Pr MAGUEYE KASSE CONFIANT : LES ETUDIANTS MOBILISES POUR LA DEFENSE DE LA CITOYENNETE

 

 

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          En animant une conférence hier,  sur "Réussir ses études et assurer sa citoyenneté", le professeur Maguèye Kassé en est venu à faire l’état des lieux de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Un bilan qui donne à réfléchir sur l’avenir des Sénégalais qui y recherchent le savoir et des diplômes afin d’assurer leur avenir. «Nous ne pouvons pas comprendre que l’Université puisse se satisfaire de cet important pourcentage d’échec, surtout pour les deux premières années», s’est étonné le professeur au département des Lan­gues et Civilisations germaniques.  A la Faculté des lettres et sciences humaines où il dispense des cours et à celle des sciences juridiques, le taux de réussite tous niveaux confondus est «compris entre 30 et 40 %», révèle-t-il.  En  science et médecine mais aussi dans les écoles professionnelles, les résultats sont bien plus satisfaisants.

 


264635_1817097714514_1452264981_1500731_2220545_n.jpgDans une des salles du département d’Allemand, le mouvement politique citoyen, Bes du niak (un jour viendra, en wolof) a reçu un public attentif à cet exposé, en présence de son président. Le professeur Kassé a attribué les mauvais résultats à l’effectif pléthorique de l’Université qui compte cette année 68 297 étudiants, «peu préparés» aux études supérieures. D’après lui, une réforme aurait pu ramener cet effectif à 15 000, en 2000. C’est la Banque mondiale qui devait accompagner ce changement qui ne s’est pas fait, finalement.  L’insuffisance d’amphithéâtres et de salles pour les Travaux dirigés, l’installation de la violence due à la bataille pour le contrôle des amicales, la corruption… contribuent à «hypothéquer»  l’avenir de l’étudiant. Le nombre d’enseignants est également jugé insuffisant (1 211 dont 171 professeurs titulaires).

Mais au-delà de ces réalités des campus social et pédagogique de l’Ucad, le professeur Kassé indexe le gouvernement du Président Abdou­laye Wade. «Depuis l’Alternance, on ne parle plus d’Education nationale, maintenant c’est le ministère de l’Education tout court», analyse-t-il. Même s’il reconnaît une hausse du budget alloué à l’Ucad qui est, cette année, de 27 513 272 432 francs Cfa dont moins de 10% sont alloués à la recherche. 

 

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 Pour le président du mouvement politique citoyen Bes du niak, Serigne Mansour Sy Djamil, «le problème des universités, c’est un problème de moyens». Pour les résoudre, il faut répondre deux questions posées par la Banque mondiale : «Combien ça coûte ?» et «Qui va payer ?».

Le mouvement étudiant s’est naturellement invité dans les discussions. Un brin nostalgique.

Le conférencier, Serigne Mansour Sy Djamil et Moctar Diack se sont rappelé leurs années universitaires et leur militantisme. Et c’est pour se dire que ce n’est plus d’actualité. D’après Maguèye Kassé, «le trop plein de politisation» a tué ce type de militantisme. Mais le peu d’atouts dont disposent les étudiants, C’est qu’ils croient en cette citoyenneté. Il en veut pour preuve les milliers d’étudiants qui ont manifesté le 23 juin dernier devant les grilles de l’Assemblée nationale contre le ticket présidentiel. «Il faut y croire, c’est notre pays, c’est nous qui devons le construire. C’est cela le sens de cette conférence», conclut-il. 

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