ELECTIONS DE REPRESENTATIVITE? ET APRES?

  • LE BLOG DU PIT-SENEGAL

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Les élections de représentativité des centrales syndicales, qui se tiennent aujourd'hui, constituent une première dans notre pays.

766 bureaux de vote sont prévus sur toute l’étendue du territoire national pour les 164.664 inscrits sur les listes électorales, selon le ministre du Travail et des Organisations professionnelles, Innocence Ntap. Dakar à elle seule, abrite 59.104 électeurs inscrits, 86 lieux de vote pour 216 bureaux de vote. Pour ne donner que quelques exemples, il y a 110 bureaux de vote à Dakar-plateau, 70 à Grand-Dakar, 28 à Almadies et 8 aux Parcelles assainies.

 

MANQUE DE FIABILITE DU FICHIER ELECTORAL


C'est un fait qu'il y a eu beaucoup de récriminations de différentes centrales, toutes obédiences confondues pour déplorer le manque de fiabilité du fichier électoral.

Il faut signaler que contrairement aux élections classiques, les électeurs ne s'inscrivent pas volontairement . En effet, ce sont les employeurs eux-mêmes, qui confectionnent les listes des travailleurs sur la base desquelles est établi le fichier électoral. Ces travailleurs, dont la majorité n'est pas syndiquée, pourraient ne pas faire le déplacement, ce qui risque de se traduire par un faible taux de participation. Par ailleurs, de nombreux employeurs, par crainte de redressement fiscal, ont tendance à revoir leurs effectifs à la baisse.

 

DEFICIT DE CREDIBILITE DE CERTAINES CENTRALES SYNDICALES


Il est de notoriété publique, que la plupart des centrales syndicales souffrent d'un déficit patent de prestige auprès de leurs syndicats de base. En effet, le travailleur lambda a tendance à les assimiler à des organisations politiques, qui si elles ont fait leur deuil de la participation responsable depuis l'avènement de l'Alternance, sont maintenant suspectées de connivence objective avec le régime libéral, avec lequel la plupart d'entre elles entretiennent  des rapports douteux pour ne pas dire équivoques. Entre les présidences de conseils d'administration, les subventions nocturnes à la veille de la fête du Premier Mai, les strapontins au Conseil Economique et Social, les militants syndicaux honnêtes y perdent leur latin!

N'est ce pas ce qui justifie les fanfaronnades du pouvoir libéral, qui malgré la hausse généralisée des prix des denrées de première nécessité, la pression fiscale insoutenable sur les faibles revenus, continue de narguer les travailleurs en foulant aux pieds tous les accords signés avec les syndicats et de traiter avec mépris les innombrables mouvements de grève sectoriels, dont il sait qu'ils ne remettent pas en cause sa survie. En effet, les centrales syndicales, si promptes à se jeter de toutes leurs forces dans des batailles électorales épiques, brillent par leur incapacité à fédérer leurs efforts en vue d'organiser une grève générale, qui obligerait le président Wade à des concessions majeures, en vue d'une amélioration notable du sort des travailleurs.

 

QUE VA-T-IL SE PASSER APRES LES ELECTIONS?

 

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Tout cela amène les citoyens sénégalais à s'interroger sur la finalité de ces élections de représentativité?

S'agit-il de se partager la juteuse cagnotte des Institutions de prévoyance-maladie et de retraite avec le patronat?

Ou alors de marchander des avantages pour son groupe de pression, en faisant abstraction des véritables problèmes des travailleurs?

Nous osons espérer que non!

En conclusion, nous réitérons notre conviction que ces élections de représentativité, dont rien ne nous dit qu'elles ne feront pas l'objet de tripatouillages de la part d'un pouvoir coutumier des faits, doivent être ramenées à leur véritable dimension. Il ne s'agit certainement pas de substituts à la lutte conséquente des travailleurs pour la défense de leurs droits, mais simplement de leviers supplémentaires pour le développement de luttes sociales ! 

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