LE MYTHE DE MAME NDIARE

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Nous vous proposons une petite incursion dans le monde lébou avec ses croyances et mythes.

Le Tuuru

Le Tuur est un esprit ancestral qui est connu de longue date et localisé. Il est attaché à un lignage, à une famille bien déterminée. Exemple : Mame Ndiaré est le Génie du village de yoff, elle a signé un pacte avec les ancêtres, raison pour laquelle elle a le devoir de protéger tous les yoffois où qu'ils puissent se trouver, d'assurer la prospérité, la paix et la fertilité au village.

En retour les villageois lui rendent hommage à travers le grand Tuuru et lors de ce Tuuru chacun doit contribuer financièrement ou matériellement. Il y a aussi les Tuuru de famille pendant lesquels on sort toujours la part de Mame Ndiaré.

Le Tuur est souvent localisé sur un site naturel et est appelé " MAME " pour dire grand père ou grand mère ce qui est un signe de respect à l'endroit de ces Tuurs.

On peut noter trois sortes de Tuuru :

- Le Tuuru individuel que la personne fait pour son propre " Rab " sur son autel personnel, c'est une cérémonie brève à titre personnel ou thérapeutique.

- Le Tuuru de transmission qui est le renouvellement par l'héritier de l'être culturel.

- Le Tuuru de prestige qui montre la position sociale de l'individu.

Le Ndeup est un processus féminisé mais il peut arriver que l'homme soit victime du " Rab ". Alors dans ce cas, on peut transférer la maladie chez la cousine utérine et c'est elle qui dansera en public, n'empêche tout le processus est gardé aussi bien pour la femme que pour l'homme.

Les trois différents esprits qu'on peut noter sont le tuur, le Rab et le Djinn.

- Le premier comme on l'a expliqué un peu plus haut est un djinn qui a signé un pacte avec les ancêtres et nous avons le devoir de le respecter.

- Le second par contre est un djinn qui ne signe pas de pacte, il te pénètre quand il veut sans autorisation.

Le rab connaît l'avenir mais ne connaît pas le passé et l'être humain connaît le passé mais pas l'avenir donc ils se complètent. Le rab pénètre la personne soit par la maladie soit par les mauvaises langues.

- Le dernier est une création de Dieu comme l'être humain, c'est de lui que viennent les rabs et les tuurs. Mais il y a des djinns qui ne sont ni des rabs ni des tuurs.

La Pratique du Tuuru

Lors du tuuru la prêtresse procède à une série de purification. En effet avant de commencer le travail,  elle lave les pilons et les canaris avec l'eau des Xambs(Autels). Chaque pilon représente un rab, chaque canari une personne de la famille et les cornes représentent les animaux qui ont été sacrifiés par la personne.

Aprés la purification, on passe à la nourriture en offrant du lait caillé aux rabs. Ceci nous permet de commencer la communication avec les rabs.

Avant d’immoler les animaux que se soient un bœuf, un bouc ou un coq, les personnes qui doivent faire le sacrifice formule tous leurs vœux dans la bouche de l’animal en donnant leur nom et prénom et ceux de leurs parents.

Mais il peut arriver que certaines ne veulent pas faire de sacrifice dans ce cas, elles feront leurs vœux dans la calebasse contenant le lait caillé.

Après le sacrifice, le sang, les pattes, les os et la tête de l’animal sont offerts aux rabs ainsi que le lait caillé. C’est ce qui représente leur part du gâteau. Ainsi ils sauront que telle personne a effectué un sacrifice en leur honneur et ils le protégeront pendant toute son existence.

Le Tuuru a les mêmes vertus thérapeutiques et sociales que le Ndeup avec la seule différence que les cérémonies ne sont pas accompagnées de tam-tams.

Le Ndeup

Le Ndeup est une pratique traditionnelle qui permet de soigner les personnes qui ont des perturbations psychiques ou mentales. Parmi les pratiques traditionnelles telles que le Tuuru et Samp (c'est toujours le tuuru mais de manière plus complète). Elle peut durer trois jours si c’est un bouc ou huit jours si c’est un bœuf. On note sept phases dans cette pratique.

1 - Le " Sèèt "(la divination) : pendant cette période la famille se rend chez le guérisseur et ce dernier va essayer de découvrir la maladie par une technique onirique, par les cauris ou par les racines. Il entre en communion avec les esprits par un procédé divinatoire pour être sûr qu’il s’agit du monde invincible (des esprits culturels).

2 - Le " Ngomar " c’est ce qui se passe la veille du sacrifice. Le malade est mis au milieu d'une chambre, on lui enlève tous ses vêtements, il ne lui reste qu’un pagne et on commence à faire le "Taagu " c’est à dire la demande d'autorisation par des chansons.

Le guérisseur absorbe la mixture de mil et les plantes et le souffle sur le corps de la malade, la malade sursaute en poussant des cris et là le guérisseur commence à masser le corps de la malade de haut en bas, par cette pratique on fait descendre l’esprit pour l’identifier. Cette phase se termine par des danses.

3 - Le " Natt " c’est la mesure, il comprend :

- Le " natt " qu’on fait à l’aide du mil, on mesure toutes les parties du corps et ce mil est transformé en boulette que va manger tous les membres de la famille. Chaque partie mesurée représente un "Rab ". Et symboliquement tous ceux qui vont manger ces boulettes partagent, par la même occasion,  la maladie.

4 - La descente, on utilise pour cela un van ou on met du mil, des cornes et des racines et on caresse le corps de la malade de haut en bas pour faire descendre l’esprit. On met un récipient à côté des pieds de la malade et ce récipient va recevoir tout ce qui descend et va servir d’autel à cette personne.

5 -La nomination constitue la phase capitale du Ndeup car c’est à ce moment que la personne va donner le nom de son être culturel. Elle hurle, tremble, tombe en transe et enfin donne le nom de son rab et ses chansons. Cette phase de nomination peut se manifester lors du " Ngomar ".

6 - Le " Bëkëtu ", pendant cette phase l’animal est ligoté et couché sur une natte, à côté de la personne malade et ils sont entièrement couverts de linceul blanc et de pagnes tissés. On utilise un van et des poulets pour les caresser et symboliquement la maladie est transférée vers l’animal.

Cette étape est celle de la mort et de la renaissance de la malade. Il y a une série de chants et au huitième chant la malade jaillit du sol c’est donc la renaissance.

7 - Le Sacrifice : la malade enjambe sept fois l’animal, elle s’assoie sur le flan de l’animal et souffle dans la bouche de celui-ci tous ses vœux. On immole l’animal et le sang enduit sur le corps de la malade qui ne se lavera que le lendemain avec l’eau de son autel et donc symboliquement la mort de l’animal correspond avec la disparition de la maladie.

Cette étape du rituel consiste à la construction de l’autel qui se fait par une série de chants. On va fixer le rab dans un endroit secret à l’abri du public. Ces " Xamb " ou autels seront un support matériel qui permettra à la malade de faire ses futures offrandes.

8 - C’est la dernière étape, la séance publique qui complète la cérémonie. Lors de cette étape le public accompagne la malade dans sa maladie et la partage avec elle. Et là plusieurs personnes peuvent tomber en transe.

Référence : http://www.sipsenegal.org/yoff

 

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