MARCHE CONTRE LES DELESTAGES : MBOUR VEUT ELECTROCUTER SAMUEL SARR

  • CINQUIEME CONGRES DU PIT-SENEGAL

 

délestages

 

   

Mbour a exprimé hier toute sa colère contre les délestages intempestifs de la Senelec. Les populations debout comme un seul homme ont marché à travers des artères de la ville pour interpeller le chef de l’Etat sur leur sort avant d’exiger la tête du ministre de l’Energie et des Biocarburants, Samuel Sarr.

Par Assane DEME

Hier après-midi, les populations de Mbour, sous la houlette de la Convention des jeunes de la ville, sont descendues, massivement, dans la rue pour battre le macadam, pacifiquement, contre les coupures intempestives et l’augmentation du coût de l’électricité. Ainsi, du point situé entre les quartiers Diamaguène et Relais 82, les populations arborant des foulards, tee-shirts et autres drapelets rouges ont sillonné différentes artères de la commune de Mbour pour crier leur ras-le-bol. Ils scandaient des slogans du genre : «Wade incapable, Senelec assassin», «La Convention des jeunes de Mbour exige le départ de Samuel Sarr», «Régime Wade, régime banania», «Wade démissionne», «Sans énergie, pas de développement», «Senelec, assassin de l’économie», «Mbour, victime de l’incapacité de Wade», « Senelec pire que le naufrage du Jolaa», entre autres.

Pour Mouhamadou Barro, l’un des initiateurs de la marche, la «triste réalité» c’est un sentiment partagé de misère et de désolation qui les a animés. En effet, lors de cette marche, qui a battu le record de mobilisation, des gens issus du secteur informel - des tailleurs, des menuisiers métalliques, etc.- qui ne peuvent plus payer leurs factures d’électricité et, pourtant, depuis très longtemps, n’ont plus eu, de manière régulière, de l’électricité en continu pour pouvoir travailler.

«ON NOUS AVAIT DEMANDE D’ALLER NUITAMMENT CASSER LA SENELEC»

«Le président de la République continue de nous insulter. Parce que quand il demande aux Sénégalais de recourir aux bougies, c’est qu’il a complètement oublié que l’électricité, ce n’est pas uniquement pour l’éclairage, mais pour développer un pays. La plupart des Sénégalais évoluant dans le secteur informel ne peuvent plus travailler, ni subvenir à leurs besoins», peste Mouhamadou Barro qui se désole du fait qu’à Mbour, les coupures durent jusqu’à 12 h de temps.

«Aujourd’hui, c’est parce que les Sénégalais sont passifs que nos autorités continuent à faire du n’importe quoi. Les populations pouvaient aller casser les agences de la Senelec ; la Police ne pourrait pas les en empêcher, mais ce sont des légalistes qui sont là, qui continuent de dire aux autorités d’arrêter ce qu’elles sont en train de faire. Mais, ce sont des autorités qui font la sourde oreille. Et pourtant, ce qui s’est passé à Tamba et Guédiawaye pouvait bel et bien se produire à Mbour. Les autorités, qui laissent la situation pourrir, amènent progressivement les populations à agir et à faire du mal. Nous ne voulons pas en arriver là», prévient M. Barro. «Beaucoup de personnes nous avaient demandé de ne pas organiser une marche, mais de nous lever nuitamment pour aller casser la Senelec. On n’a pas voulu le faire, on a préféré organiser une marche pour dire à la Senelec d’arrêter tout ce gaspillage-là», ajoute notre interlocuteur.

«LE MALHEUR DE CE PAYS, CE SONT LES INSTITUTIONS BUDGETIVORES»

«On nous dit qu’il n’y a pas d’argent, ils ont augmenté le prix de l’électricité. Alors qu’au même moment, ils sont en train d’installer des institutions budgétivores qui n’ont rien à voir avec les préoccupations des Sénégalais. C’est cela le malheur de ce pays-là ! Le malheur ce n’est pas la Senelec, ce ne sont pas les agents de la Senelec, mais c’est un malheur du système qui ne va plus. Et cela va, tôt ou tard, amener les Sénégalais à faire du mal et à  casser. Parce que tout simplement, ils ne peuvent plus continuer à souffrir le martyr à cause de ces difficultés», lance-t-il.

Correspondant du Quotidien

 

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