THESES DU CONGRES DE 1984 (VII)

Theses 2e Congrès 84 .doc

PARTI DE L’INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL

(P.I.T.-SENEGAL)

         

 

 

2ème CONGRES

DAKAR

28 – 30 septembre 1984

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1ère Partie

Thèses d’orientation et de programme

Du P.I.T.-Sénégal.

 

1. Edifier le Parti Communiste, construire son rôle d’avant-garde.

 

a) Déceler nos insuffisances et nos lacunes pour les corriger au plus vite

 

158.    Le résultat de plus d’un quart de siècle de lutte pour l’indépendance nationale et le socialisme, sous la bannière du P.A.I-Sénégal dont le P.I.T. assure la continuité, donne de légitime raisons de fierté. Dans les conditions d’in affrontement de classe sans merci où l’impérialisme, compte tenu de l’enjeu que constitue pour lui notre pays, n’a ménagé aucun effort, le P.A.I.-Sénégal a su enraciner les idées et idéaux marxistes léninistes dans le terreau national. Mieux, il a su, faire unique dans toutes les anciennes colonies françaises d’Afrique, maintenir sans discontinuité une activité communiste organisée et l’inscrire comme une donnée permanente de l’histoire politique moderne du Sénégal. Il a su enfin, par la détermination e les sacrifices de ses militants, mais aussi par les sympathies que sa lutte courageuse lui a values dans les larges secteurs de l’opinion démocratique du pays, imposer au régime néo-colonial sa reconnaissance légale, tout en déjouant les manœuvres qui visaient à le compromettre dans des machinations contraires à sa nature et à sa vocation.

 

159.    La vérité, c’est que si le P.A.I.-Sénégal s’était discrédité en se compromettant d’une façon quelconque avec l’impérialisme est la pouvoir néo-colonial, s’il avait jamais cédé un seul pouce de terrain dans sa lutte pour l’honneur et la dignité de notre peuple, enfin s’il avait cessé de tenir ferme le flambeau de la défense des intérêts de la classe ouvrière et des masses laborieuses, le marxisme-léninisme aurait fait, aujourd’hui, piètre figure au Sénégal.

C’est là un patrimoine unique dont pleuvent s’enorgueillir à juste  raison tous ceux qui, même au-delà des limites de notre Parti, se réclament des idées de MARX, ENGELS et LENINE.

 

  160.    Mais il serait dangereux de ne voir dans notre activité passée et présente que ces belles pages de gloire inscrite dans l’histoire contemporaine d nos idées, en fermant les yeux sur les épines enfoncées dans nos pieds et qui nous empêche d’avancer d’un pas mieux assuré dans l’accomplissement de notre mission révolutionnaire. Il ne sert à rien de nous comparer aux autres et de nous contenter de la satisfaction dérisoire de faire mieux qu’eux sur tel ou tel plan. Il vaut mieux dépister sans complaisance les insuffisances que comporte objectivement notre propre travail afin de les surmonter au plus vite. Ces insuffisances, ce sont d’abord en matière d’organisation, un certain laxisme, le dilettantisme et le manque de suivi dans le travail, l’amateurisme et le bricolage, sans oublier la pire de toutes pour un Parti comme le nôtre, le relâchement dans l’esprit de vigilance ; le travail minutieux de stabilisation et de consolidation des structures a tendance à être négligé au profit des activités plus spectaculaire d’agitation et de propagande dont les succès d’ailleurs, de la sorte, n’arrivent pas toujours à être consacrés de manière effective et durable par voie d’organisation.

 

161.    Au plan de l’Education, nous accusons également un grave retard dans l’élaboration et la mise en place effective d’un système d’éducation idéologique et politique capable de répondre aux besoins dans ce domaine qui ne cessent de croître à la faveur de l’élargissement des bases du Parti et de l’intensification de la lutte des classes. Par ailleurs, les cadres que nous avons réussi à former à partir des possibilités existantes ont été, dans les faits, d’un apport inégal. Au total, le Parti reste exposé à l’influence perverse des idéologies bourgeoises et petites bourgeoises ambiantes, au moment même où les nécessités des sa propre lutte exigent l’affermissement de sa trempe léniniste, l’élévation du niveau idéologique et politique de ses militants, l’éradication complète des travers petits-bourgeois qui subsistent dans certains comportements en son sein, une lutte intransigeante contre toutes les formes d’inconséquence et contre les facteurs d’hésitation qui affectent le dynamisme et le caractère offensif de son action.

 

162.    Au plan de l’agitation et de la propagande, nous pêchons beaucoup encore par manque d’imagination. Une maîtrise insuffisante des mécanismes psychologiques concrets à travers lesquels les masses assimilent les idées qui leur sont destinées, une certaine lourdeur dans la démarche, des approches théoriques parfois trop élaborées   pour être assimilées pleinement par les militants du Parti eux-mêmes, à plus forte raison par les masses, un culte parfois exagéré de la « singularité » et une conception erronée de notre « originalité » qui nous empêchent de tirer profit des bonnes initiatives des autres sous prétexte que « nous ne voulons pas faire comme eux », une certaine promptitude à l’autosatisfaction qui nous empêche parfois de faire un bilan objectif de la réalisation de telle ou telle initiative – ce sont là autant de tendances négatives qui hypothèquent lourdement l’activité, particulièrement intense pourtant, que nous déployons pour mobiliser les gens et gagner de plus larges secteurs à nos idées.

 

163.    Mais la plus grande hypothèque qui pèse sur notre agitation et notre propagande c’est la légèreté intolérable avec laquelle une bonne partie des militants traite la presse du Parti – bâclage du travail de diffusion qui n’est pas toujours perçu comme une tâche politique de première importance mais plutôt comme une corvée à expédier au plus vite pour s’en débarrasser, détournement pu et simples des produits de la vente au moment même où nous dénonçons su tous les tons le détournement des biens de la collectivité nationale par la bourgeoisie bureaucratique, etc. Les nécessités de notre lutte nous imposent  des maintenir et même de renforcer notre activité de propagande et d’agitation dont le vecteur principal est la presse du Parti qui n’est pas seulement un moyen de diffusion, mais aussi un « organisateur collectif », c’est à dire un facteur de consolidation de notre cohésion idéologique et politique, d’élévation de nos capacités d’organisation et de mobilisation. Les lacunes signalées dans ce domaine affaiblissent nos liens avec les masses, entravent le développement et le renforcement des bases du Parti, affectent gravement les capacités révolutionnaires, d’où la nécessité d’y parer au plus vite en n’hésitant pas à recourir aux dispositions les plus énergiques pour débarrasser le Parti des tous ceux qui n’y sont pas à leur place.

 

164.    L’engagement communiste est un engagement pour la lutte dans les masses, avec les masses au service des masses. C’est là une vérité élémentaire qui échappe encore à certains de nos camarades qui, en violation flagrante de nos statuts, désertent les organisations de masses surtout au moment des confrontations, cherchent le moindre prétexte pour s’esquiver devant les tâches de déploiement public. D’autres participent mais se tiennent tranquilles dans leur petit coin pour éviter les « histoires », n’hésitant même pas parfois à prôner un neutralisme sans principe aux moments où le Parti a le plus besoin de la détermination et de la mobilisation de tous ses militants pour peser de toutes ses forces dans une bataille. Il est temps de faire comprendre à ces camarades que notre Pari est un « parti de lutte » et qu’ils doivent conformer leurs comportements à ses exigences s’ils veulent mériter de continuer à faire partie des nôtres. Un Pari comme le nôtre est fort de la qualité et de la détermination de ses militants ; il n’a rien à gagner de s’encombrer de « militants en carton ».

 

b) Organiser et éduquer la classe ouvrière pour élargir sa représentation dans le Parti et au niveau des ses structures dirigeantes.

 

165.    Ramenées à leur cause essentiel, les lacunes et les insuffisances constatées dans notre travail reflètent le poids encore trop lourd de l’élément petit-bourgeois dans nos rangs et la faiblesse encore nette de l’enracinement du Parti dans sa base naturelle des classe, la classe ouvrière. Elles donnent la mesure de tout ce qui nous reste à faire pour édifier un Parti marxiste-léniniste dans la plénitude de sa nature, un Parti communiste capable d’être l’avant-garde véritable de la Révolution  Nationale Démocratique. La prépondérance de l’élément petit bourgeois dans nos rangs est la faiblesse relative qu’y accuse la classe ouvrière ne sauraient être portées au compte exclusif d’une orientation de travail qui, consciemment ou insouciemment, et probablement par esprit de facilité, porterait à privilégier la couche la plus accessible à nos idées. Elles traduisent une réalité objective, celle de notre pays où les rapports petits-bourgeois sont majoritaires et où la classe ouvrière elle-même est faible e accuse un retard objectif et subjectif. Pour ces raisons, on ne saurait contourner le problème par de simples pétitions de principe ou de décisions volontaires. Il reste cependant que, si nous voulons donner à notre Parti toutes les caractéristiques qu’exigent sa nature idéologique et sa mission politique révolutionnaire, il nous faut prendre au plus vite les dispositions nécessaires pour organiser et éduquer la classe ouvrière dans nos rangs en vue d’accélérer la promotion de ses éléments les plus avancés aux plus hautes responsabilités du Parti.

 

  c) Renforcer la base populaire de masse du Parti.

 

166.    L’enracinement du Parti dans sa base naturelle de classe n’est pas seulement un moyen pour renforcer ses caractéristiques léninistes, prolétariennes, une condition essentielle pour le prémunir contre les facteurs de déviation petite bourgeoise ou bourgeoise. C’est aussi la condition indispensable pour pouvoir influencer et entraîner d’autres classes, sous la bannière du prolétariat, dans la lutte pour la Révolution Nationale Démocratique. Compte tenu du rapport réel des forces de classe dans notre pays et des faiblesses momentanées de la classe ouvrière, cette dernière ne pourra jouer son rôle qu’en s’alliant aux larges couches populaires et en essayant de les entraîner dans son propre sillage. C’est de ces considérations que découle la nécessité pour notre Parti de renforcer sa base de masse tout en préservant ses caractéristiques de classe.

 

167.    Le Parti de l’Indépendance et du Travail est d’abord et au premier chef, le Parti de la classe ouvrière, le Parti des couches laborieuses, urbaines et rurales de la société. Mais il doit travailler à gagner sous son influence, directe ou indirecte, toutes les Sénégalaises et tous les Sénégalais, sans distinction, acquis à nos objectifs actuels de lutte pour la Révolution Nationale Démocratique comme étape vers le socialisme. Nous devons donc désormais rompre catégoriquement avec toute compréhension sectaire et ouvriériste du rôle de Parti ; nous devons comprendre qu’au Sénégal comme dans la plupart des pays connaissant un niveau de développement économico-social relativement identique le sort du Parti Communiste repose pour l’essentiel sur son aptitude à se lier non seulement aux couches travailleuses non prolétariennes de la société mais aussi aux masses populaires les plus larges. C’est un facteur de force et d’efficacité mais aussi un facteur de sécurité particulièrement appréciable.

 

168.    Pour étendre son influence aux autres  couches et classes populaires non prolétariennes, élargir sa base populaire et de masse, le Parti doit, dans toutes les limites du possible, prendre en compte les aspirations de ces couches et classes sociales et dans son programme et dans son activité révolutionnaire quotidienne. Il doit les aider à concevoir de la manière la plus cohérente leurs revendications, à  s’organiser et à lutter pour les faire aboutir. Il doit leur assurer son appui dans cette lutte pour autant qu’elle s’insère dans le sens de l’indépendance nationale, la démocratie, la paix et le progrès social. Mais une condition déterminante dans l’accroissement de l’influence du Parti et dans l’élargissement de sa base populaire, c’est la participation de plus en plus active du Parti dans son ensemble et de chaque militant en particulier dans les batailles sociales. Partout où il y a des Sénégalais qui subissent, s’interrogent ou luttent, c’est du devoir impérieux de chaque militant du Parti d’être à leurs côtés, de leur proposer des solutions pour sortir de cette situation, de lutter avec eux pour la matérialisation de ces solutions. Cette exigence clairement spécifiée dans nos statuts devra être à l’avenir rigoureusement contrôlée pour obliger ceux qui ne peuvent pas s’y conformer à quitter le Parti.

 

d ) Elever toujours le niveau idéologique, théorique et politique du Parti, affermir sa trempe léniniste.

 

169.    La question de l’élargissement de la base populaire et de masse du Parti n’est pas seulement une question quantitative. Sans aucun  doute une organisation groupusculaire pèse d’un poids moins lourd dans les batailles politiques et sociales dans la mesure où sa faiblesse numérique réduit ses possibilités de déploiement, ses capacités de toucher de plus larges secteurs des masses et d’impulser et d’orienter leur action. La contradiction croissante entre l’ampleur des tâches à mener est le nombre limité des bras pour le faire, impose aux militants des sacrifices de plus en plus difficiles à supporter et les installe progressivement dans le bricolage et la routine si elle ne les fait pas, purement et simplement, déserter le Parti vers d’autres   organisations où ils auront moins à travailler tout en restant dans la lutte. C’est pourquoi il est indispensable que notre Parti, devant l’ampleur croissante de ses responsabilités est la nécessité d’avoir plus de bras pour les assumer, cherche à gagner de plus en plus d’hommes dans ses rangs.

 

170.    Mais ce serait une erreur fatale si nous réduisons à une question seulement quantitative la force d’un Parti comme le nôtre qui ambitionne d’être en situation de diriger et de conduire au succès la lutte révolutionnaire des masses en toute circonstance. Dans cette optique, la force de notre Parti doit plutôt être située dans la quantité des ses militants et dans la valeur, éprouvée par l’expérience, des normes et principes léninistes d’organisation et de fonctionnement sur lesquels il repose. Seul  peut être considéré comme réellement fort, un Parti disposant d’un nombre disposant d’un nombre suffisant de militants idéologiquement préparés à affronter les péripéties les plus complexes et les plus dramatiques de la lutte des classes, un Parti solide en un bloc monolithique solide, capable d’agir  comme un seul homme, par une discipline révolutionnaire sans faille, un Parti sachant camer de manière intelligente mais ferme sur ses positions de principe. Un tel parti ne tombe pas du ciel, il se construit brique par brique, en testant à chaque tournant de la lutte des classes la solidité de sa fondation, en décelant à chaque étape les failles et les faiblesses de l’édifice par lesquelles l’adversaire de classe pourrait l’investir, en forgeant autour de lui une cuirasse idéologique et politique de plus en plus fiable pour protéger ses caractéristiques intrinsèques. C’est à cette oeuvre grandiose et exaltante, processus à vrai dire jamais complètement achevé, que nous sommes engagés aujourd’hui, forts d’une expérience de plus d’un quart de siècle qui, entre autres, nous aura appris que l’ennemi par-dessus tout, c’est l’impatience petite bourgeoise la volonté de brûler les étapes, la recherche de la rentabilité immédiate qui pourrait nous pousser à préférer des avantages dérisoires à des acquis ultérieurs plus décisifs et plus durables.

 

171.    Précisément parce qu’un tel Parti se construit, il serait erroné de s’attendre à c que tous ceux qui viennent vers lui soient déjà des communistes parfaits, irréprochables, capables d’être en toutes circonstances à la hauteur des nécessités de leur engagement. Ceux qui viendront en nous devrons sans aucun doute, avoir de réelles prédispositions que nous devons sans aucun doute, avoir de réelles prédispositions que nous devons savoir détecter à travers leur pratique sociale, leur attitude face aux organisations et aux luttes des masses, leur tempérament et leurs qualités morales. Mais n’en viendront pas moins dans le Parti avec tout le poids des tares et des insuffisances répandues dans la société par les idéologies bourgeoises et petites bourgeoises ; ces tares et ces insuffisances se feront ressentir pendant une longue période dans le Parti introduisant en son sein des facteurs qui peuvent pervertir sa nature. C’est dans le Parti, à travers une rigoureuse pratique du Parti, que se forme et s’aguerrit le militant communiste : c’est dans et par les luttes menée par le Parti auxquelles il participe activement, qu’il trempe sa conscience révolutionnaire, assimilé par l’expérience pratique les exigences idéologiques, théoriques et politiques de son engagement en surmontant petit à petit ses insuffisances et ses tares du début. Ce processus ne saurait toutefois être abandonné à la spontanéité et à la bonne volonté des individus. Dans un Parti comme le nôtre en particulier, qui est en phase de maturation idéologique et politique, et au rythme auquel croissent nos effectifs, nous serions très vite submergés par des comportements idéologiques qui pourraient finir par modifier sa nature. C’est pourquoi le processus d’élargissement des bases du Parti ne saurait être posé en faisant abstraction de la nécessité de renforcer, au même rythme, le travail idéologique, théorique et politique en son sein, l’élévation constante du niveau d’éducation et de formation, le renforcement de nos capacités d’encadrement c’est à dire de contrôle, d’orientation et de direction à ts les niveaux de l’organisation.

2. Impulser la lutte unie des Masses.

 

172.    L’édification d’un Parti solidement ancré dans sa base naturelle de classe, ayant des liens avec les couches populaires les plus larges, fort de ses caractéristiques et sa trempe léniniste, nous met sans aucun doute dans une position favorable pour peser plus efficacement dans la lutte. C’est l’expérience concrète, passée et présente de notre pays, qui atteste que le développement du mouvement patriotique et démocratique national, son impulsion et sa correcte orientation se sont toujours ressentis et se ressentent encore négativement du retard que nous continuons d’accuser dans notre tâche d’édification d’un véritable parti d’avant-garde léniniste. D’où la nécessité urgente de cette tâche. Mais nous devons en même temps reconnaître objectivement que, dans l’état actuel des choses et compte tenu des réalités socio-politiques concrètes de notre pays, nous serions incapables par nos seules forces de donner au mouvement populaire une ampleur suffisante pour isoler au maximum le pouvoir néo-colonial, l’affaiblir et le battre, c’est à dire pour mobiliser toutes les énergies nécessaires à l’avènement de la Révolution Nationale Démocratique.

 

173.    De ce constat objectif, nous devons tirer deux conclusions logiques à matérialiser par des directions de travail expresses :

­        Il n’y a pas d’alternative viable à la nécessité de renforcer notre unité avec les autres composantes du mouvement patriotique et démocratique sur des bases claires et efficaces ;

­        Nous devons contribuer des toutes nos forces à développer de nouvelles organisations de masse, à élever le niveau et les capacités de lutte e celles qui existent, à entretenir avec elle des liens qui, tout en respectant leur nature, renforcent notre solidarité commune.

 

a) L’unité des forces patriotiques et démocratiques.

 

174.    Elle a toujours été, elle demeure, et demeurera pendant une longue période de notre lutte l’axe fondamental de la politique. Nous déduisons sa nécessité à la fois de l’analyse concrète de la situation de notre pays, de la caractérisation de l’étape actuelle de notre lutte comme celle de la Révolution Nationale Démocratique dont l’avènement intéresse à des degrés divers toutes les classes et couches sociales victimes de la domination impérialiste, enfin de notre volonté d’aller au pouvoir et d’y rester en nous appuyant toujours sur les masses les plus larges. Dans cette triple perspective, l’unité des forces patriotiques et démocratiques ne saurait constituer une démarche tactique. Nous la considérons plutôt comme un impératif stratégique qui, même après la liquidation du pouvoir néo-colonial, gardera sa nécessité dans l’intérêt de ces forces à renforcer leur cohésion pour défendre et consolider les acquis de leur lutte à jeter ensemble les bases d’une société organisée dans l’intérêt des Sénégalais par eux et pour eux.

 

175.    C’est compte tenu de sa portée et de la nécessité par conséquent de lui conférer sa pleine efficacité pour aujourd’hui et pour demain, que nous attachons un grand prix à ce que cette unité soit fondée sur des bases solides et claires. Ce qui implique pour nous les principes suivants sur lesquels nous avons toujours fondé est continuerons de fonder notre politique unitaire.

 

176.    Toute approche de l’unité qui ne serait pas susceptible de déboucher sur la perspective de la mobilisation la plus large possible des masses est condamnée à se stériliser dans un activisme groupusculaire sans lendemain. Et la meilleure façon d’impliquer le plus largement les masses, c’est d’abord de faire de l’unité leur propre affaire, non seulement en partant des revendications qu’elles perçoivent elles-mêmes les plus brûlantes mais aussi en dégageant à chaque fois, autour de ces revendications, des actions concrètes de mobilisation et de lutte à leur portée. Tous les accords réalisés au « sommet » qui ne débouchent pas concrètement sur cette nécessité pratique peuvent sans doute donner l’illusion que l’unité avance, ais ils ne dérangeront d’un pouce ni l’impérialisme ni le pouvoir néo-colonial. C’est pourquoi notre Parti, édifié par l’expérience de toute sa politique unitaire de ces dernières années, a décidé de privilégier la stratégie de la construction de l’unité « par un bas » dans et par des initiatives concrètes de lutte sur le terrain économique et social. Dans cette perspective, les « ententes d’état-major » auxquelles nous ne renonçons pas, visent à consacrer l’unité à la base, à lui donner une impulsion et une ampleur nouvelle, à mesurer les possibilités et le degré d’avancement effectif du processus unitaire.

 

Il ne peut y avoir d’unité solide sans désir sincère et authentique d’unité. Et il n’y a pas de désir sincère et authentique d’unité quand la volonté unitaire repose sur le « double langage », quand les regroupements sont effectués ou lorsque des solidarités parallèles « sont entretenues en son sein avec l’objectif à peine déguisé d’affaiblir non pas le pouvoir néo-colonial mais telle ou telle composante de l’opposition patriotique et démocratique. D’autre part l’unité présuppose le respect effectif de la liberté pour chaque allié, en cas de désaccord non tranché sur telle question, d’emprunter en toute indépendance la voie que lui dictent ses propres analyses, sans que cela puisse susciter des rancœurs subjectives préjudiciables aux accords réalisés par ailleurs. C’est du reste là une exigence élémentaire de démocratie. Enfin si l’on est d’accord que l’unité doit reposer sur l’essentiel, et cet essentiel étant précisément aujourd’hui la liquidation de la domination impérialiste est l’avènement d’un Sénégal réellement indépendant et démocratique, les seuls critères sur lesquels on doive décider avec quel Parti s’allier sont les suivants : l’acceptation par ce Parti des objectifs de lutte qu lui  sont proposés, l’engagement solennel de ce Parti par sa signature, la détermination de cette organisation à prendre des mesures concrètes pour mobiliser efficacement ses forces dans la lutte commune. Toute autre considération de caractère doctrinal, voire doctrinaire, ne pourrait qu’enliser le processus unitaire.

 

177.    Notre Parti a toujours abordé la question de l’unité dans un esprit   ouvert et constructif, en recherchant toujours les bases d’un compromis politique raisonnable susceptible des faire avancer la cause commune. Nous continuerons de le faire, avec le souci de gagner non pas sur telle ou telle composante de l’opposition patriotique et démocratique, mais plutôt sur le pouvoir néo-colonial. Nous sommes par conséquent prêt à mener des discussions sérieuses avec toutes les organisations se l’opposition qui partagent notre souci d’œuvre à une unité solide, claire et efficace, pour aboutir à des initiatives concrètes de lute commune susceptible de mettre en mouvement les masses contre la politique économique et sociale du pouvoir néo-colonial.

 

b) Aider à développer et à renforcer les organisations de masse.

 

178.    Les organisations démocratiques qui regroupent différentes couches de la société autour de leurs préoccupations spécifiques constituent aussi des cadres efficaces d’impulsion de la lutte des masses.

 

179.    Parmi ces organisations, l’Union de la Jeunesse Démocratique Aboury Ndiaye (U.D.A.N.) et l’Union Démocratique des Femmes du Sénégal (U.D.F.S.) affiliées toutes deux au Parti, se sont distinguées depuis leur création par leur dynamisme ; elles se sont d’ores et déjà imposées comme les cadres les plus combatifs dans leurs secteurs respectifs. D’autre part, nos camarades y luttent côte à côte avec d’autres compatriotes qui, sans appartenir à notre Parti, lui ont fait confiance et ont accepté de se placer sous sa direction politique. Notre Parti exprime toute sa gratitude à ces compatriotes et exhorte nos camarades dans ses organisations à veiller scrupuleusement à  y maintenir une ambiance démocratique et fraternelle pour permettre à tous leurs membres de s’y épanouir pleinement. Compte tenu des relations privilégiées qui l’unissent à ces deux organisations, le Parti doit, à tous les niveaux, leur apporter l’aide multiforme dont elles ont besoin pour leur permettre de jouer toujours plus efficacement leur rôle. Il leur recommande par ailleurs de prendre à leur niveau toutes les dispositions nécessaires pour en conformité avec notre esprit unitaire  ouvert et constructif, développer une coopération fructueuse avec toutes les organisations de même nature dans la lutte pour défendre leurs intérêts spécifiques.

 

180.    Suite à la confiscation est à la stérilisation par le pouvoir néo-colonial P  « S », du Comité de la Paix est des Association d’Amitié et de Solidarité, l’Association Sénégalaise de Solidarité, d’Amitié entre les Peuples et pour la Paix (A.S.S.A.P.P.)  a été créé. Elle regroupe des Sénégalais de différents horizons politiques, nos camarades y jouant un rôle conforme à notre attachement profond aux nobles idéaux dont elle se réclame. Malgré les entraves du pouvoir qui refuse depuis plus de deux ans de lui délivrer son récépissé, l’organisation apporte déjà une contribution remarquée dans la sensibilisation de l’opinion nationale autour de ses objectifs. En exprimant la forte conviction  que l’ASSAPP prendra toutes les dispositions nécessaires pour s’élargir tous ceux qui, quelles que soient leurs convictions idéologiques, philosophiques ou politiques, veulent prendre une part active dans la lutte pour la Paix, la Solidarité et l’Amitié entre les Peuples, notre Parti s’engage à aider cette organisation dans toute la mesure possible.

 

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