PIT-SENEGAL: DÉCLARATION DU PREMIER MAI 2013

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PIT-SENEGAL: DÉCLARATION DU PREMIER MAI 2013

La commémoration de la journée historique du 1er Mai se déroule cette année dans un contexte de crise économique, sociale et politique aggravée du système capitaliste mondial. Une crise marquée par le refus- de plus en plus massif- des peuples de se soumettre aux politiques d’austérité budgétaire et d’agressions contre les acquis sociaux des travailleurs, visant à leur faire supporter davantage la volonté du capital financier.

Un capital financier qui ne recule toujours pas, même face au discrédit de la démocratie représentative, car forçant les parlements à contourner, et même à remettre en cause, la volonté des peuples qui pourtant fonde leur légitimité, pour imposer les programmes d’austérité précités.

Du reste, ce refus des peuples, notamment chez les grandes puissances occidentales, a poussé l’impérialisme à instrumentaliser les soulèvements populaires en Syrie et cultiver l’irrédentisme des ethnies du Nord au Mali, dans une stratégie de reconfiguration du paysage du monde en développement, selon ses besoins croissants de matières premières, dont il se dispute l’accès avec les puissances émergentes regroupées dans le cadre des BRICS.

L’impérialisme a ainsi recours, comme du temps de l’Union Soviétique, aux monarchies du Golfe pour instrumentaliser l’ « Islam radical » aux fins d’en faire, objectivement, un allié des puissances occidentales, à l’exemple de ce qui se passe en Libye et en Syrie, ou comme prétexte pour une intervention militaire comme c’est le cas au Mali.

Partout dans le monde occidental capitaliste et dans les pays qu’il contrôle comme le nôtre, la demande sociale, en termes d’emplois, de revenus décents, de sécurité sociale, et la demande de démocratie citoyenne sont confrontés aux tenants du Capital financier mondialisé que sont les USA, la France, la Grande Bretagne, l’Union Européenne, le FMI et la Banque mondiale, qui cherchent à imposer partout leur politique d’austérité.

Au Sénégal, l’année syndicale 2012 a été, à la fois, l’année de politiques hardies prises par le Gouvernement du Président Macky Sall pour répondre à la demande sociale et à la demande de démocratie citoyenne, mais aussi, l’année où ces deux demandes se sont exprimées dans toute leur ampleur, illustrant les limites objectives des politiques mises en œuvre.

C’est ainsi qu’en dépit de la baisse significative de la fiscalité sur le revenu, dont les salaires, l’amélioration notable des revenus et de la sécurité alimentaire des ruraux et la baisse du taux d’inflation de 6,7% en 2011 à 2,5 % en 2O12, le niveau du pouvoir d’achat des ménages reste encore en dessous des attentes des populations.

De même, malgré un taux de croissance économique nominal de 3,5% en 2012 contre 2,1% en 2011, le mal être des Sénégalais n’a pas significativement diminué du fait que le taux de croissance économique réel, en 2012, qui est de 1,7%, est très en dessous du taux de croissance démographique qui lui est de 2,5%.

En outre, en dépit d’un niveau d’investissement productif de 908,5 milliards en 2012 contre 747,8 milliards en 2011, et un taux global de croissance de l’emploi dans le secteur moderne de 3,7%, la demande d’emploi reste très élevée, du fait des nombreuses contraintes qui entravent l’activité des entreprises et qui pèsent sur les Finances publiques.

D’autant que prévaut, dans les politiques publiques, une approche globalisante de la demande d’emploi des jeunes de plus de 15 ans.

Or, les jeunes de 15 à 25 ans qui font 20,8% de la population active, ont plutôt besoin d’éducation et de formation professionnelle, que d’emploi. De sorte que les véritables demandeurs d’emploi qu’il faut prendre en compte sont ceux de 25 à 49 ans qui font 26,2% de la population active, dont les Chômeurs disposant de qualification certaine.

C’est cette demande d’emploi que prennent en charge diverses organisations dont la « Coalition Nationale pour l’Emploi » (CNE) qui vient d’être créée, et qui fait passer celle-ci, de « demande passive à une demande active » , en interpellant les pouvoirs publics au même titre que les travailleurs occupés organisés en Syndicats.

Le PIT/SENEGAL est pour une forte convergence des luttes des syndicats contre la précarité de l’emploi et la fermeture des entreprises, et celles de la CNE, pour la création d’emplois décents et durables.

Cette convergence est une des clefs pour la solution de la crise de l’emploi dans notre pays.

C’est d’ailleurs de ce point de vue que le PIT/SENEGAL apprécie les mutations en cours dans le mouvement syndical Sénégalais.

De la «participation responsable rénovée » dans les années 90 sous l’effet du Renouveau Syndical de feu Madia Diop, au sein de la CNTS, cohabitant avec un « Syndicalisme Autonome de lutte et d’expertise » dans le monde du travail sénégalais, le mouvement syndical a connu une forte mutation avec la disparition de la première, dès l’avènement de l’Alternance en 2000, et l’émergence d’un « Syndicalisme de sinécure » et de « Corporatisme » étroit des flancs de la seconde.

Aujourd’hui, avec la nouvelle Alternance intervenue le 25 mars 2012, se produit, sous nos yeux, une nouvelle orientation vers un « Renouveau Démocratique Syndical » autonome, de lutte et d’expertise, qui cherche à extirper du mouvement syndical, les tenants du « syndicalisme de sinécure » et du « corporatisme » étroit.

Ce qui donne tout son sens à la dynamique qui s’est créée à la SENELEC et au sein de l’UNSAS.

Aussi le PIT- comme ce fut le cas avec feu Madia Diop- salue cette nouvelle dynamique de grande portée. Il la soutient résolument pour son triomphe définitif dans le mouvement syndical sénégalais.

De même, dans le cadre de la lutte pour la sauvegarde de l’emploi dans les entreprises en difficulté, le PIT/SENEGAL salue la nouvelle dynamique d‘alliance entre les travailleurs salariés et les producteurs dans la filière tomate, et encourage ceux de la filière arachidière et cotonnière à en faire autant.

Ce début d’alliance entre la classe ouvrière et les paysans organisés, présage de la naissance d’une nouvelle solidarité ville/campagne, qui est indispensable pour sortir le Sénégal de la pauvreté et de la dépendance.

Elle devrait inspirer les opérateurs économiques dans la ferraille et les travailleurs des entreprises de transformation de cette matière première, pour sortir ce sous-secteur naissant de notre économie des contradictions qui le minent.

Enfin, le PIT/SENEGAL constate, pour le déplorer, les lenteurs dans le dialogue social et politique qui risquent d’éroder l’espoir des Sénégalais né du 25 mars 2012.

Il est urgent donc que ce dialogue soit restauré à des fins de stabilité sociale gage de redressement économique durable.

Du reste, n’est-ce pas pour avoir compris la nécessité de ce dialogue social et politique que les syndicats ont accepté la création du « Comité National du Dialogue Social » (CNDS), et les Assises nationales préconisé une « Autorité de Régulation de la Démocratie » (ARD) ?

Le CNDS doit donc aujourd’hui plus que par le passé s’employer à assumer efficacement ses fonctions.

De même, la réforme des Institutions, matérialisant les Conclusions des Assises nationales, devrait-elle, au plus vite, créer le cadre idoine pour prendre en charge le dialogue politique dans notre pays.

En tout état de cause, le PIT demeure convaincu que le contexte actuel de liquidation du « syndicalisme de sinécure » ,coïncidant avec la stratégie de déstabilisation du PDS, pour soustraire de la justice, par l’occupation de la rue, ses dirigeants, présumés coupables du délit « d’enrichissement illicite » , a largement contribué à cette panne du dialogue social et politique avec le pouvoir.

Aussi le PIT en appelle-t-il aux travailleurs, en ce jour qui commémore le « massacre des travailleurs » à Chicago, aux USA, à tout faire pour éviter à notre pays, le remake des tragiques événements de la bourse du travail de la CNTS qui avaient accompagné la mort du « syndicalisme de participation responsable rénovée », et l’accouchement du « syndicalisme de sinécure » et de « corporatisme étroit ».

La convergence entre les adeptes du « syndicalisme de sinécure » et les dirigeants du PDS - interpelés sur leur gestion scandaleuse des ressources publiques- doit être contrée par le mouvement syndical qui aspire à se rénover, en alliance avec toutes les forces vives qui veulent mettre fin à l’impunité dans notre pays.

Le PIT/SENEGAL salue la mémoire des martyrs de Chicago, celle des héros de toutes les générations qui ont lutté pour la libération du travail et des travailleurs. Le Parti confond dans le même hommage les martyrs de la CNTS, sacrifiés par les libéraux à l’autel de la naissance du « syndicalisme de sinécure » et de « corporatisme » étroit.

Vive le 1er Mai !

Vive le « Renouveau Démocratique du Mouvement Syndical Sénégalais » !

Vive la solidarité des travailleurs du monde entier !

Vive l’amitié et la solidarité des peuples qui luttent contre l’austérité imposée par le libéralisme économique, pour la paix et l’indépendance des peuples !

Solidarité avec le Peuple malien frère agressé, mutilé, dont le territoire est occupé et menacé de division !

Fait à DAKAR LE 30 avril 2013

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