RESOLUTION DE POLITIQUE GENERALE DU CINQUIEME CONGRES

  • CINQUIEME CONGRES DU PIT-SENEGAL

     congres 21

 

 Le Vème Congrès ordinaire du PIT/Sénégal s’est tenu les 22 et 23 Mai 2010, au Stade Lat Dior de Thiès, avec la participation de 2000 Délégués, venus de toutes les  Coordinations régionales et des toutes les Coordinations Départementales du pays, et des organisations affiliées de Femmes (UDFS) et de Jeunes (UJDAN).

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Camarade Secrétaire Général sortant du parti, Amath Dansokho.

Plusieurs Délégations de partis politiques frères et de mouvements syndicaux et citoyens, conduits par leurs Secrétaires généraux ou Personnes morales y ont pris part.

Ce sont, l’Alliance « Jëf Jel », le PS, l’AFP, l’APR, le Mouvement TEKKI, « NAXX JARRIGNU », la LD, « Yoonu Askanwi », Convergences citoyennes,  la CNTS, la CSA, la FGTS, l’UTS, des Partis Communistes et Progressistes de France, d’Allemagne, du Tchad, de Mauritanie,  et  la Fondation Rosa Luxembourg.

Elles ont toutes apporté des messages de solidarité, mais surtout, ont rendu hommage et fait des témoignages poignants à l’endroit de Amath Dansokho, et sur son action militante.

Toutes les interventions ont souligné la gravité de la situation politique et économique du monde, de l’Afrique et du pays, ainsi que la nécessité d’une solidarité agissante de l’ensemble des forces progressistes du monde, mais surtout la place et le rôle que le PIT et son Secrétaire Général ont joué pour le rapprochement des forces patriotiques afin de bouter dehors le régime moribond et incompétent au pouvoir.

Le Véme Congrès, ayant entendu le rapport moral du Secrétaire Général sortant du Parti, qui s’est appesanti sur le bilan de notre activité depuis le IV éme Congrès,  les perspectives de notre lutte  dans le court et moyen terme, et le contexte international et national dans lequel il se tient,  l’ a chaleureusement félicité , et  a adopté, à l’unanimité,  son rapport ainsi que les rapports de la  « Commission Organisation et Finances »  et celui de la « Commission politique », mises en place pour préparer le Congrès.

                            Sur la situation dans le monde et en Afrique

Le contexte international de tenue de notre Congrès est marquée par une crise financière et économique la plus aigue depuis celle de 1929.

Née aux Etats Unis d’Amérique, elle s’est propagée sur le reste du monde comme une trainée de poudre, jusque dans les pays en développement, où elle a fini par hypothéquer les efforts de relance économique, et occasionner de graves déficits budgétaires, particulièrement en Europe et aux USA.

Elle a été précédée par une crise énergétique  et une crise alimentaire mondiale, avant de se muer en une crise sur les valeurs immobilières et sur le crédit hypothécaire, et de plonger le monde dans une très grave récession économique.

Aujourd’hui, de partout dans le monde, des programmes de relance économique sont initiés, dont la réalisation, particulièrement en Europe, comporte des ajustements budgétaires qui mettent les Etats de ces pays, en conflit ouvert avec leurs peuples menacés de paupérisation accrue.

A la contradiction historique du capitalisme entre le travail et le capital, s’est greffée la contradiction entre les Etats des pays développés, particulièrement en Europe, et leurs peuples.

Le Véme Congrès,

Analysant cette crise globale du système capitaliste mondial est arrivé aux conclusions suivantes :

Elle est née de la financiarisation de l’économie mondiale, de la turpitude et de la cupidité des forces du capital, toujours avides d’accumulation ;

Les responsabilités en incombent donc aux seuls Etats Capitalistes du Nord, qui n’ont pas hésité d’endetter outrancièrement leurs peuples pour sauver les banques d’une faillite qui leur incombe totalement;

Les masses laborieuses ne devraient, donc, pas payer les frais de cette crise dans laquelle elles n’ont aucune responsabilité ;

Elle est une crise idéologique et politique du système capitaliste mondial qui nécessite une réponse idéologique et politique de la part des forces de progrès, particulièrement des Partis Communistes du monde.

Sous ce rapport, le Véme Congrès  pense qu’il est indispensable, pour endiguer les conséquences néfastes de cette crise, de construire une forte mobilisation et une large solidarité entre les forces progressistes du monde afin d’arrêter le rouleau compresseur de la mondialisation néo libérale.

Sous ce rapport, il s’est félicité de la forte présence de délégations étrangères, a pris bonne note des orientations des luttes qu’elles ont indiquées, s’est réjoui  des dynamiques mises en œuvre  par le mouvement altermondialiste qui incarne une prise de conscience nouvelle des mouvements citoyens et des partis de gauche, ainsi que de la tenue du prochain Forum Social Mondial en terre Africaine , dans notre pays,  en Janvier 2011.

Le Véme Congrès lance un appel à toutes les forces de gauche et mouvements citoyens du Sénégal à assurer à cet évènement historique toutes les conditions de réussite.

Le Véme Congrès  condamne le terrorisme d’où qu’il vienne, mais fustige, en même temps, tous les prétextes de lutte contre ce fléau  pour déstabiliser les Etats, hypothéquer la souveraineté  des peuples et exploiter de manière éhontée leurs richesses.

A cet égard, le Véme Congrès exprime  toute sa solidarité avec les peuples en lutte conte la domination étrangère, notamment avec la Palestine meurtrie,  et avec les Républicains et Démocrates, singulièrement en Guinée Conakry, Bissau, et en Côte d’Ivoire, confrontés à une grave crise politique qui menace la stabilité, la démocratie et la paix civile dans toute la sous région,  et engendre, dans ces pays,  l’injustice et la violation des Droits humains.

                                        Sur la situation nationale

Certes la crise financière et économique mondiale a eu un impact négatif sur l’économie du pays, mais force est de reconnaitre, qu’elle était déjà en crise dès 2007, avant que la crise alimentaire et énergétique n’intervienne en 2008 pour se muer en crise financière et économique en 2009, puis, dans les pays Capitalistes du Nord les plus développés, en  une grave crise budgétaire en 2010, qui a entraîné un grave déséquilibre des taux de change entre les principales monnaies des USA,  de l’Union Européenne et de la Chine.

La crise économique du Sénégal est donc le résultat d’une politique de ruine de tous les secteurs (énergie, mines, industrie, agriculture) et bradage des secteurs stratégiques du pays au capital étranger,  d’accaparement de toutes les richesses du pays (foncières, minières, halieutiques et financières), aux fins de bâtir, par des procédures mafieuses, une oligarchie favorable à une dévolution monarchique du pouvoir.

Une telle politique, assise sur des scandales financiers, des détournements de deniers publics, à travers les passations de marchés publics et des «  dépenses extrabudgétaires », la corruption et le clientélisme, et le bâillonnement des libertés démocratiques, est contraire aux engagements internationaux pris par le Sénégal pour sortir de la crise, et relancer l’économie.

Cette politique a jeté le discrédit sur le pays et irrite de plus en plus les partenaires au développement de notre pays, tout en l’éloignant des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

En outre, le Véme congrès  a rejeté, sans équivoque, les stratégies de développement véhiculées par les Programmes d’Ajustement Structurel ( PAS), axées sur la précarisation du travail et la flexibilité de l’emploi, le bradage des secteurs stratégiques de notre économie et des entreprises les plus porteuses au capital étranger sous couvert de partenariat «  public –privé » dans la politique de privatisation en faveur de «  partenaire stratégique »  étranger dominant, et de privatisation des terres agricoles en faveur de l’Agrobusiness.

Par contre, le Véme Congrès considère,  qu’il est indispensable de prendre en considération les expériences des Pays émergents comme la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du SUD, pour développer un secteur national puissant, tout en  attirant, en même temps, l’investissement direct étranger.

C’est leur stratégie de développement qui les a propulsés au devant de la croissance économique mondiale, pour faire d’eux des concurrents, capables d’imposer aux puissances économiques capitalistes traditionnelles, un nouveau partage économique et politique du monde.

En tout état de cause, le Véme Congrès préconise un partenariat stratégique entre les organisations patronales,  du secteur privé national  formel et informel de notre économie, pour peu qu’elles  militent pour le  recouvrement de notre « souveraineté économique et alimentaire », les organisations syndicales des travailleurs, des agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et exploitants forestiers, et les organisations consuméristes et de Défense des Droits Humains.

Ce bloc historique à organiser,  devrait être la force motrice pour servir d’alternative au néo libéralisme, notamment dans ses composantes PAS et APE (Accords  de Partenariat Economique entre l’Europe et nos pays) pour construire l’intégration sous régionales de nos pays et de nos peuples.

Sous ce rapport, le Véme Congrès, mesurant  la gravité de la situation nationale et les enjeux politiques  et économiques des perspectives électorales des présidentielles de 2012, se félicite de la tenue des Assises nationales du Sénégal, encourage l’ancrage et une plus grande cohésion des forces progressistes dans «  Bennoo Siggil SENEGAL », pour se doter d’un programme commun, et d’une équipe gouvernementale de Transition, en mesure de battre Wade et sa mouvance, et d’œuvrer pour une politique  qui matérialise les  conclusions des Assises nationales du Sénégal, notamment  la «  Charte de Bonne Gouvernance ».

Le Véme Congrès  considère que c’est ce bloc historique qui est le seul capable de mettre fin à la politique de ruine nationale, de bradage et de prévarication des ressources du pays et de déjouer le complot de Wade contre la République, l’Indépendance nationale,  et la Démocratie.

                                              Sur le Parti

Le Véme Congrès considère que le Parti a besoin d’une véritable mue de classe, pour mieux s’ancrer dans sa base sociale constituée de la classe ouvrière, de l’intelligentsia révolutionnaire et des couches populaires urbaines et rurales pour concilier, de façon optimale, sa nature de classe et les impératifs de sa massification.

A cet effet, il recommande la mise en œuvre d’un programme de formation pour permettre une meilleure insertion des nouveaux militants, et favoriser la promotion dans toutes les instances de direction à tous les niveaux, de nouveaux cadres jeunes, adultes et femmes.

Dans ce cadre, le Véme  Congrès  encourage l’utilisation des TIC et autres moyens de communication modernes dans le travail de propagande et d’agitation du Parti, pour relever le niveau d’efficacité de notre lutte.

Il recommande une plus grande implication des militants et cadres du Parti dans les luttes de la classe ouvrière, du monde rural, et des couches populaires urbaines, pour accroître leur efficacité dans la recherche de la satisfaction de leurs revendications, et  leur faire peser, de tout leur poids, dans l’issue des batailles contre le régime libéral et liberticide de Wade, afin de  créer les conditions d’une refondation de l’Etat, sur des bases républicaine, démocratique et citoyenne, capables d’assumer les exigences du recouvrement de notre souveraineté économique et alimentaire.

Dans ce cadre, il a adopté un appel aux forces de Gauche pour l’avènement d’une « Grande Confédération des Forces de Gauche », indispensable pour que les changements, dont notre société  est grosse,  ne se limitent  pas aux seules tâches de la Refondation de l’Etat et de la  « Bonne gouvernance », mais  aussi, qu’ils créent les conditions du parachèvement de notre indépendance nationale et de l’intégration des pays et peuples de notre sous région.

Le Véme Congrès encourage le Parti à continuer à jouer son rôle d’avant garde dans l’identification des tâches et dans l’élaboration des stratégies,  dans tous les domaines, pour rassembler, à chaque tournant de la lutte de notre peuple, les forces progressistes en mesure de lui faire conquérir plus d’indépendance, plus de démocratie et plus de justice sociale.

Il encourage le Parti, dans cette perspective, à renforcer ses liens avec les Fédérations  extérieures, notamment celles  de France et de l’Amérique du Nord, pour qu’elles prennent  toute leur place dans l’élaboration  et la mise en œuvre de notre  politique.

Le Véme Congrès  s’est également félicité de la tenue du Congrès de l’UDFS, et de la Conférence nationale de l’UJDAN, a approuvé leurs résolutions générales, et a encouragé le Parti à démultiplier ses efforts pour faire jouer à ces organisations affiliées, leur rôle dans l’émancipation économique, sociale et culturelle des femmes et des jeunes, qui sont les principales victimes des PAS et de la gestion patrimoniale du régime de Wade.

Il a, dans ce cadre, adopté une «  Déclaration sur la parité », pour dénoncer les manœuvres du pouvoir visant à se refaire un «  électorat » en milieu femme, en réduisant les revendications d’ « équité genre » des femmes, en une problématique de leur  « représentation paritaire dans les fonctions électives ».

                                 Sur la situation en Casamance

Le  Véme Congrès a fustigé, de la façon la plus véhémente, la manière dont le pouvoir libéral de Wade, a géré, jusqu’ici, la crise en Casamance.

Il a salué l’accord de coopération entre le Parti, le MFDC et les socio-cultures de Casamance, pour œuvrer ensemble  afin de créer des conditions de véritables négociations de paix, dans la justice sociale et le respect de l’intégrité territoriale du Sénégal.

A cet effet, il a adopté une « Déclaration spéciale » sur la crise,  et a décidé de créer auprès du Secrétariat du Parti, un «  Comité de suivi permanent » de la situation en Casamance. 

 

                        Adopté le 23 mai 2010 à Thiès- Sénégal

 

                                           Le Congrès

         

Birane 03/06/2010 22:58


Bonjour camarades !
je viens de lire le document du congrés de thies, c´est un bon document de travail. En ce qui concerne la "grande Conférence des forces de gauche", pour des raisons de présentations et de
communications politiques, il serait peut etre bon de dire " la grande Conférence de la gauche". Dans ce sens, toutes personnes et organisations politiques... qui ne sont pas d´accord avec la
politique de wade, peuvent aujourdhui et demain s´identifier avec cette gauche, qui sera simple á l´ocaliser et clair á comprendre. Pour un cheminement commun et un attrait politique rénovateur on
pourra y gagner plus.


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