LE SECTEUR DE LA SANTE EN DANGER SOUS LE REGNE DE WADE !!!

  • CINQUIEME CONGRES DU PIT-SENEGAL

 

Le Secrétariat du Comité Central a tenu sa réunion ordinaire le 17 août 2010 et a examiné la situation préoccupante, qui règne dans le secteur de la Santé depuis quelques semaines.

 

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En effet, le système sanitaire de notre pays est secoué par des mouvements sociaux axés sur la revalorisation des fonctions médicale et paramédicale et d’autres aspects de la gestion des ressources humaines (recrutement, redéploiement, motivation…).  Ces actions syndicales sont  initiées par la Convergence SUTSAS/SAS d’une part et par le SAMES, syndicat des médecins de l’autre, sans oublier les jeunes internes. D’autres organisations de travailleurs de la Santé, telles que le SYNTRAS, la CNTS/SANTE et le SUDTMS portent également des revendications et menacent également d’initier des mouvements de grève, en cas de non satisfaction de leurs doléances.

 

Face à cette situation, le gouvernement et plus particulièrement le Ministère chargé de la Santé fait dans le dilatoire, aidé en cela par la dispersion, la rivalité stérile et le manque de solidarité des forces syndicales du Secteur, empêchant une unité d’action qui accroîtrait l’efficacité de leur lutte.

La crise actuelle trouve certes son origine dans des revendications à incidence financière et le refus du gouvernement d’appliquer des accords déjà conclus avec les organisations des travailleurs du secteur, notamment le nouveau statut des personnels hospitaliers. Mais ses fondements se trouvent dans une mauvaise orientation de la politique sanitaire de notre  pays.

 

Le Secrétariat du Comité Central estime que, malgré les quelques acquis engrangés par le Plan National de Développement Sanitaire de la période 1998-2009,  tels que le maintien de la prévalence de l’infection à VIH dans la population générale à moins de 1% ou la baisse de la morbi-mortalité due au paludisme, on note cependant des reculs marqués notamment par le niveau encore élevé des indicateurs de mortalités maternelle, néonatale, infanto-juvénile , compromettant gravement l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (O.M.D) ayant trait à la Santé. Des initiatives telles que les « badianou gox », censées améliorer la santé maternelle en sont réduites à de simples messes folkloriques dans une optique de récupération politicienne.

Les dysfonctionnements dans la mise en œuvre des programmes de santé sont dus, en premier lieu, à un manque de maîtrise de la demande de soins ayant pour conséquence, des difficultés à planifier l’offre de soins, en tenant compte des multiples contraintes, dont celles financières, en vue de cibler les problèmes prioritaires de santé publique. De même, l’offre de soins reste caractérisée par un non respect des normes de la carte sanitaire se traduisant par une insuffisance et une mauvaise répartition des infrastructures socio-sanitaires et équipements, un déficit  en ressources humaines qualifiées et motivées. C’est ainsi que, même s’il est clair que les ressources allouées au secteur de la santé demeurent insuffisantes au regard des enjeux du financement de l’offre, les manquements criards dans la gouvernance sanitaire et dans la transparence de l’exécution budgétaire  ont conduit les partenaires au développement à  encourager la mise en place d’instruments tels que le Cadre de Dépenses Sectorielles à Moyen Terme (CDSMT) pour accroître l’efficacité de l’aide au développement.

L’allocation des ressources aux différents échelons de la pyramide sanitaire ne répond pas à des critères d’équité et d’efficacité, les services centraux se taillant la part du lion des financements. Seulement 3% du financement arrivent aux postes de Santé qui sont les structures de proximité fréquentées surtout par les couches pauvres de la population.

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Le secrétariat du Comité Central dénonce fermement les pratiques irrégulières de passation des marchés (surfacturation, corruption…) au niveau des hôpitaux réformés avec la complicité de certains membres du Conseil d’Administration, qui occasionnent une perte considérable de ressources, comme l’illustre la problématique de la dette hospitalière. Pour le secrétariat, l’établissement d’une tarification pertinente des actes et l’atteinte d’une efficience dans la  gestion des structures sanitaires sont impossibles à réaliser en l’absence d’une étude des coûts réels moyens des prestations et devant la multiplicité des mesures de gratuité d’essence populiste (plan Sésame). Parmi les autres contraintes de l’autofinancement, on remarque l’insolvabilité de la demande de soins résultant de la pauvreté et les insuffisances du système de protection sociale, qui ne couvre que 7,8% de la population.

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Favorable à une réelle implication des communautés et des collectivités locales dans la gestion de la politique sanitaire, notre Parti déplore la situation actuelle des comités de santé et du processus de transfert de la compétence Santé aux Collectivités locales.

C’est ainsi que les rôles d’appui et d’accompagnement des comités de santé se trouvent sévèrement handicapés par leur implication quasi-exclusive  dans la gestion financière, aux dépens de la mobilisation sociale pour les programmes de prévention et de promotion de la Santé.

Par ailleurs, le décret  n° 96-1135 du 27 décembre 1996 portant application de la loi de transfert de compétences aux régions, aux communes et aux communautés rurales en matière de santé et d'action sociale s’est heurté à la pesante tutelle du Ministère chargé de la Santé. Il est vrai que la plupart des Collectivités locales n’ont pas encore les capacités technico-administratives ni les moyens financiers de prendre en charge la compétence Santé, ce que traduit le caractère insignifiant de leurs contributions au financement de la Santé. A quoi, il faut ajouter la mauvaise gestion des fonds de dotation dédiés aux structures sanitaires.

La plupart des hôpitaux sont en cessation de paiement et les districts sanitaires se trouvent également dans de grandes difficultés financières.

 

Afin de sortir notre système sanitaire de cette situation de contre-performance, les mesures suivantes doivent être prises :

1- Stabiliser le cadre institutionnel mis à mal par des remaniements ministériels intempestifs et innombrables (au moins 8 ministres depuis 2000), pour permettre un meilleur suivi de la politique sanitaire, y compris des accords avec les syndicats ;

2- Trouver les voies et moyens d’une plus grande représentativité et d’une plus grande efficience des organes de participation communautaire à la Santé ;

3- Evaluer la décentralisation en vue de renforcer le processus de transfert de la compétence Santé

4- Améliorer la gouvernance sanitaire en général et hospitalière en particulier, en rendant aux cadres supérieurs de santé, toute leur place au niveau des directions hospitalières et futures directions sanitaires régionales, au sein d’équipes fortes constituées d’administrateurs de santé polyvalents ;

5- Intégrer les initiatives de gratuité dans un cadre plus cohérent et plus conforme aux principes élémentaires de protection sociale pour garantir l’accessibilité financière des structures sanitaires ainsi que le recouvrement de coûts, en ciblant les couches les plus démunies ;

6- Réviser la réforme hospitalière pour une meilleure gestion axée sur la satisfaction des demandes des populations et pour l’adoption d’un nouveau statut des personnels hospitaliers les mettant dans des conditions de travail matérielles et morales satisfaisantes, mais ne compromettant pas la viabilité financière des Etablissements Publics de Santé.

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Le Secrétariat exige du gouvernement, qu’il engage des négociations sérieuses avec les syndicats de la Santé et appelle tous les militants et les cadres du Parti dans le Secteur de la Santé à contribuer de toutes leurs forces au renforcement de la  lutte des travailleurs de la Santé. Il exhorte les différents syndicats du secteur de la Santé, à dépasser le corporatisme étroit et à aller vers l’unité la plus large pour faire prévaloir leurs droits et œuvrer pour l’amélioration continue de la santé des populations.

 

Dakar, le 17 août  2010

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