Du Socialisme a l'éco socialisme: Contribution à la réflexion sur les questions écologiques et environnementales

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La prise en compte des questions écologiques et environnementales et ceci de façon scientifique est inévitable pour tout projet révolutionnaire moderne. La lutte pour le socialisme doit fusionner avec la lutte pour le développement durable.

L'écologie doit devenir un aspect organique du programme de notre Parti, de sa vision de transformation du Sénégal. La formation du militant PIT doit englober l'éducation environnementale, la compréhension des problèmes environnementaux et la maitrise d'actions de base à mener dans les communautés et à l'échelon individuel. Le PIT doit mettre en avant la bataille pour l'utilisation des énergies renouvelables comme choix préférentiel dans les programmes énergétiques du Pays.

Voici les tâches qui me semblent prioritaires :

  • Mettre fin au monopole de la SENELEC dans la distribution et la vente d'énergie,
  • Lutter pour un programme de promotion des PME (privées,  sous forme de coopératives ou mixtes) dans la production, la distribution de l'énergie,
  • Se battre pour l'implication des collectivités locales dans la production et la vente de l'énergie,
  • Instaurer une subvention des familles désirant s'orienter vers l'énergie renouvelable comme leur  source primaire d'énergie domestique,
  • Aborder les questions agraires et agricoles dans la perspective de promotion d'une agriculture durable, protectrice de notre patrimoine naturel,
  • Lutter pour une activité étatique et citoyenne accrue dans le reboisement et les activités de préservation de l'environnement,
  • Transformer les collectivités locales en des plateformes de proximité pour la mise en œuvre des politiques et initiatives dans ce domaine,
  • Faire une place de choix à l'éducation et à l'activité environnementales dans le curriculum à tous les niveaux du système éducatif et
  • Lutter pour la relance de la recherche dans le domaine des énergies renouvelables (ER) dans le pays.

QUESTION D'UN CAMARADE: " Je ne vois pas en quoi la prise en compte des préoccupations actuelles de développement durable et l'écologie aurait transformé notre lutte pour le socialisme en Ecosocialisme ?"

Je voudrais d'abord souligner qu'au regard de tous les acquis de la science contemporaine sur la gestion des impacts "humains" sur la nature, toute démarche de transformation sociale progressiste ne peut pas ne pas tenir compte de ce que ces acquis apportent dans la résolution des problèmes  alimentaires, énergétiques, d'urbanisation, de gestion de l'eau, des problèmes de transport pour ne citer que ceux la.

Ensuite, je ne contrapose pas la lutte pour le socialisme avec la lutte pour le développement durable.

Cette dernière devient partie organique de notre lutte dans la mesure où les solutions issues de cette matrice  sont d'abord des solutions transversales: nos politiques énergétique, agricole, d’urbanisme, etc doivent être informées désormais par les conclusions les plus avancées dans ce domaine

Le Capital en tant que système de rapports d'échange et de production est contre la Nature dans la mesure où la maximisation du profit en est la loi fondamentale.

Les acquis environnementaux dans les pays développes sont pour l'essentiel le résultat de luttes multiples par les peuples de ces pays pour limiter ces appétits destructeurs du CAPTAL. La guerre d'Irak et la mainmise des USA sur le PETROLE irakien en est une illustration patente.

De même les processus en cours dans le Kédougou avec la ruée des compagnies minières sur nos ressources minières (des ressources non renouvelables) en sont une autre illustration. Les contrats signes par le régime de l'Alternance sont loin de prendre en compte ces dimensions et profitent peu à la Nation.

Le socialisme du XXe siècle  n’a pas non plus été tendre vis à vis de la nature. La gestion centraliste et productiviste de ces pays n’a  permis de mettre à profit les avantages qu’offre une gestion socialiste et planifiée du développement de ces pays.

Le camarade Pape Cisse dans son texte a aborde la question du " Droit à la Pollution des Pays sous développés".

Je pars du principe  que le développement économique et social n’est pas linéaire (à la Rostow), ni selon la version simplifiée du matérialisme historique. Nous devons construire aujourd’hui notre pays avec les acquis les plus modernes de la science et de la technologie.

C’est  un peu comme l'évolution de la téléphonie fixe et cellulaire dans notre pays. De l'invention du téléphone en 1875  à 1997 (120 ans), notre pays a eu moins de 300.000 lignes téléphoniques. De 1997 à maintenant, il y a plus de 6 millions d'abonnés au cellulaire.

Un  bond similaire  est possible dans l'énergie, dans la production agricole, dans l'éducation. C est ce qui fait que je trouve que la revendication du Droit à la pollution semble être un raccourci pragmatique productiviste et peut même sembler patriotique mais  crée les conditions de séparation (ou de distanciation) d’avec ce qu’il y a de plus moderne dans les solutions aux problèmes économiques et sociaux contemporains.

J'insiste encore une fois sur la nécessite d'un débat vigoureux sur ces questions, dont la prise en compte est incontournable dans notre  effort de faire de notre Parti un Parti moderne, démocratique, capable de diriger la lutte pour les changements que notre peuple attend.

 

 

PAR BAMBA NDIAYE

 

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