

Une bonne initiative peut être handicapée ou même devenir contre productive si le système de communication utilisé est mauvais.   

Une des erreurs que le leadership du PIT commet, c’est de créer les conditions qui font que le secrétaire général du parti semble être le porte-parole du parti et les méthodes de communication se résument aux interviews qu’il accorde et aux déclarations qui sont envoyées aux organes de presse. Aucun mécanisme de contrôle qui permet de quantifier les conséquences, la réaction du public face à la communication en général n’est définie.  

Il faut redéfinir la politique de communication et lui donner une place spéciale dans les stratégies du parti. Rien ne doit avoir préséance sur la communication. Encore une fois 90% des activités du parti doivent concerner la communication.

La communication permet au parti de véhiculer ses plans et orientions et de persuader le public à les accepter. Avoir une bonne vision n’est pas assez, avoir la capacité d’articuler cette vision et la communiquer effectivement avec le public est nécessaire pour bénéficier de son soutien. La communication de la vision a pour objectif d’influencer la conscription pour qu’elle réfléchisse et agisse de manière à réaliser la vision. Une bonne communication réduit la résistance à la vision du parti. Si le parti prend le temps d’élaborer un plan effectif pour délivrer sa vision au public, il peut affaiblir les forces réfractaires et renforcer le désir de contribuer à la matérialisation de la vision. Si cet effort n’est pas consenti par le parti, quelque soit la grandeur et la justesse de sa vision, il sera incapable de la mettre à exécution. C’est à travers la communication que le parti parvient à influencer le public. »


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MALICK : « Excellente contribution; je partage essentiellement ce point de vue. Il faut que le Parti arrive communiquer tout en tenant compte des réalités socioculturelles auxquelles le Camarade I. SENE fait souvent allusion. Comment communiquer sans heurter des consciences? Quelle doit être notre cible? …ETC. Le fort de WADE, c'est que, quand il communique, il ne s'adresse pas souvent aux intellectuels, qui ont un certain niveau mais le plus il s'adresse au petit peuple et il sait jouer sur le culturel c'est à dire au plus grand nombre qui n'ont accès qu'aux moyens de communication de la RTS , le bombardement médiatique faisant le reste avec ses différents relais. Le congrès prendra certainement cette question si importante en charge. »

 

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ASSANE : « Cette contribution sur la communication du parti, accouchée par l'excellente interview d’I. SENE est très intéressante. Les deux problèmes qu'il pose, à savoir la nécessité d'une bonne politique de communication pour tout parti politique , à plus forte raison le nôtre, et le suivi de nos initiatives, interpelle non seulement la direction du parti mais tous les militants et les démocrates convaincus de la justesse de ces prises de positions dont l'influence sur le cours de la marche de notre pays vers la liberté et le progrès est indéniable. La gestion de la communication est d'autant plus importante qu'en plus des raisons pertinentes qu'il a évoquées, nous sommes dans un monde pratiquement brouillé par la saturation du champ médiatique et les moyens colossaux dont disposent les forces malfaisantes qui comptent sur la désinformation et l'obscurantisme pour se maintenir au pouvoir. Personne ne peut fermer les yeux sur cette réalité criarde à moins de vouloir se faire enterrer. C'est donc une tâche majeure pour le parti.

Communiquer sur quoi? La matière ne manque pas. Toutes les initiatives que nous avons eu à prendre et qui ont fortement pesé sur le cours de l'histoire de notre pays constituent autant d'éléments pour non seulement contribuer à l'élévation du niveau de conscience de notre peuple mais aussi faire briller de mille feux notre ligne politique aux yeux des citoyens. Il a cité notre opposition farouche à la constitution monarchique d’Abdoulaye Wade à l'époque du référendum. Bataille épique portée vaillamment par nos camarades contre quasiment toute la classe politique de l'époque à l'exception du Jëf Jël de Talla Sylla. Le parti a été aussi le premier  à mettre sur la place publique le désir sinistre de Wade de se faire succéder par son fils. C'était à l'aube de l'alternance. Beaucoup nous prenaient pour des affabulateurs, des mécontents parce que chassés du pouvoir. Les Assises Nationales, qui ont permis la mobilisation de tout un peuple autour de son destin et qui ont fait perdre à Wade la tête, c'est aussi à l'initiative du parti, dès le premier Comité Central d'après l'élection présidentielle de 2007. Et tant d'autres faits historiques. Mais cela est-il bien vulgarisé ? Le peuple l'a-t-il assimilé pour tisser une relation de sympathie militante et agissante avec notre parti. Rien n'est moins sûr. Pourquoi? Manque de stratégie de communication. Il faut donc corriger comme proposé par Issa. Mais toute stratégie suppose des moyens et une organisation. Or sur ce plan, le parti traverse des moments difficiles. Comme le dit l'adage, "balaa nga ne naam, ne' fah"[(Pour répondre "Présent" il faut être là) (La traduction n'est pas garantie)]. Les difficultés organisationnelles à tous les niveaux ont fait l'objet de plusieurs recommandations des instances dirigeantes.

Une condition sine qua non donc pour prendre à bras le corps cette question de communication ou plus simplement la vie normale  du parti, c'est une amélioration au niveau de l'organisation à tous les niveaux du parti. Cela suppose l'implication de tous les militants à tous les niveaux et la conviction profonde que notre patrie vaut tous les sacrifices. C'est la seule voie pour le parti de sortir la tête de l'eau et retrouver une navigation normale. »

 

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GUY

Je suis totalement d'accord avec Issa et suggère que la communication porte également sur les actions passées du parti envers les populations notamment du temps où le parti siégeait au gouvernement. Oui le parti a impérativement besoin d'un porte-parole et de relais auprès des différentes localités du pays pour diffuser ses positions et sensibiliser les masses.  Il convient également de s'ouvrir à de nouvelles ressources humaines afin de diversifier et d'étoffer l'encadrement du parti qui est du reste très fermé.

CINQUIEME CONGRES DU PIT-SENEGAL 28/02/2010 21:03


La contribution du camarade sur la communication est pertinente et appelle à mieux réfléchir et élaborer notre communication. Celle ci est devenue de plus en plus une science avec ses côtés
positifs et négatifs selon l'angle d'utilisation.
Il faudrait à mon avis des séminaires de formation des cadres à tous les niveaux pour disposer de la masse critique qui dépasse les visages les plus connus qu'il faut diversifier, spécialiser,
"habiller"(dans tous les sens), en tenant compte de notre environnement culturel.
Celui-ci présente bien des insuffisances dont il faut tenir compte (exemple : comment le discours est habillé? respecte-t-on un certain nombre de critères, beaucoup s'attachent d'abord à
l'enveloppe avant le contenu etc... la modernité du discours etc..Il y aurait beaucoup à dire. La communication est aussi partie séduction et efficacité dans le trait, le dit.
Maguèye


Issa Sala 28/02/2010 20:50


Les composantes d’un plan de communication
Le questionnement qui précède toute stratégie de communication est le suivant :
• 1. QUOI : quel produit, service, action, veut-on promouvoir ?
• 2. POURQUOI : quels sont les objectifs ? (type d'objectifs : de notoriété…)
• 3. A QUI : auprès de quelles cibles? (Définition des cibles, et de leurs freins et motivations.)
• 4. COMBIEN : quel budget est-il alloué ?
• 5. COMMENT : par quels moyens - adaptés à chaque cible, et en fonction du budget
• 6. QUAND : selon quel planning
• 7. DE QUI : Qui est le porte parole des messages de l'organisation?
Différentes étapes de la stratégie de Communication :
1. Elaboration des différentes actions de création en fonction des cibles retenues et du positionnement : axes et thèmes des messages ; visuels, symboles, charte graphique…
2. Choix des moyens de communication (communication externe : media et supports ; marketing direct ; promotion des ventes ; relations presse ; relations publiques ; site internet… Communication
interne : intranet, presse d'entreprise…)
3. Contrôle des résultats et, le cas échéant, réajustement des objectifs, moyens ou supports.

Assane SEYE


Mohamed 25/02/2010 16:12


SOKHNA: "Je pense qu'une réflexion sur les stratégies de communication pour être optimale, exige dans une moindre mesure l'évaluation des outils qui nous ont permis jusque là de communiquer.Une
bonne question serait de se demander si on ne communique pas assez, si on communique mal, ou simplement si on ne communique pas du tout ; la nuance est de taille pour comprendre les obstacles à une
politique de communication pertinente. Probablement, ce sont des problèmes très liés à nos modes d'organisation et de fonctionnement encore très peu opératoires dans le contexte actuel.
En direction du congrès une des tâches majeures serait donc de devoir reconstruire en la matière un nouveau modèle politique qui s'éclaire précisément des évolutions récentes."


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