HOMMAGE AU DOYEN DU PIT-SENEGAL

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HOMMAGE AU DOYEN THIAM : Leçons d’histoire et de choses

Par Mis en ligne le 2011-10-20 08:27:42

Doyen Amadou Falilou Thiam , 08 octobre 1915 – 05 octobre

2011 – 96 ans, est un militant à conter et à décrire aux générations de gauche pour exemple ; car s’ériger contre la perte des repères devient une tâche des temps présents. Dans les « années de braise » de la clandestinité et dans les années 70 de la semi-clandestinité ; lors des rencontres ou assemblées de militants du P.A.I, deux doyens : SOUMARE et THIAM, aimables et chaleureux, généreux, forçaient notre attention. Aux heures d’avant séance ou de restauration, ces deux, les plus vieux du Parti, ergotaient sur leur âge, chacun argumentant être l’aîné de l’autre. Nous avions plaisir à suivre leur discussion qu’ils concluaient toujours comme une chanson à nous faire répéter « Tant qu’on vit, il faut lutter ! »

Ces deux là, n’ont jamais cherché à profiter du Parti, ou à brouter dans d’autres prairies touffues et rassurantes.
Doyen Soumaré tenait un kiosque à journaux sur l’avenue Blaise Diagne près du canal de la Gueule Tapée et servait de boîte à lettres pour le Parti.

Tous deux, adeptes convaincus du marxisme-léninisme, membres des comités centraux (C.C) successifs du P.A.I et de la commission de contrôle, sont demeurés en première ligne dans le combat pour les libertés, pour l’indépendance nationale et le socialisme.

Au congrès constitutif et de retour à la légalité (8 – 9 août 1981) du P.A.I devenu P.I.T, le doyen Doudou Soumaré (1906 – 1986) ancien matelot avait 81 ans et Doyen Thiam 66 ans. Mais cela ne changeait rien à leur plaisanterie.

Le 05 octobre 2011, Doyen Amadou Falilou Thiam, tranquillement, sur la pointe des pieds, en pleine lecture matinale de ses journaux, s’en est allé alors qu’il attendait d’être accompagné par sa fille ainée Mme Djiariatou Thiam pour aller présenter ses condoléances à la famille de Monsieur Boubacar Sall (directeur I.P.G) homme exceptionnel en amitié, décédé le lundi 03 octobre 2011.

Doyen Amadou Falilou Thiam eût deux épouses. La première Mme Adama Bamby Gueye, compagne disponible, discrète et complice, mère de ses neuf (9) enfants (5 filles et 4 garçons) dont l’aînée Djiariatou fut l’assistante médicale du vieux.

La deuxième épouse Mme Malie Ba, mariée en 1975 après le décès de la première, est une autre figure de la lutte du P.A.I. Elle fut responsable des femmes du P.A.I à Mbour dans les premières années de déploiement du Parti.

Aux élections législatives du 31janvier 1960, le P.A.I avait présenté une liste de candidats à Thiès, Saint Louis et Mbour.

Responsable de la section locale du P.A.I à Mbour, Doyen Thiam fut candidat sur la liste conduite par Seyni Niang (ancien proviseur du lycée Lamine Gueye). A Mbour comme à Saint Louis, le Parti était majoritaire et tous les protagonistes s’accordaient sur une victoire certaine du P.A.I dans tous les bureaux de vote.

L’agression des forces néocoloniales de l’UPS fut d’une violence rarement égalée. Des nervis avaient été recrutés, armés et transportés par dizaine pour s’attaquer aux manifestations, aux réunions électorales et aux dirigeants du P.A.I et le jour des opérations aux bureaux de vote et aux urnes. Des militants P.A.I décidés furent organisés dans un dispositif de défense et le 24 juillet 1960, lors du meeting « taneber » de Thiès, sous la conduite des deux secrétaires généraux adjoints du P.A.I, Babacar Niang et Seydou Cissokho, les assaillants U.P.S, reçus de la façon rigoureuse qui sied, prirent la poudre d’escampette « le bruit des explosions et des flammes provenant de l’impact des « bombes molotov » provoquèrent la surprise, la panique et le sauve qui peut parmi les assaillants ; abandonnés sur place, les camions se retrouvèrent
incendiés. Ce qui se passa ce soir à Thiès eu un effet dissuasif… ». (B. Niang rapporté par Abdoulaye Diallo .. Face cachée de notre démocratie – pages 46,47,48).

En effet dans la même journée, « ils avaient décidé d’incendier la maison de notre défunte responsable des femmes à Mbour … Malie Ba (et non Marie)…. » mais là aussi au vu du dispositif de sécurité sous la conduite
de Babacar Niang et Seyni Niang, les assaillants abandonnèrent la bataille.

Dans l’arène politique, la détermination et l’engagement des militants de l’époque pesaient lourd dans le rapport des forces. Il doit en être ainsi pour tout parti révolutionnaire dans la lutte de classes tant qu’il saura se mouvoir dans le peuple au service de la défense quotidienne des intérêts de celui-ci.

Doyen Thiam fut secrétaire d’administration, adjoint au commandant de cercle de la subdivision de NIORO (1944) et cumulativement du cercle de Kaolack jusqu’en 1946, affecté à Mbour jusqu’en 1954 il atterrit à Dakar le 1er juillet 1954 comme chef du courrier au secrétariat général du gouverneur du temps de Cornul Gentil.

Dans les villages et villes, dans les services et quartiers, très lié aux populations, Doyen Thiam, très bon commerce et généreux, humble et magnanime, durant tout son parcours a été de tous les combats populaires avec la même disponibilité vantée par tous, et le même visage radieux.

Dans la cité « Patte d’oie Builders » il prit part aux mouvements associatifs des parents d’élèves, des acquéreurs de villas location-vente, pour la construction de la mosquée qu’il fréquenta assidûment…

Ainsi fut l’homme partout où il a séjourné tant soit peu. De cet esprit et comportement d’amour et de solidarité pour son prochain, de sa capacité de se « noyer dans le peuple », naîtra à son endroit une ceinture de sympathie précieuse dans les épreuves.

Révoqué par Mamadou premier, le Président Mamadou Dia, de la fonction publique pour activités communistes suite aux événements électoraux du 31 juillet 1960, Doyen Thiam n’hésita pas à se procurer un taxi-ville, en être le chauffeur circulant dans Dakar sans fausse honte, un orgueil afin de subvenir dans la dignité aux besoins de sa famille. Dans ce secteur d’activités dans tous les autres fréquentés et grâce à son commerce facile , il a toujours exécuté sans relâche les tâches de propagande et de défense des travailleurs et des populations, les tâches de recrutement et de formation. Il diffusait et distribuait tracts et journaux malgrè la répression en conformité avec ses convictions et son engagement.

En 64-65, il fut embauché comme caissier à la SONADIS sous la direction de cadres européens de la S.C.O.A.

A la faveur de l’avènement de Abdou Diouf et sur entregent de Babacar Ba resté reconnaissant à l’homme, Doyen Thiam retrouva la fonction publique en1970 du poste de chef de bureau du budget puis du matériel d’où il sera admis à jouir de sa retraite.

Doyen Thiam a toujours aidé le Parti à survivre. Après la grande débandade de 1965, dans les heures chaudes de la clandestinité, il assurait la sécurité alimentaire aux camarades clandestins « planqués » (Seydou Cissokho dit Dramé et/ou…… , Mady Danfakha dit Diallo, Babacar Sy dit Baleva, Sadio Camara dit Diakhaté et/ou Alphonse). Il avait pour eux un approvisionnement régulier en lait, café, sucre, biscuits de Médina, cacahuètes et cigarettes). Ces camarades là étaient contraints au régime du strict minimum, situations………

Doyen Thiam était très soucieux. Doyen Thiam a mis à la disposition gracieusement du P.A.I-Sénégal et du P.I.T, pendant une longue période, sa villa n°62 sise à Castors qui fut le siège de l’UJDAN.

Il a pleinement participé aux activités commémoratives du 50éme anniversaire du Manifeste du P.A.I en 2007, 2008 et 2009.

Doyen Thiam, pour ta conviction, ton esprit de militant et de solidarité, pour l’excellence de tes relations sociales « NGATHIE NGALAMA »THIAM, l’homme de tous !
Prions pour lui et qu’il soit source d’inspiration.

Moctar Fofana Niang
CNP 50naire
Email : matafofana39@yahoo.fr


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